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19/11/2014

Pratiques importées de France !

Ce n’est pas nouveau qu’à Genève on se croie obliger d’imiter les pratiques et réformes françaises. Une partie des réformes scolaires du précédent magistrat en charge du département de l’Instruction publique (DIP) porte, par exemple, le sceau de la République française.


Aujourd’hui, Genève connaît une dérive ! Alors qu’entre employeurs et employés est habituellement privilégiée la communication afin de trouver des consensus, un syndicat décrète une grève aux TPG, qu’il ose qualifier de “préventive” !

Mais que signifie cette fichue expression de « grève préventive » ? Rappelons que, Luc Barthassat, en charge du département, de l’environnement, des transports et de l’agriculture (DETA) est en pleine négociation, et qu’aucun licenciement n’est envisagé (en tout cas jusqu’à fin 2015). Rappelons aussi que le traitement salarial des employés des TPG est particulièrement élevé.

Prendre ainsi les Genevois (et les travailleurs frontaliers) en otage est une politique contre-productive. Les grévistes des TPG se tirent même une balle dans le pied !

D’une part, des habitués des TPG auront peut-être testé aujourd’hui une nouvelle manière de se rendre sur leur lieu de travail, en pratiquant le covoiturage qu’ils pourraient continuer à adopter, faisant baisser alors le nombre d’utilisateurs des TPG et mettant encore plus en péril le budget de cette entreprise publique autonome.

D’autre part, les grévistes, qui ont mené des opérations d’obstruction envers les employés qui ne voulaient pas se rallier à cette “grève préventive”, et qui désiraient travailler, ont non seulement paralysé Genève, mais, plus encore, n’ont pas respecté le contrat signé entre l’Etat et les TPG, qui stipule dans l’article 4 (Engagements des parties) que :

« En cas de grève, les TPG doivent fournir au minimum une offre atteignant le tiers de celle programmée aux heures de pointe… »

Il semble qu’une certaine gauche soit en train de scier ce qui fait la prospérité de notre canton : un pacte social qui permet une stabilité et une proximité de l’Etat avec ses citoyens.

Les plus fanatiques vont jusqu’à ériger le citoyen en policier ou délateur. Tel, le groupe « Appartements vides à Genève » qui, au nom d’une “démarche dépolitisée”, demande à la population de surveiller ses voisins pour indiquer (même anonymement !) les logements qui seraient vides !

D’autres encore, qui s’en prennent aux forfaits fiscaux, abandonnent le terrain démocratique du débat d’idées pour mener des actions agressives et intempestives aux domiciles de citoyens au bénéfice d’un forfait fiscal (donc en règle avec la loi), sans le moindre respect pour la sphère privée.

Le syndicat des TPG ferait mieux de s’émanciper du modèle français qui est une faillite. Par ailleurs, en adoptant ces pratiques, le syndicat des TPG donne de l’eau au moulin à un parti politique genevois, qui prétend que certains responsables de RH, dans l’administration genevoise, venus de France, engageraient davantage leurs concitoyens que les genevois, et importeraient ainsi des pratiques bien connues dans l’Hexagone où il y a systématiquement des grèves des transports (aéroport, gare, bus…) dès qu’il y a des vacances ou quelques jours fériés…
Espérons que nos autorités genevoises n’entreront pas dans ce chantage et sauront se montrer fermes à l’égard de ceux qui ont exercé des contraintes abusives envers les chauffeurs qui auraient bien voulu travailler aujourd’hui !

 

 

16:34 Publié dans Actualités, Genève, politique | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Facebook | | |

Commentaires

Chère Madame, lorsque l'on embauche à tour de bras des français car les résidents sont des paresseux, fainéants qui ne savent rien faire. De plus, il n'y pas de formation de chauffeurs de bus à Genève et que les RH sont des français, on apporte un service français, des méthodes françaises et un qualité du travail française!!! Avec plus de 5% de chômeurs à Genève, on peut trouver des chauffeurs et autres pour pourvoir aux postes. Genève est devenue la gagneuse des français. Aucun autre canton accepterai ces méthodes mais Genève c'est le département le plus riche de France!!!

