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Se voiler la face (03/05/2016)

Invitée sur « Forum » (RTS), dimanche 1er mai 2016, Madame Sandrine Salerno s’est exprimée sur le port du voile islamique. Pour la magistrate, il n’y a aucun problème ! Les femmes sont libres. Personne n’a à leur dicter leurs tenues vestimentaires.

Entraînée pas sa généreuse “tolérance”, l’élue socialiste va même plus loin. Elle ne conteste nullement le droit à une employée de la Ville de travailler avec le voile islamique (et certainement même avec le hijab). Bon, pour le niqab ou la burka, la magistrate n’a rien dit. Mais, ne peut-on pas supposer que, dans sa grande “largesse” d’esprit, la militante socialiste ne sanctionne pas quelques centimètres de tissus en plus ?

N’est-il tout de même pas étrange que cette militante féministe puisse déclarer qu’une éducatrice en crèche (publique, subventionnée ou privée), qui travaille avec de jeunes enfants, devrait pouvoir arborer un voile islamique sur son lieu de travail si elle le veut. Assurément, pour la magistrate, là aussi, il n’y aurait aucun problème !

Pour Sandrine Salerno, les femmes, notamment les femmes musulmanes, ont droit à l’autodétermination, fussent-elles employées par la Ville ou par l’Etat.

Occultant que porter un signe religieux ostentatoire, comme le voile islamique, transgresse notre Constitution genevoise, Sandrine Salerno poursuit son point de vue, car pour elle, défendre les femmes, ce n’est pas s’occuper de “non-problèmes”, mais se battre pour une équité des salaires entre hommes et femmes (là, sur ce dernier point, on approuve !). Rappelons que, pour la magistrate, défendre les femmes passe aussi par l’emploi d’un langage qui ne discrimine pas : un langage dit “épicène”. Là, bien sûr, on désapprouve, car ce langage, outre sa vulgarité (Cf. mon précédent billet) ne fait que séparer, distinguer et créer, en définitive, un apartheid dans l’espace public entre hommes et femmes, tout comme le voile qui sépare les femmes des hommes, les musulmanes des infidèles, et qui est synonyme d’exclusion.

Seulement voilà, Mme Salerno est une femme trop intelligente pour qu’on soit dupe. Sa grande “tolérance” à l’égard de communautés qui ne respectent pas l’égalité des sexes cache autre chose. En effet, l’idéal que poursuit la magistrate socialiste, en instrumentalisant l’islam, c’est l’Internationalisme qui doit passer par des solidarités et des principes qui dépassent les nations. Pour la militante socialiste, ce sont les frontières et tout ce qui est local, comme les us et coutumes et les traditions qui doivent être réformées. Elle se sert de l’islam pour balayer nos racines historiques et plus encore notre héritage judéo-chrétien pour faire advenir une culture de la « transversalité » (terme très prisé dans les rangs de la gauche !), où nous serions tous, « femmes et hommes et hommes et femmes » (comme aime dire la magistrate !), unis par une solidarité mondiale, qui aurait détroné le grand capitalisme.

C’est la raison pour laquelle Mme Salerno, au nom même de la laïcité, dénonce les “privilèges” accordés à certaines Eglises historiques, comme de pouvoir prélever des impôts ecclésiastiques ou encore de fixer les vacances scolaires en les basant sur le calendrier chrétien (vacances de Pâques). A cet égard, des députés de gauche, n’ont-ils pas déposé, au Parlement genevois, en avril 2016, une motion pour remplacer l’appellation « vacances de Pâques » par « vacances de printemps », et découpler les vacances scolaires de toute référence religieuse !

Dans le même état d’esprit, Sandrine Salerno s’attaque à nos racines historiques en clamant que la République genevoise n’est pas si laïque que cela, puisque les religions ne sont pas sur un pied d’égalité. Pour elle, pour respecter la Constitution genevoise, la prestation de serments des élus ne devrait pas se faire à la Cathédrale. Si elle s’offusque de l’interdiction faites aux employées de l’Etat de porter le voile islamique, c’est parce que, pour Sandrine Salerno, ce n’est pas le « pouvoir politique, qui reste majoritairement un pouvoir masculin, chrétien et de quinquagénaires, qui doit décider ».

Ce combat idéologique d’arrière garde, qui mène, en définitive à la haine de soi est dangereux. Couper les racines culturelles et historiques d’un peuple (au nom d’un idéal de tolérance, d’accueil de la diversité et du vivre ensemble…) finit toujours mal, car c’est oublier que, dans les rapports humains (que l’on soit chrétien ou pas), la parole biblique « aime ton prochain comme toi-même » est une vérité universelle.

Dommage que Sandrine Salerno ne comprenne pas cela. Elle, qui est pourtant d’une vivacité intellectuelle (reconnue même par ses détracteurs), semble, sur ce sujet, s’embourber dans de spécieuses spéculations intellectuelles et se voiler la face !

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