Code de suivi Google

20/03/2015

Améliorer la formation des enseignants du primaire

La motion du PLR (Parti Libéral Radical), demandant de réduire d’une année la formation des instituteurs genevois a été acceptée par le Grand Conseil. Le Conseil d’Etat devra donc mettre en place, comme partout ailleurs en Suisse, un cursus de 3 ans donnant accès au titre d’enseignant primaire.


Pour Genève, c’est une bonne résolution. Non seulement cette formation, qui n’en finit pas, coûte cher à la collectivité, mais plus encore, elle démotive les futurs instituteurs. Combien d’étudiants, qui suivent à la FAPSE (Faculté de Psychologie et des Sciences de l’éducation) ce cursus d’études, se sont plaints de l’aspect répétitif de cette formation, quand ils ne critiquaient pas la mauvaise qualité et la vacuité de certains cours.

Par ailleurs, ce vote du Grand Conseil genevois rétablit un peu d’équité entre les étudiants genevois et ceux des autres cantons, qui se forment au métier d’instituteur. Pourquoi, les étudiants genevois doivent-ils obtenir 240 crédits pour l’obtention d’un titre professionnel que les autres étudiants en Suisse obtiennent en 180 crédits ?

Une injustice d’autant plus inacceptable, que les collégiens, à Genève, ont déjà une année d’études supplémentaire pour obtenir leur maturité. A cette durée des études secondaires, s’ajoute ce cursus de formation pour devenir instituteurs de quatre ans (qui sera heureusement dans un avenir proche réduit à 3 ans !), allongé souvent encore d’une année.

Car, il faut également tenir compte que, pour entrer dans ces études à Genève, l’étudiant doit déposer un dossier dans lequel il doit faire montre d’une expérience dans le monde éducatif ou dans la prise en charge d’enfants dans le domaine sportif ou de loisir. Cette exigence amène souvent des jeunes à faire, après leur maturité, une année de stages ou de remplacements dans les écoles genevoises.

En définitive, l’instituteur genevois débouche au plus tôt dans sa profession vers 23 ou 24 ans, alors que dans les autres cantons, ils peuvent commencer à enseigner déjà à 21 ans. Cette disparité en Suisse est d’autant moins tolérable que les diplômes d'enseignement sont reconnus sur l'ensemble du territoire suisse. Certains genevois, voyant le gain de temps (et peut-être de qualité) n’hésitaient d’ailleurs pas à aller se former dans la HEP (Haute Ecole de Pédagogie) du canton de Vaud, par exemple.

Il faut le dire et le répéter. Ce qui fait la qualité des études, ce n’est pas leur durée. Allonger inutilement des études, retarder l’entrée dans le monde actif, c’est infantiliser la jeunesse. Or, dans cette profession, où l’enseignant peut jouer un rôle d’identification important auprès de ses élèves, il faut former des instituteurs avec une tête bien faite, qui sauront penser avec rigueur, en ciblant au plus près les objectifs à atteindre, sans se diluer dans des chimères inutiles .

Or, ce qui manque singulièrement dans la formation des enseignants du primaire et peut-être plus largement à notre époque, c’est l’esprit de synthèse. On confond pensée et quantité ! On imagine qu’une “pensée complexe” (expression d’Edgard Morin !) doit s’étendre, déborder de tous côtés, s’expliquer au point d’ennuyer tout le monde (émetteurs et récepteurs !), dire tout et son contraire, alors qu’une pensée est, par définition, complexe sinon elle n’est qu’une opinion, et qu’elle doit avoir de la tenue. Une pensée donc ne se juge pas à l’aune de son étendue, mais de sa pertinence.

Elle ne nécessite pas de longs développements. Boileau, poète, écrivain du XVIIe siècle rappelait déjà que : « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement ».

Pour les études, c’est la même chose, il faut apprendre au futur instituteur à aller à l’essentiel pour couvrir le programme scolaire, sans s’égarer. A cet égard, lorsque je consulte le nouveau Plan d’étude romand (PER), j’éprouve quelques craintes…

Comment, en effet, un plan d’étude, censé exposer en raccourci les notions essentielles et obligatoires que les élèves doivent apprendre durant leur scolarité, a-t-il pu enfler au point de remplir actuellement 3 classeurs fédéraux ?

Est-il assez gros ? Nenni point du tout !

Où va s’arrêter cet esprit trop sérieux qui tue le sérieux ?

