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25/12/2017

Harcèlement collectif

A Genève, mais il semble que ce phénomène enfle partout en Europe, on n’ose plus se souhaiter un « Joyeux Noël ». Je ne parle pas des vœux des administrations publiques ni même de ceux des commerçants, mais des échanges entre voisins, amis et connaissances. La formule qui s’est imposée, c’est le « bonne(s) fête(s) », abstraite, floue dont on ne sait si elle est au singulier ou au pluriel. Ce flou permet peut-être d’inclure le Nouvel An, mais annihile à coup sûr Noël.

Cette autocensure est affligeante. Cette peur de ne pas heurter l’Autre (le non chrétien) est gravissime et génératrice de violence. En effet, la laïcité n’est pas la persécution du religieux et encore moins la destruction de nos racines. Or, la Suisse et l’Europe ont des racines chrétiennes. Vouloir les extirper entraînera le retour du refoulé avec la violence de celui qui a été dépossédé de son identité, arraché de sa culture et contraint de se soumettre aux tyrannies des “bien-pensants” qui exercent leurs censures et dogmatisme en nous dictant de nouveaux codes langagiers.

Il n’y a en effet plus un jour sans que l’on nous ôte notre liberté d’expression et nous harcèle avec une novlangue qui censure certains mots et expressions de la langue française. Par exemple, nous ne pourrions plus utiliser la belle et noble expression des “Droits de l’Homme”, mais celle des “droits humains”. Or, cette dernière s’oppose, en fait, aux droits bestiaux et rabaisse l’homme dont le statut devient comparable à celui des bêtes. Même insulte avec le langage épicène et l’écriture inclusive sur lesquels j’ai déjà écrit plusieurs billets !

Ces coercitions et moralisation de notre société polluent nos existences. Avec Noël, on débouche sur des contorsions ahurissantes. Noël reste, publiquement, autorisé, pour autant qu’il ne soit plus nommé. Car, évidemment, on ne veut pas l’interdire puisqu’il permet, pour les marchands, de réaliser de beaux chiffres d’affaires. Il s’agit donc de maintenir cet événement, mais en le dépouillant de ses “oripeaux” religieux pour que ne reste que l’aspect commercial : les cadeaux, la dinde, le Père Noël[1] et surtout le sapin.

Le sapin deviendrait même la quintessence de Noël d’après Alain Bouquet, directeur général de l’enseignement obligatoire dans le canton de Vaud. Ce dernier aurait en effet interdit, dans les écoles vaudoises, toute crèche (« car c’est indéniablement un objet symbolique religieux par la présence de l’enfant Jésus »), mais admis le sapin, car : « C’est un vrai symbole laïque, qui fait figure d’emblème neutre de la nativité » (cité par Patrice Favre, in Echo Magazine du 21 décembre 2017 et sur le Portail catholique suisse).

Mais, que signifie ce geste si ce n’est une volonté d’acculturer nos jeunes, de les couper de leurs racines pour les rendre amnésiques et niais (et plus malléables !). Viendra peut-être un jour, pas si lointain, où un jeune, passant devant le Christ en croix, s’exclamera : « mais, c’est qui ce mec-là ? ». Or, comme le rappelle René Girard, ce ne sont pas les différences qui génèrent la violence, mais, l’annulation des singularités, qui favorise le désir mimétique. Gommer nos différences pour imposer un univers “propre”, hygiéniste, sans aspérité où règne l’indifférenciation générale avec des rituels imposés à tous, dépouillés de tout sens, c’est favoriser le fanatisme.

Faire croître des êtres hors sol culturel en ne leur léguant pas les héritages de leurs ancêtres ou du lieu dans lequel ils vivent, c’est fabriquer un monde infantile à la Walt Disney. Or, rien de plus dangereux que cette violence du calme qui, lorsqu’elle éclate, n’a plus de limite !

A suivre le directeur général de l’enseignement obligatoire dans le canton de Vaud, les écoliers pourront continuer, pour “le vivre ensemble” (selon l’expression chérie de la gauche), à parer le sapin, le couvrir de guirlandes et l’illuminer de bougies, mais sans mentionner que cette illumination symbolise la naissance de l’Enfant-Jésus venu sur terre pour apporter la paix et l’amour. Ils seront autorisés et même encouragés à chanter « Mon beau sapin, roi des forêts », mais interdits de chanter « Il est né le divin enfant… ». Bref, l’appel du directeur général de l’enseignement obligatoire dans le canton de Vaud n’est rien de moins qu’une incitation à devenir idolâtre en vouant un culte au sapin !

