Code de suivi Google

14/02/2014

Polarisation et dégradation

Le vote de dimanche « contre l’immigration de masse » est un vote de contestation qui révèle un mécontentement du peuple suisse, qu’on ne peut balayer à coups d’explications réductrices (peur, xénophobie, manipulations “blochériennes“, etc.).

Les voix, qui ont soutenu l’initiative de l’UDC, venues, mathématiquement, de tous les bords politiques, avaient des mobiles divers.


Certaines trouvent que le monde évolue trop rapidement et dans un sens où le peuple n’a plus rien à dire, dirigé par des experts internationaux ou par les barons de l’Union européenne, qui imposent des règles technocratiques dans tous les domaines, pour le “bien communautaire”, mais qui finissent souvent par polluer la vie de tout le monde.

D’autres, persuadées que l'initiative ne passerait pas, ont voté “oui” pour manifester leur désaveu envers les autorités fédérales, trop enclines, selon elles, à s’incliner devant les attaques venues de l’extérieur de la Suisse.

Certes, ce vote sanction ne va pas aider les négociateurs et diplomates suisses à faire entendre les positions d’un tout petit pays qui n’a pas de grands moyens de coercition. Encore que… Placée au cœur de l’Europe, la Suisse est difficilement contournable. Elle reste un axe majeur pour le transport des marchandises de toute l’Europe. N’est-elle pas aussi pionnière dans l’industrie de pointe et précieuse sur le plan diplomatique, financier, médical, etc. ?

Aussi, faudrait-il que l’Europe et la Suisse sachent raison garder à l’égard de ce vote du 9 février 2014. Ce vote exprime davantage un ras-le-bol général des attaques constantes dirigées contre la Suisse (qui accueille, proportionnellement, faut-il le rappeler, le plus grand nombre d’étrangers) et une montée des extrémismes partout, y compris en Suisse.

A cet égard, je crois que les médias endossent une lourde responsabilité dans la perte d’une culture de consensus (qui a fait le miracle de la Suisse) en exacerbant les polarisations politiques.

Combien deviennent rares les journalistes qui font un vrai travail d’investigation, qui vont chercher des sources, et qui mènent des entretiens ouverts !

Aujourd’hui, on a l’impression que la compréhension du politique passe après l’envie de “faire le buzz”.

Les partis modérés, les politiciens qui n’adoptent pas un ton moralisateur et manichéen, ne sont plus entendus et souvent même royalement ignorés.

Etait-il, par exemple, nécessaire, à peine sortis les résultats du vote « contre l’immigration de masse » que des journalistes radiophoniques de la RTS tendent, en premier, le micro à un Daniel Cohn-Bendit qui, se croyant encore sur les barricades de Mai 68, lance ses pavés sur la Suisse en traitant cette dernière d’un ton si vulgaire et méprisant que ceux qui n’auraient pas voté pour l’initiative de l’UDC se mettent presque à le regretter…

Un autre journal de Romandie, par paresse journalistique (ou pour “booster” ses ventes !) se complaît dans un style outrancier et publie, le lendemain du vote, une manchette sur laquelle on lit : « Honte d’être Suisse » (je ne sais pas si le journaliste qui a pondu cette ineptie connaît la honte !).

Enfin, un politicien de Zürich accuse les Romands d’être moins patriotes !

La Suisse est une mosaïque de cultures et de religions, qui est parvenue à coexister en pratiquant l’art du compromis. C’est sa richesse ! Or, aujourd’hui, la Suisse est en train de renoncer à sa spécificité pour adopter une culture d’oppositions.

C’est cette érosion du lien national qui menace le plus la Suisse…

En exacerbant les polarisations politiques, en parlant de “Röstigraben”, en entrant dans des conflits linguistiques et régionaux, ceux qui font l’opinion sont en train de faire vaciller la Suisse.

L’obligation d’étudier les langues nationales est de plus en plus remise en question. La langue française est même agressée politiquement. Des associations d’enseignants à Zürich, par exemple, ont demandé, d’écarter l’enseignement du français à l’école.

Ne faudrait-il pas cesser de parler d’une Suisse scindée en deux et retrouver une culture de consensus qui pourrait, elle, inspirer l’Europe ?

 

21:46 Publié dans Actualités, politique | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | |

Commentaires

Merci pour cet excellent billet :) Quant aux vrais travaux d'investigations ils existent mais ils ont toutes les peines du monde à se faire entendre... peut-être aussi parce qu'ils dérangent... Vous trouverez sur le site www.adimante.ch un essai intitulé LA CROISSANCE ECONOMIQUE DE LA SUISSE, UN DRAME POLITIQUE CACHE qui retrace toute l'histoire de la libre-circulation et découvre les chiffres des conséquences économiques que beaucoup veulent cacher, ou comment on les tronques et les déformes... Bien à vous.

