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25/07/2014

Educations sexuelles

28 minutes pour vous déniaiser… Non, ce n’est pas un “Speed dating”, mais une émission radiophonique, “Les Pieds sur terre”, de France culture (présentée par Sonia Kronlund, et diffusée le 20 juin dernier), à écouter absolument, par podcast, en cliquant sur : « Educations sexuelles : la sexualité enseignée aux lycéens ».


Ce “cours”, nommé selon la terminologie des lycées et collèges en France, une « Animation à la vie sexuelle et affective », réserve bien des surprises…

Tout comme en Suisse, cette éducation à la sexualité fait partie des programmes scolaires. A cet égard, Genève a sans doute été pionnière puisque l’éducation sexuelle a sa place à l’école depuis 1965 (trois ans avant 68 !).

Pourtant, plaidant pour que l’éducation sexuelle soit exclusivement l’affaire des familles et qu’elle soit supprimée du cursus scolaire, des citoyens ont déposé en Suisse une initiative populaire : « Protection contre la sexualisation à l’école maternelle et à l’école primaire ».

Rappelons que le terme “sexuel” doit être entendu dans une conception large. A Genève, ces cours, qui ont pour objectif de promouvoir la santé, sont confiés à des professionnels du Service de la santé et de la jeunesse (SSJ). Ils sont adaptés à l’âge des enfants. Dans les classes élémentaires (“enfantines”), ils sensibilisent les élèves au respect de soi et des autres. Par un abord positif, l’élève apprend à développer l’estime de soi. La notion de pudeur est introduite afin que le jeune enfant sache fixer des limites, des repères et apprenne à ne pas répondre à n’importe quelle demande qui pourrait lui être adressée.

Dans l’émission « Les Pieds sur terre », l’animateur s’adresse à des jeunes de 13 et 14 ans du Lycée des Lilas en Seine-Saint-Denis (quartier sensible de France !). Vous serez peut-être choqué de découvrir les représentations de certains jeunes sur les femmes, les hommes et la sexualité. Ces propos, annoncent-ils qu’un glissement de nos sociétés s’opère insidieusement, qui mettrait nos valeurs de liberté et de démocratie en danger ?

L’école n’a-t-elle pas un rôle majeur à jouer dans le domaine de l’éducation sexuelle pour préserver la cohésion sociale ? Censurer cet apport des programmes scolaires véhiculerait d’ailleurs un message nocif, car la violence du non-dit ou de la censure peut être ravageuse…

Au XIXe siècle, dans une préoccupation de santé publique, les pouvoirs publics n’ont pas hésité à utiliser le canal scolaire pour transmettre les nouvelles règles d’hygiène qui découlaient des découvertes de Louis Pasteur.

Aujourd’hui, pour lutter contre des replis identitaires, contre un sexisme résurgent qui emprisonne les femmes et les hommes, il est essentiel de susciter, à l’école, une réflexion sur le respect de soi et des autres, en confiant ces questions à des personnes aussi compétentes que l’est l’animateur de cette émission « Les Pieds sur terre ».

Avec virtuosité, l’animateur sait mener la séance en laissant les élèves s’exprimer tout en leur fixant des repères et en leur faisant prendre conscience que nos représentations déterminent notre sexualité et notre vie affective. Presque sous forme d’accouchement socratique, il ébranle les stéréotypes dont sont gavés certains jeunes, nourris de téléréalité, de violences et de dogmes identitaires.

Provoquer la pensée par le débat, un beau programme qui a sa place à l’école !

 

 

 

16:07 Publié dans Actualités, Air du temps, politique scolaire | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | |

Commentaires

Je suis de la très vieille école.....des années 68
merci pour cette information et votre témoignage. L'émission "les pieds sur terre" me révèle combien l'expression verbale des jeunes est pauvre. Elle présente la sexualité comme un acte situé entre le désir et l'interdit, ce qui est juste mais insuffisamment développé dans cette approche. Elle souligne tout de même la notion de respect de l'autre, ce qui est fondamental. Je regrette cependant qu'il n'y ait pas beaucoup "D'élévation" dans ce cours pratique sur le comportement sexuel. On réalise dès lors que les interdits religieux répandus dans certaines familles développent davantage de discipline sur soi et de connaissances de soi que la laïcité qui ne repose sur....rien . Je tire tout de même mon chapeau au dynamisme de l'enseignant et je retiens la leçon des 3 "C".

