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Parenthèses de Michèle Roullet

  • « Zéro pub » : une censure exorbitante !

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    Le Conseil municipal de la Ville de Genève a voté l’interdiction de la publicité dans nos rues. Ce vote aura de lourdes conséquences sur les finances de la Ville, puisque la redevance de l’entreprise d’affichage plus ses prestations gratuites (affichage culturel, associatif, politique et entretien des panneaux) sont estimées à 4,3 millions par an. A ces pertes s’ajouteront les baisses de chiffre d’affaires d’entreprises locales (déjà durement touchées par la pandémie !) et des suppressions d’emplois qui entraîneront une réduction des recettes fiscales. Quant aux milieux sportifs et culturels, ils perdront leurs sponsors !

    Mais, déconnectée des réalités économiques, la gauche genevoise ne s’inquiète pas des finances ni des 40,8 millions de déficit prévu au budget 2022 ! Pour elle, l’important c’est de « libérer l’espace public ; supprimer une pollution visuelle et mettre à disposition des habitant-e-s des panneaux vierges destinés à l’expression libre, citoyenne et artistique ». Pour cela, elle n’a aucun scrupule à sacrifier les graphistes, photographes, publicistes, imprimeurs, colleurs d’affiche… Et alors que les sociétés d’affichage sont soumises à des règles très strictes, le simple quidam pourra, lui, s’exprimer librement sur des panneaux vierges sans polluer l’espace visuel, car il fera « émerger une culture inclusive » !

    Bref, sous couvert de s’attaquer aux multinationales, au surconsumérisme, au réchauffement climatique, « Zéro Pub » bafoue le droit à nos petits commerçants de promouvoir leurs offres et produits à une clientèle de proximité. En fait, cette initiative favorisera les grandes firmes qui continueront à afficher dans leurs vitrines ou sur des supports mobiles (bus et tram) et affaiblira les entreprises locales qui risquent d’être absorbées par les groupes leaders chinois ou américains… On pourra toujours suggérer à nos commerçants de se rabattre sur les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazone et Microsoft), publicité très intrusive qui espionne les internautes pour mieux piéger le consommateur ! De plus, les GAFAM sont plus onéreux (frais supplémentaires qui pourraient être reportés sur les consommateurs !) et leurs revenus ne profitent pas à l’économie locale, puisque ces géants du web sont créateurs d’emplois et de recettes, mais… en Californie.

    Enfin, les affiches publicitaires, n’égaillent-elles pas aussi nos rues ? En tout cas, la Bibliothèque de Genève, qui les conserve depuis 1850, est fière d’avoir l’une des collections d’affiches les plus importantes de Suisse !

    Décidément, la gauche genevoise avec « Zéro Pub » manque sa cible ! Et avec ses velléités de purifier l’espace public (et la langue française aussi !), elle pollue nos vies et devient de plus en plus toxique. Que les Genevois s’en souviennent lors des prochaines élections !

     

    N.B. Ce billet a été publié dans La Tribune de Genève dans le Face-à-Face (in TdG du 15.09.21). Cf. le lien:

    https://www.tdg.ch/plus-daffiches-commerciales-a-geneve-403569906408

     

     

     

                                                                                                   

  • La Cité de la musique, une opportunité pour Genève !

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    Genève a une grande tradition de mécénat. Rappelons que c’est un consul d’Angleterre, passionné de musique, qui édifie en 1894 une salle de concert (pour l’Harmonie Nautique et non pour un orchestre symphonique !) qu’il dédie à sa souveraine la reine Victoria, et qu’il offre à la Ville de Genève dix ans plus tard. Depuis aucune salle de concert ne s’est construite à Genève. Or, Genève a besoin de locaux pour la Haute école de musique (HEM) actuellement dispersée sur 7 lieux et pour l’Orchestre de la Suisse Romande (OSR) qui n’a jamais bénéficié de sa propre résidence, mais également d’une salle de concert, qui réponde aux besoins des orchestres d’aujourd’hui. Cette Cité de la musique dotera Genève d’un lieu culturel d’envergure, comparable au KKL de Lucerne, de la Philharmonie de Paris, Hambourg ou Berlin. Elle fera rayonner Genève, renforcera son attractivité et le dynamisme économique de notre canton. 

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    Une Cité de la Musique ouverte à tous les publics
    La Cité de la musique est conçue comme un lieu de vie, d’ouverture, de formation, de création, de programmation. Elle prévoit la construction de 3 salles de concert : une salle philharmonique de 1580 places, une salle de 390 places et une black box de 142 places, destinée à la création expérimentale et la musique électro-acoustique, des salles de classes, 4 auditoires pour les étudiants de la HEM, ainsi que les locaux administratifs de la HEM et de l’OSR. Cette Cité, qui créera une émulation entre les musiciens professionnels d’aujourd’hui et ceux de demain, rendra plus accessible la musique auprès de la population genevoise. Elle apportera aussi une culture musicale sur la Rive droite et une synergie entre la ville et les organisations internationales.  Enfin, avec une bibliothèque-médiathèque, deux restaurants et la création d’un parc public, elle offrira un lieu de détente et de promenade pour tous les genevois.

    Un lieu culturel respectueux des aspects environnementaux
    Les questions environnementales ont guidé la Fondation de la Cité de la musique pour leurs choix : pompe à chaleur, panneaux photovoltaïques, récupération des eaux pluviales… Pro Natura a été consultée pour préserver au mieux les arbres les plus majestueux, la flore et faune préexistantes et la Fondation de la Cité de la musique s’est engagée à planter deux arbres pour chaque arbre abattu. Les détracteurs de ce projet dénoncent la destruction de la « Villa des Feuillantines », maison de maître des années 1870. Certes, cette demeure a du charme, son jardin privé aussi. Toutefois, cette villa, non classée, ni même portée à l’inventaire n’a été considérée ni par l’Office du Patrimoine et des Sites ni par la Commission des monuments, de la nature et des sites (CMNS) comme remarquable et digne de protection patrimoniale. Refuser la Cité de la musique ne sauvera d’ailleurs pas cette villa construite sur une parcelle appartenant à l’ONU prête à la céder à la Fondation pour la Cité de la musique. Toutefois, si la Cité de la musique n’est pas réalisée, l’ONU reste propriétaire de sa parcelle constructible et peut y ériger un immeuble comme elle en a eu l’intention avant le projet de Cité de la Musique. Il n’y aurait alors ni Villa des Feuillantines, ni Cité de la Musique, ni parc public, ni voie verte, ni restaurants, ni promenade… Enfin, on peine à comprendre les Verts qui s’opposent à ce projet au nom de la biodiversité, et qui crachent même sur un parc public… Un parc ne peut-il pas contribuer à la biodiversité avec des étangs, des plantations et des aménagements ? Lors du vote du 7 octobre 2020 au conseil municipal de la Ville de Genève pour permettre la réalisation de cette cité, les Verts n’ont-ils pas critiqué les baies vitrées du projet architectural de la Cité de la musique, qui seraient nocives pour les oiseaux qui risquent de s’y cogner et de mourir pour conclure qu’ils s’opposent de toute manière à ce projet parce qu’ils prônent la décroissance… 

    La Cité de la musique ne coûtera rien aux contribuables genevois
    Les coûts de construction de la Cité de la musique ainsi que l’aménagement du parc public seront financés par des fonds privés et par une contribution de la Confédération pour la partie du bâtiment dédiée à la HEM. Pour les frais de fonctionnement, les budgets actuels de l’OSR et de la HEM et la location des salles les assureront. D’ailleurs, pour bien confirmer que la Ville n’aurait pas à subir de frais supplémentaires, liés à la Cité de la musique, un amendement a été déposé au conseil municipal qui stipule que « la Ville de Genève ne participe pas au budget de fonctionnement artistique et technique de la Cité de la musique ». En revanche,  l’entretien du nouveau parc, sera, comme tous les parcs publics sur son territoire, à la charge de la Ville de Genève.

    Ce projet est une aubaine à saisir
    Voter OUI à la Cité de la Musique le 13 juin 2021, c’est offrir un souffle dynamique pour notre région et faire vivre l’esprit de Genève ! Quant aux habitants du cantons qui ne peuvent pas s’exprimer sur ce sujet qui les concerne, qu’ils rappellent à leurs proches et amis domiciliés en Ville de Genève de voter OUI à la Cité de la musique !
     
                                                                                                       
     
     
     
     
     
     

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  • Principe de collégialité, faut-il se résigner aux manquements d’Alfonso Gomez ?

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    De plus en plus fréquemment, le principe de collégialité est violé par ceux-là même qui devraient se montrer exemplaires dans le respect de notre système démocratique. Ce principe, à la base de l’exécutif suisse, est pourtant inscrit dans notre constitution (Art. 177). Or, ce qui vaut pour la Confédération vaut aussi pour les cantons et les communes. Pourtant, ce principe de collégialité, qui permet d’empêcher la concentration du pouvoir entre quelques personnes (ou groupes d’influences ou institutions), de prévenir les abus et de garantir la séparation des pouvoirs, est souvent violé. Élu au conseil administratif en mars 2020, Alfonso Gomez, ne se permet-il pas, par exemple, de s’asseoir sur ce principe de collégialité et ce, à plusieurs reprises (Cf. ses positions pour le projet « Clé-de-Rive ») ?

    Annonçant dans la presse (Le Courrier du 3 mai 21) et sur son mur Facebook qu’« il s’exprime à titre personnel », M. Gomez s’autorise, une fois encore, à émettre des opinions qui vont à l’encontre de la prise de position du conseil administratif en Ville de Genève. Rappelons que le conseil administratif a voté, in corpore, son soutien au projet de la Cité de la musique.

    Non seulement cette trahison menace l’autorité collégiale du conseil administratif, mais crée des difficultés supplémentaires pour ses membres à parvenir dans l’avenir à travailler ensemble pour trouver une entente, défendre et assumer leurs décisions. Que des échanges aient lieu au sein du conseil, c’est indispensable. Mais, une fois une décision prise, la collégialité impose que l'ensemble des membres du collège assume pleinement la décision. Or, M. Gomez semble oublier qu’être dans un pouvoir exécutif implique des devoirs.

    Ceci est d’autant plus cocasse qu’on se souvient quUeli Leuenberger du parti écologique s’était indigné (en 2006) de la violation de Monsieur Blocher de ce principe de collégialité sur la révision de la norme anti-racisme (Art 261 bis CP), et qu’il avait rappelé « qu'il appartient au Conseil fédéral de réaffirmer clairement et rapidement son attachement aux principes qui régissent notre État de droit et nos institutions. »

    Tout aussi graves sont les arguments mensongers que M. Gomez avance sur la Cité de la musique qui s’opposerait à la biodiversité ! D’une part, il faut rappeler combien les questions environnementales ont guidé la Fondation de la Cité de la musique pour ses choix : pompe à chaleur, panneaux photovoltaïques, récupération des eaux pluviales… Pro Natura a été consultée pour préserver au mieux les arbres les plus majestueux (au point de diminuer le projet architectural initial), la flore et faune préexistantes. La Fondation de la Cité de la musique s’est aussi engagée à planter deux arbres pour chaque arbre abattu. D’autre part, on peine à comprendre pourquoi un parc public, autour de la Cité de la musique, ne pourrait pas contribuer à favoriser la biodiversité. La Plage des Eaux-Vives devrait nous permettre d’admettre que des constructions humaines peuvent favoriser la faune et la biodiversité. La zone nature avec la roselière aux abords de la plage des Eaux-Vives, refuge pour de nombreuses plantes et animaux, en est un magnifique exemple !

    Ensuite, il faut dire et redire que si la Cité de la musique est refusée dans les urnes le 13 juin, le terrain, comme l’a rappelé le Conseil d’État dans son communiqué de presse du 5 mai, resterait propriété du l’ONU qui pourrait construire un immeuble. Il n’y aurait alors ni salles de concert, ni campus pour les étudiants de la Haute École de Musique, ni résidence pour l’OSR, ni restaurants, ni parc pour les genevois !

    Enfin, concluons en avançant que les positions prises par M. Gomez ne doivent pas seulement irriter ses collègues du conseil administratif, mais horrifier ses anciens collègues du Conservatoire populaire dont il fut directeur adjoint de 2010 à 2020 (avant d’être élu au conseil administratif en Ville de Genève), puisque cette institution soutient, évidemment, la Cité de la musique, qui fera rayonner Genève.

    Il est urgent qu’Alfonso Gomez comprenne qu’en tant que conseiller administratif, il est au service de la Ville, qu’il représente tous les genevois, et qu’il ne peut plus se comporter en militant écolo du parti des Vert-e-s…

     

     

     

     

  • Voix des ♀︎ et moi et moi et moi…

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    Nous célébrons aujourd’hui les 50 ans du droit de vote pour les femmes qui m’amènent à une introspection. J’avoue que je ne me souviens pas vraiment de cette date du 7 février 1971, car je n’avais pas encore l’âge de voter. Je n’ai donc jamais vécu cette frustration de voir les portes du local de vote fermées, parce que je n’aurais pas eu le bon sexe.

