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Les “instits” ! (08/04/2014)

Deux positions s’affrontent pour défendre les enseignants du primaire.

- L’une, soutenue entre autres par Monsieur Duval, veut « Sauver l’instit » en permettant aux étudiants genevois de réduire le cursus de leurs études d’une année, pour passer de 4 à 3 ans de formation afin de n’être pas prétérités par rapport aux autres étudiants en Suisse, qui apprennent leur métier d’instituteur en 3 ans (une motion, qui va dans ce sens, vient d’ailleurs d’être déposée au Grand Conseil genevois).

- L’autre, portée par l’Association des étudiants en “Enseignement primaire”, prétend que réduire d’une année la formation des enseignants primaires serait « une grave menace sur la qualité de la formation ». L’argument, là (je rejoins M. Duval), est faible ! Car ce n’est pas la longueur des études qui détermine la valeur d’une formation.

Mais, outre la pauvreté de l’argumentation, la forme de la pétition de cette association (« Contre la suppression d’une année d’études… ») aurait au moins pu être plus soignée.

Qui peut-on convaincre lorsqu’on écrit :

« L’année de tronc commun au début de notre formation, est vécue par la plupart des étudiant-e-s comme une coupure bénéfique entre la statut d’élève-collégien-ne-s et celui de futur enseignant-e. »

Comment de futurs enseignants du primaire peuvent-ils torturer et laminer la langue française qu’ils devront enseigner à leurs élèves ? Leur soumission à une idéologie qui cherche à instrumentaliser la langue pour instrumentaliser l’humain est insupportable ! Même au DIP, il semble qu’on ait enfin renoncé à “écorcher les mots” (Cf. un précédent billet) !

Négliger sa langue, c’est montrer une arrogance et un manque de considération qui suintent dans le texte de cette pétition :

« Selon tous (c’est moi qui souligne !) les responsables de formation d’enseignant-e-s en Suisse, une formation en 3 ans ne permet pas de devenir généraliste, c’est-à-dire d’enseigner dans les degrés 1P à 8P. »

Bref, quelle insolence et mépris pour les générations d’instituteurs qui les ont précédés. On se met à craindre que ces étudiants restent trop longtemps dans l’IUFE (Institut Universitaire de Formation des Enseignants) !

Car l’allongement d’une année dans la formation des enseignants du primaire s’inscrit dans une histoire institutionnelle et des enjeux de pouvoir, que cette association doit ignorer.

Ce qui est certain, c’est que, aujourd’hui, il y a beaucoup d’enseignants à la FAPSE et les “Pôvres” ont besoin d’étudiants ! Surtout que, parmi les chargés d’enseignement à l’IUFE, certains n’ont pas suivi de si longues études ! Enfin, moins on a à dire, plus on prend son temps pour le dire, c’est bien connu !

Donc, prendre quatre ans pour former les enseignants du primaire pourrait être un bénéfice pour certains…

Mais, à entendre les témoignages de ceux qui ont suivi ce cursus, on peut penser que cet Institut Universitaire de Formation des Enseignants ne remplit pas tout à fait sa fonction.

D’ailleurs, plaqué sur le modèle des IUFM (Instituts Universitaires de Formation des Maîtres) fondés en France en 1990, l’IUFE, dès sa création, a connu beaucoup de dysfonctionnements.

Ecoutons les témoignages d’étudiants inscrits dans les IUFM en France, publiés dans “Le Monde”, en 2009, quatre ans avant que ces instituts soient balayés par la réforme de 2013.

« Je pense que les IUFM […] ont contribué à diffuser des cadres de pensée préétablis, à répandre des vieux schémas doctrinaux concernant la pédagogie. Leurs formateurs convaincus de détenir la vérité absolue dans le domaine de l'enseignement se sont eux-mêmes sabordés. » D’autres jugements peuvent être lus sous :

http://www.lemonde.fr/societe/article_interactif/2009/02/...

Ces propos d’étudiants des IUFM en France font-ils échos aux critiques émises par les étudiants qui ont suivi (ou suivent) l’IUFE à Genève ?

Avec mon blog, j’offre aux étudiants, qui ont suivi ou qui suivent actuellement leur formation pour devenir enseignant primaire, une plateforme où ils peuvent librement s’exprimer même sous pseudonyme !

Car il n’est pas impossible qu’une formation vécue par certains comme une perte de temps insupportable puisse avoir été vécue par d’autres comme précieuse et indispensable…

 

 

 

 

 

 

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