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22/01/2018

Brader nos fondements démocratiques au nom de l’efficacité…

Le Conseil municipal en Ville de Genève vient de décider de supprimer la commission des naturalisations. M. Holenweg, qui en avait fait depuis des années son cheval de bataille, jubilait. A ce trublion de la politique, on ne peut au moins pas reprocher sa ténacité ! Son combat s’est fait avec son parti en rangs serrés. Des élus socialistes sont entrés exprès dans cette commission pour la combattre de l’intérieur.

Compromettre la commission des naturalisations pour l’éliminer était mijoté par Holenweg, car, pour lui et ses acolytes, la procédure de naturalisation est humiliante, stigmatisante, inacceptable, subjective, irrationnelle, arbitraire, discriminatoire. Ces critiques participent d’une politique qui consiste à dénigrer la naturalisation, à la réduire à une simple formalité administrative, voire à une démarche superfétatoire, puisque son parti prône le droit d’éligibilité pour les étrangers. Au nom de l’ouverture à l’autre, de la diversité et du vivre “tous ensemble”, le maire d’une commune genevoise ou (étape suivante !) un conseiller d’Etat n’aurait pas même besoin de demander sa naturalisation ! Evidemment, pour ceux qui rêvent d’Internationale socialiste, la Patrie et la Nation n’ont aucune résonnance !

Il fallait donc supprimer la commission des naturalisations, accusée d’être parasitaire, de fonctionner dans l’illégalité et de coûter cher. A cet égard, le chiffre émis par Mme Conti est exagéré. Pour la prise de contact avec le candidat, le déplacement, la visite et la rédaction du rapport, un commissaire reçoit 120 francs. Rien d’exagéré !

Plaider la suppression de la commission des naturalisations pour faire des économies n’était évidemment que de l’esbroufe de la part des socialistes, puisqu’ils voulaient la remplacer par une nouvelle commission : « la commission de l’accueil et de l’intégration » ! Heureusement, une majorité du parlement n’a pas été dupe et a balayé cette nouvelle commission. Pour les socialistes, il ne s’agissait donc nullement d’économiser les deniers publics. D’ailleurs, si la gauche commençait à se préoccuper de ne pas gaspiller l’argent public, cela se saurait !

Non, leur seul but : éliminer la commission des naturalisations par tous les moyens, en usant même d’insultes. Ainsi, les conseillers municipaux (ceux qui ne sont pas de leur bord !) ont été traités de commissaires incompétents, arbitraires, subjectifs, xénophobes…

Bref tous les coups étaient autorisés. Sieur Deonna, prêchant du haut de sa chaire, a même dénoncé le dysfonctionnement de la commission des naturalisations en affirmant que : « des commissaires introduisent des jugements de valeurs entachés de stéréotypes de classe, de race ou de genre » !

Il est urgent que M. Deonna mette ses connaissances à niveau et réalise que le concept de race, depuis Darwin, est dépassé !

On a brandi le rapport de la Cour des comptes en prétendant que le fonctionnement actuel de la commission des naturalisations était illégal. Or, cette assertion semble inexacte. La procédure actuelle, avalisée par un décret du Conseil d’Etat en 1998 jamais cassé, reste légitime.

Mais, au final, c’est le vote du PDC, qui a entrainé la suppression de la commission des naturalisations. En suivant l’amendement socialiste, le PDC n’a pas été bien inspiré. Non seulement il a cassé l’Entente, mais plus encore il a bradé un de nos fondements démocratiques suisses, qui veut que la politique se fasse de bas en haut, et que la commune soit souveraine pour décider de la manière dont on attribue le droit de cité. Or, déléguer la compétence des préavis de naturalisation au Conseil administratif revient à faire sauter l’échelon communal, puisque de l’aveu même du magistrat en charge des dossiers de naturalisation en Ville de Genève : « l’exécutif n’a ni les moyens ni le temps d’assumer une tâche comparable à celle de l’actuelle commission des naturalisations » !

Voter la suppression de la commission des naturalisations par « devoir d’efficacité », comme l’a avancé le PDC, est un argument insoutenable ! Faut-il, au nom de l’efficacité, supprimer le niveau communal, ne pas respecter la séparation des pouvoirs et adopter une politique centraliste ?

Enfin, la mort de la commission des naturalisations pourrait ne pas être un bénéfice pour les candidats à la naturalisation. Le commissaire ne venait pas pour mener une enquête ou évaluer si les conditions pour la naturalisation étaient remplies (travail du canton), mais pour rencontrer ces futurs citoyens souvent honorés qu’un élu vienne à leur rencontre, et puisse même entendre les doléances qu’ils auraient à formuler sur leur procédure.