    Pour mettre cartes sur table, je précise que j’ai participé à la grève des femmes du 14 juin 2019, jugeant que la lutte pour les droits des femmes doit être poursuivie. Il est en effet inadmissible, alors que l’égalité des sexes est inscrite dans la Constitution fédérale depuis 1981, qu’en 2019, les femmes ont gagné 19,6% de moins que les hommes pour le même travail. Quant aux parcours professionnels des femmes, alors même qu’elles sont aujourd’hui aussi diplômées que les hommes, ils restent le parcours de la combattante ! Dans les conseils d’administration, les femmes occupent seulement 20 % des postes. Dans le milieu académique, rares sont les femmes professeures ordinaires. Et la loi à l’Université de Genève de 1990, qui inscrit le principe de la promotion des droits et des chances entre femmes et hommes par des mesures positives en faveur du sexe sous-représenté, n’y a pas changé grand-chose ! Cette loi sert même de loi alibi ! En tout cas, pour 2017, 73,3% des professeurs sont des hommes, alors que 57.1% du personnel administratif et technique est composé de femmes ! Toutefois, il faudrait encore affiner ces données, car derrière l’appellation « professeur » peut se cacher le professeur-associé, le professeur assistant, qui peut laisser présager que le pourcentage de femmes occupant une chaire de « professeure ordinaire » est encore plus faible. Quant aux emplois les moins rémunérés, ils sont toujours occupés majoritairement par les femmes.

    Voilà les raisons pour lesquelles il faut continuer à se battre pour plus d’égalité entre hommes et femmes. Ceci dit, est-ce une affaire générationnelle, je ne me reconnais pas dans un féminisme qui se répand aujourd’hui. A cet égard, ce n’est pas la forme de violence qui me gêne. Après tout, il n’y a pas de libération sans révolte, résistance et colère. Les mouvements féministes, issus des mouvements estudiantins de 1968, avec leur logo MLF ♀︎, ont également mené des contestations et actions violentes. Non, ce qui m’est étranger, c’est cette manière obsédante de réduire la femme en éternelle victime et d’accuser l’homme d’être maléfique, violeur ou encore « toxique » comme je l’ai entendu sur les ondes radiophoniques aujourd’hui ! Cet état victimaire ne tient pas compte de la complexité de l’âme humaine et, qui plus est, enferme les femmes dans un statut de victime.

    Pour ma part, je ne me suis jamais sentie victime. Peut-être parce que je suis tellement aliénée que j’ai été (et suis) incapable de reconnaître les mauvais traitements et agressions psychologiques subis qui m’auraient formatée en une victime qui s’ignore !

    Enfant, j’ai été élevée avec deux frères sans discrimination. Notre tour de corvée pour essuyer la vaisselle était mathématiquement égalitaire. Bien que cadette, mes frères savaient que, s’ils s’avisaient de m’embêter, je me défendrais avec pieds et poings si nécessaires. Or, dotée d’une belle énergie, ils n’auraient pas osé me molester ! Mon enfance avait un goût de liberté que beaucoup de jeunes ne peuvent plus soupçonner aujourd’hui. En dehors des repas et de l’école, j’étais souvent dehors à jouer avec les enfants du quartier, à courir, à grimper aux arbres, à jouer au ballon prisonnier, à cache-cache, à aller à la piscine ou en expédition dans la Vieille Ville à la recherche de trésors… J’étais si habituée à cette liberté qu’il m’était difficile d’obéir… Ce caractère m’a valu évidemment de nombreux renvois (écoles, catéchisme, cours au Cycle d’orientation pour un trimestre). A l’adolescence, mes parents se sont inquiétés de cette indépendance. Pour “protéger” la jeune fille que je devenais, ils ont voulu m’imposer un cadre plus coercitif. Changement de régime que j’ai si mal supporté que j’ai quitté la maison alors que j’étais encore collégienne et me suis assumée. Il est vrai que la période était facile, que les petits boulots ne manquaient pas, et  que le studio que j’avais trouvé (avec toilettes sur l’étage !) coûtait 190 francs/mois.

    Dois-je penser que cette confiance que j’avais en moi était une qualité exceptionnelle ? Pas vraiment ! J’ai l’impression que les rapports durant mon adolescence entre garçons et filles étaient moins machos ou agressifs ! Enfin, cela reste subjectif… Toutefois, il est vrai que j’avais autour de moi des figures féminines fortes. Ma grand-mère paternelle, née en 1895, veuve assez jeune, était avocate (une des premières de Suisse) et tenait son Étude avec sa fille (ma tante, née en 1920) également avocate et inscrite pendant 50 ans au Barreau genevois. C’était deux personnalités ! Et certains qui ont encore connu ma tante pourraient confirmer !

    Si je fais ce témoignage, ce n’est pas pour m’épancher dans des confidences, mais pour dire que toutes les femmes ne sont pas des victimes. Bon, je peux admettre que les femmes de la génération des Trente Glorieuses l’ont peut-être moins été que les jeunes femmes d’aujourd’hui qui ont des conditions sociétales et économiques plus difficiles.

    Néanmoins, le nouveau féminisme qui se répand aujourd’hui, qui veut déconstruire, car le féminisme traditionnel est raciste, et qu’il faut distinguer le « féminisme blanc » du « féminisme racisé », brade nos libertés, ruine la raison et enferme chacun (et chacune) dans les spécificités qui lui seraient imposées par la Nature (sa couleur de peau, son sexe fut-il fluctuant, son âge…).

    Nulle surprise que cette vision essentialiste idolâtre les menstruations, le clitoris, la vulve (au point que des jeunes filles font de plus de plus de chirurgie intime pour rendre leur vulve “normale” ou plus esthétique !). C’est cette même vision qui veut imposer un langage “propre” (épicène) alors que le langage et le genre des articles en français n’ont rien à voir avec le sexe.

    Avec cette vision essentialiste, aucune échappatoire !  Chacun est ramené à sa condition biologique et ethnique. Au point que l’homme blanc est maintenant accusé d’être « toxique » (oubliant que cet être toxique a été souvent élevé par une femme !).  

    On se trouve dans la même aporie avec les mouvements de l’antiracisme qui se développent et qui veulent faire du blanc (surtout le quinqua blanc) un être mauvais et nuisible qu’on doit exclure pour se réunir seulement entre noirs ou pour les femmes seulement entre femmes ! Ce militantisme, qui postule qu’il faut déconstruire la binéarité des sexes dans laquelle se réfugieraient de vieux schémas bourgeois et un patriarcat oppressif, nous impose pourtant des schémas binaires dangereux qui n’est finalement qu’un racisme inversé ou le miroir d’une société patriarcale qu’on singe.

    Loin d’émanciper qui que ce soit, « ce vrai travail de déconstruction des stéréotypes sexistes » qui doit se faire pour qu’il n’y ait plus rien de construit, plus aucun jugement, plus aucune hiérarchie, plus de frontières entre le masculin et le féminin afin de faire advenir la vraie égalité, est un totalitarisme. Comme toute idéologie totalitaire, ce nouveau féminisme veut nous imposer une novlangue et des normes puritaines, moralisatrice et liberticides au point d’ériger des lois pour interdire aux hommes d’uriner debout ! Mais, cette obsession que génère l’amour du même pour le même est dangereuse. René Girard dans la Violence et le sacré en a montré les dérives violentes et mortifères qu’elle produit. 

    Ne nous laissons donc pas intimider !

     

  • Soutien aux entreprises, terni par un militantisme écolo ! 

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    Mercredi, le conseil municipal a voté un crédit de 20 millions de francs, destiné à soutenir financièrement les entreprises sises en Ville de Genève et gravement touchées par les conséquences économiques de la crise du Covid. 
    Rapporteur du projet de délibération (PRD-284) qui demande cette ouverture de crédit, j’ai évoqué, en séance plénière, combien l’étude de cet objet par la commission des finances avait été un moment de grâce, si rare en politique, qu’il était pertinent de le relever. Conscients en effet que de nombreux entrepreneurs et commerçants arrivent au bout de leurs économies et de leurs emprunts, les membres de la commission des finances voulaient que ce crédit de 20 millions puisse être voté le plus rapidement possible. Pour cela, il fallait avoir la sagesse d’éviter les affrontements politiques stériles, qui n’auraient pour effet que de différer ce projet et, par-là, sa mise en application. 
    Tous les partis politiques ont réussi à mettre de côté leurs divergences ou à faire quelques concessions. Car, ce qui comptait, c’est que les gens puissent toucher de l’argent à fonds perdus sans délai afin d’éviter les faillites à la chaîne et toutes les répercussions qui s’en suivraient en termes économiques (augmentation du chômage, de l’aide sociale, diminution des recettes fiscales) et de santé publique (dépression, anxiété, perte de confiance…).
    Suite aux auditions du Département du développement économique du canton (DDE), de la Fédération des entreprises romandes (FER), de la Nouvelle organisation des entrepreneurs (NODE) et de la Fondation communale pour le développement des emplois et du tissu économique en Ville de Genève (Fondetec), les points qui s’étaient dégagés pour déterminer les critères pour l’octroi de ces aides étaient : 
    - fixer le moins possible de critères de manière à ne pas figer ce système ;
    - coordonner ces aides avec les aides cantonales afin d’éviter des inégalités de traitement, notamment par le biais du cumul de prestations ;
    - éviter tout effet de seuil si la notion de chiffre d’affaire était retenue. On se souvient que la Confédération, en retenant comme critère la nécessité de perdre 60% du chiffre d’affaire, a créé un seuil arbitraire avec un effet brutal. Une entreprise qui était à 59% de perte de chiffre d’affaire n’avait droit à aucune aide alors qu’elle aurait peut-être tout autant mérité d’être sauvée que celles qui avaient des pertes à 60% ou plus. 
    Ces conseils n’ont malheureusement pas tous été suivis. Les commissaires PLR de la commission des finances ont été impuissants à éliminer le critère de respecter la loi sur l’égalité (loi fédérale donc inutile d’introduire ici) et celui du seuil de 30% d’une baisse du chiffre d’affaires en 2020 liée à la pandémie. Néanmoins, le travail effectué en commission des finances aboutissait à des propositions équilibrées. Si bien que le PLR ne comptait nullement déposer de nouveaux amendements en séance plénière lors du vote de ce PRD. Quelle ne fut pas sa stupéfaction de découvrir à la dernière session du municipal que le magistrat des finances, M. Gomez, déposait une succession d’amendements pour introduire des critères, dont certains avaient été votés et refusés en commission des finances parmi lesquels :
    -  « Les institutions financières et de trading doivent s’être engagées dans une charte d’investissements responsables » ; 
    -  « Promouvoir une ou des mesures visant la baisse de l’empreinte carbone de son entreprise ».
    Que vient faire ce militantisme écolo dans ce projet qui vise à octroyer 20 millions de francs pour soutenir les entreprises frappées par la crise sanitaire ? A une socialiste à qui je répétais que l’empreinte carbone était, ici, hors propos, inutilement discriminatoire, et que je m’indignais que son parti change de position sur ce critère et l’approuve soudainement en plénière, celle-ci me répondit : « mais non, ce n’est pas discriminatoire, il suffira qu’un entrepreneur dise qu’il a un jour encouragé ses employés à venir travailler à vélo » ! Donc, traduisons : ce critère imprécis permet toutes les interprétations et abus. Avoir changé la machine à café de l’entreprise pour un modèle moins gourmand en énergie peut suffire à répondre à ce critère ! 
    Que les entrepreneurs qui ont absolument besoin d’aides ne s’inquiètent pas de cette condition sur l’empreinte carbone ! Ce sont des paroles creuses, des slogans politiques que les Verts ne peuvent s’empêcher d’introduire dans tous les débats et de mettre à toutes les sauces… (trop vertes à mon goût !).
     
     

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  • Pourquoi le PLR ville de Genève, n’a-t-il pas voté le budget 2021 ?  

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    Samedi 12 décembre 2020, à minuit, le conseil municipal en Ville de Genève, à l’exception de l’UDC et du PLR, a voté le budget 2021. D’une enveloppe de 1,22 milliard de francs, ce budget présente un déficit de 49,3 millions, déficit maximum (à 13'205 francs près !) autorisé par la loi sur l’administration des communes (LAC) et relatif à la mise en œuvre de la réforme RFFA.

    Ce qui heurte le PLR, c’est qu’à l’exception de quelques nouvelles lignes de subvention, ce budget n’est qu’un coupé/collé de l’exercice de l’an passé. Or, avec la crise sanitaire, il aurait été indispensable que le conseil administratif fasse des arbitrages, envisage des réformes structurelles, fixe des priorités au lieu d’arroser de subventions les mêmes associations. Appliquer une politique transversale entre départements au lieu de travailler chacun en silo aurait aussi permis d’économiser quelques nouveaux postes (27 nouveaux postes ouverts…, c’est trop !).

    Pour le groupe PLR, si ce budget est inacceptable, ce n’est pas à cause de son déficit. Dans une situation exceptionnelle, il peut admettre qu’il y ait un déficit exceptionnel. Néanmoins, le groupe PLR déplore que le conseil administratif n’ait pas eu le courage de maintenir la décision annoncée lors de la présentation du budget en septembre, qui était de geler les mécanismes salariaux des fonctionnaires et du secteur de la petite enfance. Supprimer les annuités peut certes être injuste envers certains employés qui mériteraient au contraire une prime, car mis à rude épreuve avec le Covid. Mais voilà, le système fonctionnarisé, rigide, ne permet pas de donner des primes seulement à une catégorie de fonctionnaires ! Or, dans cette crise où des commerçants, des indépendants ont perdu jusqu’à 40 % de leurs revenus (voire plus !) et craignent des faillites, supprimer l’augmentation automatique du traitement des fonctionnaires pour 2021 aurait permis de réinjecter plus de 8 millions pour faire face aux difficultés et incertitudes liées à cette crise sanitaire, sociale et économique !

    Mais, se montrer prévoyant n’est pas dans l’ADN de la gauche genevoise, qui juge la qualité d’un gouvernement à l’aune de sa capacité à dépenser l’argent public ! Dès que les prévisions fiscales ont été plus optimistes, le conseil administratif s’est empressé d’annoncer qu’il ne gèlera pas les mécanismes salariaux du personnel de la Ville. Toutefois, il ne faut pas se leurrer, ces estimations fiscales, faites avant la 2ème vague du Covid, sont exagérées. Et, il ne faudra pas attendre longtemps pour que des demandes de crédits supplémentaires soient faites au Municipal, pour faire face aux imprévus et urgences, qui ne manqueront pas d’arriver en 2021.