Écrit par : mark-o | 19/11/2014

A force de vouloir copier les autres pays, on finit par y perdre - non pas son latin - mais la volonté de discuter autour d'une table !

@ mark-o : l'importation d'une certaine pratique commence aussi dans certaines boutiques de mode !

Écrit par : M.L.A. | 19/11/2014

"Mais que signifie cette fichue expression de « grève préventive » ? "

Les syndicats ont assimilé le principe de précaution. Mieux vaut prévenir que guérir. Mieux vaut se plaindre quand tout va bien, qu'attendre que tout aille mal.

Écrit par : Plouf Ploufovitch | 19/11/2014

Ah, au fait le seul bus que j'ai vu aujourd'hui, c'est le bus 61 qui relie Cornavin avec Annemasse!

Écrit par : Michèle Roullet | 19/11/2014

Voici un commentaire tiré du blog de M. Didier BONNY, qui explique très justement ce qui se passe avec les grèves dites "préventives" :

Commentaires

Comme souvent en pareille occasion, les victimes des coupes budgétaires sont injustement stigmatisées. Rappelons que, une fois voté, le budget n'est plus soumis à référendum. Il est intangible. La seule solution pour se faire entendre, quel que soit le moyen, c'est d'agir avant le vote du budget...
Ça semble évident, mais les médias et le magistrat en place continuent à parler de "grève préventive" ce qui est un non sens.

Écrit par : Julien Nicolet | 19/11/2014

Écrit par : Clyde | 19/11/2014

Les français ne veulent pas lâcher leur meilleure gagneuse....Genève.

Écrit par : mark-o | 19/11/2014

Chère Madame,

Il ne s'agit pas là uniquement d'une problématique liée aux collaborateurs des TPG mais une volonté politique de diminuer l'offre des transports à Genève alors que tous les regards se tournent vers la mobilité douce. Ce serait un désastre pour Genève si les transports publics ne se développaient pas davantage afin de fluidifier le trafic, diminuer la pollution et améliorer la qualité de vie..

Les grévistes paient de leurs personnes pour un enjeu qui dépasse largement le cadre de leur activité car il est surtout régional.

Cette grève a permis également d'alerter la population genevoise au sujet de coupes scandaleuses voulues par le parlement de droite et défendues par le conseil d'état car le peuple n'a pas voté comme voulait le gouvernement.

Le terme revanchard est tellement approprié.

Écrit par : pourunemeilleuremobilitegraceàladouce | 20/11/2014

L’adjectif “revanchard” est-il approprié ?
Alors que le Conseil d’Etat estime que la baisse du billet des TPG entraînera une perte annuelle de 20 millions, Ensemble à gauche (qui a soutenu l’initiative de l’Avivo) affirme au contraire qu’elle décuplera les usagers des transports publics et permettra aux TPG d’augmenter au final son chiffre d’affaire !
A voir ! Mais, 244 millions de subventions annuelles pour les TPG c’est déjà bien généreux. Faudra pas demander d’éponger encore la dette des TPG ! La population genevoise paie assez d’impôts !

Écrit par : Michèle Roullet | 20/11/2014

Je viens de moins en moins à Genève.
Et pour cause, je crois de plus en plus me retrouver dans une banlieue parisienne. Les gens sont agressifs, stressés, gueulent pour un rien, vous bousculent sans s'excuser. Bref, comme à Paris.
Et comme en France, on fait grève et on paralyse la population avant de discuter. Bientôt ce sera une habitude.
Et les DRH (Directeurs des Relations Humaines) français font venir leurs amis et proches pour travailler à Genève avec les méthodes et la mentalité françaises. Je m'étonne d'ailleurs qu'ils n'aient pas déjà fait grève pour réclamer les 35 heures, la retraite à 60 ans et 5 semaines de congés payés.

Écrit par : Lambert | 21/11/2014

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