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19/10/2016

Maire de nuit ou les bibelots d’inanité de la gauche genevoise

Nouvelle lubie de la gauche municipale : « créer un poste de maire de nuit » en Ville de Genève ! Une fois de plus, on assiste à une triste dérive d’élus qui, au lieu d’empoigner les problèmes aigus auxquels est confrontée la population genevoise (logement, emploi, mobilité, petite enfance), se dispersent dans du superflu.


L’idée de « maire de nuit » vient d’Amsterdam. Paris, Toulouse et Nantes l’ont adoptée, une fois, en 2013. A Paris, ce maire n’a pas été élu par les conseillers municipaux (comme l’est le maire de Paris), mais intronisé par le collectif : « les fêtards de la Capitale ». Il se rêve médiateur entre les consommateurs, les professionnels, les habitants et les administrations, mais a dû déchanter, puisque le maire même de Paris (une socialiste !) a refusé de le rencontrer. Néanmoins, sur son site, on trouve des projets parmi lesquels : « autoriser les ouvertures de squats à Paris, car un squat encadré est un lieu respecté dans lequel la culture nocturne doit s’exprimer » ! Tout un programme qui inspirera la gauche genevoise, qui demande au conseil administratif de « créer un poste de maire de nuit ».

Pour le PLR (et l’Entente élargie), il est exclu d’en ouvrir un. L’appellation même de “maire de nuit“ est une insulte à la fonction de maire. Rappelons que notre maire, élu démocratiquement par les urnes, est le maire de tous, de jour comme de nuit, et quelle que soit sa couleur politique. A Genève, n’importe qui, au travers d’une pétition (une signature suffit !) peut s’adresser aux autorités. C’est la richesse de notre démocratie directe. Dès lors, pourquoi déresponsabiliser les citoyens en nommant un médiateur pour « conseiller les acteurs nocturnes » ?

La gauche manque ici d’imagination et de respect pour la langue (ça, on le savait déjà avec son obsession du langage épicène !). Pourquoi ne trouve-t-elle pas une expression plus poétique comme « vizir de la nuit » en écho aux Mille et une nuits ? Chaque quartier ou bande de potes pourrait élire un « vizir de la nuit » (les besoins de l’Usine n’étant pas ceux des Pâquis !), mais sans revendiquer un statut officiel. Bref, un peu de retenue ! Même à Paris, les fêtards n’ont pas eu l’outrecuidance de demander à l’Etat une légitimation de leur maire de nuit, qui œuvre bénévolement.

Mais, à Genève, la gauche est insouciante (c’est un euphémisme !). Elle nous avait déjà habitués à défendre un communautarisme social. Voilà qu’avec son maire de nuit, elle verse dans un communautarisme administratif !

Enfin, rappelons à ces bobos qui se rêvent saltimbanques, mais sous la tutelle de l’Etat, que, pour favoriser une vie nocturne riche et diversifiée, Genève n’a pas besoin de fonctionnaires, mais d’emplois dans l’économie privée, car c’est la prospérité qui “booste” la vie nocturne !

           

                                                           

 

12:09 Publié dans Actualités, Air du temps, communication et langage, Genève, politique | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | |

Commentaires

Vous aimez bien le point d'exclamation.

Écrit par : Patatra | 19/10/2016

Je peine à vous suivre sur les dérives sémantiques de la gauche. Certes, le vocable utilisé est peut-être malheureux, mais il répond à une véritable préoccupation d'une grande partie de la population qui en dispose pas des moyens de se faire entendre malgré les efforts de la ville pour favoriser le débat.
http://www.arv-ge.ch/content/geneve-merite-elle-un-maire-de-nuit

Écrit par : Pierre Jenni | 19/10/2016

@ Patatra,

Le point d’excclamation a une valeur affective que n’ont pas les autres points. Il permet d’exprimer la surprise, l’exaspération ou l’admiration. Dans le cas de mon billet, je vous laisse deviner le sentiment qui m’habite face aux lubies d’une gauche aussi légère…

Écrit par : Michèle Roullet | 19/10/2016

- « L’appellation même de “maire de nuit“ est une insulte à la fonction de maire. Rappelons que notre maire, élu démocratiquement par les urnes, est le maire de tous, de jour comme de nuit, et quelle que soit sa couleur politique. »

Non Madame Roulet, un maire n'est pas "maire de tous", ni _maître_, ni _seigneur_, ni _dieu_ ... de _qui_ que ce soit.

"Le Conseil administratif s’occupe de la gestion de l’ensemble de l’administration municipale afin de répondre aux besoins de la population."

( http://www.ville-geneve.ch/conseil-administratif/ )

"Répondre aux besoins de la population."