    Le PLR se montre aussi très critique sur quelques nouvelles lignes budgétaires créées, qui n’améliorent pas vraiment la vie des genevois, mais reflètent l’enfermement idéologique d’une gauche qui “surfe” sur les sujets devenus obsessionnels : les problèmes de genre, de harcèlement, de sexisme, de racisme et de migration.

    Sur les quelques nouvelles lignes créées, 4 concernent des lignes budgétaires pour des associations LGBTQ+. Parmi les nouveaux postes créés, on trouve aussi des postes de médiateurs de nuit dont on ne sait pas encore quels vont être leurs rôles. La conseillère administrative en charge du social, Mme Kitsos, annonce que « c’est un projet pilote ». Toutefois, à quoi serviront ces médiateurs de nuit ? Seront-ils des relais pour la police municipale, des aides pour les assistant(e)s sociaux, des collaborateurs aux « travailleuses et travailleurs sociaux hors murs » ? Difficile d’en dire plus, puisque « le département est en train de travailler sur le profil exact de ces médiateurs ». Néanmoins, la somme de 320'000 francs est inscrite au budget 2021 pour engager ces médiateurs de nuit !

    Même légèreté avec la nouvelle ligne budgétaire de 50'000 francs pour « la lutte contre le racisme anti-noir-es ». Sur le site de la Ville de Genève, jusqu’à fin septembre/octobre, on trouvait un appel à projet pour cette mission. On a fixé donc une ligne budgétaire, sans savoir encore comment l’utiliser. Par ailleurs, n’est-il pas paradoxal de prétendre combattre le racisme anti-noir-es en séparant les noir(e)s des autres groupes.  La Ligue internationale contre la racisme et l’antisémitisme (LICRA) est habilitée à combattre toutes les formes de racisme. Son président, Manuel Tornare, l’avait rappelé dans un courrier adressé au Municipal. Faudra-t-il par la suite, dans cette même logique, créer une association pour les femmes noires puis une autre pour les noirs d’Orient, puis pour ceux d’Afrique ou d’Amérique, en invoquant que ce sont des racismes particuliers ?

    Ce saucissonnage, cette juxtaposition d’associations qui vise des buts identiques, cette légèreté envers la gestion de l’argent public, où on verse de l’argent avant de savoir ce qu’on va en faire, n’est pas raisonnable. Dans la période de crise sanitaire que nous vivons, et qui a déjà et aura encore davantage de graves répercussions économiques, le conseil administratif devrait être plus responsable et prévoyant au lieu de dépenser à tort et à travers et souvent à tort l’argent des contribuables !

    Par ailleurs, avec cette “bien-pensance” qui sévit dans ce plénum depuis que la gauche est devenue majoritaire, le conseil municipal n’a-t-il pas voté, lors du vote du budget, une diminution de la subvention à l’Orchestre de Suisse Romande (OSR) pour augmenter celle de l'Orchestre de chambre de Genève (OCG) sous prétexte que ce dernier respecte la parité homme-femme, et que, de toute façon, c’est indolore, vu que les deux sont dans le registre de la musique classique ! S’il fallait augmenter la subvention de l’OCG, la manière de le faire n’est pas recevable pour le PLR qui a aussi été scandalisé de constater que toute la gauche (EàG, Ve, S.) a voté une rallonge budgétaire pour « les travailleuses et travailleurs du sexe », compensée par une diminution de la subvention pour le Grand Théâtre!

    Autres petites manipulations fort peu appréciées par le PLR, c’est l’utilisation d’un fonds de 960’000 francs, destiné aux personnes âgées (fonds Zell), et qui a été redirigé vers l’urgence sociale sans respecter les conditions du legs d’Emma Louise Zell. Autre gestion problématique : l’allocation rentrée scolaire (allocation déjà problématique au niveau des répartitions des tâches entre le canton et les commune). Décider d’élargir cette allocation aux enfants qui n’ont pas de papiers en règle, donc aux familles sans statut légal, frise l’acte illicite… Or, comme les migrants ou sans-abris ne sont pas des domiciliés et résidents en Ville de Genève, Mme Kitsos, par un tour de passe-passe, décide de verser sous forme de subvention 190’00 francs au Centre de contact Suisse Immigrés (CCSI).

    Pour le PLR, s’il est facile de se montrer généreux avec l’argent public, la gestion des avoirs publics doit se faire dans le plus grand respect de nos lois. Or, décidemment, la scène qui se joue sur le théâtre politique genevois de la Ville est de piètre qualité ! C’est pourquoi le PLR a refusé ce budget 2021.

     

    Ce billet rédigé peu après le vote a été laissé, par mégarde, dans mon ordinateur au lieu d'être mis en ligne. Il n'est cependant jamais trop tard pour donner quelques échos des affaires publiques en Ville de Genève...  ET BONNE ANNEE A TOUS !

     

     

     

     

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  • Ton martial pour les infectés du Covid

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    Quelle ne fut pas la sidération de mon ami de recevoir hier un courriel, à en-tête officielle en bonne et due forme avec écusson de la République et canton de Genève, venant de la Direction générale de la santé du Département de la sécurité, de l’emploi et de la santé. signé par « la Médecin cantonale » (sic !). Ayant été détecté positif au test du Covid, mon ami pouvait s’attendre à une lettre courtoise et empathique avec le rappel de quelques principes sanitaires à respecter. Et bien non ! Cette missive au ton martial use d’une rhétorique juridique en quatre volets : « En fait », « En droit », « Décision prise par la Médecin cantonale » et les sanctions prévues par la loi en cas de non-respect de la décision prise par les autorités cantonales (« la présente décision est passible de sanction conformément à l’article 83 al. 1 let. h LEp »).

    Dans la première partie « En Fait » sont énoncées quelques considérations : « vu qu’il est établi que ce virus se propage d’humain à humain ; vu que cette transmission s’effectue principalement lors de contact étroit et prolongé […] ».

    Dans la partie « En droit » est déroulée une série d’articles de lois dont voici un extrait : « Considérant qu’en vertu de l’article 35 LEp, si la surveillance médicale (art. 34 LEp) pour éviter la propagation se révèle insuffisante, les personnes présumées malades ou présumées infectées peuvent être mises en quarantaine et les personnes malades, infectées ou qui excrètent des agents pathogènes peuvent être mises en isolement ».

    Ces considérants débouchent alors sans ambages sur une décision de placement en isolement dudit destinataire du courriel. L’isolement est décliné sous diverses formes. Il peut être à domicile si la situation ne s’y oppose pas ou effectué en milieu institutionnel. Et, pour bien montrer qu’on ne badine pas avec les autorités sanitaires de la République et canton de Genève, on précise que « si la mesure prononcée n’est pas suivie, elle peut être exécutée par voie de contrainte, notamment par un transfert dans un autre lieu approprié, si nécessaire avec l’appui de la police cantonale » et passible même de sanctions (conformément à l’article 83 al. 1 let. h LEp). Comme tout acte juridique, celui-ci est évidemment susceptible d’un recours « dans un délai de 30 jours suivant sa notification » comme le précise la circulaire.

    Outre ce ton juridique et autoritaire, il est pour le moins inadmissible que ce courriel soit envoyé presqu’un mois après la guérison de mon ami. Dès les premières fièvres, celui-ci s’était immédiatement mis en quarantaine et à l’apparition de symptômes propres au Covid, il s’était fait tester. Par prudence et responsabilité personnelle, il a même poursuivi son isolement pendant quinze jours, après la fin des symptômes et sa guérison.

    Comment donc envoyer un tel courriel si tardivement ? Certes, on peut supposer que le médecin cantonal n’ait fait qu’apposer sa signature sur une lettre type envoyée à toutes les personnes infectées par le Covid. Néanmoins sa signature implique sa responsabilité directe. Y a-t-il trop de personnes à l’administration au point que le système devienne défectueux et inefficace ? Même si cette pandémie met tous les services à rude épreuve, est-il acceptable qu’une décision, dans une telle situation sanitaire, vienne avec presqu’un mois de retard ? Ce dysfonctionnement de l’État, permettrait-il à ce virus de se propager encore plus rapidement à Genève ? Car, en un mois, reconnaissons qu’une personne contaminée aurait le temps de contaminer massivement d’autres.

    Enfin, ce style juridique qui prend l’habit du gendarme autoritaire et menaçant, qui brandit un gros bâton contrevient à l’ADN de notre culture helvétique, qui privilégie la responsabilité individuelle. La responsabilité citoyenne aurait-elle tant diminué à Genève que les autorités se croient autorisées à s’adresser à la population avec ce ton brutal, humiliant et cassant ? S’il est certes difficile de trouver un juste équilibre entre respect et restriction de la liberté de chacun, surtout dans cette grave crise sanitaire, il faudrait aussi que nos dirigeants ne s’autorisent pas des libertés extravagantes (envers la langue française !). Si le médecin cantonal veut féminiser le nom du métier qu’elle exerce, pourquoi n’emploie-t-elle pas le terme « doctoresse » qui existe ? On peut certes penser que mes agacements envers le langage inclusif qui pollue notre communication est anecdotique. Mais, je vois un lien entre cette circulaire irrespectueuse (aux effets contre-productifs) et le manque de respect pour la langue française. Dans les deux cas, il y a une attitude omnipotente qui s’exerce sans retenue !
     

     
     
     
     
     

  • Le T-shirt des idées toutes faites

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    Depuis une quinzaine de jours, les médias se font l’écho de la polémique (ou l’alimentent ?) de ce que certains ont nommé les « T-shirts de la honte ». Pour rappel : dans un Cycle d’orientation genevois, les élèves qui arrivent à l’école avec des vêtements jugés indécents doivent enfiler un T-shirt XXL sur lequel il y a le nom du Cycle, un logo emprunté au « like » de Facebook et l’inscription: « J’ai une tenue adéquate ».

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    Cette sanction, décidée en 2014, émane des élèves, des parents et des enseignants.
    Le concept de décence (ou de tenue adéquate) est, il est vrai, difficile à saisir, surtout pour ceux qui considèrent que c’est un concept éculé, qui n’a plus lieu d’exister au XXIe siècle, et qu’apprendre à nos jeunes un peu de retenue est synonyme d’une ringardise qui frise l’obscurantisme.
    Toutefois, est-il acceptable que chacun à l’école s’habille comme il l’entend ? A suivre la sociologue (professeur à l’Université de Lausanne en études genre avec laquelle je débattais à Forum le 26 septembre), ces T-shirts seraient une sanction d’une violence inouïe, infligée le plus souvent aux jeunes filles pour la taille d’un débardeur ou la largeur d’une bretelle ! De la part d’une universitaire, on pourrait s’attendre à des propos plus prudents. Ces jeunes filles, ont-elles subi une sévérité excessive de la part de la direction de l’école ? N’ont-elles qu’arboré des tops avec de fines bretelles ou délibérément transgressé les règles scolaires avec provocation, comme aiment tant le faire les adolescents ?
    En tout cas, pour la sociologue, aucune hésitation ! La sanction du T-shirt (qui évite le renvoi à la maison pour se changer !) est sexiste et aurait pour but d’exercer un contrôle sur les filles, de leur inculquer l’obsession de la respectabilité afin qu’elles aient honte de leur corps. Et, ce n’est pas tout ! Ce contrôle permettrait de susciter la peur chez les filles, de les mettre en garde contre tout message sexualisant qui pourrait déconcentrer (voire exciter) les garçons. Bref, l’école serait coupable de véhiculer un discours qui est celui de la culture du viol où les filles et femmes seraient toujours responsables de ce qui leur arrive, même lorsqu’elles se font agressées.
    Seulement voilà, cette grille de lecture sociologique, n’est-elle pas déplacée dans ce cadre scolaire ? Ces normes vestimentaires, ne s’appliquent-elles pas aussi aux garçons ? En effet, il n’est nullement autorisé pour les garçons de venir à l’école torse nu, vêtu d’un marcel, d’un training, en pyjama, avec des logos qui véhiculent des messages haineux ou encore avec une casquette vissée sur la tête… Prétendre donc que ces règles sont sexistes est un manque de discernement. Ce n’est pas parce que des normes sont davantage transgressées, ici, par des jeunes filles, qu’elles seraient sexistes. En suivant ce raisonnement, devrait-on considérer que notre code pénal est sexiste, puisqu’il y a davantage de délits commis par les hommes ? Faudrait-il instaurer des quotas dans les prisons entre hommes et femmes ?
    Suite au débat de Forum, j’ai reçu un témoignage qui montre bien que ces règles vestimentaires n’ont pas pour but d’humilier les filles :
    « Dans le Cycle d’orientation que j’ai dirigé pendant 19 ans, nous avions aussi des T-shirts du même genre que nous avons utilisés en premier lieu pour neutraliser des garçons qui portaient des logos à caractère militaire (dont celui des combattants de l’UCK), ce qui générait des conflits interethniques. Certains maillots de foot posaient également parfois problème, notamment pendant les coupes du monde, lorsqu’ils exacerbaient les sentiments nationalistes ».
    D’ailleurs, comment suivre la logique argumentative de cette sociologue qui admet qu’il y a des habits indécents à l’école, puisqu’elle me répond :
    « Si on interdit les pyjamas, c’est qu’effectivement, on veut envoyer le message que quand on va à l’école, on n’y va pas en pyjama. Donc, il y a des normes logiques ».
    C’est bien la première fois que j’apprends que des normes peuvent être “logiques”, alors que, par définition, elles sont définies par la société (dans le meilleur des cas) ou imposées par des groupes dominants. Mais, poursuivons avec notre pyjama et permettons-nous une interprétation aussi hasardeuse que celle de cette sociologue avec ces T-shirts. Ne pourrait-on pas affirmer que l’école interdit le pyjama, parce qu’elle ne veut pas faire l’éloge de la paresse, mais bien plutôt orienter les élèves sur le chemin de la production en vantant les mérites de l’effort au travail… Bref, je délire, mais je parodie un certain féminisme en folie, qui avec la « culture de l’annulation » (cancel culture) ou « culture de la dénonciation » nous déverse ses discours vindicatifs, extrémistes et agressifs.
    Pour conclure, dans une démarche éducative où les jeunes sont en formation et en recherche de repères, il est essentiel que ceux-ci apprennent qu’on ne s’habille ni ne s’exprime n’importe comment. On ne parle, en effet pas de la même manière à ses potes, son professeur, sa mère ou son patron. De même, on ne s’habille pas de la même manière pour aller à la plage, au travail, en voyage ou chez soi. C’est la base de l’éducation et de la convivialité. En revanche, ces problèmes d’indiscipline scolaires, doivent-ils vraiment faire la une de l’actualité ? Ne peuvent-ils pas être traités dans l’institution scolaire en concertation avec les partenaires concernés ? En tout cas, ce battage médiatique en dit long sur notre société nombriliste !
    Enfin, cessons de faire croire aux jeunes filles qu’elles sont des sempiternelles victimes. Comment, avec de tels discours, peuvent-elles avoir l’envie et des ambitions pour se projeter dans l’avenir ? Car, n’oublions pas : il n’y a pas plus sexiste que cette victimisation constante des filles !
     
