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17/03/2014

Le gouffre financier du mercredi d’école !

Genève semble enfin réaliser combien l’introduction du mercredi scolaire au primaire va plomber les finances du canton et des communes genevoises.

A combien s’élèvera la facture totale ? A dire vrai, l’impact financier n’a pas encore vraiment été évalué, tant cette réforme scolaire implique d’importantes restructurations.


Rappelons que la loi modifiant l’horaire scolaire au primaire (L 10744), approuvée par le peuple lors du vote du 11 mars 2012, introduit une semaine qui « comprend 5 jours du lundi au vendredi, dont une demi-journée de congé le mercredi après-midi, à l’exception du cycle élémentaire du degré primaire qui comprend une journée de congé le mercredi ». Sans autre modification de l’horaire des autres jours scolaires, cette réforme augmenterait l’horaire de l’écolier genevois du cycle moyen de 4 périodes hebdomadaires. Comme l’horaire des enseignants primaires ne peut pas augmenter, les élèves seraient pris en charge 4 heures par semaine par d’autres enseignants ou suppléants.

D’après les estimations du département de l’instruction publique (DIP), cette réforme de l’horaire scolaire, couplée avec un appui pour l’enseignement de la lecture et du français au cycle élémentaire, représente une augmentation de 150 postes d’enseignants.

Une rallonge budgétaire de 20 millions a été ainsi accordée au DIP.

Ici, toutefois, il faut évoquer une stratégie politique courante, qui consiste à minimiser le coût d’une réforme pour la faire accepter. Si bien que, avant même que cette loi ne soit mise en application, les autorités politiques réalisent soudainement que cette réforme sera un véritable gouffre financier.

Car, aux 20 millions prévus, s’ajouteront, pour les communes, les frais des restaurants scolaires, du parascolaire, des patrouilleuses scolaires, du nettoyage des bâtiments, des locations de salles… ainsi que, pour le canton et les communes, des pertes de revenus pour certaines catégories de travailleurs, pour des clubs sportifs et des écoles d’art… dont les subventions, pour ces dernières, devront certainement être revues à la hausse.

A ce sujet, j’avais déjà prédit ces éléments dans un billet rédigé en 2011.

Ce qui est stupéfiant au sujet de cette réforme, c’est son manque d’anticipation. Au point que le gouvernement genevois en soit réduit, aujourd’hui, à imaginer, « sans tabou », des mesures qu’il pourrait appliquer pour faire faire des économies au sein du DIP. Parmi ses propositions, a été évoquée l’idée d’exclure de l’école publique genevoise les écoliers qui résident en France.

Chercher à faire des économies sur le dos des enfants est une idée choquante !

Rappelons que les enfants de clandestins et sans-papiers sont acceptés (et c’est tant mieux !) à l’école publique genevoise, alors que les 1300 écoliers établis en France pourraient, eux, ne pas l’être ! Or, cette fermeture de l’école viserait majoritairement des enfants de Genevois qui travaillent à Genève, paient leurs impôts et ont dû, le plus souvent, face à la crise de l’immobilier, s’exiler hors du canton pour trouver un logement.

Assurément, la nouvelle conseillère d’Etat en charge du DIP, Mme Emery-Torracinta, doit oser “mettre sa patte” dans son département et modifier les réformes de son prédécesseur. Elle pourrait par exemple :

- dégraisser cette “usine à gaz” qu’est devenu le DIP en réduisant le nombre de haut-cadres qui ont proliféré ces dernières années ;

- repenser les concepts mous que sont la “hiérarchie de proximité” et les “projets d’établissement” pour diminuer drastiquement le nombre des directeurs des établissements scolaires primaires ;

- différer l’introduction du mercredi matin au primaire à la rentrée 2015 afin de trouver, avec tous les partenaires, les meilleures solutions pour la mise en place de cette réforme. En s’inspirant des horaires pratiqués dans d’autres cantons, Genève pourrait opter pour un horaire commun à tous les écoliers du primaire sur 4 ½ jours par semaine (avec le mercredi matin) qui serait de 08h00 – 11h30 et l’après-midi de 13h45-15h15 sans récréation (voire en allongeant pour les 7 et 8 P deux après-midi jusque vers 16h pour y ajouter les 2 heures d’enseignement d’anglais).

Cet horaire, qui harmoniserait l’horaire des écoliers et des enseignants, supprimerait la prise en charge de 4 heures par semaine par d’autres enseignants. Les 120 postes prévus pour cette réforme passeraient ainsi à environ 30 postes !

Belle économie en perspective et sans préjudice pour les élèves !