Déléguer la compétence du préavis au Conseil administratif, c’est aussi augmenter l’arbitraire d’une décision qui ne sera plus discutée entre commissaires de sensibilités diverses. L’échange, qui pouvait avoir lieu entre un commissaire de la commission des naturalisations et l’enquêteur cantonal qui a rédigé son rapport, n’existera plus !

En définitive, on assiste avec cette malheureuse décision prise en Ville de Genève à une évolution où les échanges humains et politiques tendent à être supprimés au profit de la technocratie !

Mais, la politique n’a pas dit son dernier mot !

Et, M. Holenweg, qui exultait de joie avec cette abrogation de la commission des naturalisations qu’il qualifiait de « moment historique », pourrait découvrir combien l’histoire bégaie.

Affaire donc à suivre…

 

12:27 Publié dans Actualités, Genève, politique | Lien permanent | Commentaires (18) | |  Facebook | | |

Commentaires

Il faut supprimer le Conseil municipal par souci d'efficacité.

Écrit par : NORBERT MAENDLY | 22/01/2018

Je ne partage pas votre analyse.
Les fondements de la démocratie ne consistent nullement à déléguer notre pouvoir à des représentants et encore moins à ceux qui en font mauvais usage.
Le travail en commissions est lamentable. Les députés ne font qu'exprimer leur point de vue sans se renseigner et sans faire leurs devoirs à domicile pour tenter de comprendre le sujet dont ils débattent. A leur décharge, il serait certainement opportun de rémunérer un tel travail plutôt que de donner de jetons de présence à des individus qui ne savent pas de quoi ils parlent.

Le dossier des taxis est à cet égard emblématique et le rapport de 615 pages que pratiquement personne n'a lu ne consiste qu'à des copier-coller de documents et retrace les débats qui démontrent que personne ne comprend rien à rien.

Vivement la démocratie liquide qui donnera véritablement le pouvoir au peuple en faisant l'impasse sur ces échelons intermédiaires médiocres qui diluent l'information et qui, in fine, aboutissent à des textes de loi parfaitement inapplicables, et donc inappliqués et qui obligent le législateur à remettre l'ouvrage sur le métier régulièrement. Dans le cas des taxis c'est tout les six ans avec un brassage complet qui met la corporation en difficulté sans améliorer le service aux usagers.

Écrit par : Pierre Jenni | 22/01/2018

@ Pierre Jenni,
Cher Monsieur,
Si vous aviez lu attentivement mon billet, la suppression de la commission ne donne aucun pouvoir au peuple! Au contraire, les candidats auront une enquête menée exclusivement par un fonctionnaire de l'Etat qui fera son rapport avalisé “automatiquement” par un magistrat de la Ville de Genève. Trouvez-vous vraiment que, de supprimer l'échelon communal améliore notre démocratie?

Écrit par : Michèle Roullet | 22/01/2018

Vous m'avez mal compris Madame Roulet, je conteste ce que vous appelez les fondements démocratiques au sens large et non pas ce qui nous occupe plus particulièrement ici.
Je vous encourage à vous renseigner sur les projets de démocratie liquide, notamment en suivant le lien de mon commentaire sur le blog de M. Hollenweg que vous devriez avoir lu pour mieux soutenir votre charge.
Il ne s'agit nullement de donner pouvoir à l'exécutif, mais de se passer de l'échelon parlementaire qui dysfonctionne grave, jusqu'à la caricature dans le domaine qui nous occupe ici.

Écrit par : Pierre Jenni | 22/01/2018

Supprimer les parlements... mais de quel parlement parlez.vous? Ceux en France, aux Etats-Unis ou encore en Suisse qui n'ont ni les mêmes fonctions ni la même autorité! La participation directe par Internet doit être questionnée.. Dans une commission parlementaire, les membres travaillent sur des dossiers, procèdent à des auditions pour avoir une perception la plus large possible. Les Internautes au contraire laissent couler leurs émotions. Oui, c'est vrai, c'est liquide et les insultes et accusations suintent (Cf.«#balancetonporc ») et mettent en péril nos institutions.

Écrit par : Michèle Roullet | 22/01/2018

Je parle du pouvoir législatif au sens large.
J'attire votre attention sur le fait que nos institutions sont justement en péril si nous ne faisons rien pour les réformer.
La suppression de la commission des naturalisations est un pas de fourmi dans ce sens.
Et je vous prie de bien vouloir vous renseigner un peu mieux sur le principe de démocratie liquide qui ne consiste pas à donner son avis en un clic mais à responsabiliser les citoyens et favoriser leur participation.
Enfin, si vous en avez le courage, je ne puis que vous encourager à lire le rapport de la commission des transports sur la loi sur les taxis pour comprendre à quel point les auditions ont servi à rien si ce n'est à conforter les députés dans leur ignorance crasse aux conséquences dévastatrices tant pour l'industrie que pour les consommateurs.