Écrit par : le guennec | 25/07/2014

N'est-il pas dommage de s'adresser à des enfants ou à des jeunes de l'âge que vous indiquez en souhaitant, disant ou pensant vouloir les "déniaiser"!
En danger... seules nos valeurs de liberté et de démocratie?!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 25/07/2014

@ Myriam Belakovsky

Merci pour votre commentaire. Toutefois pourrais-je corriger votre propos en précisant que mon billet ne s’adresse pas à des enfants, mais à mes lecteurs ! Lorsque j’annonce : « 28 minutes pour vous déniaiser… », j’invite mes lecteurs à aller écouter une émission radiophonique sur un cours d’éducation sexuelle donné à des lycéens afin que mes lecteurs puissent découvrir les représentations de certains jeunes d’aujourd’hui, qui pourraient les surprendre voire les choquer.
Il ne s’agit nullement de vouloir brusquer l’innocence enfantine… qui doit être, et je suis totalement d’accord avec vous, respectée.

Écrit par : Michèle Roullet | 26/07/2014

@ Myriam Belakovsky

Merci pour votre commentaire. Toutefois pourrais-je corriger votre propos en précisant que mon billet ne s’adresse pas à des enfants, mais à mes lecteurs ! Lorsque j’annonce : « 28 minutes pour vous déniaiser… », j’invite mes lecteurs à aller écouter une émission radiophonique sur un cours d’éducation sexuelle donné à des lycéens afin que mes lecteurs puissent découvrir les représentations de certains jeunes d’aujourd’hui, qui pourraient les surprendre voire les choquer.
Il ne s’agit nullement de vouloir brusquer l’innocence enfantine… qui doit être, et je suis totalement d’accord avec vous, respectée.

Écrit par : Michèle Roullet | 26/07/2014

Madame Roullet, ressenti personnel: que l'on s'adresse à des enfants ou adultes je préfère "mettre au courant" à "déniaiser"!

Mettre au courant, "initier" (avec a forme d'humour particulier l'accompagnant) en ces temps "modernes" donc "parfaits, à ne pas remettre en question" !! de cynisme, de mépris de l'autre, et de rejet de toute opinion autre que la sienne

Il est juste de préciser de ma part que j'avais, en l'occurrence, lu trop vite, en survol votre message. Avec un bon dimanche vous m'en excuserez.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 26/07/2014

@Madame Roullet Espérons cependant que cette éducation sexuelle ne soit pas prise en otage par certains milieux scientifiques qui rêvent d'une vieillesse à inscrire au rang de science sociale
Laquelle a déjà eux droit dans certains établissement pour personnes âgées à n'avoir plus que des Robots pour les entourer ce qui fut très mal vécu de la part des résidents
Il me semble depuis que l'animal a été remis sur un piédestal certains milieux mélangent absolument tout
Cependant si vous me permettez j'aimerais revenir à un temps ou nombre d'hommes n'avaient plus de femmes pour exorciser leurs sentiments et beaucoup plus que le bétail dans les alpages
Beaucoup étant nés dans les années 1900 et subit l'ambiance castratrice imposée par certains religieux surtout à l'égard des filles
il n'est donc pas étonnant de la part de membres/le plus souvent des oncles et non religieux mais frustrés eux aussi/ que la manière d'enseigner la sexualité grâce au genou ait encore été à la mode dans les années 40-48
Surtout qu'ayant peur d'un troisième conflit la sexualité libèrant certaines hormones peut-être voulaient -ils préparer ces gamines a affronter des troupes de soulards et meurtriers mais nul ne le saura jamais car tout était tabou par devant alors que par derrière la classe sociale la plus aisée ne se privait de rien ,
Mais c'était l'époque ou les femmes devaient affronter un monde d'hommes frustrés par les années de Mob et leur en tenir rigueur n'aurait servi à rien puisque il fallait survivre dans un pays qui psychologiquement était à refaire,ils avaient tous plus ou moins perdu la boussole et pour qui s'en souvient n'aura aucun regret d'avoir vécu ce temps là !
Car il aide à comparer ce qui parfois peut faire sourire mais ce sont nos repères dans un monde qui veut tout,vite et surtout parfait mais sans trop d'effort pour comprendre l'autre semble-t'il

Écrit par : lovsmeralda | 28/07/2014

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