Après tout, le peuple genevois a voté pour l’école le mercredi matin, sans nécessairement plébisciter que l’horaire de l’écolier de 8 à 12 ans soit plus chargé que celui du collégien !

 

 

 

 

17:43 Publié dans Actualités, Genève, politique scolaire | Lien permanent | Commentaires (24) | |  Facebook | | |

Commentaires

Madame,
Combien d'heures enseigne un instituteur avec un poste complet ?

Écrit par : Galileo | 17/03/2014

Bien sûr, entièrement d'accord avec vos mesures de "dégraissement". De même pour les directeurs d'établissement.
En ce qui concerne le mercredi matin, je pense qu'il serait difficile de faire admettre aux députés que l'introduction du mercredi matin ne veut pas dire nécessairement augmentation des heures d'enseignement. Ce n'est pas dans cette optique que le peuple a voté mais bel et bien pour augmenter les heure d'enseignement. Les députés, eux, pensent naivement que les connaissances se mesurent à la quantité d'heures d'enseignement et non à la qualité de l'enseignement. Avec l'augmentation des heures, ils estiment avoir fait ce qu'il fallait et se donnent ainsi bonne conscience.

Écrit par : Duval | 17/03/2014

@ Galileo,

Le métier d’enseignant est particulièrement dévoreur de temps. Un enseignant primaire a souvent des journées très lourdes qui peuvent comporter plus de 11 heures de travail les jours scolaires. Les mercredis, il ne chôme pas non plus ni même les dimanches où il est souvent obligé de préparer encore des leçons et de faire des corrections. En 2003, un rapport sur la question de santé des enseignants à Genève (le rapport Papart) avait déjà souligné le difficile métier d’enseignant, générateur de stress, de souffrance psychologique et de fatigue. Or, croyez-moi, depuis 2003, la situation pour les enseignants s’est grandement péjorée d’autant plus que cette profession semble avoir perdu tout prestige.

Écrit par : Michèle Roullet | 17/03/2014

@ M. Duval,

Je ne sais pas dans quelle optique le peuple a voté. Les motivations sont diverses. Pour certains parents, mettre leurs enfants à l’école tous les jours de la semaine simplifiera leur vie de famille.
D’autres croient réellement qu’en matière scolaire, c’est la quantité qui compte.
Enfin, beaucoup de gens se sont laissés duper par le précédent chef du DIP, qui n’a pas hésité à discréditer l’école genevoise et à instrumentaliser PISA en faisant croire que l’écolier genevois était un cancre ! Pourtant les résultats PISA (PISA 2009) publiés en 2011 prouvent le contraire !
D’ailleurs, à peine le vote du mercredi accepté, l’ancien chef du DIP changeait d’opinion et clamait que les écoliers genevois avaient eu de bons résultats PISA, grâce au dispositif des directeurs d’école qu’il avait édifié ! Belle blague ! Puisque les élèves de 15 ans, qui avaient participé à l’enquête internationale PISA de 2009, n’avaient pas encore connu de directeurs lorsqu’ils étaient à l’école primaire.
Donc, au sujet de la réforme de l’horaire scolaire, mieux vaudrait ne pas se précipiter. Les genevois ont bien attendu pendant 100 ans le train CEVA, il peuvent bien patienter 3 ans pour le changement d’horaire au primaire !
Peu de gens, en effet, réalisent qu’en ajoutant simplement 4 heures à l’écolier genevois de 8 à 12 ans, celui-ci aurait un des horaires les plus chargé au monde et une durée scolaire équivalente à celle du jeune de 14 ans et plus lourde que le collégien. Or, tous les spécialistes des rythmes scolaires disent qu'il faut ajuster le nombre d'heures, en fonction de l'âge de l'enfant.
L’introduction du mercredi matin d’école mérite donc être adaptée.
Une réforme qui réussit est une réforme pensée !
Quant au parlement, il sera certainement capable de remettre le travail sur l’ouvrage pour le bien des écoliers genevois et de l’économie genevoise…

Écrit par : Michèle Roullet | 17/03/2014

Mon cher Galileo,

Il faut comparer ce qui est comparable. Un cadre qui se lève tous les matins à 6 heures, arrive au bureau à 8, et termine a 19 heures a forcément beaucoup plus de temps à consacrer à son travail qu'un enseignant qui se lève à 9 heures, arrive dans son école à 11 heures et doit repartir presque immédiatement pour rejoindre ses collègues à la cafétéria. Comment voulez-vous qu'il puisse travailler sereinement lorsque son repas et ses discussions avec lesdits collègues l'empêchent de rejoindre sa classe avant 15 heures et qu'il doit quitter son lieu de travail dès 16 heures 30 ? Si vous ajoutez à cela que les employés du privé sont libres d'emporter leurs dossiers pour y travailler pendant que le week-end, alors qu'aucun enseignant n'est autorisé à emmener ses élèves chez lui, vous comprendrez que les malheureux enseignants ne savent plus où donner de la tête. Il est impossible de faire son travail correctement avec des horaires aussi déments.