Ca veut dire ... _pour_ la population, ... pas "de" la population.

Remarquablement, vous arrivez encore à écrire ...

... "La gauche manque ici d’imagination et de respect pour la langue".

Faut-il croire que ce mépris manifeste pour la langue, est aussi le résultat d'un manque d'imagination, ... ou d'une imagination débordante de mépris ?

- « ... pour favoriser une vie nocturne riche et diversifiée, Genève n’a pas besoin de fonctionnaires, mais d’emplois dans l’économie privée, car c’est la prospérité qui “booste” la vie nocturne ! »

En fait, ce que vous dites, c'est que ... la "vie nocturne" n'est pas du tout concevable sans argent.

En fait, ce que vous dites, c'est que ... la "vie nocturne" doit servir à dépenser de l'argent, et ceux qui n'en ont pas, c'est vraiment mieux qu'ils ne traînent pas la nuit, car ça risquerait de gêner ceux qui ont de l'argent ... en "superflu" ... à dépenser.

Écrit par : Chuck Jones | 20/10/2016

@ Chuck,

Ai-je écrit que le maire est un maître ou un seigneur? Non, vous apportez des interprétations erronées à mes propos. Non seulement, le maire à Genève dépend d'un collège (le conseil administratif), mais en plus, il change chaque année. Néanmoins, c'est un élu!

Même remarque pour la suite. Ai-je écrit que la "vie nocturne doit servir à dépenser de l'argent, et ceux qui n'en ont pas ...? Nenni point du tout! Vous êtes en train d'exposer votre vision de la vie (nocturne et diurne) qui n'a rien à voir avec ce que j'ai écrit.

Écrit par : Michèle Roullet | 20/10/2016

@ Pierre Jenni et Chuck Jones

Infantiliser la population en demandant plus d’expert, de médiateur, de conseiller des acteurs nocturnes, de « facilitateur du vivre ensemble » (pour reprendre les expressions socialistes) coûte cher (et vide les poches des contribuables de la classe moyenne sans toucher celles des 36% de ceux qui ne paient pas d’impôts à Genève !).
Par ailleurs, c’est souvent l’intérêt personnel qui mobilise ces demandes de postes. Certains lorgnent déjà sur la fonction, oui, oui (car il faut bien se servir au passage). Jusqu’où vont aller ces exigences ? La prochaine fois, quémandera-t-on un « Cyber Maire » pour Genève ?

Écrit par : Michèle Roullet | 20/10/2016

Et après cela, un maire des Roms, un maire des Arabes, un maire des Italiens, un autre des Portugais, un maire des drogués, des putes, des frontaliers,...
Pauvres Genevois...

Écrit par : Géo | 20/10/2016

Madame Roullet,

- « Infantiliser la population en demandant plus d’expert, de médiateur, de conseiller des acteurs nocturnes, de « facilitateur du vivre ensemble » (pour reprendre les expressions socialistes) ... »

"Infantiliser" ???

Mais quel est donc cet étrange pouvoir magique que conférerait la nomination d'un "expert/médiateur/facilitateur", et qui serait capable ... "d'infantiliser la population" ?

Le "maire de nuit" serait alors une sorte de ... laveur de cerveaux ?


- « ... coûte cher ... »

Vraiment ? Dites un chiffre pour voir ?


- « (et vide les poches des contribuables de la classe moyenne sans toucher celles des 36% de ceux qui ne paient pas d’impôts à Genève !) »

Justement, c'est fait pour!

C'est fait pour ces contribuables et ces non-contribuables là, puisque les contribuables de la classe que vous n'avez pas citée, n'expriment aucun besoin de se mélanger avec les autres dans une vie nocturne bien trop bon marché pour eux. Faut croire alors que cette classe là, celle que vous avez oublié de citer donc, a déjà toute la vie nocturne qu'il lui faut.


- « Par ailleurs, c’est souvent l’intérêt personnel qui mobilise ces demandes de postes. »

NON ???? Vous croyez ?


- « Certains lorgnent déjà sur la fonction, oui, oui (car il faut bien se servir au passage). Jusqu’où vont aller ces exigences ? »

Vous avez raison. Un seul individu va vraiment trop demander pour faire tout ce travail.

Mais vous savez quoi ? J'ai LA solution. C'est pas un "maire de nuit" qu'il faut, ... c'est un conseil administratif de nuit, ... composé de volontaires, ... indemnisés comme des pompiers communaux ! Comme ça, ça permet de répartir les risques, pour s'assurer qu'il ne le font pas par intérêt personnel, mais pour le sport.

Écrit par : Chuck Jones | 20/10/2016

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