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Principe de collégialité, faut-il se résigner aux manquements d’Alfonso Gomez ? (11/05/2021)

De plus en plus fréquemment, le principe de collégialité est violé par ceux-là même qui devraient se montrer exemplaires dans le respect de notre système démocratique. Ce principe, à la base de l’exécutif suisse, est pourtant inscrit dans notre constitution (Art. 177). Or, ce qui vaut pour la Confédération vaut aussi pour les cantons et les communes. Pourtant, ce principe de collégialité, qui permet d’empêcher la concentration du pouvoir entre quelques personnes (ou groupes d’influences ou institutions), de prévenir les abus et de garantir la séparation des pouvoirs, est souvent violé. Élu au conseil administratif en mars 2020, Alfonso Gomez, ne se permet-il pas, par exemple, de s’asseoir sur ce principe de collégialité et ce, à plusieurs reprises (Cf. ses positions pour le projet « Clé-de-Rive ») ?

Annonçant dans la presse (Le Courrier du 3 mai 21) et sur son mur Facebook qu’« il s’exprime à titre personnel », M. Gomez s’autorise, une fois encore, à émettre des opinions qui vont à l’encontre de la prise de position du conseil administratif en Ville de Genève. Rappelons que le conseil administratif a voté, in corpore, son soutien au projet de la Cité de la musique.

Non seulement cette trahison menace l’autorité collégiale du conseil administratif, mais crée des difficultés supplémentaires pour ses membres à parvenir dans l’avenir à travailler ensemble pour trouver une entente, défendre et assumer leurs décisions. Que des échanges aient lieu au sein du conseil, c’est indispensable. Mais, une fois une décision prise, la collégialité impose que l'ensemble des membres du collège assume pleinement la décision. Or, M. Gomez semble oublier qu’être dans un pouvoir exécutif implique des devoirs.

Ceci est d’autant plus cocasse qu’on se souvient quUeli Leuenberger du parti écologique s’était indigné (en 2006) de la violation de Monsieur Blocher de ce principe de collégialité sur la révision de la norme anti-racisme (Art 261 bis CP), et qu’il avait rappelé « qu'il appartient au Conseil fédéral de réaffirmer clairement et rapidement son attachement aux principes qui régissent notre État de droit et nos institutions. »

Tout aussi graves sont les arguments mensongers que M. Gomez avance sur la Cité de la musique qui s’opposerait à la biodiversité ! D’une part, il faut rappeler combien les questions environnementales ont guidé la Fondation de la Cité de la musique pour ses choix : pompe à chaleur, panneaux photovoltaïques, récupération des eaux pluviales… Pro Natura a été consultée pour préserver au mieux les arbres les plus majestueux (au point de diminuer le projet architectural initial), la flore et faune préexistantes. La Fondation de la Cité de la musique s’est aussi engagée à planter deux arbres pour chaque arbre abattu. D’autre part, on peine à comprendre pourquoi un parc public, autour de la Cité de la musique, ne pourrait pas contribuer à favoriser la biodiversité. La Plage des Eaux-Vives devrait nous permettre d’admettre que des constructions humaines peuvent favoriser la faune et la biodiversité. La zone nature avec la roselière aux abords de la plage des Eaux-Vives, refuge pour de nombreuses plantes et animaux, en est un magnifique exemple !

Ensuite, il faut dire et redire que si la Cité de la musique est refusée dans les urnes le 13 juin, le terrain, comme l’a rappelé le Conseil d’État dans son communiqué de presse du 5 mai, resterait propriété du l’ONU qui pourrait construire un immeuble. Il n’y aurait alors ni salles de concert, ni campus pour les étudiants de la Haute École de Musique, ni résidence pour l’OSR, ni restaurants, ni parc pour les genevois !

Enfin, concluons en avançant que les positions prises par M. Gomez ne doivent pas seulement irriter ses collègues du conseil administratif, mais horrifier ses anciens collègues du Conservatoire populaire dont il fut directeur adjoint de 2010 à 2020 (avant d’être élu au conseil administratif en Ville de Genève), puisque cette institution soutient, évidemment, la Cité de la musique, qui fera rayonner Genève.

Il est urgent qu’Alfonso Gomez comprenne qu’en tant que conseiller administratif, il est au service de la Ville, qu’il représente tous les genevois, et qu’il ne peut plus se comporter en militant écolo du parti des Vert-e-s…

 

 

 

 

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