Écrit par : adimante | 15/02/2014

Quand je lis qu'Adimante recommande le site www.adimante.ch je me dis que toute charité bien ordonnée commence par soi-même.

Le contenu du site ne me laisse pas sceptique, juste rêveur.

Il y a des mots à manier avec précaution : vérité, Europe et quelques autres.

On a beau être juriste, ça ne suffit pas pour être objectif.

Je passerai sur les fautes d'orthographe sans doute commises sous le coup de l'émotion, de la colère ou de l'ignorance.

Écrit par : Michel Sommer | 15/02/2014

Merci M. Sommer de votre réaction. J'ai mis le commentaire d'adimante en ligne sans avoir pris le temps de lire complètement son lien. Mais, il semble que dans ce commentaire, en effet: "toute charité bien ordonnée commence par soi-même"...

Écrit par : Michèle Roullet | 15/02/2014

@ Mr Sommer,

Je vous remercie pour votre intérêt qui est toutefois largement problématique. Si vous aviez lu ce "contenu" que vous critiquez d'emblée, vous sauriez que je manie avec une extrême prudence le concept de "vérité", cela ressort de l'extrait même de DIALOGUE SUR LA REPUBLIQUE qui est disponible sur le site...

Vous parlez du "contenu" qui vous laisse rêveur mais avez vous lu les deux essais qui y sont présentés...? Pour ce que j'en sais vous en ignorez totalement le contenu...

Alors la question est la suivante, comment pouvez-vous critiquer et dénigrer d'emblée un "contenu" dont vous n'avez même pas pris connaissance... Et alors pourquoi le faites-vous...?


Charité bien ordonnée commence par soi-même ? Oh je vous prie de m'excuser Mr Sommer, si après avoir écrits des milliers de pages durant plusieurs années et de continuer à le faire je laisse ici ou là quelques fautes d'accord ou d'orthographe qui échappent à mon attention... (je ne suis pas correcteur...)

Pour le reste je vous prie de croire, puisque "Charité bien ordonnée commence par soi-même" que je préfère et de loin mes propres défauts que les vôtres... Entre quelques petits oublis minimes de syntaxe et la capacité de tout savoir sans même avoir lu je sais de quel côté je me trouve...

Bien à vous :)

Michel Piccand

Écrit par : adimante | 15/02/2014

merci à Madame Roullet pour cette excellente approche en post-analyse

1 détail sur Tdg.blog.ch Quant aux Polarisation et dégradation:
Dans le rôle délibéremment "à charge contre les ouisistes" des médias romands,

il serait de bon aloi que le modérateur en charge des blogs TdG n'attribue plus au français Philippe Souaille un doublon de son blog en le publiant sous 2 rubriques-hôtes - celle des "invités" et celle des "journalistes" - blog que j'appelle "son précieux" tant il ne l'utilise qu'en perso: sa pub son anti-CH son pro UE etc

PSouaille, un français retourné vivre en France, a toujours exprimé ses difficultés à accepter si ce n'est assimiler, l'esprit de la démocratie directe et confédérale, et continue via le doublon de son précieux, 1 blog TdG, de s'en prendre à toutes décisions genevoises ou suisses contraires à son esprit, bien qu'ayant lui-même déclaré avoir rendu sa carte de presse suisse.

Merci Madame Roullet de poster mon commentaire, que soulève votre édito en aparté.

Écrit par : Pierre à feu | 15/02/2014

A Adimante

Apparemment il ne fait pas bon contester, critiquer ou mettre en doute vos affirmations.

Ensuite :
"je vous prie de croire (...)que je préfère et de loin mes propres défauts que les vôtres..."

J'émettais l'hypothèse que les erreurs d'orthographe - et de syntaxe (C'est vous qui ajoutez) - étaient dues à l'émotion, la colère ou l'ignorance. Je me hasarde à donner une réponse : ce pourrait fort bien être la colère.
Il n'y a enfin pas besoin d'être correcteur pour écrire convenablement et tout bon ordinateur est équipé d'un correcteur orthographique. Il n'est certes pas parfait, mais il offre une aide précieuse.

Écrit par : Michel Sommer | 18/02/2014

Et ben, y’a une brouille dans l’air entre Adimante et Michel Sommer…
Si mon blog vous permet de vous expliquer, tant mieux ! Mais, je vous propose aussi d’écouter : « y'a de la rumba dans l'air »
http://www.youtube.com/watch?v=EqMePa22xVE&feature=kp
ça adoucit les mœurs…

Écrit par : Michèle Roullet | 18/02/2014

N'ayant nullement envie de poursuivre ce genre de "dialogue", je m'en tiendrai là, d'autant que tout cela se produit chez vous, Chère Madame, et que ce n'est probablement pas ce que vous attendez de vos visiteurs. En conséquence, vous voudrez bien accepter mes excuses.

Écrit par : Michel Sommer | 19/02/2014

Les commentaires sont fermés.