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10/02/2017

Le poids des notes !

La dernière étude du Prof. Margrit Stamm confirme que les jeunes qui obtiennent des notes moyennes à l’école, voire médiocres, peuvent devenir les meilleurs apprentis et gagner des médailles dans les championnats professionnels internationaux !


Nos jeunes professionnels suisses, qui appartiennent à l’élite mondiale, ont reçu un hommage de Johann Schneider-Ammann, ardent défenseur de la formation duale.

En effet, à l'occasion de la journée SwissSkills 2017, qui se tenait mercredi à Berne et où notre conseiller fédéral en charge du Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche a remis son prix, au meilleur d’entre eux, Mario Eggerschwiller, Johann Schneider-Ammann a expliqué que : « les délégations lauréates de l'équipe SwissSkills nous rappellent régulièrement que nos jeunes professionnels comptent parmi les meilleurs au monde ».

Pourtant, le poids des notes à l’école est encore écrasant pour obtenir une place d’apprentissage et c’est malheureux !

Rappelons qu’en 2011, Arle avait lancé à Genève une initiative populaire cantonale : « Pour une note de comportement à l’école obligatoire », qui devait figurer dans le bulletin scolaire afin de faire respecter les règles à l’école et de sanctionner les élèves qui nuisent au climat scolaire. A cet égard, ce qui me gênait le plus (Cf. mon billet) et me heurte toujours autant dans cette initiative (qui heureusement n’a pas abouti), c’est que la note de discipline était vantée au nom de son efficacité et de la transparence. Inscrite dans le bulletin scolaire, elle était, pour les initiants, un outil simple, lisible par les parents et par le monde professionnel !

Or, c’est là où le bât blesse. Cet échange “automatique” des données scolaires qui suivraient l’écolier de la maternelle à la fin de la scolarité obligatoire et même au-delà puisque le bulletin scolaire devient de plus en plus le sésame pour entrer dans une formation professionnelle, se révèle humainement dévastateur, dans la mesure où cet échange a, pour effet, de discréditer des jeunes qui, pour avoir été des cancres et des largués à l’école, peinent à trouver une place d’apprentissage.

Cette vision sous-tendue par un impératif de transparence, qui imprègne tous les pans de notre société, y compris l’école qui fait toujours corps avec les idées de son temps, sclérose nos sociétés.

Il est temps de penser la complexité de l’humain et d’admettre qu’un mauvais élève peut devenir un brillant apprenti ou savant (ce n’est pas Einstein qui me contredirait !).

A l’intérieur de l’institution scolaire, je plaide déjà pour qu’un enseignant n’aille pas consulter les précédents bulletins scolaires des élèves qu’il va accueillir afin de ne pas conditionner et figer son regard. Ma position se radicalise encore lorsque ces évaluations, tirées hors du cadre scolaire, sont exploitées pour recruter les apprentis. Se priver de talents et d’insertions sociales a un coût trop élevé !

C’est ce que comprennent l’Union patronale suisse, l’USAM, UBS et Ringier, qui dans un partenariat avec la fondation SwissSkills et le Secrétariat d’Etat à la formation et la recherche, défendent la diversité dans la formation des jeunes et saisissent qu’un jeune peut exceller dans une approche pratique même s’il a été un cancre à l’école.

Que la Suisse continue à donner leur chance à ses jeunes, y compris les largués du système scolaire, et que le patronat assouplisse son mode de recrutement des apprentis, actuellement trop influencé par les notes scolaires !

 

16:38 Publié dans Actualités, politique, politique scolaire | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook | | |

Commentaires

"Que la Suisse continue à donner leur chance à ses jeunes",

Vous parlez sans doute des jeunes blanchisseurs ?

Écrit par : Katia | 11/02/2017

@ Katia
Dédain et légèreté votre commentaire !

Écrit par : Michèle Roullet | 11/02/2017

Madame Roullet, allez faire un tours dans ce que furent les pôles technologiques de la Suisse jusque dans les années 70, en particulier, l'horlogerie et l'incroyable ingéniosité du "Made in Switzerland", alors qu'aujourd'hui les anciennes prestigieuses manufactures ont été recyclées en établissements réservés au social.

Allez dans les villages du Jura et Genève visiter les anciens bâtiments (ceux qui n'ont pas été rasé) qui abritaient les plus prestigieuses entreprises aujourd'hui tuées par les banques, ces banques qui investissent des milliers de milliards annuels dans des investissements en Asie.