     

     

     

     

     

  • Manif à Genève contre le racisme, où va-t-on ?

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    Mardi 9 juin 2020, entre 10'000 et 12’000 personnes ont manifesté à Genève contre le racisme et les violences policières. Sur les banderoles, des slogans en anglais : « colour is not a crime », « no justice, no peace », « Black Lives Matter », « I can’t breath ». Mais, sur une photo, je repère une pancarte en français (enfin, apparemment…), qui vaut son pesant d’or : « la vie des noir.e.x.s compte » !

    Que le meurtre de Georges Floyd ait ému le monde, c’est une saine réaction. En revanche, établir un parallélisme entre les Etats-Unis et la Suisse est grave. Aux USA, le racisme envers les noirs fait partie de l’ADN de ce pays. La guerre civile (1861-65) entre les états sécessionnistes esclavagistes et ceux de l’Union, fut déclenchée sur des différends politiques et sur la question de l’esclavage. Un siècle après l’abolition de l’esclavage, des états imposent encore des lois de ségrégation raciale entre blancs et noirs. A Montgomery (Alabama), Rosa Parks, qui refusa de céder sa place assise à un blanc dans un bus, fut incarcérée le 1er décembre 1955.

    D’après un rapport de 2017 de la Ligue anti diffamation (ADL), le Ku klux Klan, organisation suprématiste blanche criminelle (née en 1865), reste implanté aux USA et serait actif dans 33 états. Le contexte des Etats-Unis diffère donc de celui de la Suisse.

    Aux Etats-Unis, imprégnés d’une culture à la Rambo, les policiers ont un fort sentiment d’impunité. Les sheriffs d’ailleurs peuvent engager leurs adjoints sans que ces derniers aient à suivre une réelle formation.

    Au contraire, en Suisse, pour entrer dans la police, le candidat doit avoir des prérequis, un certain profil psychologique et suivre une formation exigeante de deux ans. Si, dans notre pays, il y a des bavures policières et des flics qui dysfonctionnent, aux USA, c’est le système policier qui dysfonctionne d’autant plus aisément que le système pénitentiaire américain est souvent privé. Or, les entreprises qui gèrent ces prisons misent sur la rentabilité. Qui possède les actions de ces sociétés pénitentiaires ? En tout cas, une prison privée pour mineurs de Pennsylvanie a été reconnue coupable d’avoir versé, durant dix ans, des pots-de-vin de 2,8 millions de dollars à deux juges pour qu’ils condamnent 2000 enfants à des peines de prison pour des infractions insignifiantes voire inexistantes (in, Business & Human Rights). Rappelons aussi que l’Amérique a un des taux d’incarcération parmi les plus élevés du monde (700/100'000 habitants, en Suisse, 80/100'000), et que d’après des données du World Prison Brief, le nombre de détenus s’élevait, en 2016, à 2'145'100.

    En Suisse, certes, il y a des racistes, mais pas de « racisme systémique ». Les préjugés circulent évidemment dans notre population (Cf. « Les malheurs d’Oprah Winfrey »). Toutefois, notre Constitution garantit l’égalité entre tous les citoyens. Jeter donc l’opprobre sur toute la police est inacceptable. Cela revient à se faire complice d’extrémistes qui veulent “casser du flic”, cliver la société pour faire naître de la haine et du racisme au sein de la population.

    D’ailleurs militer contre le racisme ne prémunit pas contre le racisme ! A cet égard, la motion (M-1446) qui demandait plus de prévention « contre le racisme anti-Noir.e.s en Ville de Genève » a donné lieu à un débat piquant. Plaidant pour la création d’une association « spécialisée dans le racisme anti-Noir.e.s », la gauche voulait séparer les noirs, ne pas les mélanger aux autres, car d’après elle, la LICRA (qui s’occupe pourtant de toutes les formes de discrimination et de racisme) n’était pas compétente pour prendre en charge ce racisme anti-Noirs ! Durant ce débat, une conseillère municipale d’Ensemble à gauche affirma qu’à Genève « les Noirs sont stigmatisés surtout par la police » ! Comme je m’indignais de ces accusations envers la police, mon propos fut taxé de « bien-pensance blanche » !

    Il n’est certes pas facile d’agir contre le racisme. Mais, ce n’est certainement pas en défilant dans les rues, en moralisant la société qu’on le diminuera. La littérature pourrait être un recours plus précieux ! A cet égard, le roman de Philipp Roth, « La tache », est vivifiant. Il débute sur un incident banal avec un doyen d’une université américaine, accusé d’avoir tenu un propos qui, dans la bouche d’un noir serait anodin, mais venant d’un blanc est raciste. Or, ce dernier préfèrera démissionner plutôt que de livrer son secret…

    Enfin, pour revenir à la manifestation à la Place Neuve de mardi passé, ne risque-t-elle pas de produire des effets délétères (et peut-être des effets sanitaires catastrophiques) ? Tout d’abord, les organisateurs, débordés, n’ont pas réussi à faire respecter les règles sanitaires (pas de rassemblement de plus de 300 personnes !). Ensuite, le Conseil d’Etat, qui a autorisé cette manifestation, a donc enfreint l’ordonnance fédérale. Pire, le Président du gouvernement genevois a minimisé ce non respect de la loi, alors même que le texte fédéral prévoit, pour quiconque qui contreviendrait à ces interdictions, une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison !

    Il est fort à parier que les restaurateurs, qui se soumettent à des règles sanitaires très contraignantes, qui impactent leur chiffre d’affaire déjà mis à mal par le COVID, apprécieront !

    Enfin, comment accueillir cette moralisation de notre société, importée des USA, où des militants, qui hurlent contre la mondialisation et le coca-cola, n’hésitent pas à singer l’Amérique ? L’avenir nous dira si ces foules déchaînées (ouf ! la manifestation à Genève n’a pas dégénéré et le Grand Théâtre fut épargné !), qui déboulonnent des statues, arrachent les plaques des rues, nous préparent un monde plus juste. Mais, prétendre lutter contre le racisme et défiler avec des pancartes où est écrit  « ACAB » (acronyme anglais pour « all cops are bastards » qui signifie : tous les flics sont des bâtards !) me laisse perplexe ! Pourquoi tolérer ces insultes ? Le Ministère public ne devrait-il pas enquêter sur ces manifestants qui incitent à la haine ?

    Nos policiers, qui exercent une profession dangereuse, ont droit, comme tout citoyen, au respect. En revanche, représentants de l’Etat, les policiers qui commettent des abus de pouvoir et des délits doivent être sévèrement condamnés. Or, des dérapages existent dans notre République. On se souvient de l’arrestation digne d’une mauvaise série noire américaine, dirigée par le procureur général Bertossa envers l’ex directeur de la Banque cantonale genevoise et d’un promoteur genevois (Cf. ici). Plus récemment, on a appris que Simon Brandt, qui n’est pas un criminel dangereux, fut arrêté par un escadron de policiers qui ont fait subir un traitement humiliant et inhumain à ce député, conseiller municipal et candidat au conseil administratif. Enfin, l’arrestation vers 17 heures, le 1er mai, du propriétaire du Soleil Rouge, fameuse vinothèque du boulevard Helvétique, interroge. Accusé de n’avoir pas respecté les règles sanitaires (fermeture des restaurants et pas plus de 5 personnes réunies), ce patron a tenté d’expliquer aux policiers que c’était une fête d’anniversaire privée qui ne réunissait pas plus de 5 personnes. Incompréhension, quiproquos, énervement ? Toujours est-il que les deux policiers municipaux ont appelé du renfort. Il y aurait eu 7 voitures de police et 20 policiers pour emmener ce commerçant, menotté, au poste. Malmené, il se serait évanoui et réveillé dans une cellule, en slip, pour n’être libéré que vers 2h du matin. Encore sous le choc de son arrestation, ce patron vient de recevoir une amende de presque 18'000.- francs qu’il est sommé de payer dans les 30 jours !

    Il est certain que lorsque les genevois réalisent qu’il y a, dans notre République, de telles inégalités de traitement envers la population, qu’on peut se montrer tatillon envers un commerçant (qui aurait oublié de mettre sur sa porte l’écriteau « fête privée »), et que, de l’autre côté, des manifestants peuvent violer impunément les règles fédérales avec l’absolution même de nos autorités, ces mêmes genevois doivent avoir la rage au ventre. Cette dérive de notre société, qui admet deux poids, deux mesures, est inquiétante, car elle génère de la violence, du racisme et de la colère. 

     

     

  • Des autoroutes à vélos

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    Ayant omis de mettre en ligne dans mon blog ce billet publié dans le « Courrier des lecteurs » de la TdG du 18 mai, je le fais maintenant. Au vu des rebondissements induits par ces autoroutes à vélos, je compléterai mon propos.

     

    « Même pour une phase test de 60 jours, il est inadmissible que la Ville crée des « autoroutes à vélos » à la hussarde (en une nuit !). Que M. Pagani entame un dernier tour de piste en faisant un pied de nez, cela sied au personnage ! Mais, que M. Dal Busco se soit laissé entraîner dans cette pantalonnade, c’est curieux ! Si l’intention était d’inciter la population à sortir du confinement en se déplaçant en vélo plutôt qu’en TPG ou en voiture, c’est un échec.

    Ces aménagements n’ont fait qu’aggraver les embouteillages au Quai Wilson, Quai du Mont-Blanc, Bd Georges-Favon... Ces bouchons pénalisent surtout les entreprises qui ont déjà payé un lourd tribut au COVID-19 et ruinent les efforts menés jusque-là pour les aider.

    Ils aggravent aussi la pollution à Genève. Ce chaos de la circulation routière augmente non seulement les émissions de gaz nocifs et de microparticules (et contribuent au réchauffement climatique !), mais accroît aussi le stress, affectant la santé de la population.

    Merci à nos autorités de rétablir immédiatement les voies de circulation automobile, les places de stationnement et d’entamer une réflexion en concertation avec les formations politiques, les associations actives dans la mobilité et les milieux professionnels concernés ! »

     

    En sus de ce billet, j’ajouterai que le parti libéral radical (PLR) n’est nullement opposé à l’aménagement de pistes cyclables à Genève. La preuve, il a voté - à l’unanimité - lors de la séance plénière extraordinaire du Municipal (du 20.05.20) en faveur de la proposition du conseil administratif (PR-1325), qui concerne le « U Cyclable ». Ce projet est d’autant plus cohérent qu’il offre un itinéraire cyclable sur tout le pourtour de la rade, et qu’il poursuit la piste du Quai Ador, déjà réalisée. Plus encore, cette proposition a fait l’objet d’une étude sérieuse au sein de la commission des travaux et des constructions (CTC) du municipal, qui a auditionné les milieux professionnels concernés, les associations actives dans la mobilité dite “douce” et le pouvoir politique, à savoir : Genève Tourisme & Congrès, Pro Vélo, Mobilité piétonne, l’Association transport et environnement (ATE), le Touring Club Suisse (TCS), le conseiller administratif Rémy Pagani, accompagné de la direction du Service de l’aménagement, du génie civil et de la mobilité (AGCM), ainsi que le conseiller d’Etat, Serge Dal Busco, en charge de Département des infrastructures avec son directeur de l’Office cantonal des transports (OCT) et le chef du projet. Contrairement donc aux aménagements sauvages, créés en catimini pendant la nuit du 10 mai, le « U Cyclable », qui a suivi les règles de notre démocratie, répond à la « Loi pour une mobilité cohérente et équilibrée » (LMCE), adoptée par 67,8% du peuple lors de la votation du 5 juin 2016.

    En revanche, les agissements et déclarations de deux conseillers d’Etat sont gravissimes et ont, malheureusement, ravivé la guerre des transports à Genève. Des pétitions circulent maintenant dans notre canton pour augmenter davantage les pistes cyclables ou au contraire rouvrir à la circulation automobile les voies préexistantes d’avant le déconfinement. Sur les réseaux sociaux, les injures, indignations et grossièretés débordent. Quant aux irréductibles militants de la petite reine, ils se sont réunis sur la Plaine de Plainpalais (lundi 18 mai dès 18h) pour manifester leur soutien envers ces nouvelles pistes et en demander encore davantage… Cette manifestation non autorisée, qui aurait réuni plus de 2000 participants, et qui viole la loi (ordonnance Covid-19) est d’autant plus scandaleuse que la population genevoise ne peut sortir du confinement qu’en appliquant des règles sanitaires très strictes. Les restaurateurs, par exemple, doivent espacer les tables (à 4 couverts maximum !) d’au moins 2 mètres et les rassemblement de plus de cinq personnes sont toujours interdits.

