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18/11/2013

« Kiss & Fly »

Tout le monde sait que notre canton connaît des travaux qui perturbent la “mobilité” des Genevois…

Un chantier que je viens de découvrir se trouve à l’aéroport de Cointrin. Il entraîne la fermeture du parking de la zone « Départ ». Ainsi, celui qui conduit quelqu’un à l’aéroport doit emprunter une déviation nommée « Kiss & Fly », qui autorise un bref arrêt, le temps de déposer ses passagers.


Je n’ai pu m’empêcher d’ironiser sur l’appellation du lieu et de questionner l’agent en faction à cet endroit sur la signification du mot “kiss”. Imperturbablement, celui-ci me répondit que cela voulait dire : « bisou » pour signaler que l’on ne pouvait pas stationner là, mais juste déposer ses passagers, leur faire un bisou et les laisser partir.

On ne sait pas encore si des petits rigolos vont essayer de détourner ce “code de conduite” à l’aéroport et tenter de porter atteinte à la fluidité de la circulation en établissant le record du plus long baiser langoureux genevois !

Mais l’amour se moque d’être verbalisé !

Trêve de plaisanterie, j’ai trouvé tout de même un peu fort de café que Genève s’émancipe de la langue française et emprunte uniquement une formule anglaise.

Que l’anglais soit une langue utile, surtout dans la Genève internationale, je n’en doute pas. A cet égard, je ne suis pas heurtée que certains cours puissent être donnés à l’Université de Genève en anglais. Mais, accepter que des messages sur la voie publique ne soient donnés qu’en anglais, c’est une autre affaire. Jusqu’où va aller la répudiation de notre culture ?

Car, écrire « Kiss & Fly », c’est donner tout un message, comme dirait Roland Barthes, à travers le trou de serrure du langage !

C’est l’univers de Disneyland qui s’invite aux portes de notre ville, un univers puéril où chaque message est ponctué de cœurs et bisous…mais des bisous, faut-il le rappeler, dépouillés de tout érotisme ou bien “lyophilisés”.      

Car, dans certains pays, on ne badine pas avec les bisous. On se souvient d’un garçonnet emprisonné aux Etats-Unis pour avoir embrassé sur la bouche une fillette de sa crèche. Quant à l’Angleterre, de plus en plus de crèches interdiraient aux gardiennes de faire un bisou aux enfants ou de leur faire un câlin en vue de les protéger contre les accusations de pédophilie (Cf. « Les bisous et câlins interdits dans les crèches d'Angleterre »)

Pour conclure, refuser l’utilisation exclusive des mots « Kiss & Fly » sur la voie publique à Genève n’est pas seulement une question de défense de notre langue, mais concerne plutôt notre liberté !

La liberté de refuser cette infantilisation des citoyens, qui envahit toutes les sphères. Au nom d’une idéologie de la proximité (qui va de pair avec celle de la transparence !), certains publicistes et annonceurs éradiquent même en français la forme du vouvoiement. Ils nous adressent ainsi des messages où le “tu” et le “toi”, servent à endormir notre esprit critique.

Dans un univers de business, ces familiarités peuvent aider à vendre, mais à quel prix…

13:43 Publié dans Air du temps, Genève, Langue et usages | Lien permanent | Commentaires (16) | |  Facebook | | |

Commentaires

Je suis moi-même un défenseur de la langue française, je comprends donc bien votre réaction.

Cependant, afin que vous relativisiez peut-être un peu, il me semble clairement moins dommageable de mentionner un "kiss & fly" dans une zone aéroportuaire que de recouvrir toutes les vitrines des grands magasins de grands "sale"...

Écrit par : JDJ | 18/11/2013

@ JDJ,

Merci de votre remarque.
Je vous approuve tout à fait. Ces “SALE” qui salissent notre ville sont vraiment laids. Mais, l’expression « Kiss & Fly » qui nous ramène à un univers si niais me semble aussi insupportable.

Écrit par : Michèle Roullet | 19/11/2013

"Fuck and pay", ça c'est quand vous allez avantageusement remplir les automates des parkings profitants aux amis des élus du PDC, tout le monde le sait !

Écrit par : Corto | 19/11/2013

Pourquoi pas "dépose-minute" + "Drop off", comme partout ?

Écrit par : J.-C. Heritier | 19/11/2013

Chère Michèle,

Apparemment, vous ne voyagez pas beaucoup. Le concept du "kiss & fly" a certainement été inventé par nos amis Américains et a ensuite été transposé dans la plupart des aéroports internationaux de cette planète (cela fait déjà des années que cela existe aux aéroports de Nice et Charles de Gaulle par exemple). Faut-il vous rappeler que l'aéroport de Genève est international et qu'il doit sans aucun doute accueillir plus de voyageurs qui parlent l'anglais que le français?

Rien de nouveau à l'horizon donc. Je trouve la formule plutôt jolie et élégante, elle ne me dérange absolument pas.

Cessons de voir le mal à chaque fois qu'un mot anglais apparaît dans notre ville, Genève a la prétention de penser qu'elle est une ville internationale, alors assumons le! Oui, l'anglais reste pour l'instant "LA" langue internationale et c'est donc une conséquence logique qu'elle s'infiltre dans notre langage, je n'y vois pour autant aucune menace pour la langue française.