Quelle régression pour notre société !

Alors tant pis, je serai insolente, mais permettez-moi de vous souhaiter à tous un :

                                                         « Joyeux Noël » !

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[1] ** Encore que, au nom de l’égalité des sexes, la survivance du Père Noël risque aussi d’être remise en cause. A moins que, par alternance, il puisse y avoir une Mère Noël !

 

 

Commentaires

Joyeux Noël à vous!

Écrit par : weibel | 25/12/2017

C'est étrange, dans mon souvenir l'expression Joyeuses Fêtes a toujours été utilisée en Romandie, au moins depuis des décennies. La différence avec le Joyeux Noël n'est pas dans la connotation politique, c'est que Joyeuses Fêtes recouvre l'ensemble de la période fin décembre/début janvier, en incluant le Nouvel an et les Rois.

Écrit par : Observation | 25/12/2017

Excellent texte ! Ces gens qui changent les faits sont tout simplement à plaindre. Il y a la Déclaration des droits de l'homme. Tout changement du texte officiel frise le ridicule.
Joyeux Noël à vous !
amb

Écrit par : amb | 25/12/2017

Heureux Noël à vous!
Oui, cela fait quelques années que j'ai remarqué cet évitement de nommer Noël.
Un des éléments à souligner est l'acte d'escamoter toute la symbolique de cette fête.
C'est un signe de plus du formatage auquel les gens se soumettent avec résignation par crainte de se faire bondir dessus par ceux qui cherchent à imposer une acculturation (comme vous la nommez si bien) afin de se fondre dans la mondialisation insipide que le Nouvel Ordre Mondial cherche à nous imposer.

Que Noël rayonne en vous et autour de vous!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 25/12/2017

C'est trop tard , les esprits sont formatés bientôt les chrétiens devront se cacher pour pratiquer leur religion. Le Pape qui croit être sorti de la cuisse de Dieu invite à accueillir les antéchrist, comme si l’existence même de l'église ne devait rien à sa victoire sur l'islam. Notre société n'engendre que des losers prêts à tous les compromis pour ne pas avoir à se battre.
Nous avions à choisir entre la guerre et le déshonneur, nous avons choisi le déshonneur et nous auront la guerre.

Écrit par : Maendly Norbert | 25/12/2017

Merci et j'espère que vous avez passé un heureux Noël.

Écrit par : nEmo | 25/12/2017

Personnellement je n'au aucun problème à souhaiter un "Joyeux Noël", que je complète souvent d'un "Bonne année".
Souvent je dis pourtant "Bonnes fêtes" ou "Bonnes fêtes de fin d'année" pour inclure le tout.
Le choix de la formule ne me paraît donc pas particulièrement importante. Ce qui l'est, par contre, c'est le refus des symboles traditionnels liés à la fête de Noël, qui peut très bien rester un moment d'enchantement pour petits et grands, ainsi qu'un moment pour réaffirmer son amour à ses entants (notamment si on évoque aussi la figure de Saint Nicholas) et à ses proches, valeur que partagent aussi bien les croyants que les autres.

Écrit par : Mère-Grand | 25/12/2017

Si on regarde la réalité en face a-t-on forcément ce vœu de Joyeux Noël en tête!?
Bonnes Fêtes, sonnant infiniment plus neutre.
La France. par exemple, atteint l'école publique, le travail, la santé. etc.: autant d'acquis sociaux désormais "détricotés".

Les enfants bébés aujourd'hui, que et qui seront-ils... demain!

On peut ne plus avoir le cœur à chanter ou souhaiter Joyeux Noël! en un temps de déclin de la civilisation... les croyants se tournant vers Dieu pour exprimer leur impuissance en attendant une réponse qui se fait attendre.

Il y a peut-être bien une autre manière de penser à Noël, aujourd'hui.

L'enfant qui n'est pas désiré, grossesse subie
marqué à vie

Avoir envie de faire l'amour ne signifie pas avoir envie d'appeler un nouvel être à la vie

Pas assez de tendresse, d'attention dès la naissance accordés aux bébés promesse de névrose avec, étape suivante, psychose (les géniteurs et génitrices ne sont pas automatiquement d'excellents "papa et maman"!)