Écrit par : Patatra | 17/03/2014

@ Patatra,

Vous semblez ne pas bien connaître l’école primaire genevoise. Les instituteurs (quel beau nom tombé en désuétude !) sont en classe avec leurs élèves dès 8 heures.
Quant au travail d’un instituteur, il ne se limite pas à une présence en classe avec des élèves. Cette partie est la pointe de l’iceberg. L'enseignant doit préparer ses leçons, corriger les travaux, ranger sa classe, participer à des réunions, rencontrer des parents, aller chercher du matériel didactique ou des livres de lecture collective au centre de documentation pédagogique.
Patatra, vous devriez quitter la tranquillité de votre bureau (si vous travaillez dans un bureau) pour aller faire un remplacement dans une école primaire. Vous constaterez que certains enseignants se retrouvent avec des classes de 26 élèves de 4 ans (oui, cela existe dans l’école genevoise !). Et, si vous parvenez à tenir le coup un jour complet, je parie que le soir, épuisée, vous aurez même de la difficulté à vous souvenir de votre propre nom ! Vous commencerez alors peut-être à trouver que bien des enseignants sont remarquables, courageux et dévoués à leurs élèves…

Écrit par : Michèle Roullet | 17/03/2014

Je ne résiste pas à vous faire partager cette vidéo (Bref, je suis un prof), dédiée à tous les "Patatra" qui sont assez nombreux dans notre République:

http://www.youtube.com/watch?v=A6qDGUqG_N4

Écrit par : Duval | 18/03/2014

Quand on diminue le nombre d'heures en classe , rien ne change pour le statut et les exigences des enseignants. Soit, mais si on augmente l'horaire, alors là, patatra.. il faut des postes en plus car on ne peut intégrer ces 4h dans le cahier des charges de l'enseignant. Il me semble que pour limiter le coût on pourrait demander un petit effort aux corps enseignant, non ?

Écrit par : uranus2011 | 18/03/2014

Merci pour cette vidéo sur une enseignante au Canada! Document instructif! Bon en Suisse, on commence les journées un peu plus tôt puisque la cloche sonne à 8h le matin.
Par ailleurs, j'ai oublié de signaler à Patatra que parmi les tâches des instituteurs, il faut encore compter le travail administratif et les échanges informatiques avec les Services du DIP. Système informatique tellement au point que chaque enseignant doit bien passer quotidiennement, uniquement pour ces échanges administratifs, presque une demi-heure sur son ordinateur!

Écrit par : Michèle Roullet | 18/03/2014

Mais Uranus,

Sur quelle planète vivez-vous ? L’horaire des écoliers genevois n’a jamais diminué à ce que je sache, mais plutôt toujours enflé.
Lorsque le samedi matin scolaire a été supprimé, l’horaire de l’écolier a été modifié et revu légèrement à la hausse avec un allongement des journées scolaires !
Mais, il est vrai que l’on peut toujours demander plus. Sauf qu’à tirer sur la corde, on risque de produire des effets nuisibles et coûteux. De nombreuses recherches montrent que les enseignants sont souvent au bord du “burn out”. D’ailleurs, la désertion de cette profession devient inquiétante.

Écrit par : Michèle Roullet | 18/03/2014

Les instits fatigués ! Il faut savoir que les "heures" d'enseignement durent 45 minutes, que les "préparations de cours" sont les mêmes depuis des années donc les instits réutilisent celles de l'année précédente. Débordés de travail ? Il suffit de se souvenir de cette femme, blonde, égérie des antis-tout, instit dans la campagne genevoise, qui a le temps, pendant ses heures de travail, de préparer ses slogans pour toutes les manifs anti-nucléaires, anti-patronnat, anti-UMC, anti G8, etc. Quel boulot fatiguant, heureusement qu'il y a 3-4 mois de vacances et les années sabbatiques !!!

Écrit par : Mickey Lange | 18/03/2014

Mais Mickey

Pourquoi ne vous engagez-vous pas ? Vous verrez que l’école c’est un Disneyland où les “instits” se prélassent…

Écrit par : Michèle Roullet | 18/03/2014

"Pourquoi ne vous engagez-vous pas ?"