Hormis les sociétés qui aujourd'hui ont développés des secteurs "financiers", prenons l'exemple de Rolex dont le chiffre d'affaire des montres ne représente plus que 5% du chiffre d'affaire global.

Hormis les copains du führer et de ses héritiers, qui a survécu depuis 70 ans ?

Écrit par : Katia | 11/02/2017

Je partage votre préoccupation mais je pense que vous effleurez à peine le sujet.
Arle et la rénovation c'est une longue histoire et un gros malentendu.
Nos sociétés ont évolué vers l'enfant roi dans tous les domaines sociétaux avec l'éclatement de la structure familiale classique et le transfert de pouvoir qui permet à un seul individu de perturber profondément l'enseignement de toute une classe.
La réaction est binaire et manichéenne. On est progressiste ou conservateur.
Et ces deux tendances qui ne reflètent évidemment pas toute la complexité de la situation, se font la guerre sans espoir d'avancer.

A la vitesse des changements provoqués par le numérique et les diverses disruptions que nous découvrons avec plus ou moins d'effarement (tant que ce n'étaient que les taxis qui étaient concernés on s'en foutait un peu), l'enseignement tel que nous le connaissons n'a pratiquement plus de sens.
Un élève qui parvient à la fin d'un cursus dispose de connaissances qui ne lui servent plus à rien.

Le drame c'est que, sous prétexte d'évolution et d'adaptation, les premières matières sacrifiées furent celles qui donnent effectivement accès à une meilleure compréhension du monde et de soi-même. Comme l'histoire, la géographie ou la gym.

On cherche à produire des humains efficaces dans le monde compétitif de l'économie de marché et on les évalue précocement afin de leur faire connaitre au plus vite ce monde impitoyable que nous leur proposons.

Seulement voilà, demain, non que dis-je, aujourd'hui déjà, la machine est plus performante. Et quand je dis plus, c'est au centuple, exponentiel.

Alors oui, je dénonce avec vous la tendance. Mais j'adorerais que les enseignants un peu visionnaires prennent la parole pour relever l'incohérence, la perversité et les conséquences d'un système incapable de se réformer intelligemment pour remettre l'humain au centre et lui donner les outils pour corriger les ravages que nous avons infligé à notre environnement qu'il soit physique, psychique ou social.

Écrit par : Pierre Jenni | 11/02/2017

Monsieur Pierre essaye de faire une pirouette, merci de voler au secours de la croix-rouge, elle en a bien besoin.

A ce demander si nous avons à faire à une ong ou à des services de renseignements ?

Banques, argent sale, dictateurs, croix-rouge, politiciens membres de conseils d'administration, nous pourrions nous demander en toute légitimité si nous ne sommes face à une organisation mafieuse ?

Écrit par : Katia | 12/02/2017

"qui, pour avoir été des cancres et des largués à l’école,"
En ce qui concerne la note de comportement, il y a ici deux choses à ne pas confondre: le fait d'avoir des difficultés d'apprentissage et le fait de perturber les cours. Vous semblez faire - entre les lignes - l'amalgame entre les deux. J'ai voté pour la note de comportement: elle a disparu et maintenant chaque enseignant fait sa petite cuisine dans son coin avec des barèmes qui vont de l'avertissement sans frais à la retenue ou au renvoi en passant par la punition ou autre sanction, favorisant l'arbitraire d'une classe à l'autre. Un élève peut être "faible" scolairement, cela ne lui donne pas le droit de déranger et de rendre plus difficile le travail d'apprentissage de ses camarades. Je trouve les sanctions souvent trop faibles, souvent trop tardives. Le problème est l'attitude face à l'école. Le mot d'ordre de certains élèves: tout faire pour apprendre le moins possible. Le temps passé par l'enseignant à recadrer certains élèves est du temps gagné pour ceux-ci sur le temps d'apprentissage. Que des élèves ne soient pas "scolaires", tout le monde le sait. Encore faut-il savoir lire, écrire et compter. Puis si un élève a des capacités manuelles, une intelligence manuelle, direction apprentissage, mais sans doute faudrait-il avancer cet âge-là.

"je plaide déjà pour qu’un enseignant n’aille pas consulter les précédents bulletins scolaires des élèves qu’il va accueillir afin de ne pas conditionner et figer son regard"
Un enseignant averti en vaut deux. Prévenu, il peut mettre en place immédiatement des mesures d'aide ou d'encadrement, prendre contact avec les parents. Mais surtout quel manque de confiance dans le professionnalisme des enseignants! Je trouve votre commentaire à la limite de l'insulte pour les enseignants. Seraient-ils soumis à leur préjugé?