    Genève s’embrase à nouveau sur la mobilité et une guerre intestine au sein du Conseil d’Etat semble même avoir éclaté. Le président du Conseil d’Etat - qui devrait incarner les lois de notre République et l’ordre public - Antonio Hodgers, minimise la gravité de ce rassemblement cycliste, dont il doute qu’il puisse propager le virus (in RTS, Forum du 22.05.20). Il acquiesce donc, indirectement, à la désobéissance civile ! Mauro Poggia, lui, en charge de la police et de la santé, promet des sanctions ! Quant à Serge Dal Busco, à l’origine de cette crise, il ne sait pas encore quelle attitude adopter envers ces manifestants !

    Si on ne veut pas que de graves conflits dégénèrent en combats de rues, l’attitude irrespectueuse et immature d’Antonio Hodgers doit être sanctionnée par les députés qui devraient demander un changement immédiat de présidence au sein du Conseil d’Etat.

    Ces agissements de la part d’une gauche, qui se croit habilitée pour le “bien de la collectivité” ( !) d’imposer son point de vue, sont insupportables et malheureusement de plus en plus fréquents dans notre République. Récemment, les Genevois ont dû subir les panneaux “genrés” de Sandrine Salerno ! Quant à la menace de changements de noms de rue, elle est toujours pendante !

    Notre démocratie est fragile et repose sur le respect des lois qui garantissent une équité de traitement entre les citoyens et nous préservent du communautarisme avec ses dérives violentes.

    Ne l’oublions pas !

     

     

  • Lisa Mazzone, la “courageuse” !

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    Cet éloge à notre conseillère aux Etats vient de la récipiendaire elle-même ! En effet, dans Le Courrier (du 11.05.20), Lisa Mazzone, qui accorde un entretien à Christiane Pasteur, dit qu’elle espère que cette crise du COVID débouchera sur un changement de société. Mais, ajoute-t-elle, pour « ceux qui sont prêts à essayer autre chose, cela demande du courage ». On retrouve, là, la rhétorique habituelle de la gauche sous une forme positive, car la forme négative, à laquelle on est habitués évoque la peur. Pour Mme Salerno, par exemple, ceux qui dénoncent ses panneaux genrés ont peur du changement ! Cette rhétorique d’intimidation est un procédé qui permet d’évacuer tout débat d’idées pour glisser vers du sentimentalisme.

    Les prises de position de Lisa Mazzone dans cet entretien sont effarantes. Déplorant que le patronat vaudois planifie un retour progressif à la normale, elle déclare que cette crise devrait amener un changement de société. La « qualité de vie » durant cette crise a permis de : « passer du temps en famille, respirer de l’air moins pollué, ne pas être réveillé par le bruit des avions… ».

    Ces propos montrent que notre conseillère aux Etats n’a pas d’inscription dans la vie économique de notre pays, et qu’elle croit que le monde fonctionne par lui-même ! Ils font aussi supposer que cette jeune élue a une famille heureuse, pas entassée dans un appartement exigu ! S’il est bon de n’être pas réveillé par le bruit des avions, il faut se rappeler que certains ne parviennent plus à s’endormir, rongés d’inquiétude par l’éventuelle faillite de leur commerce, entreprise (parfois l’œuvre d’une vie !).

    Par ailleurs, comment Lisa Mazzone peut-elle plaider de : « ne laisser personne tomber dans la précarité » et refuser (lors du vote des Chambres) de signer l’aide (un prêt de la Confédération) de 2 milliards pour le secteur aéroportuaire ? Conseillère aux Etats, elle doit pourtant savoir que plus de 200'000 emplois (directs) - sans compter les centaines de milliers d’emplois indirects - sont liés à ce secteur stratégique de notre économie. Rappelons que plus du tiers de nos exportations et 1/6 de nos importations se font par transport aérien. Refuser une aide financière à ce secteur dénote une désinvolture inquiétante à l’égard de Genève ! Car, comme le rappelait Bertrand Reich, président du PLR Genève (le 29.04.20 à Genève à Chaud) : « Il n’y a pas de Genève internationale sans aviation et il n’y a pas de Droit de l’homme si on ne peut pas se déplacer ».

    L’aviation est donc indispensable pour notre économie, mais aussi pour la défense des droits de l’homme, les dialogues entre les nations et l’humanitaire. A cet égard, il faut réaliser que l’arrêt des transports aériens a privé le continent africain d’arrivée d’argent. Les travailleurs migrants africains, qui avaient l’habitude d’envoyer une partie de leur revenu à leur famille, n’ont plus été en mesure de le faire. Certains, il est vrai, n’avaient plus de revenu durant cette crise, mais, plus encore, parce que les transferts de fonds (officiels et non déclarés !) ont été stoppés. L’envoi d’argent de l’Angleterre aux pays de l’Afrique de l’Est a, par exemple, chuté de 80%, celui de l’Italie vers l’Afrique de 90%, plongeant des millions de familles dans une pandémie de faim (in, The Economiste, 18.04.2020).

    Pour quitter ses rêveries déconnectées des réalités économiques, notre conseillère aux Etats devrait voyager pour mieux connaître le monde et prendre conscience que nous vivons dans un monde interdépendant. Comment « garantir à toutes et à tous un revenu » en voulant, comme le propose Mme Mazzone dans cet entretien :

    - « chercher l’argent où il est » en augmentant les impôts des grosses fortunes ! Les terres, les fermes, les entreprises, les outils de travail constituent des fortunes ! En étant encore davantage ponctionnés par l’Etat, les entreprises, les commerces… qui n’ont pas les reins assez solides pour sortir de cette crise, seront rachetés, à bas prix, par les poids lourds de l’économie mondiale, qui deviendront encore plus gros, augmentant ainsi la main mise des très grosses sociétés sur l’économie mondiale et faisant exploser les inégalités sociales !

    - octroyer « un revenu de transition écologique et sociale permettant de donner une valeur au bénévolat… ». Bref, à suive Mme Mazzone, il faudrait tuer le bénévolat en rémunérant les bénévoles ! Pourtant, cette forme d’entraide, fondée précisément sur la gratuité, est une forme admirable de solidarité. Elle est aussi très pratiquée dans notre pays dont la devise : « Un pour tous, tous pour un », met en valeur la solidarité que les écologistes, et plus encore Lisa Mazzone, devraient se réapproprier.

     

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  • Le COVID-19 a chauffé les esprits

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    Le semi-confinement provoque des délires ! Les revendications pullulent, comme si le COVID-19 avait ouvert les vannes de la déraison. Parmi les idées les plus ubuesques, celles des antispécistes et des Verts genevois :

    1. Les antispécistes demandent à la Confédération de remettre en question la consommation de viande, voire de renoncer progressivement à la pratique d’élevage pour « amorcer un virage dans la bonne direction ! » (« Elevage », Le Temps, 24.04.20). Cette “bonne direction” tuera notre paysannerie (déjà précarisée !) et nous privera de viande, sauf à l’importer du Brésil - 1er exportateur mondial de viande - où l’élevage intensif (cause première de la déforestation de l’Amazonie) domine la région à la réglementation sanitaire toute relative. Au contraire, en terme sanitaire, en Suisse, le bétail est bien traité. Des ordonnances strictes de la confédération y veillent. Nos éleveurs aiment leurs troupeaux et en sont fiers (les cas de maltraitance animale sont dénoncés !). L’élevage traditionnel suisse n’a rien à voir avec l’élevage intensif si décrié (à juste titre !). Par ailleurs, le bétail en Suisse, qui broute souvent dans les pâturages, entretient nos sols et produit un effet positif en terme d’émission de gaz à effet de serre ! Sans bétail, nos paysans disparaîtront et, avec eux, les savoirs ancestraux dont ils sont dépositaires. Les incohérences des antispécistes révèlent combien ils sont des naïfs utiles, complices des géants de l’industrie agroalimentaire, qui veulent contrôler l’alimentation de la planète, en approvisionnant les supermarchés de faux steaks à base de soja (culture également responsable des déforestations intensives en Amazonie et d’une pollution massive des sols), de levure génétiquement modifiée, de cellules prélevées sur un animal et mises en culture et autres ingrédients chimiques, qui nous mettent l’eau à la bouche !

    2. « Les plans de mesures des Vert.e.s pour sortir de la crise du COVID-19 » sont un inventaire à la Prévert ! Il faut lire leur Communiquée de presse du 30 avril ! On y découvre « un plan qui prévoit trois thématiques fortes : résilience, urgence climatique et urgence sociale ». Au final, ce plan devrait amener la souveraineté alimentaire, des aides économiques accordées aux entreprises (pour celles qui s’engagent pour le climat !) et la mise en œuvre du revenu de base inconditionnel (RBI). Un beau programme, rempli de belles promesses ! Mais, comment Genève assurera-t-elle sa souveraineté alimentaire ? Avec un nouveau plan Wahlen ? En exigeant que les viticulteurs genevois arrachent leurs ceps de vigne pour planter des patates, et que le Service du SEVE plante, lui, des patates, du chou et du maïs dans les parcs genevois ? Comment aussi assurer le financement des subsides et aides que les Verts voudraient largement distribuer ? Et bien la solution du parti écolo, c’est d’introduire un Revenu de base inconditionnel (RBI). Pourtant, cette idée a été refusée par le peuple suisse à 76,9% lors de la votation populaire du 5 juin 2016 et par 65,3% des électeurs genevois ! Revenir avec ce RBI (dont on ne sait toujours pas comment le financer !), c’est faire fi de la volonté populaire ! Cela révèle beaucoup de l’esprit des Verts qui, pour sauver la planète, rêvent d’un Etat tout puissant, qui imposerait des règles en violant allégrement nos droits démocratiques ! Mais, avec ces plans de mesures, le miroir aux alouettes, tendu par les Verts, et qui a séduit une part importante de l’électorat, risque bien de se briser rapidement !

    3. Quant à la gauche, ses demandes ne pas ubuesques, mais convenues ! Elles se résument à : plus d’impôts, plus de taxes, plus de subventions, des hausses salariales pour les bas revenus et la suppression des loyers (pendant quelques mois). Non seulement cette dernière demande viole le droit de la propriété privée, garanti par la Constitution, mais plus encore, elle appauvrirait l’Etat et ses caisses de prévoyances ! 

    4. Enfin, les milieux de la droite ne sont pas en reste. Pour éponger la crise sanitaire, certains demandent une diminution des traitements des fonctionnaires. D’autres une réduction des rentes des retraités.

    Bref, les esprits sont chauffés à bloc ! Ne faudrait-il pas retrouver un peu de bon sens et se rappeler que la crise actuelle n’est pas liée à une crise économique structurelle, mais sanitaire. Au sortir de cette crise, on peut certes réviser certaines de nos pratiques. La Suisse devra questionner sa forte dépendance vis-à-vis de l’Asie en matière de produits industriels, sanitaires, pharmaceutiques et son manque de personnel soignant, indigène. Freiner cette fuite vers plus de consommation, ce “shopping” compulsif, favorisé par un ultralibéralisme, sera un défi à relever.

    Néanmoins, la première et indispensable démarche à faire, avant de lancer des réformes hasardeuses et des projets utopiques, est de sauver notre économie. Pour cela, notre système économique libéral, qui permet à la Suisse de figurer parmi les pays les plus prospères, est un succès. Quant au frein à l’endettement, adopté dès 2003 en Suisse, il aurait créé, fin 2019, 32 milliards qui représentent « le cumul des excédents théoriquement disponible de la Confédération » (« Les finances publiques retiennent leur souffle », Le Temps, 04.04.20). Ces excédents permettront à la Suisse de sortir de cette crise avec moins de dégâts que d’autres pays. Ce système économique, qui a fait ses preuves, doit être poursuivi ! Croire en tout cas qu’en produisant local, en consommant local, on obtiendra une souveraineté alimentaire est d’une naïveté confondante. La Suisse a une économie ouverte ; ce sont ses exportations qui l’enrichissent. Que cela n’empêche toutefois pas les consommateurs de soutenir la production locale avec ses produits d’une grande qualité ! Mais, qu’on le veuille ou non, nous sommes dans un monde globalisé, qui nous oblige à mener une réflexion globale !

     

     

     
     
     
     

  • Que les collégiens revoient leur copie !

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    Des collégiens de 4ème année ont envoyé une demande au DIP pour l’annulation des examens de maturité (Cf. « Des collégiens de 4ème sont inquiets », in TdG, le 28.04.20). Anne Emery-Torracinta, en charge du DIP, leur avait répondu que la décision revenait au Conseil fédéral. Or, depuis sa séance du 29 avril, ce dernier a annoncé qu’il laissait aux cantons la compétence de maintenir ou non ces examens. Anne Emery-Torracinta a aussitôt fait savoir que les examens finaux écrits seraient supprimés pour la maturité et les diplômes de l’Ecole de culture générale (ECG).

    A cet égard, je soutiens tout à fait la demande des collégiens ainsi que la décision prise par Mme Emery-Torracinta. Il faut savoir raison garder ! Annuler les examens finaux n’est pas une tragédie et ne prétéritera pas les collégiens. Leur titre leur sera délivré sur la base des résultats obtenus durant le premier semestre avec une session de rattrapage - absolument indispensable - pour les élèves en échec. Un certificat de fin d’études, n’évalue-t-il pas les acquisitions obtenues tout le long d’un cursus ?