La névrose, il faut le souligner n'est pas qu'un trouble psychologique mais psychosomatique (Dr Arthur Janov)

On ne saurait parler à la place de Dieu mais à bien comprendre les évangiles on ne peut pas plus lui déplaire qu'en répétant Seigneur! Seigneur! sans se responsabiliser voire se "mobiliser" au service du bien-être sociétal chacun même plus que modestement dans son coin.

La prétendue laïcité qui interdit les fêtes religieuses "chrétiennes"! leur préparation à l'école, l'exposition de crèches, etc. est à rejeter et si nos amis musulmans ne sont pas en mesure de respecter notre foi comme notre culture ainsi que tout ce qui n'est pas musulman, ce qui est autre... ("altérité") il y a problème

problème à régler pas dans mille ans

Écrit par : Myriam | 25/12/2017

Elle a pris le Vatican pour un Sexe Shop.... :))))))))))


Vatican : une Femen s’empare de l’enfant Jésus de la crèche
Publié par Gaia - Dreuz le 26 décembre 2017

Une Femen a fait irruption, lundi, seins nus, dans la crèche géante du Vatican place Saint-Pierre.

Les festivités de Noël au Vatican ont été perturbées dimanche et lundi par le mouvement Femen. Ce 25 décembre, une militante a été interpellée par la police place Saint-Pierre (Rome) alors qu’elle s’emparant du santon de l’enfant Jésus placé dans la crèche de Noël.

«God is woman (Dieu est une femme)», a-t-elle lancé, seins nus, après avoir sauté par-dessus les barrières. Les faits se sont déroulés vers 10h du matin, soit deux heures avant la bénédiction «Urbi et orbi» du pape François prononcée depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre devant 50 000 personnes.

https://www.dreuz.info/2017/12/26/vatican-une-femen-sempare-de-lenfant-jesus-de-la-creche/comment-page-1/#comment-568961


JOYEUX NOËL Michèle Roullet :) Pour jouer les prolongements. J'adore l'esprit de Noël! Les fêtes! Contrairement à certains esprits chagrins qui sillonnent les blogs, jetant en pâture leur vie privée jusqu'à la nausée!

Écrit par : Patoucha | 27/12/2017

Pourquoi Dieu ne serait-il pas une femme?
Pour l'Inde il n'y a jamais rien et de l'énergie une: Prana et Akasha mais Akasha est un peu différente de Prana.
Quand Prana vient frapper sur Akasha Akasha devient apte à matricier un univers.
On peut voIr ainsi nos premiers parents... Akasha et Prana énergie une sont indissociables.

Pour le Vatican et ses théologiens Jésus est annoncé Dieu-
Yeshua pour le prénom de Jésus est né garçon et comme pour tous les petits garçons circoncis à son huitième jour.
Comment, Femen, circoncire une fille?!

Les crucifiés étaient entièrement nus et par la souffrance parfois en état d'érection-

On ne lit nulle part de cri de stupeur de la part des témoins qui auraient ainsi découvert que Yeshua en réalité était une femme.

Historique: Les femmes crucifiées était d'abord violées par un clou servant de sorte de siège planté dans la croix puis crucifiées face et ventre contre le bois de la croix.

Les crucifiés tête en haut étaient condamnés de droit commun.
Tête en bas, comme le disciple Pierre, condamnés politiques.

Écrit par : Myriam | 27/12/2017

@ Patouche
Merci pour votre information qui, décidément, nous révèle qu'il y a des cinglées, enragées et d'une ignorance crasse. A se demander s'il ne faudrait pas réintroduire la camisole de force pour ces cas-là!

Écrit par : Michèle Roullet | 27/12/2017

@ Myriam,
Vos précisions sur l'art de la crucifixion font froid dans le dos. Gardons la tête froide pour entrer en 2018! Bonne journée!

Écrit par : Michèle Roullet | 27/12/2017

Michèle Roullet,

Loin de moi l'intention d'assombrir les Fêtes mais attristée à la lecture d'un commentaire qui passe de la crèche de Noël avec un nouveau-né innocent à un Sex Shop... en poursuivant dans la même veine les crucifiés étant à certains moments en érection pourquoi ne pas en rire ainsi que s'imaginer jouer à lancer des fléchettes entre les fesses nues des crucifiées!?

Féministes des années septante non femen nous ne sommes pas choquées de voir pour le fond posée la question de la féminité divine soit pour le judaïsme la Shekinah, présence divine, Déesse... pourquoi seulement Notre Père, et pas Mère, qui êtes au cieux!?