Écrit par : Pierre Jenni | 22/01/2018

"Responsabiliser les citoyens et favoriser leur participation” vous avez là un beau programme!

Écrit par : Michèle Roullet | 22/01/2018

Laissons les fonctionnaires se nommer entre eux et les étrangers se naturaliser parmi on obtiendra ainsi la même chienlit que celle des pays d’où ils proviennent.

Écrit par : NORBERT MAENDLY | 22/01/2018

Michèle Roullet, je partage entièrement vos analyses, et observations quant aux dysfonctionnements graves en commissions.

Celles-ci nous en livrent l'exemple avec le PL 11764, en suspens depuis 2015; cette la loi d'application du principe de laïcité aurait du être mise en oeuvre en janvier 2016 au plus tard. Faute de loi sur la laïcité, les gauches genevoises et maintenant le PLR ont donné libre cours à leurs interprétations anti-constitutionnelles conduisant à des faveurs anti-républicaines octroyées aux cultes et soutiens de communautés musulmanes résidentes.

Supprimer n'a jamais été réformer. Reste qu'entre les dysfonctionnements institutionnels en cours et l'outil "démocratie liquide" brandi du futur (en 2018, la gestion fiable du vote par internet n'est pas même calée), rien ne peut évoluer favorablement, pour Genève comme pour d'autres cantons, sans l'existence d'un socle citoyen solidement enraciné - racines historiques, culturelles et familiales.

A l'opposé, PH & consorts affichent leur volonté d'automatiser la naturalisation des situations Papyrus

Cette suppression par les gauches +PLR affirme autre chose: ces élus, majoritairement binationaux, nombreux sont résidents frontaliers, semblent vouloir tout faire pour gommer les frontières de Genève avec l'UE.

Alors que la population genevoise a quasi doublé en quelques décennies,et qu'elle ne peut plus compter sur la relève par une jeunesse d'origine suisse ancestrale - les politiques d'emploi de ce canton ayant chassé leurs parents.

Impossible, le socle citoyen; remplacé par des aspirateurs à zélecteurs sans filtre.

Elections 2018, on est loin du compte et face à leur bilan catastrophique, c'est 1 majorité de nos zélus qui ont choisi de s'en éloigner. à grands pas pressés.

Écrit par : divergente | 22/01/2018

Pourquoi cela n'a pas fait l'objet d'une votation!? Cette décision devrait être combattue ainsi que ce Conseil municipal!

"la procédure de naturalisation est humiliante, stigmatisante, inacceptable, subjective, irrationnelle, arbitraire, discriminatoire."

Maintenant on peut dire adieu à "l'intégration" de CEUX pour qui ils ont supprimé cette procédure de naturalisation qui n'avait rien de discriminatoire bien au contraire, mais faire le trie entre les personnes aptes à vivre et à accepter la civilisation européenne sans imposer ni revendiquer leur manière de vivre... Dont cette question cruciale: Pourquoi voulez-vous vivre en Suisse!?

La ville de Genève est de gauche. Ce qui explique tout!

Les socialo-gauchistes sont les premiers en tête des manifestations contre Israël/les Juifs! Et ils osent parler de discrimination!? C'est vrai qu'ils ont tous les culots!

Genève file du mauvais coton!

Écrit par : Patoucha | 22/01/2018

Tous mes meilleurs voeux pour 2018 Madame Roullet :)

Écrit par : Patoucha | 23/01/2018

Merci Patoucha et mes vœux aussi pour vous!

Écrit par : Michèle Roullet | 24/01/2018

Qu'attendez-vous pour lancer un référendum? Je signe et ferai signer.

Écrit par : Daniel | 24/01/2018

@Daniel,
Bonne idée, mais je ne crois pas qu’un référendum puisse s’appliquer dans ce cas-là. Mais je vais creuser... Merci!

Écrit par : Michèle Roullet | 24/01/2018

"Le communisme" c'est près de 130 millions de morts en Russie et en Chine en moins de 100 ans!

Écrit par : dominique degoumois | 25/01/2018

Je constate que l'enlèvement des milliers d'autocollants anarchistes partout en Ville est fait pas une entreprise privée et est bien sûr facturé, aux bons genevois, tous partis confondus! Le respect ne semble pas une priorité pour tous ces gens!

Écrit par : dominique degoumois | 25/01/2018

Dans le Basler Zeitung on apprend que 7 migrants mineurs somaliens/érythréens sur 10 refusent d'apprendre les langues nationales suisses, refusent toute formation, et refusent toutes activités civiques dans les centres où ils sont logés! Des propos des services sociaux bâlois, ref le site internet du "Basler Zeitung"!

Écrit par : dominique degoumois | 25/01/2018

@ Degoumois,
Pourriez-vous mettre le lien de cet article dans le Basler Zeitung? Merci!

Écrit par : Michèle Roullet | 25/01/2018

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