En ce qui me concerne, la raison est bien simple, ou plutôt elles sont bien simples car j'en ai deux :

1) Je ne souhaite pas consacrer ma vie à une activité confortable et confortablement rémunérée mais inutile et improductive. J'aurais trop peur une fois vieux de n'avoir rien fait de mon existence qui vaille la peine.

2) Je me souviens de ce que je pensais de mes enseignants lorsque j'étais élève, et ne souhaite pas que l'on pense la même chose de moi.

Écrit par : Patatra | 18/03/2014

Madame Roulet,
Vous n'avez toujours pas répondu à ma question! Combien d'heures d'enseignement pour un poste plein au primaire à Genève ? Pour le reste, je suis parfaitement au courant que le travail d'un enseignant ne se limite pas aux heures passées à donner ses cours. D'autre part je ne partage pas la prose débile de Patatras!
Cordialement

Écrit par : Galileo | 18/03/2014

@ Galileo,

Mais Monsieur, si le gouvernement ne peut pas augmenter le temps de travail des instituteurs, c’est qu’il a été au moins évalué à 40 heures hebdomadaires.
Dans la réalité, un “instit” est un fonctionnaire particulier. Durant des périodes chargées lors des évaluations, des épreuves cantonales, des entretiens avec des parents, il peut avoir des semaines de 60 heures de travail voire plus. D’autres périodes peuvent être moins chargées.

Toutefois, un bon enseignant a toujours la préoccupation de ses élèves. Et, ce n’est pas parce que c’est dimanche qu’il peut oublier des situations pédagogiques difficiles ou humainement préoccupantes.
Les personnes, qui habitent en face de bâtiments scolaires, constatent que des enseignants travaillent encore dans leur classe après 21 heures. Et, c’est sans compter les enseignants avec des charges de famille, qui travaillent (après avoir couché leurs propres enfants) jusque vers minuit.
Certains évoqueront les longues vacances des enseignants. C’est vrai ! C’est un atout (ou une compensation !). Mais sur ces semaines de vacances, il faut aussi retrancher les deux semaines (minimum) de rangement des classes et de préparation de la rentrée.

Bref être enseignant est un métier éprouvant ! Et, il est vrai aussi, merveilleux.
Dommage qu’aujourd’hui il n’y ait plus d’estime pour cette fonction si importante pour l’avenir de notre société.

Écrit par : Michèle Roullet | 18/03/2014

Je pense que ce que veut entendre Galileo c'est... 8h à 11h30 et 13h30 à 16 h, soit 6 h/jour, fois 4, 24h/semaine d'enseignement.
Ne pas oublier que ce sont des heures "pleines", en représentation face à une bonne vingtaine de gosses qui réclament votre attention soutenue et sans faille, des heures pendant lesquelles il n'est pas possible d'aller se soulager ou boire un café ni surfer sur internet, voire fumer sa clope... pas certain que ce soit le cas pour tous les "patatra" et Mickey de la République!
Madame Roullet, vous comprenez mieux le résultat de la votation? Combien étaient-ils les "Patatra" et les Mickey?

Écrit par : Duval | 18/03/2014

L'image que donnent les enseignants est un vaste sujet.
Tout un chacun se sent expert en matière de décryptage.
Beaucoup d'adultes s'en réfèrent à leur expérience personnelle, à leur vision d'enfant ou d'adolescent. D'autres encore s'expriment en tant que parents, qui ont une vision partiale, car ils cherchent à protéger leur enfant de cette norme extérieure.
En effet, il serait bon que tout citoyen passe une journée devant une classe, afin de se rendre compte que ce n'est vraiment pas comme on le pense. La perspective de l'élève trompeuse, celle du parent partiel et souvent partial. Que dire de celle du citoyen ?
Je ne me permets pas de juger la pratique des boulangers, des policier ou de pharmaciens d'une façon globale, alors que les citoyens s'en prennent
aux enseignants de façon très cavalière.
C'est une confrérie composée de personnalités très diverses et comme on dit : enseigner est un art. Un art très difficile, puisqu'il faut obtenir l'adhésion d'un très très vaste public.

Écrit par : Calendula | 19/03/2014

Désolé de vous vexer mais, quand j'ai fait mon école primaire, les élèves étaient studieux, respectueux de leur "maître d'école" et aucun n'appréciait les punitions ! Actuellement il semble que le tutoiement des enseignants par les élèves soit logique, que la fumette soit courante aussi bien parmi les élèves que les enseignants, que les cours soient politisés en faveur du PS comme de bien entendu, que, lors des restos scolaires, les enseignants refusent de collaborer avec les bénévoles qui nourrissent les mômes ! Quelle belle époque et quel engagement !!