 

 

 

 

17:32 Publié dans Actualités, Genève, politique, politique scolaire | Lien permanent | Commentaires (18) | |  Facebook | | |

Commentaires

Je ne sais pas comment ça s'est passé pour vous, mais pour moi, les profs qui m'ont le plus marqué et qui m'ont le plus appris étaient des caractères.
Je me réjouis du jour proche qui vient où nous pourrons acquérir les connaissances en fonction de notre intérêt pour les matières. L'évolution numérique qui offre des cours en ligne gratuits permet un accès large à l'éducation dans presque tous les recoins du globe.
J'attends avec impatience le système qui permettra aux humains de faire ce qu'ils aiment dans leur vie car il le feront bien.
Et ça n'a pas grand chose à voir avec la formation et les diplômes. Seuls ceux qui manquent de confiance éprouvent le besoin de prouver leurs compétences par des papiers qu'ils encadrent souvent pour les suspendre à leurs murs.

Écrit par : PIerre Jenni | 20/03/2015

Correction: supprimez s'il-vous-plaît "simplement". Merci.

Écrit par : Mère-Grand | 20/03/2015

@ Monsieur Jenni,

Vous avez raison de plaider pour l’accès numérique qui offre « un accès large à l'éducation dans presque tous les recoins du globe. » Aujourd’hui déjà, les cours du Collège de France sont retransmis sur écran. Quelle belle conquête !
Toutefois, cet enseignement par internet est surtout adéquat pour des adultes.
Pour les très jeunes enfants (et dans mon billet, je parlais de la formation des instituteurs, de ceux donc qui enseignent au primaire, et qui ont des élèves de 4 ans à 12 ans), la relation entre le maître (ou la maîtresse) et l’élève est irremplaçable !

Écrit par : Michèle Roullet | 20/03/2015

@ Mère-Grand,

J’ai relu attentivement mon billet et je n’ai pas trouvé l’adverbe “simplement”. Par conséquent, je ne comprends pas votre demande.

Écrit par : Michèle Roullet | 20/03/2015

Il me semble que vous allez un peu vite! Ce n'est qu'une motion que les députés ont acceptée ... Un signal envoyé à AET mais rien ne l'oblige à en tenir compte! Pour le moment, rien n'est donc fait, ne vendons pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Peut-être faudra-t-il aller plus loin et déposer un projet de loi.

Écrit par : Duval | 20/03/2015

@ Monsieur Jenni
Plus je vous lis plus j'apprécie le personnage :=)

Écrit par : globetrotter | 20/03/2015

Le monde change à une vitesse impressionnante. Je ne sais pas de quoi seront faites les relations de demain et parfois je m'inquiète quand je vois tous ces ados qui ont la tête en bas à lire et écrire des messages sur des écrans.
Dans les cours en ligne, le prof est bien là. Il est filmé.
C'est clair que si vous parlez de présence physique ce sera difficile au fond du Tibet. Mais au moins ces gamins auront un accès et la possibilité d'inter agir avec le prof ou les autres élèves.
Je parle d'une révolution autrement plus conséquente. Je n'ai pas aimé l'école et mes filles ne l'apprécient guère plus. On formate pour répondre aux besoins de l'économie. C'est l'inverse qui devrait être de mise. Le travail au service de l'homme.

Écrit par : PIerre Jenni | 20/03/2015

@ M. Duval,

Vous avez raison, je vais trop vite ! Une motion n’a pas un caractère aussi contraignant qu'une loi.
Toutefois, l’acceptation de cette motion par les députés est un succès, et la conseillère d’Etat en charge du DIP ne pourra pas ignorer cette demande de réforme de la part du parlement genevois.

Écrit par : Michèle Roullet | 20/03/2015

Pierre, il y a encore heureusement l'école dans les taxis, c'est là que l'on commence l'apprentissage de la vie genevoise, lorsque l'on débarque dans cette ville proprette !

Oui, les socialos n'ont cesse de vouloir compliquer la vie des citoyens et cela toujours pour leur bien !

Si les socialistes pouvaient imposer le fait que Genève doive importer ses profs, ils n'attendraient pas leur reste, mais heureusement qu'à Genève, parfois le bon-sens l'emporte !!

Écrit par : Corto | 20/03/2015

On est bien d'accord Madame Roullet. Comme vous, j'espère que AET tiendra compte de cette motion mais tant que ce n'est pas fait, je me méfie. Ce ne serait pas la 1ère fois qu'un conseiller d'Etat s'arrange pour biaiser les décisions du législatif. D'ailleurs, voyez ce que AET est en train de faire au sujet de cette autre motion qui demande que les directeurs d'établissement enseignent partiellement...

