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La femme, la perle, l’homme et la pomme de terre (23/06/2016)

L’homme est comme une pomme de terre. Si on ne l’épluche pas, il est inconsommable ! Certaines variétés, bien lavées, à la peau claire et fine, peuvent pourtant être mangées sans être épluchées.

Pour varier les plaisirs, alterner les modes de préparation. Car, l’homme est un savon. Si on le laisse inerte, il sèche, dépérit et devient inutile. Une bonne manière d’en profiter est de le cuire puis de l’écraser avec le dos de la fourchette. Ainsi, l’homme se radoucit. Pas de raison de s’en priver, puisqu’on peut en acheter, au marché, un kilo pour moins d’un euro !

Voilà à quoi correspond la prose d’un Hani Ramadan qui compare la femme à une perle (pour la citation complète, Cf. « Toute une scène au creux d’un coquillage ! »).

A cet égard, il est étonnant qu’Yvonne Bercher, docteur en droit, qui s’est donc frottée au genre judiciaire, genre qui cherche ce qui est juste, ne soit pas mieux outillée pour déconstruire un discours qui, derrière ses formules fleuries, est un piège pour les naïfs ! Comment peut-elle tenir en si grande estime cet imam qui tient des propos si blessants (Cf. « Deux euros pour soutenir Hani Ramadan ! »), au prétexte qu’il est charitable. Pour enrôler quelqu’un, il faut évidemment user de douceur et de bonté, c’est élémentaire ! L’histoire est remplie d’exemples où les despotes ont brandi de belles et nobles causes à défendre et où les tyrannies ont eu d’heureuses prémices !

Pour recruter, il faut persuader et plaire. Or, convaincre, à l’aide d’images, est facile, surtout avec des métaphores fatiguées et éculées. Pourquoi Hani Ramadan se sert-il de la parabole de la femme-perle « en prenant la précaution d’affirmer que la femme n’est pas un objet, et qu’il n’est question que d’une image » (Cf. un des derniers commentaires écrit par Hani Ramadan dans mon précédent billet). Ironie du propos ! En précisant qu’il prend la précaution d’affirmer que la femme n’est pas un objet, Hani Ramadan confirme, indirectement, qu’il réifie la femme ! Le terme comparé, la femme, et le terme comparant, la perle, partageraient des qualités communes. Précieuses les deux, elles devraient être enfermées et mises à l’abri de la concupiscence des autres, de ceux qui ne font pas partie de « la maisonnée qui la (la femme) possède » ! (C’est moi qui souligne !!!)

Décidément, l’imam du Centre islamique des Eaux-Vives n’est pas un poète ! Il n’emploie pas de belles métaphores comme le troubadour. Il ne montre pas non plus de sensibilité particulière à la musique des mots pour faire chanter le verbe. Non, Hani Ramadan ne se préoccupe pas du plaisir des mots. Il veut juste embrigader ! C’est un prédicateur qui véhicule une doctrine pour avoir des disciples. Prétendant défendre de belles et nobles causes parmi lesquelles la pudeur des femmes, « qui favorise un réel épanouissement sur le plan sexuel », il plaide pour que la femme se couvre, « qu’elle se tienne à l’abri des regards indiscrets ».

Et, pour mieux convaincre, il s’empare du monde contemporain (sous-entendu : la modernité de l’occident !) comme un repoussoir de la cause qu’il défend : « l’épanouissement sur le plan sexuel, n’a rien à voir avec la morne lassitude de gens gavés par le grand déballage de l’érotisme contemporain ».

Donc, pour résumer, au nom de l’épanouissement sexuel, Hani Ramadan demande que la femme soit conservée avec attention comme une perle précieuse, à l’abri des regards, car « la modernité ne protège plus le sentiment de la pudeur, valeur essentielle qui est aux origines de notre humanité ». Dans ce récit où chacun doit rester à se place, le prédicateur donne à la femme son rôle. Elle doit briller et resplendir de mille feux dans un écrin pour l’épanouissement sexuel du mari et pour sauver l’humanité ! Evidemment, je file la métaphore ! L’imam n’a pas écrit “pour l’épanouissement sexuel du mari”, mais, cela découle de l’anecdote de la perle et de l’écrin 

H. Ramadan, qui s’exprime au nom de l’occident, des cultures orientales (lesquelles ?), de la modernité, des origines de l’humanité, de la femme, doit être un grand clerc !

Néanmoins, un petit conseil ! J’invite Hani Ramadan à lire quelques traités sur la sexualité féminine ou, si le genre le rebute, un peu de poésie érotique arabe, arabo andalouse, du soufisme et des troubadours des 9ème au 13ème siècle. Il découvrira un continent qui lui semble inconnu, et qui lui permettra peut-être de sortir de ses préjugés et de réaliser que l’épanouissement sexuel (et intellectuel !) ne vient jamais de l’enfermement. Un “je” qui ne peut pas se dire ou qui étouffe dans un “Moi” étriqué ne connaîtra jamais l’extase (du verbe grec “existasthai” : « se mettre hors de ») ?

En conclusion, je dirai que les propos de Hani Ramadan n’ouvrent aucune perspective pour l’avenir. Ils sont à la pensée ce que la fanfare est à la musique. Sans faire insulte aux fanfares qui égaillent nos fêtes nationales, la musique militaire nous fait inéluctablement battre le tempo du bout du pied. C’est son but, car elle a pour fonction de nous faire marcher, de soutenir les troupes qui défilent voire de les encourager à aller au combat. Donc, au lieu d’admirer l’imam intégriste pour son dévouement, Mme Bercher ferait mieux d’entendre ce que dit Hani Ramadan, de décortiquer les propos de ce dernier et… d’éplucher la patate !

 

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