"que le patronat assouplisse son mode de recrutement des apprentis"
Ici ce ne sont plus aux enseignants à qui vous reprochez des préjugés, mais aux patrons. Il est vrai qu'un patron qui voit sur un carnet de multiples arrivées tardives ne sera pas enthousiasmé. À la seconde arrivée tardive dans son atelier ce sera un adieu définitif. De quoi mettre du plomb dans la tête de certains. Un patron est plus exigeant qu'un enseignant: il peut renvoyer l'apprenti du jour au lendemain alors que l'enseignant doit faire avec. Le jeune le sait. D'où généralement un changement complet d'attitude face au travail.
En définitive il est regrettable que des amendes ne soient pas délivrées pour sanctionner certains comportements scolaires qui empêchent le déroulement des cours. Les parents doivent aussi prendre leurs responsabilités. Vous n'en parlez pas.

Écrit par : Charles | 12/02/2017

Malheureusement l'école est en train, sous prétexte d'efficacité et de "reprise en main", de devenir un lieu ou s'exprime librement le pouvoir arbitraire de certains profs et directeurs, à moins que ce soit leur incompétence. Dernier exemple dont j'ai eu connaissance, celui d'un certificat médical (maintenant exigé en cas d'absence à une épreuve) remis dans les délais et refusé sans un mot d'explication aux parents.
Ces parents se taisent par peur de représailles envers leur enfant, ayant faut auparavant l'expérience de ne pas recevoir d'accusé de réception après une demande à une direction, et en ayant conclu que nous étions non seulement entré dans l'ère du mépris, mais aussi dans celle du règne du pouvoir absolu au sein de certaines sphères de l'enseignement genevois.

Écrit par : Mère-Grand | 12/02/2017

Chère Michèle Roullet, juste une petite précision. Einstein n'était pas un "mauvais élève" au sens qu'il avait des difficultés à suivre les cours.
Son étiquette de "mauvais élève" provient de ce que les cours de l'EPFZ l'ennuyaient profondément. Le dogmatisme sentencieux des profs de physique le hérissait et il n'allait pratiquement jamais aux cours. C'est d'ailleurs pour cela que bien qu'ayant réussi brillamment ses examens, le professeur de physique théorique refusa de le prendre comme doctorant.

Écrit par : Lambert | 13/02/2017

@ Pierre Jenni,

Cher Monsieur,
Effectivement, les débats sur l’école sont devenus une guerre de tranchées, dans laquelle je n’ai jamais accepté d’être enfermée. L’école est dans l’ère du temps… La perte de confiance, généralisée à tous les secteurs de notre société, cause sans doute plus de ravages à l’école que la révolution numérique ou les changements des programmes scolaires !
Merci de votre visite et de votre commentaire.

Écrit par : Michèle Roullet | 13/02/2017

@ Charles,

Que l’institution scolaire doive instaurer des sanctions envers les élèves qui ne respectent pas ses règles, cela est évident. Je ne crois pas (cf. mon billet : http://micheleroullet.blog.tdg.ch/archive/2011/01/21/fausse-note-a-l-ecole.html) que la note de comportement est efficace.
Tout regard (professionnel, amical, d’expert) est influencé par ses présupposés et par ce que l’on est. Il arrive ainsi que des duettistes (2 enseignants qui tiennent une classe) puissent tisser des rapports très différents avec leurs élèves et ne pas porter le même regard sur leurs élèves.
Résister à aller lire les évaluations des enseignants précédents me paraît être au contraire une attitude très professionnelle. Cela ne signifie pas que des discussions entre collègues ne sont pas indispensables. Mais, c’est une question de calendrier et d’ouverture.
Quant à une jeune, laissez-lui la chance de suivre un parcours qui n’est pas forcément un long fleuve tranquille. Un jeune qui déteste l’école peut se métamorphoser dans une formation duale dans laquelle il trouve sa voie…

Écrit par : Michèle Roullet | 13/02/2017

@ Lambert,

Einstein peut être désigné comme un provocateur et perturbateur… Il n’a jamais obtenu sa Maturité pour avoir “sécher” quelques examens.
Mais, c’était une autre époque où les règles administratives n’avaient pas encore pris pouvoir sur l’humain…

Écrit par : Michèle Roullet | 13/02/2017

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