    Ce n’est pas la première fois, dans l’histoire, que des élèves sont privés d’école ! Après le débarquement, les bombardements sur les villes françaises et belges ont fermé les écoles pour une durée de plus de six mois, sans que le système scolaire ne s’écroule ou que les jeunes aient à souffrir de lacunes académiques.

    Non seulement, il serait difficile d’organiser ces examens en respectant les mesures sanitaires, mais plus encore, ce semi-confinement a créé de telles inégalités qu’il serait injuste de maintenir ces examens sans pouvoir accorder une égalité de traitement entre élèves.

    Or, pour certains, si le confinement aura été une parenthèse bénéfique pour leurs apprentissages (soutien des parents, contextes privilégiés : villas avec jardins ou grands appartements avec des espaces pour lire, étudier, s’isoler), pour d’autres, cette crise sanitaire aura engendré ou exacerbé des situations difficiles, précaires, conflictuelles voire mortifères. Submergés d’angoisses et n’ayant plus l’école comme soupape d’équilibre, certains jeunes n’ont guère pu étudier. Les élèves n’étaient ainsi pas tous logés à la même enseigne ! Quant à l’enseignement en ligne, certaines écoles privées le pratiquaient déjà, alors qu’il n’était pas toujours au point à l’école publique !

    Nul doute donc que l’école à distance accentue les inégalités, et que Mme Emery-Torracinta a pris une bonne décision en supprimant ces examens. En revanche, elle a eu tort d’accepter la missive signée par une quinzaine de collégiens sans exiger qu’ils revoient leur copie ! N’est-il, en effet, pas inconcevable que des collégiens osent écrire à la présidente du département de l’instruction publique, pour lui adresser une demande, en libellant leur prose ainsi :

    « Nous nous trouvons dans un état d’incertitude totale […] Des milliers de messages fusent sur les différents réseaux, envoyés par des étudiant.e.x.s inquiet.e.x.s de leur sort » (ibid.)

    Comment ces collégiens ont-ils l’outrecuidance de s’adresser à la tête du DIP en violant les règles de la langue française ? S’interroger sur le récepteur (à qui est destiné cette lettre ?) est pourtant une règle rhétorique élémentaire. Ces jeunes, croient-ils écrire un tract pour le mouvement LGBTQI ? En 2010, je m’indignais déjà que le DIP, pour user d’un langage épicène, écrive des circulaires rédigées ainsi :

    « Si un-e-des enseignant-e-s expérimenté-e-s et un-e-des chargé-e-s d'enseignement ou un-e-des suppléant-e-s désirent former un-e équipe, il-elle-s doit-vent informer un-une-des directeur-s-trice-s auquel-à-laquelle-auxquel-les-s il-elle- est-sont rattaché-e-s. Toutefois, seul-e-s le-la-les enseignant-e-s concerné-e-s et qui en fera-ont la demande auprès de son-sa-leur directeur-trice-s attitré-e-s pourra-ront bénéficier de cette disposition. Le-la-les enseignant-e-s qui utilise-ent ce mode de fonctionnement est-sont tenu-e-s d'en informer le-la-les responsable-s légal-e-aux de ses-leurs élèves et d'aviser son-sa remplaçant-e » (Cf. suite du billet)

    Depuis lors, le DIP s’était rendu compte de l’absurdité et du ridicule de cette démarche et était revenu à une écriture plus respectueuse de notre langue française. Pourquoi donc Anne Emery-Torracinta, n’a-t-elle pas rappelé à ces collégiens qu’ils n’ont pas à prendre le langage en otage, d’autant plus lorsqu’ils s’adressent à une conseillère d’Etat ?

    Pour ceux qui ne saisiraient pas mon indignation, je rappelle que la gauche (oui, c’est une spécificité socialiste !) après avoir trituré les mots pour imposer un langage épicène (en Ville de Genève, les fonctionnaires reçoivent même des cours de formation pour l’appliquer scrupuleusement !) se fait dépasser par des groupuscules, encore plus radicaux (issus des mouvements LGBTQI) qui partent en croisade anti-genre. Pour ces guerriers, marquer le féminin et le masculin reste de la ségrégation. Contestant le système binaire de notre société dans lequel ils se sentent discriminés, ces militants ne veulent être ni homme ni femme et se revendiquent d’un genre neutre, qu’ils veulent marquer, dans l’écrit, en ajoutant un « X » comme l’appliquent ces « étudiant.e.x.s inquiet.e.x.s de leur sort » !

    Parce que déconstruire le féminin et le masculin servirait la démocratie (en détruisant les normes !) dans laquelle les identités multiples (homosexuels-elles, lesbiennes, féministes, bisexuels-elles, trangenres, intersexes et autres minorités sexuelles : autosexuel-elle-s, asexuel-elle-s…) doivent pouvoir faire valoir leur droit à leur reconnaissance, ces activistes torturent le langage (pour leur bien !).

    Et, tant pis si les tyrannies commencent toujours par le redressement du langage, et qu’à force de le mutiler, on finira tous par se la fermer !

     

     

  • Qui veut modifier les plaques de rue à Genève ? On veut des noms !

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    La perspective d’une sortie de la crise sanitaire annonce aussi une reprise de la vie politique avec ses inévitables affrontements idéologiques. On peut ainsi s’attendre, même si Mme Salerno quitte la scène politique en Ville de Genève, que le combat pour féminiser l’espace public - avec la nouvelle majorité de gauche - reprenne de plus belle. J’ai exprimé dans « Féminiser les noms des rues à Genève ou les dernières frasques de Salerno » et dans « Batailles des rues : la résistance s’organise », ma désapprobation face à cette politique violente, qui occulte l’histoire (la brade même !), et qui veut faire choir de leur piédestal des hommes “illustres“ pour les remplacer par des femmes, certaines inconnues même d’experts en histoire de Genève.

    Dans « Les rues se féminisent » (Face-à-face du 25 mars, in TdG), les historiennes de l’Escouade (association fondée en 2017, à l’origine du projet 100Elles, qui a apposé des plaques violettes, honorant des figures féminines, sous les plaques officielles bleues) expriment leur soutien à la modification des seize noms de rues à Genève. Le contraire eut été étonnant, vu que les personnes qui veulent concrétiser ce projet sont celles qui l’ont conçu et réalisé !

    Une fois encore, je tiens à dire qu’il est juste de donner une visibilité aux figures féminines qui ont marqué l’histoire de Genève, et qui ont été injustement enfouies dans les limbes d’une histoire défaillante et patriarcale. Pour augmenter les noms des rues se référant à une femme, mon billet du 28 février 2020 offre quelques pistes…

    Cependant, il est inconcevable qu’un groupe, qui se proclame « Historiennes de 100Elles », puisse publier dans la Tribune de Genève sans signer leur billet. Défendre la visibilité de femmes rendues invisibles et se permettre l’anonymat, un comble ! Même sur Internet, on ne trouve aucun nom des membres de cette association qui use d’un nous de majesté fort peu démocratique ! On apprend seulement que quatre étudiantes - Nesrine, Myriam, Loriane et Tania – auraient eu l’idée, un 25 novembre, journée de lutte internationale contre les violences faites aux femmes, de former le collectif féministe l’Escouade, qui se veut anticapitaliste, antisexiste, écosocialiste et antiraciste. Le programme de ce groupe d'extrême gauche s’énonce clairement : « Lutter pour l’égalité doit se faire en pensant à des alternatives au système capitaliste, patriarcal et raciste dans lequel nous vivons. Pour ce faire […] Nous nous organisons afin de créer un espace bienveillant dans lequel nous pouvons partager et nous entraider. L’Escouade fonctionne de manière horizontale et consensuelle ». On saisit mieux pourquoi l’Escouade, qui affectionne « le fonctionnement horizontal », a retenu l’horizontale la plus fameuse de Genève parmi ses figures féminines remarquables !

    Faut-il ajouter que cette association, subventionnée par la Ville de Genève, n’accepte que des femmes, car : « Nous envisageons la non-mixité comme un outil de lutte […même si] nous aspirons à ce que les hommes cis-genres soient nos alliés » ?

    Combien d’adhérentes à l’Escouade ? Aucun indice ! Comment cette association a-t-elle opéré le choix des femmes qui auraient joué un rôle pour Genève ? Mystère ! L’Escouade précise seulement que le choix s’est fait dans une « logique intersectionnelle » ! Ses propositions disparates donnent néanmoins à penser que le choix des femmes s’est opéré par inclination personnelle et sans méthode ! Comment en effet imaginer que l’Escouade n’ait même pas jugé nécessaire de consulter, pour établir sa liste des 100Elles, l’Association pour l’étude de l’histoire régionale (AEHR), la plus à même de la guider dans la mémoire de Genève et de mettre sa sélection à l’épreuve d’une méthodologie historique rigoureuse. Une telle négligence laisse supposer que ces ”historiennes” sont des amatrices qui s’approprient le beau nom d’historien, sans en assumer les charges !

    On comprend dès lors pourquoi le choix des femmes retenues par ce groupuscule de gauche ait scandalisé la population genevoise au point de soulever de nombreuses oppositions, pétitions et des menaces d’attaquer le futur arrêté du Conseil d’Etat si ce dernier venait à avaliser ce projet ! Lire à cet égard, les articles de Laurent Grabet « Ils refusent que la Ville rebaptise leur rue » (GHI du 5 mars), « La féminisation des rues s’invite dans les municipales » (GHI du 12 et 13 mars) ou encore « Changer de nom de rue ? Pour ces habitants, c’est non ! » (Echo Magazine, n° 14 du 2 avril 2020).

    N’est-il en effet pas inimaginable qu’un Frank Martin, compositeur mondialement célèbre, puisse passer dans la trappe pour être remplacé par une violoniste d’une très brève carrière ou que des noms de rue du XVIe siècle puissent être abandonnés, mettant en péril les recherches historiographiques futures et privant les genevois de repères géographiques ?

    Enfin, il s’avère que plusieurs femmes, choisies par l’Escouade, ont eu un lien si ténu avec Genève, qu’elles n’ont guère marqué l’histoire de notre Cité. Pourtant ce dernier élément est écrit noir sur blanc dans la motion « Pour une reconnaissance dans l’espace public du rôle joué par les femmes dans l’histoire genevoise » (M-2536) que l’Escouade ne respecte pas. Son auteur, Mme Haller, n’a-t-elle pas déclaré, lors de son audition à la commission des affaires communales, régionales et internationales « qu’il ne s’agit pas spécifiquement de débaptiser des rues portant des noms d’hommes, mais plutôt de choisir des rues dont le remplacement du nom ne vexerait personne » (Rapport M-2536, p. 3) ? L’exercice mené par l’Escouade est donc raté !

    La commission cantonale de nomenclature devra se réunir pour donner son préavis sur les seize propositions de changement de noms de rue. Suite à son préavis, il appartiendra au Conseil d’Etat de se déterminer. Espérons que les membres de cette commission consultative (5 hommes et 1 femme !) sauront garder un jugement indépendant après les déclarations du Président du Conseil d’Etat, M. Hodgers (qui aime se définir comme un homme féministe!), et qui a déjà fait savoir, médiatiquement, qu’il était en faveur de ce projet controversé !

     

     

  • COVID-19 et mesures de l’Etat

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    La pandémie est un fléau si grave et si global qu’il est difficile de se prononcer sur le bien-fondé des mesures prises par notre gouvernement. La santé des Suisses est, et doit rester, la préoccupation première de nos conseillers fédéraux, d’autant plus qu’une population décimée ruinerait notre économie pour une durée indéterminée et peut-être même sans qu’elle puisse jamais se relever. Toute paupérisation, il faut le rappeler, entraîne son lot de tragédies humaines indescriptibles (inflation, augmentation du chômage, faillites, suicides, hausse des maladies, violence, insécurité, crimes…).

    Néanmoins, on peut tout de même s’inquiéter de l’arrêt de pans entiers économiques, décrété d’une manière qui paraît un peu arbitraire.

    Il est aussi paradoxal de voir comment, dans le monde, chaque gouvernement gère différemment cette crise. Dans certains pays, le port du masque est obligatoire dans l’espace public. Dans d’autres, la répression s’exerce sans relâche. En Inde, par exemple, (ce n’est pas le seul pays !), la police s’autorise à frapper les personnes se trouvant sur la voie publique. En Hongrie, le premier ministre s’est arrogé un pouvoir absolu, pour un temps indéterminé… En France, où le gouvernement raffole des démarches administratives et des contrôles, tout habitant doit remplir un formulaire pour sortir de chez lui. Ce dernier n’est d’ailleurs autorisé à quitter son domicile que sous conditions strictes et pour l’achat de produits de première nécessité. Cette notion de « première nécessité » laisse cependant place à des interprétations floues ! Des témoignages rapportent que des femmes ont été verbalisées pour être sorties s’acheter des protections hygiéniques, nullement considérées par les membres des forces de l’ordre comme des « produits de première nécessité ! »

    Heureusement, en Suisse, notre gouvernement n’a pas édicté de telles mesures répressives, même si certaines décisions (les mesures de distance physique et pas plus de 5 personnes ensemble) s’appliquent à toute la nation. Il a fait appel au civisme, à la responsabilité individuelle et au patriotisme des citoyens. A cet égard, on peut être fier d’appartenir à cette vieille démocratie, où les citoyens sont prêts à faire des consensus pour favoriser l’économie nationale et la cohésion sociale. Dans quel autre pays, la population voterait-elle en refusant, par 67% des voix, deux semaines de vacances supplémentaires pour tous les salariés (initiative populaire votée en mars 2012) ?

    Globalement, il semble donc que notre gouvernement a pris des décisions mesurées et judicieuses en misant davantage sur l’adhésion de la population plutôt qu’en usant d’un mode opératoire coercitif. Pourtant, on peut s’étonner qu’en Suisse (fédéralisme oblige !), il y ait tant de disparités d’ordonnances prises au sein des cantons.

