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27/11/2013

Au DIP, changement dans la continuité ou discontinuité ?

C’est décidé, c’est donc Mme Anne Emery-Torracinta qui reprend le Département de l’Instruction publique.

Aura-t-elle le courage d’améliorer et de moderniser le système scolaire genevois en balayant les réformes menées par son prédécesseur, qui ont sclérosé l’école publique genevoise ?


Au primaire, les Réseaux d’enseignement prioritaire (REP), l’introduction de directeurs dans les établissements scolaires primaires, les Conseils d’établissement, les Projets d’établissement… qui multiplient les démarches bureaucratiques, créent des effets pervers et fragilisent, par conséquent, l’institution scolaire, devront être sérieusement reconsidérés.

S’il est vrai que l’évolution du métier d’enseignant a modifié certaines pratiques, une école de qualité passe nécessairement par la reconnaissance des compétences et des savoirs professionnels des enseignants.

La réunionite aigüe, qui s’est développée dans les écoles (et d’une manière générale dans l’ensemble du monde du travail), nuit particulièrement au monde scolaire en écornant l’autorité du maître. Cette surcharge de travail (considérée le plus souvent comme inutile par les enseignants) a aussi pour effet de démotiver d’une manière inquiétante le corps enseignant.

Or, si l’enseignement est bien affaire de méthodes et de connaissances de cadres théoriques pédagogiques, il est aussi un échange entre un maître et ses élèves où le souffle des passions est un tremplin précieux et irremplaçable pour transmettre des connaissances.

Que Mme Emery-Torracinta trouve un juste milieu entre développer des outils pour s’assurer que les moyens alloués à l’école permettent d’offrir des prestations optimales pour améliorer les résultats des élèves sans verser dans des contrôles incessants des enseignants, en soumettant ces derniers à une surdose de contraintes administratives au nom d’un « mieux vivre ensemble » !

Une réforme de l’Institution Universitaire de Formation des Enseignants (IUFE) qui, depuis sa création, met la transmission des savoirs disciplinaires entre parenthèses semble aussi des plus urgente.

Mais, laissons à Mme Emery-Torracinta prendre ses marques…

Et, souhaitons lui bonne chance pour la nouvelle charge qu’elle va, espérons-le, prendre avec le sérieux qui la caractérise et la sensibilité dont elle n’est pas dénuée !

 

 

18:13 Publié dans Genève, politique scolaire | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | |

Commentaires

"La réunionite aigüe"
C'est en effet une maladie, et une maladie qui a son utilité pour certains.
Elle permet en effet d'asseoir le pouvoir des nouveaux petits chefs et de donner l'impression qu'ils sont indispensables. En même temps il s'agit de briser autant que possible les capacités de résistance de ceux qui risqueraient de mettre leur pouvoir en question, en les "usant" physiquement aussi bien que mentalement.
Elle s'accompagne souvent du recours à des consultants et autres experts extérieurs qui participent au même processus tout en émargeant aux budgets toujours plus serrés de nos institutions.

Écrit par : Mère-Grand | 28/11/2013

@ Mère-Grand,

J’approuve tout à fait votre analyse !
Nous glissons insidieusement vers une sorte de “soviétisation” de notre société avec une prise de pouvoir de petits chefs souvent plus intéressés par leur pouvoir que par le bien commun.

Quant au recours à des experts “extérieurs”, le DIP a fait très fort ! Pour avaliser son nouveau fonctionnement, nommé sans ironie « l’autonomie des établissements scolaires », il a fait appel à un expert qui était l’un des concepteurs de ladite réforme !
Belle précaution pour se mettre à l’abri de toute critique…

Écrit par : Michèle Roullet | 28/11/2013

Tout au contraire, une “soviétisation” (soviet = assemblée, conseil) se traduirait par des prises de décisions de l'ensemble du personnel d'une école, par exemple pour élire le directeur. Une sainte horreur démocratique donc.

Écrit par : Johann | 28/11/2013

@ Johann,

Ne me dites pas que vous croyez encore que les apparatchiks dans l’Union soviétique étaient élus par le peuple !

Écrit par : Michèle Roullet | 28/11/2013

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