Écrit par : Mickey Lange | 19/03/2014

Ah Mickey, la madeleine de Proust, qui colore le passé de si plaisantes couleurs !
Pourtant, quand je pense à mon école et à mes maîtresses, je vous assure, je ne les vois pas si aimables. Une, particulièrement, si détestée, que, élèves, nous nous cachions derrière les buissons pour lui lancer, lorsqu’elle passait à bicyclette, des insultes fort peu courtoises, mais à la hauteur des sentiments que nous lui portions.
Autrement, je crois que l’école suit les idées de notre époque qui ne brille pas, il est vrai, par la politesse.
Et, je vous assure tous les enseignants ne sont pas socialistes…

Écrit par : Michèle Roullet | 19/03/2014

Dans votre réponse à Galileo, vous décrivez, Mme Roullet, un portrait de l'activité 'enseignante' qui pourrait se référer à de nombreuses professions ! OUI, il n'est pas rare de prendre des dossiers ou de les préparer durant une soirée ou le week-end et pour beaucoup de travailleurs. Ce qui me gêne un peu c'est la comptabilité /presque d'apothicaire) que les enseignants eux-mêmes font de leur activité : telle séance en plus, une heure de décharge, telle autre , encore une décharge, et etc.. au point de se trouver face à une curieuse constatation :si vous dites aux enseignants qu'ils ont congé le mercredi, ils vous diront non car on travaille pour l'école (ce qui est souvent vrai , j'en conviens) mais si vous essayez de fixer ce jour là, des séances de travail, des réunions, alors là, ils vous diront NON car c'est un jour de congé.(Je pense que les enseignants devraient avoir une vision plus souple de leur mandat, sortant de la comptabilité brute qui fige trop les choses.)
Sans compter les enseignants qui lâchent les enfants sur le trottoir car les classes sont finies et qu'ils ne sont pas là pour faire la garde. Oui, la relation entre enseignant et parent s'est profondément modifiée et on peut le regretter, tout comme les problèmes de discipline qui sont avant tout un problème parent-enfant, hors de l'école.

Écrit par : uranus2011 | 19/03/2014

@ Uranus,

Oui, je vous approuve ! On est dans une société où (au nom de la transparence…) tout est répertorié et compté. Voyez une facture d’un médecin contraint pas la LAMAL à détailler le moindre acte. Alors, les enseignants versent sans doute dans l’air du temps.

Maintenant, je connais beaucoup d’enseignants qui ne comptent pas leur temps lorsqu’il s’agit d’œuvrer pour les élèves, mais qui rechignent à participer aux séances plus qu’inutiles imposées par une Direction séduite par une idéologie de “management“ des écoles, qui a fait beaucoup de dégât à l’école.

Alors, pour esquiver ces séances insupportables, des enseignants jouent et font des comptes d’apothicaire.

Écrit par : Michèle Roullet | 19/03/2014

Eh oui, la profession a beaucoup changé, elle s'est transformée. Aujourd'hui, la plupart des étudiants à l'IUFE ne veulent absolument pas pratiquer ce métier toute leur vie; dans leur esprit, ce n'est que "transitoire". Ce n'est plus du tout une vocation mais un simple gagne-pain. Le résultat se sent sur le terrain...
A ce propos, je me permets de mentionner ces deux liens:

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2013/11/09/instituteur-un-metier-en-decomposition-249593.html

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2014/01/07/souvenirs-souvenirs-251586.html

Écrit par : Duval | 19/03/2014

Mme Roullet, si un enseignant n'est pas socialo, c'est l'exception qui confirme la règle. Mais, dans cette corporation il y a aussi des gens qui ne brillent pas par leur attitude comme cet ancien président du conseil municipal de la Ville, enseignant, qui draguait les jeunes garçons sur le Net ! Il me semble même qu'il était défendu par un avocatt socialo, Me. G. pédophile notoire qui a quitté Genève.

Écrit par : Mickey Lange | 19/03/2014

C’est vrai Mickey que les enseignants sont faits d’humains et qu’on trouve dans la profession d’enseignant toute une palette allant de l’être charismatique, bienveillant, qui “élève” ses élèves au pervers qui les rabaisse. Mais évitons les généralisations ! Ce n’est pas parce qu’on lit dans la Presse d’aujourd’hui les abus d’un thérapeute, abus commis sur une centaine d’enfants qu’on va dénigrer tous les thérapeutes.

Écrit par : Michèle Roullet | 19/03/2014

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