    A Genève, par exemple, tous les chantiers ont été fermés. Cette directive ne s’applique pas dans les autres cantons. En Valais, par exemple (également, dans le canton de Vaud et les cantons alémaniques), les petits chantiers et plus particulièrement les travaux de génie civil n’ont pas cessé. Les travaux d’assainissement des eaux, la réfection des chaussées n’auraient-ils pas pu continuer à Genève ? Avec des rues presque désertes, où le revêtement des chaussées n’aurait pas entrainé les bouchons habituels, ces travaux, qui nécessitent peu d’ouvriers (l’un sur la bétonnière, l’autre sur la chaussée) auraient pu être menés tout en respectant la distance sanitaire, imposée par nos autorités ?

    S’il est toujours difficile de faire la part des choses dans une situation si complexe, ce confinement qui dure est tout de même inquiétant. Il pourrait mettre à terre tant d’indépendants et enrayer notre unité nationale. Certes, des solutions pour aider les PME sont effectives (à Genève, on peut particulièrement féliciter le conseiller d’Etat, Pierre Maudet, d’avoir proposer un accord entre les milieux immobiliers et l’Asloca pour exonérer les petites entreprises du paiement de le pt urs loyers pour avril).

    Mais, de nombreux indépendants ne pourront revendiquer aucune aide, puisqu’aucune interdiction de poursuivre leur activité ne leur a été imposée. Les hôtels, par exemple, n’ont pas l’obligation de fermer. Néanmoins, les personnes ont massivement annulé leurs réservations, laissant ces hôteliers sans clientèle. Idem pour les chauffeurs de taxi, autorisés à continuer leur activité, mais qui voient une chute de leur chiffre d’affaire de plus de 80% ! Bref, tous nos artisans, indépendants (dentistes, physiothérapeutes, restaurateurs…), artistes (et ceux qui gravitent dans les milieux du spectacle : éclairagistes, costumières, producteurs…), les paysans et agriculteurs, les aides à domicile (la liste n’est pas exhaustive…) seront ceux qui paieront le plus lourd tribut à ce confinement.

    Si durant cette crise, il faut rester solidaires et respecter les consignes sanitaires, je m’inquiète déjà, avec les messages reçus sur les réseaux sociaux, de certaines récupérations politiques. N’a-t-on pas récemment lu que le virus COVID-19 était lié au capitalisme (pourtant, la peste qui a ravagé au M-A près de la moitié de la population européenne ne connaissait pas le capitalisme !) ? Un chanteur slam sur YouTube dénonce les coupables de cette pandémie. Voici quelques-unes de ses paroles inquiétantes où il explique que, avec cette épidémie, c’est : « la nature qui fait sa loi en reprenant ses droits, se vengeant de notre arrogance et de notre mépris […] Et, est-ce un hasard si ce virus immonde n’attaque pas les plus jeunes, n’atteint pas les enfants ? Il s’en prend aux adultes responsables de ce monde. Il condamne nos dérives et épargne les innocents ».

    Bref, à le suivre, les malades sont des coupables !

    Au sortir de cette crise, outre la très grave crise économique que nous aurons à affronter, il faudra faire face à une nuée de petits moralisateurs (souvent des bobos peu touchés par ce confinement généralisé) qui seront un autre danger pour notre démocratie. Qu’on se le rappelle !

     

     

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  • Se mobiliser pour le deuxième tour des élections municipales

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    La politique, comme tout le reste, est touchée par le coronavirus. Les sessions parlementaires sont suspendues. Néanmoins, ce Covid-19 n’attaque pas tous les pans de nos existences ! De belles solidarités se créent. Des artistes offrent leurs créations sur des scènes virtuelles. Quant aux journalistes, ils débordent d’imagination pour continuer à présenter leurs émissions. Merci donc à toutes ces bonnes volontés dans les domaines de la santé, de l’approvisionnement en nourriture, du nettoyage, de la culture…

    La vie politique, elle, poursuit ses débats sur des plateformes en ligne et ses annonces avec des tous ménages. A cet égard, le conseil fédéral a pris la sage décision de différer la votation populaire du 17 mai 2020, qui comportait trois objets majeurs (initiative populaire sur l’immigration, projets de lois sur la chasse et sur l’impôt) et pour lesquels aucun parti n’avait démarré sa campagne. En revanche, et fort heureusement, le Conseil d’Etat genevois a maintenu le deuxième tour des élections communales genevoises. Remettre ce deuxième tour en automne aurait mis les communes dans des problèmes indescriptibles. Enfin, le premier tour s’étant déroulé normalement, la population genevoise connaît non seulement les programmes des partis, mais également les candidats, puisqu’on retrouve les mêmes qu’au premier tour (avec quelques rares retraits !). Il est par conséquent facile pour la population de se forger son opinion pour voter en toute lucidité (pour autant que ce soit toujours la lucidité qui participe aux choix des électeurs…).

    La prochaine législature s’annonce difficile. Avec l’alliance du PS et des Verts, la gauche en Ville de Genève est devenue majoritaire au niveau du délibératif et le sera certainement, le 5 avril, aussi au niveau de l’exécutif. A cet égard, on peut même craindre en Ville de Genève un gouvernement monocolore ! Pourtant, cette législature offrait une chance unique, avec quatre magistrats sortant, de reconquérir plusieurs sièges pour la droite. Seulement, pour cela, la droite devait nécessairement, et mathématiquement, faire une alliance élargie entre tous les partis de droite : les Verts libéraux (VL), le parti démocrate chrétien (PDC), le parti libéral radical (PLR), l’Union démocratique du centre (UDC) et le mouvement citoyen genevois (MCG).

    Mais, une fois de plus, le PDC se désolidarise et fait bande à part, pensant, par de petits calculs électoralistes, mieux tirer son épingle du jeu. Toutefois, le jeu est risqué ! On se souvient que, pour les élections au Conseil des Etats, le PDC avait déjà piétiné l’alliance de l’Entente, et que sa présidence (désapprouvée par l’assemblée générale) avait même suggéré de partir sans le PLR. Cette envie du PDC de jouer solo avait évidemment nui aux deux candidats de l’Entente et ouvert une voie royale à la gauche…

    On semble se diriger à nouveau dans le même scénario pour la Ville de Genève. Refuser de la part du PDC une alliance élargie, sous prétexte qu’il n’a pas de socle commun au niveau des valeurs avec l’UDC, ne tient pas la route dans les politiques communales. En effet, les décisions dans les communes sont moins affaire d’idéologie que de gestion concrète au niveau des finances et des projets à mener. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle une large alliance, en 2015, réunissant tous les partis de droite (PDC, PLR, UDC, MCG) avait pu être conclue au Municipal de Genève, avec grand succès.

    Ne serait-il pas indécent que le plus grand parti de droite, le PLR, ne soit pas représenté au conseil administratif ? C’est pourquoi, il est absolument nécessaire que les Genevois se mobilisent au 2ème tour et je vous invite à voter Simon Brandt, qui sera un très bon conseiller administratif, très dévoué pour Genève.

    Soyez très prudents avec la pandémie sans oublier toutefois votre devoir de citoyen !

     

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  • Honte au Service des contraventions !

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    Les injonctions de la Confédération sont claires. La population doit rester chez elle, tout particulièrement les personnes les plus fragiles. Beaucoup d’entreprises ont dû arrêter leurs activités, réorganiser les postes de travail ou mettre en place le télétravail.

    Nos autorités sont fermes et ne cessent de rappeler que seules les urgences et les activités de premières nécessités (soins et alimentation) peuvent continuer. Aujourd’hui se pose même la question de fermer les chantiers. La population, dans sa grande majorité, comprend que, face au coronavirus, il faut adopter des mesures drastiques pour enrayer la propagation de cette épidémie.

    Face lumineuse de citoyens

    Dans des immeubles, des habitants mettent des annonces pour leurs voisins ou leur téléphonent pour proposer leurs services. Des réseaux sociaux ont fleuri sur Internet pour créer des liens et des actions de solidarités. Des musiciens offrent des concerts depuis leurs balcons ou dans les cours d’immeubles. Dans plusieurs villes, la population manifeste bruyamment à une heure précise avec des applaudissements, des cloches, des bruits de casseroles, des chants pour exprimer sa reconnaissance envers le personnel soignant des hôpitaux ou des soins à domicile.

    Face sombre de l’humain

    Dans toute situation de crise, il y a malheureusement aussi toujours quelques personnes qui veulent profiter. Parmi ces profiteurs, citons la Fondation des Parking à Genève (une fondation de droit public, créée par l’Etat de Genève !). N’ai-je pas vu hier (mardi 17 mars) à Carouge, deux agents de cette Fondation (déambulant côte à côte) en train de contrôler les véhicules garés devant un immeuble sur une zone bleue. La scène m’a tellement choquée que je n’ai pu m’empêcher de dire à ces agents : « mais, vous mettez des amendes, pourtant, nous sommes comme un dimanche, tout est fermé ! » Ces derniers m’ont alors répondu sur un ton goguenard : « mais non, c’est mardi ! »

    Bref, chercher à faire des affaires dans un tel contexte de crise sanitaire est honteux.

    Comment est-il possible que la Fondation des Parkings ne respecte pas les injonctions fédérales, qui demandent aux Suisses de rester cloîtrés chez eux ? Pourquoi cette société ne libère-t-elle pas ses employés ? Les Suisses ne sont-ils pas censés rester chez eux ? Doivent-ils contrevenir aux ordres de leurs autorités pour déplacer leurs véhicules toutes les heures ?

    Bref, je suggère à tous ceux qui auraient reçu une amende depuis mardi de refuser de la payer et de la renvoyer à la Fondation des parking ou mieux encore au Conseiller d’Etat M. Poggia, afin qu’il intervienne, tant la situation est indécente !

     

     

    Lien permanent Catégories : Actualités, Genève, Humeur, politique 16 commentaires
  • Bataille des rues : la résistance s’organise

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    Avec des autorités genevoises qui semblent toujours déterminées à effacer les noms de nos rues et à brader notre patrimoine, la résistance s’organise.

    NE NOUS LAISSONS PAS FAIRE ! Partagez largement cette « Lettre ouverte » destinée au Conseil d’Etat de la République et Canton de Genève et récoltez le plus de signatures possible.

    Frank Martin.pdf

     

    Post-scriptum

    Si dérisoires que puissent paraître les élections municipales du 15 mars 2020 face au combat que le monde entier mène contre le coronavirus, ne sous-estimez pas l’importance de ces élections pour nos communes qui renouvellent leurs parlements pour une durée de cinq ans. Si les compétences des conseils municipaux sont réduites, les décisions votées au sein de ces plénums ont des répercussions fort concrètes sur la vie de ceux qui habitent la commune ou y travaillent, tant au niveau de l’aménagement (construction de logements, d'infrastructures sportives, de pistes cyclables, d'écoles, de l'aménagement des places et de parcs...) qu’au niveau des prestations sociales et culturelles offertes à la population.

    Le taux de participation aux élections municipales est actuellement très bas (moins de 30 %). S’il est trop tard pour voter par correspondance et si vous n’avez pas encore voté, il vous reste deux possibilités :

    - apporter demain (samedi) avant 12h. votre enveloppe au Service des votations, 25 route des Acacias ;

    - aller dans votre local de vote dimanche de 10 h. à midi.

    Jugez de la manière dont les magistrats de gauche (quatre sur cinq !), en Ville de Genève, mènent une politique en se souciant moins du bien commun des habitants que de suivre leurs idéologies qui  les amènent à nous imposer des réformes stupides qui créent des fractures au sein de notre société et favorisent la violence. Ces élus de gauche justifient évidemment leurs actions au nom du « vivre ensemble » ! Voyez les derniers caprices de Mme Salerno, maire de Genève, qui remplace 250 panneaux de passages piétons avec des pictogrammes “genrés” (pour donner plus de visibilité aux femmes dans l’espace public !), et qui veut maintenant changer les noms des rues à Genève. Ces actions dévoilent bien l’insoutenable légèreté d’une gauche déconnectée des citoyens, et qui a renoncé depuis longtemps, enfermée qu’elle est dans ses schémas réducteurs, à défendre la classe moyenne. 

    N’oubliez pas, si vous ne l'avez pas fait, d’aller encore voter ! Pour ma part, je ne peux que vous suggérer la liste PLR (n° 2) ! Mais, il est vrai, je suis partie prenante !!!

     

     

  • Féminiser les noms des rues à Genève ou les dernières frasques de Salerno…

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    Après les panneaux “genrés” des passages pour piétons, Mme Salerno veut modifier seize noms de rues à Genève pour féminiser l’espace public. Donner une visibilité aux figures féminines, qui ont marqué leur temps, est, certes, une manière de rendre justice à ces héroïnes enfouies dans les limbes d’une mémoire défaillante d’une histoire faite trop souvent par des hommes et pour des hommes.

    Augmenter le nombre de rues accordées à des femmes mérite d’être défendu pour favoriser l’égalité entre hommes et femmes. Néanmoins, cette opération est périlleuse. Mal menée, elle peut avoir des effets contre-productifs. Le pire des scénarios (malheureusement choisi par la Ville de Genève !) est d’occulter l’histoire ou d’imaginer qu’en faisant choir de leur piédestal des hommes, on améliorera le statut des femmes.

    Par ailleurs, le choix (éminemment idéologique et politique !) des femmes retenues par les autorités genevoises pour rebaptiser ces rues, laisse songeur. Y a-t-il si peu de femmes d’exception à Genève, pour que la Ville soit dans la nécessité de retenir des figures collectives comme :

    - les blanchisseuses mortes accidentellement, et qui donneraient la « Rue des Trois-Blanchisseuses », laissant croire qu’une mort accidentelle fait de ces femmes des figures d’identification ;

    - les femmes copistes, qui ont travaillé pour de Candolle, et qu’on sublime avec une rhétorique de marketing, en les nommant : «  la Flore-des-Dames ».