Écrit par : Duval | 21/03/2015

@Michèle Roullet
Merci de votre réponse. Je ne sais pas moi-même ce qui est à l'origine de la confusion: il est possible qu'une de mes interventions est restée sur mon clavier.

Écrit par : Mère-Grand | 21/03/2015

@ M. Duval,

Pour le moment cher Monsieur, je fais confiance à Mme Anne Emery-Torracinta, patronne du DIP. Je crois qu’elle a du bon sens. Quant à demander aux directeurs des écoles primaires d’avoir un temps d’enseignement partiel, la mesure n’est pas forcément facile à appliquer, certains directeurs n’ayant aucun diplôme d’enseignement et viennent du monde des RH.
Ce qu’il faut surtout que ces directeurs aient un plus grand nombre d’école à gérer, car ils ont été nommés pour de mauvaises raisons : faire faire aux enseignants des “projets d’établissement” comme s’ils n’avaient pas d’autres choses à faire…

Écrit par : Michèle Roullet | 21/03/2015

Le gros problème dans l'enseignement est que les profs, hormis leurs diplômes en psychologies ne maîtrisent pas les branches qu'ils enseignent !

Dans certains cas, à un point que ça en est navrant, "une maman téléphone au prof de math de sa fille après avoir longuement examiné un travail imposé aux élèves", le "préposé" lui déclare connaître la solution fournie dans le corrigé des épreuves, mais reste incapable d'expliquer la démarche à suivre, ni en cherchant de la comprendre par une réponse de "psychologue" de ménagerie "écoutez, je ne suis pas mathématicien" pour une épreuve dédiée à des gamins de 12 ans !!

Lors de mes écoles, à Paris, les profs de math étaient diplômés en math et pas psychologues de pacotilles, celui dont je me rappel lorsque j'avais 12-13 ans, s'appelait Ouakin, un pied-noir ayant fuit l'Algérie et des plus originaux que toute la classe aimait et admirait pour sa compréhension des maths !

ça suffisait largement !

St-Augustin écrivit :

"Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; mais si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne le sais plus"

Écrit par : Corto | 21/03/2015

Chère Madame,
Permettez-moi de m'étonner.
Parce qu'elle va dans votre sens (comme le mien), vous postulez sur l'application d'une motion (IUFE) mais par contre, vous émettez des doutes sur l'autre motion, celle sur les directeurs. Vous avez parfaitement le droit bien sûr d'avoir votre opinion sur l'une et l'autre, mais, les deux motions ont été acceptées et devraient donc suivre la même logique. Y aurait-il deux poids deux mesures selon l'une ou l'autre?
Par ailleurs, je ne vois pas pourquoi il serait difficile de donner quelques heures d'enseignement à ces directeurs, car, je vous l'ai déjà dit me semble-t-il, ceux-ci, contrairement à ce que vous affirmez, sont presque TOUS titulaires d'un diplôme d'enseignant! On compte ceux qui n'en ont pas sur les doigts d'une seule main, ils sont deux ou trois, dixit Beer. Votre argument ne tient pas la route donc, ce d'autant plus que ces quelques "non-enseignants" peuvent très bien se retrouver parmi les 12 postes supprimés...

Écrit par : Duval | 21/03/2015

@ M. Duval,

Cher Monsieur, je ne suis pas du tout contre le fait que les directeurs des établissements scolaires assument une part de leur temps à enseigner. Bien au contraire, je crois que de garder le pied dans l’enseignement est un atout pour comprendre les difficultés (et joies) du métier.
Je pensais que cette règle ne pouvait pas s’appliquer envers tous les directeurs, puisque je sais que quelques uns n’ont aucune expérience dans l’enseignement (j’ignore le nombre, mais s’ils ne sont que deux, comme vous le dites, à ce moment-là mes réserves n’ont plus de sens).
Bien à vous et bon week-end.

Écrit par : Michèle Roullet | 21/03/2015

Michèle Roullet, vous ne seriez pas directrice ou un truc dans le genre ?

Écrit par : Corto | 21/03/2015

@ Corto,

Directrice !!! Non vraiment vous vous trompez. J’ai toujours été, disons une insoumise ou plutôt avide de garder une certaine liberté. Surtout que ces postes de directeurs du primaire… c’est vraiment prendre les coups sans avoir rien à dire !

Écrit par : Michèle Roullet | 21/03/2015

D'ailleurs le terme de directrice ou directeur dans la fonction public me semble pour le moins, suranné !

Écrit par : Corto | 21/03/2015

Les commentaires sont fermés.