Mais votre billet dénote clairement le "malaise" des Genevois vis à vis de cette "implantation" de la globalisation dans notre ville, qui passe également accessoirement par la pose de panneaux en langue anglaise. S'il fallait faire un billet de blog, c'eût été plus pertinent de le faire sur ce sujet, plutôt qu'à propos d'un malheureux panneau qui ne change franchement pas le quotidien de nos vies.

Finalement, je tiens à vous dire que je suis un libéral convaincu. Mais votre argument quant à une "douce infantilisation des citoyens" ne tient à mon avis pas. Je trouve au contraire que ce panneau "kiss & fly" met en phrase par une formule élégante l'émotion qui se dégage dans un aéroport tant au départ qu'à l'arrivée lorsque les gens se quittent, respectivement se retrouvent. N'avez-vous pas remarqué qu'en général les citoyens font un bisou avant de décoller à celle ou celui qui a eu l'amabilité de l'accompagner à l'aéroport?

Meilleures salutations.

Un ancien élève.

Écrit par : Lucien | 19/11/2013

@ Corto,

Votre style est inimitable, mais un peu relâché !

Écrit par : Michèle Roullet | 19/11/2013

@ Lucien,

Merci pour votre message. Je me rends compte que l’élève devient le professeur du maître. Cela est juste et rassurant !
Je ne suis pas gênée que l’anglais, qui est effectivement LA langue internationale, s’infiltre dans notre langage surtout dans la Genève internationale (et que même des cours soient donnés en anglais à l’Université). Mais, cette formule « Kiss & Fly » m’a vraiment irritée tant je l’ai trouvée infantilisante.
Vous la trouvez « plutôt jolie et élégante » ! C’est peut-être une question de génération. Les goûts et sensibilités évoluent…
Pour moi, c’était la première fois que je la voyais. Je ne voyage peut-être pas suffisamment et évite en tout cas toujours l’aéroport de Charles de Gaulle que je trouve insupportable.
Mais, je vous suis reconnaissante d’avoir réagi si élégamment à ce billet.

Écrit par : Michèle Roullet | 19/11/2013

Michèle Roullet, savez-vous que la salive contient 400 fois plus de variétés de bactéries et autres miasmes que ce que vous pouvez trouver dans n'importe quelle vois basse !!

Alors le "kiss" fly ou pas fly, par ces temps H5N1 et H7N1 n'est de loin pas à mettre en exergue !!!

De plus, il n'y a pas plus formel que le mot FUCK qui est la contraction de : Fornication Under Consentment of the King !!!!

Écrit par : Corto | 19/11/2013

Michéle vous écrivez ;

"Mais, cette formule « Kiss & Fly » m’a vraiment irritée tant je l’ai trouvée infantilisante.
Vous la trouvez « plutôt jolie et élégante » ! C’est peut-être une question de génération. Les goûts et sensibilités évoluent…"

Achetez-vous du labello

Kisses

Écrit par : Corto | 19/11/2013

@ Corto,

Vous n'existeriez pas qu'il faudrait vous inventer tant vos commentaires sont impayables!

Écrit par : Michèle Roullet | 19/11/2013

Cher Plouf,

Je n’aime pas censurer un commentaire. Mais le vôtre, au premier degré, pourrait être pris au pied de la lettre et déshonorer qui vous savez…

Veuillez donc m’excuser de vous avoir “coupé”.

Bien à vous
Michèle Roullet

Écrit par : Michèle Roullet | 19/11/2013

Cette appellation pose quand même un problème.

Passons le fait que la signalisation apposée à cet endroit ne correspond à rien dans la loi suisse, l'aéroport de Genève n'en est pas à son coups d'essai concernant une signalisation totalement imaginaire, voire ubuesque ... (Il existe, par exemple un parking deux-roues auquel on peut accéder mais toutes les sorties sont en sens interdit !.

Même si ce panneau "Kiss and Fly" possède, juste en dessous, sa traduction française "dépose rapide", que vont penser les nombreux automobilistes anglophones en voyant des cases jaunes réservées aux "cars". Certes, nous sommes habitués à cette signalisation, mais un étranger peut se méprendre et si les panneaux ne respectent pas une certaine unité, il devient impossible de "deviner" le sens réel des indications ...

Écrit par : Clyde | 19/11/2013

@ Clyde,

Je vous rejoins tout à fait ! Mais, pour précision, au-dessous de « Kiss & Fly », il n’y a pas le moindre panneau en français !

Merci d’avoir partagé votre réflexion.

Écrit par : Michèle Roullet | 19/11/2013

Avis aux amateurs, c'est du domaine public, le Kiss le plus long dans le Guiness book "mesure" 58 heurs, 35 minutes et 58 secondes !

Dans un pareil cas, prévoyez de partir à l'heure !!

Écrit par : Corto | 19/11/2013

"(Il existe, par exemple un parking deux-roues auquel on peut accéder mais toutes les sorties sont en sens interdit !."

Excellent! On dirait du Kafka.

Heumm, il est où le parking deux roues?
Avec toutes ces routes ouvertes et après on dira qu'il n'y a pas d'argent à Genève? Ah oui, il n'y en a pas pour les écoles, mais il y en a pour les routes et les prisons. Cherchez l'erreur.

Et il n'y a pas que le k&f...

Écrit par : Johann | 19/11/2013

@Johann

Le parking deux-roues en question se situe au niveau des arrivées de l'aéroport, à côté de la gare, dans le prolongement de l'entrée du parking en sous-sol (P1).

Écrit par : Clyde | 20/11/2013

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