    Enfin, honorer davantage Grisélidis-Réal, prostituée genevoise, dont la dépouille a été transférée, en 2009, au cimetière des Rois, en grande pompe avec des bus affrétés pour l’événement, est-ce un choix judicieux, alors que ce transfert avait soulevé tant d’indignations ? Ses écrits ont-ils plus de renommée littéraire que ceux de Jean Violette, écrivain, qu’on veut chasser de sa rue pour la donner à Grisélidis-Réal ?

    Pourquoi aussi ôter la rue à Frank Martin, compositeur suisse d’une renommé mondiale pour le remplacer par Maggy-Breittmayer, violoniste soliste d’une carrière internationale, mais arrêtée à 26 ans, alors qu’elle a vécu 73 ans ?

    Enfin, supprimer le prénom de William Favre, pour le remplacer par celui de sa sœur Alice, n’est-ce pas un manque de reconnaissance envers le donateur du Parc de la Grange ? Pourquoi ne pas simplement ajouter le prénom de sa sœur et nommer cette artère : « l’avenue William-et-Alice-Favre » ?

    En revanche, j’applaudis à la proposition de donner le nom d’une rue à Lise Girardin, première femme maire de Genève. Enfin, ne pourrait-on pas honorer des femmes aux parcours plus remarquables, plutôt que de privilégier des blanchisseuses, une vendeuse, une anarchiste, une prostituée… Sans être historienne, je suggère quelques noms : Jeanne Hersch, brillante philosophe enterrée, en 2000, au cimetière des Rois (mais là, sans faste et sans présence d’un représentant du canton ou de la Ville) ; Aimée Rapin, peintre sans bras, si célèbre portraitiste que l’Europe entière accourait dans son atelier du Quai Ador (admirez un autoportrait) Autoportrait.jpeg; Lina Stern, première femme à recevoir le titre de Professeur ordinaire à l’Université de Genève, en 1918 ; Nelly Schreiber-Favre, première avocate à Genève, assermentée en 1906 (huit ans avant ma grand-mère, Alice Roullet-Piccard, qui n’aura donc jamais sa rue à Genève !) ; Noëlle Roger, romancière et journaliste, née en 1874 ; Simone Rapin (nièce d’Aimée Rapin) comédienne et illustre poétesse ; Monique Bauer-Lagier, politicienne féministe…

     

    Brouiller les repères du passé, un acte citoyen ?

    Quoi qu’il en soit, on ne brouille pas impunément les repères d’une population ! Débaptiser des noms de rues est délicat. Une telle opération devrait être rarissime, car modifier une nomenclature urbaine peut provoquer des effets catastrophiques comme :

    - produire des pertes de repères, surtout pour les personnes âgées qui seront déstabilisées par ces changements ;

    - engendrer des frais pour les entreprises qui devront changer leurs statuts ;

    - provoquer des conflits et des protestations, particulièrement de descendants d’hommes illustres, qui n’accepteront pas qu’on détrône de l’espace public leurs aïeux ;

    - instaurer au sein de la population des marqueurs invisibles, mais puissants. Voyons la modification absurde (et historiquement contestable) de la « Place Neuve » en la « Place de Neuve ». Celle-ci ne prend pas ! Les Genevois font de la résistance et continuent d’appeler cette place « La Place Neuve ». Et, celui qui dit « La Place Deneuve » passe même pour un plouc ou pour quelqu’un qui n’est pas de Genève ou mal assimilé.

    Débaptiser une rue est aussi un rejet du passé. A cet égard, rappelons qu’à Neuchâtel, les autorités ont rebaptisé « l’Espace Louis-Agassiz », au prétexte que M. Agassiz, éminent glaciologue du XIXe siècle, a émis des thèses racistes, pour renommer le lieu  « L’Espace Tilo Frey », du nom de la première femme de couleur au Conseil national de la Ville de Neuchâtel. Ecarter un homme pour ses thèses racistes, en usant du critère de race pour honorer une femme, un comble ! Tout le XIXe siècle, épris de phrénologie, a été raciste, selon nos critères actuels. Quant aux siècles précédents, les plus humanistes des philosophes, les plus fervents défenseurs de la démocratie et des libertés ont émis des propos sur les races, les femmes, les domestiques, les colonisés… qui nous paraissent aujourd’hui ahurissants. Faudra-t-il donc balayer nos références historiques, brûler les livres de penseurs qui ont eu le tort d’appartenir à leur époque ? Cette propension à effacer l’histoire ou à juger le passé à l’aune de nos critères contemporains est inquiétante. Rappelons que l’histoire est faite pour nous surprendre, pour introduire de l’étrange, pas pour fortifier nos adhérences et nos moralisations contemporaines.

     

    Donner plus de noms de rues à des femmes, oui mais…

    Rien ne sert de vouloir imposer une nouvelle nomenclature si celle-ci ne crée pas d’adhésion populaire. Tout comme la langue que Mme Salerno veut plier pour l’instrumentaliser, mais qui résiste, les noms de rues ne changent pas par décret ! Remplacer « la Place du Cirque » par « la Place Marcelle-de-Kenzac » sera une illusion. La population continuera de l’appeler « la Place du Cirque ». Et, on assistera, comme pour le langage épicène que certains veulent imposer, à une fracture de la société, où chacun utilisera ses mots et ses noms de rues !

    Le seul moyen d’augmenter les noms de rues accordées à des figures féminines est de le faire sans heurter la population. Pour cela, il faut favoriser les noms de femmes lorsqu’on crée de nouveaux quartiers ou de nouvelles rues. Or, avec le PAV, il y aura bien de nouvelles rues ! La solution de couper certaines longues artères (comme la rue de Lyon, la route de Meyrin…) pour baptiser un tronçon par un nom féminin pourrait aussi être étudiée.

    Fort heureusement, la décision de baptiser des noms de rues à Genève n’est pas de la compétence de Mme Salerno ! La Ville ne peut que proposer des changements à la commission de nomenclature, qui les étudie. Enfin, si cette commission accepte des modifications, ces dernières doivent encore être approuvées par le Conseil d'Etat. Espérons donc qu’il y a dans la commission de nomenclature des historiens qui ne braderont pas notre patrimoine et n’accepteront pas d’effacer les traces de notre passé, même pour la noble cause des femmes…

     

    Enfin, si vous voulez favoriser une femme actuelle et vivante, allez voter et soutenez ma candidature aux élections municipales en Ville de Genève!

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  • Extinction Rébellion ou le Nouvel Ordre moral

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    Samedi passé, des militants d’Extinction Rébellion ont bloqué l’accès au parking de Rive en s’enchaînant devant l’entrée. Né en Angleterre en 2018, Extinction Rébellion revendique la désobéissance civile pour sauver l’humanité de l’extinction. Ce mouvement, devenu international, se définit comme social et écologiste. Il planifie des actions, soi-disant non violentes, pour faire agir les gouvernements sur l’urgence climatique.

    En Suisse, il a organisé plusieurs opérations : rues, entrées et locaux de banques envahis à Lausanne, Bâle et Zürich…ainsi que l’action samedi, à Genève. Les déclarations des activistes sont imparablement les mêmes. Ils affirment agir non par plaisir, mais par nécessité, arguant que le problème climatique, qui provoquera l’effondrement de notre civilisation, est urgent et concerne tout le monde, d’où leur droit d’occuper l’espace public pour perturber le plus possible la vie des gens, afin de les forcer à discuter avec eux. Ces activistes sont conscients qu’ils agissent en dehors du cadre légal. Mais, ils considèrent que si l’Etat est dans la loi, ce dernier est néanmoins illégitime, car il ne protège pas la nature, et que leur cause morale se situe au-dessus des lois.

    En déplaçant un délit pénal du terrain légal sur celui de la morale, ces activistes, n’ouvrent-t-ils pas grand les portes à une violence sans retenue ? Chacun pourrait s’autoriser à commettre des délits (et pourquoi pas des meurtres et des massacres) pour une “noble” et “juste” cause morale, voire religieuse ! Les militants antispécistes, par exemple, commettent des actions violentes pour défendre la cause animale. Les plus fanatiques ont même agressé des aveugles, leur reprochant d’exploiter leurs chiens ! Quant aux chiens renifleurs de la police, ils sont aussi dans la ligne de mire de ces commandos qui veulent les libérer.

    Mais, alors que les antispécistes revendiquent leurs actions violentes, Extinction Rébellion prétend être dans la non violence. Pourtant, bloquer des usagers de l’espace public, n’est-ce pas une action violente ? Comment les marchands de légumes, les boulangers, les fleuristes… du Marché de Rive, qui produisent pour la plupart des produits bio du terroir genevois, et qui ont vu leur chiffre d’affaire plongé samedi passé, faute de clients qui n’avaient pas accès au marché, ont-ils vécu l’action des militants d’Extinction Rébellion ? Pourquoi, d’ailleurs, s’en prennent-ils aux producteurs locaux ? Ces derniers, n’ont-ils pas déjà des situations difficiles face à la concurrence des supermarchés ? Ne sont-ils pas aussi les meilleurs acteurs pour diminuer les gaz à effet de serre, puisque produire et consommer local seraient sains pour l’environnement ?

    L’action de samedi révèle combien ces activistes sont immatures et tellement enfermés dans des schémas dogmatiques, qu’ils sont incapables de questionner l’efficacité de leurs stratégies. Créer des bouchons dans les centres ville, diminue-t-il le CO2 ? D’ailleurs, ces actions débiles risquent fort d’entraîner un jour une tragédie. Un otage, bloqué et stressé dans son véhicule, qui pète les plombs, car il doit prendre un avion pour aller voir un parent mourant, emmener quelqu’un aux urgences, aller à un entretien d’embauche ou chercher un enfant, etc., pourrait foncer avec son véhicule sur ces activistes et les blesser grièvement. A cet égard, on peut espérer que le juge se montrera aussi complaisant que le juge qui a innocenté les militants du climat qui avaient envahi une banque à Lausanne, en estimant que leur action de désobéissance civile se justifiait au vu de l’urgence climatique. Certes, ces jeunes, qui jouaient du tennis dans le hall d’une banque, ne méritaient pas une lourde peine, car leur action à l’allure d’une farce de collégiens était tellement bon enfant que la peine pouvait n’être que symbolique. En revanche, les avoir disculpés fut un déni de notre Etat de droit ! Ce jugement sert d’ailleurs d’alibi pour les membres et sympathisants d’Extinction Rébellion, qui s’en réfèrent pour justifier leurs actions (Cf. ce qu’écrit Sylvain Thévoz, grand Ayatollah socialiste, sur FB au sujet de l’action au Marché de Rive).

    Maintenant, ces mouvements questionnent tout de même le concept de désobéissance civile. La désobéissance civile, est-elle parfois autorisée ? Certainement ! Mais, il est inapproprié de comparer (comme le font ces activistes) leurs désobéissances civiles aux refus de se plier à des lois iniques de régimes totalitaires. Ceux qui ont obéi aux lois nazies, qui planifiaient des crimes contre l’humanité, ont été condamnés à Nuremberg ! Désobéir aux lois d’un Etat autocratique est donc bien un devoir éthique ou moral. A cet égard, rappelons que ceux qui offraient l’hospitalité aux juifs, menacés de déportations et de mort, étaient exécutés avec leur famille s’ils étaient pris. Il faut donc savoir raison garder et ne pas s’autoriser des comparaisons hors contexte, qui sont même des insultes pour ces Justes qui ont commis des actes d’une humanité et d’un courage exceptionnels, qui n’ont pas à être comparés aux agissements d’Extinction Rébellion.

    Les activistes d’Extinction Rébellion sont plutôt les « enfants roi » de soixante-huitards qui les ont immergés dans le principe de plaisir, oubliant que celui qui n’a pas été confronté au principe de réalité devient capricieux, omnipotent et sans confiance. En effet, ce qui frappe dans les discours de ces jeunes activistes du climat, c’est leur vision apocalyptique (même si cette dernière s’appuie sur des données scientifiques). Cette philosophie de la catastrophe ne sera d’aucun secours. Elle est même contre-productive, puisque, lorsqu’on est paralysé par la peur, toujours mauvaise conseillère, on n’a plus la moindre imagination. D’ailleurs, si l’effondrement de notre planète est une fatalité, pourquoi se priver de plaisirs jouissifs et pourquoi ne pas consommer encore davantage pour trouver du réconfort ? On sait assez que l’addiction à la surconsommation est liée à l’angoisse.

    En revanche, cette crise de confiance chez les jeunes doit nous remettre en question. N’est-elle pas de notre responsabilité ? Certains parents, traitant leurs enfants comme leurs copains sans leur imposer de limite, n’ont pas permis à ces jeunes de se construire, d’accepter des règles, des limites et de développer une confiance en eux et en l’avenir.

    Donner une meilleure image de notre démocratie, rappeler aux futures générations que, en Suisse, un seul citoyen peut lancer un référendum, est une priorité. Enfin, pour lutter contre le réchauffement climatique, il faut que ce climat de haine, de rancœur, ces replis communautaristes, ces manifestations ineptes, ces accusations stériles cessent. Trouver ensemble de nouvelles manières de vivre, de consommer en misant sur nos imaginations, sur des solidarités et sur des innovations technologiques réduira plus sûrement nos émissions de gaz à effet de serre que des prises d’otage de la population !

    Reste que les urgences autour du climat sont des défis énormes qui ne pourront être relevés sans une confiance en l’avenir… (Affaire à suivre !)