Écrit par : Myriam | 27/12/2017

La laïcité consiste, à ne favoriser aucune religion, n'est-ce pas? Donc, si le juifs et les musulmans doivent dissimuler la leur (interdiction de se couvrir la tête, refus de tenir compte des prescriptions alimentaires dans les cantines etc.), pourquoi les chrétiens ne devraient pas en faire autant? Et puis, absolument rien dans les Evangiles n'indique que Jésus soit né le 25 décembre; cette date a été choisie, sauf erreur, au 4e siècle (je ne suis pas tout à fait certaine de la date) pour récupérer et concurrencer les fêtes païennes du solstice, dont un des symboles était, dans les pays nordiques et germaniques ... le sapin.

Écrit par : alena hochmann | 27/12/2017

@Myriam
En tout cas la religion catholique, avec l’immaculée conception de la vierge, donne une représentation de la femme exceptionnelle et unique, puisque Marie est désignée comme le seul être humain né sans le péché originel!

Écrit par : Michèle Roullet | 27/12/2017

Michèle,

En poursuivant la réflexion faut-il imaginer que c'est en partant du couple homme/femme que l'Inde parvint à l'idée de l'électricité à deux aspects bien qu'indissociable Prana et Akasha: en ce cas il y aurait projection

ou que s'il y a pour nous et en nous couple féminin et masculin c'est parce qu'au départ il y a Prana et Akasha?

Certains ont vu en ce coup donné par Prana à Akasha l'explication même du big bang...!?

Encore bonnes fêtes.

Écrit par : Myriam | 28/12/2017

P.S.
J'apparais encore une fois pour mentionner le livre de Bordeaux Szekely L'EVANGILE ESSENIEN DE JESUS qui fut occulté dans les archives du Vatican puis authentifié par Bordeaux-szekely avec des "complicités internes"!

Du vivant de Jésus la misère était extrême et des esséniens se rendaient dans les villes et campagnes porter secours ce qui pourrait avoir été la démarche de Jésus indiscutablement essénien.
Cette appartenance explique le pourquoi de son antipathie concernant les Pharisiens (très appréciés du peuple) ainsi que cette exigence de reniement de sa famille jusqu'à voire soi-même propre aux sectes.

La secte essénienne était extrêmement dure et les sanctions étaient pratiquement des condamnations à mort.

Les esséniens se divisaient en deux groupes:

Celui des érudits

Les cultivateurs eux mariés.

Comme ceux de Galilée vergers superbes.

Les anges vêtus de blancs auprès du tombeau de Jésus pourraient avoir été des esséniens porteurs de leur magnifique tunique sans couture blanche.

Le peuple croyait que la fin du monde arrivait car des séismes d'une violence extrême allaient jusqu'à desceller les pierres tombales.

Le berceau ou la source de la secte chrétienne est très probablement la secte des esséniens.

Jésus, pour avoir été admis dans la secte devait avoir été de belle apparence, grand, svelte avec "ossature fine"!

Écrit par : Myriam | 28/12/2017

La magie de Noël doit agir car je suis attendri par vos réflexions.
Je réalise de plus en plus à quel point nous vivons tous la réalité du monde depuis notre salle de cinéma où nous projetons le film qui nous convient.
Pour moi, le "joyeuses fêtes" traduit plus une façon pratique de se débarrasser d'une convention qui devient pesante lorsqu'il faut répéter la même phrase plusieurs fois par jour.
Si j'étais sincèrement capable d'éprouver en moi la même intensité et émotion que pourrait évoquer Noël à chaque fois que j'exprime mes voeux, je le ferais avec joie, bonheur et sincérité. Je n'en suis pas là. Ces phrases sonnent creux à mes oreilles et je n'ai pas envie de valider la vulgarisation de ces mots profonds, bons, chaleureux, au risque de les vider de leur sens.
J'ai déjà de la peine à me plier au rituel du repas familial où, chaque année, 25 personnes parlent toutes en même temps dans un brouhaha permanent.
Je fais donc le voeu de silence.

Écrit par : Pierre Jenni | 30/12/2017

Excellent texte Mme Roullet, merci !

Quand je me rends compte de cette lame de fond "du politiquement correcdt/du vivre ensemble" qui nous fait lâchement abandonner nos convictions de base et nos valeurs fondamentales je me demande quelle serait l'attitude de nos sociétés l'histoire se répétait....

Il y aurait certainement beaucoup plus de "collabos" et fort peu de résistants, hélas...

Belle année à vous, Mme Roullet et à tous vos lecteurs !!

Écrit par : A. Piller | 01/01/2018

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