Code de suivi Google

23/03/2013

Tous des malades !

Créer une base de données des analyses génétiques (ADN) des nouveaux-nés est la motion que vient de déposer le conseiller national Jacques Neirynck au Conseil national.

D’après ce politicien, la constitution d’une banque de données génétiques (ADN) par la Confédération suisse permettrait de protéger ces données en les mettant sous contrôle légal étatique (contrôle plus serré que le secret bancaire d’UBS !).


Plus encore, ces données seraient une source précieuse pour les chercheurs et permettraient également une détection précoce et systématique de maladies qui n’ont encore aucun symptôme, mais qui pourraient apparaître à l’âge adulte.

En clair, on pourrait expliquer à des parents que leur bébé fille (dont le moindre téton ne pointe pas encore !) pourrait, à l’âge adulte, développer un cancer du sein !

Ou encore, toujours grâce à ces analyses d’ADN, on pourrait annoncer aux heureux parents d’un nouveau-né, que celui-ci, dans 50 ans, aurait une probabilité élevée de développer un diabète, et que la mère (avec le père… pour lutter contre le sexisme !) serait bien avisée, une fois le sevrage du nourrisson terminé, de faire attention à l’alimentation du poupon.

Je ne vais me prononcer ni sur le coût d’une telle opération lancée au niveau national ni sur l’usage potentiellement abusif de ces fichiers.  Rappelons seulement que le meilleur système de sécurité n’est jamais à l’abri d’un employé qui vendrait des données pour extorquer beaucoup d’argent à ceux qui peuvent en tirer des bénéfices (par exemple, dans ce cas, à une assurance maladie qui voudrait réduire ses risques financiers).

Les vols de données sensibles, en Suisse, on connaît !!!

Par contre, cette politique de prévention des maladies sur un long terme (jusqu’à 50 ans voire plus…) est d’un point de vue éthique plus que problématique, et provoquera de nombreuses maladies.

En effet, cette logique focalisée sur des maladies et pathologies virtuelles éveille la crainte chez l’être humain.

Dire à un enfant qu’il a un risque de développer plus tard un diabète, c’est le propulser dans la maladie. En effet, le pauvre pourrait être tellement angoissé qu’il risque de développer des troubles alimentaires pour compenser (ou nourrir) ses inquiétudes et favoriser ainsi l’apparition d’une maladie qui aurait pu ne jamais se manifester.

La génétique n’explique pas tout !

Mais, plus encore, cette politique sanitaire de détection précoce des maladies, ne déresponsabilise-t-elle pas l’humain, ne le réifie-t-elle pas et ne le rend-t-elle pas otage de soins médicaux, de marchés et cartels pharmaceutiques juteux ?

Pensons au fameux manuel qui recense les troubles mentaux (le DSM : Diagnostic et Statistical Manual of Mental Disorder) dont la première publication de 1952 recense 60 maladies, et qui va décrire, dans sa 4ème publication de 1994, pas moins de 410 pathologies ! Quant à la 5ème édition (DSM-5), qui devrait paraître en mai 2013, le nombre des maladies serait encore plus impressionnant !

Comment expliquer cette croissance des pathologies ?

Non, l’homme ne devient pas de plus en plus malade !

Cette augmentation exponentielle des maladies montre la dérive de notre société  qui “pathologise” des expériences humaines banales.

“Trop” de tristesse après un deuil deviendrait pathologique et entre dans une maladie identifiée ! Les irritabilités ou sautes d’humeur durant le cycle féminin aussi ! Heureusement, les antidépresseurs viendraient à l’aide de tous ces dysfonctionnements et pourraient même réguler les gens “trop” joyeux !

Cette boursouflure des maladies du DSM est d’ailleurs aujourd’hui l’objet de critique de nombreux psychiatres et psychologues cliniciens, parmi lesquels Boris Cyrulnik (ancien directeur du DSM) qui n’hésite pas à dire que de fausses maladies sont inventées pour prescrire des molécules, qui ne sont, que de faux médicaments !

 

040822munch-le-cri_n.jpgA nous considérer tous comme des malades en puissance, on angoisse la population, on favorise les maladies et dépressions et on agonise...

Car, même si la vie est sexuellement transmissible (en principe !) et mortelle à 100%, chaque être humain - et plus encore la jeunesse - a besoin pour grandir, s’épanouir, et sortir de son égocentrisme, de vivre, peut-être avec un peu d’insouciance, mais surtout d’oser croire en son avenir.

 

 

 

 

18:39 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (28) | |  Facebook | | |

Commentaires

"Créer une base de données des analyses génétiques (ADN) "

On imagine ce que ferait un gouvernement autoritaire de ce type de fichier.

Écrit par : Johann | 23/03/2013

comme dirait Devos,c'est un monde de fous !

Écrit par : lovsmeralda | 23/03/2013

Où comment se rendre intéressant ! Tout à fait d'accord avec votre raisonnement et votre conclusion.

Écrit par : MBA | 23/03/2013

Je suis sur le principe plutôt favorable à une prévention à long terme, y compris génétique. Mais la question est très délicate et vous soulevez précisément les points délicats.

1. Une telle prévention implique la notion d'eugénisme. L'eugénisme n'est pas un mal en soi, tout dépend de ce qui en est fait, par qui et dans quel but.

2. Les risques inhérents à un fichier ne peuvent être éliminés, soit le vol de données ou l'usage illicite ou malveillant.

3. Le point que vous soulignez, soit la fixation anticipée sur un risque pathologique, peut en effet être iatrogène.

Ce qui fait qu'il semble en l'état actuel déraisonnable d'instituer un tel fichier.

Bien sûr cela permettrait des études à grande échelle. Il faudra se contenter des fichiers de patients regroupés dans des bases de données privées. Cela dit si l'on peut trouver des solutions aux problèmes posés par un tel fichier il ne faut pas renoncer aux recherches sur la génétique ou sur la transmission ou la prévalence de certaines maladies par régions, par mode alimentaire, ou par tout autre voie.

Écrit par : hommelibre | 23/03/2013

Cet éminent catholique Jacques Neirynck va sans doute bientôt proposer de créer une base de données ADN pour les octogénaires et plus pour, par sécurité, les enfouir dans les cavernes du Vatican où seul Dieu détiendra la clé.
Comme disait Pierre Dac : «l’avenir est devant nous et il sera derrière vous chaque fois que vous ferez demi-tour».

Écrit par : Benoît Marquis | 23/03/2013

@Hommelibre je ne sais pas dans votre pays mais en Suisse une génération a souffert pour l'eugénisme ,on en a eut notre dose.Ce mot devrait être balayé à tout jamais.Cependant les propagandistes allemands adorent jouer avec les nerfs des pays francophones et nous rejoue leur hymne à la peur jusqu'au jour le plus long.C'est récurent chez eux comme chez beaucoup d'anglo-Saxons.
Et trop vouloir chercher ce qui peut transformer un cerveau d'autres s'y sont attelés et ont fini par être enfermés à vie en pavillons psychiatriques

Écrit par : lovsmeralda | 24/03/2013

on y croit ou pas cependant après de nombreuses recherches auprès de familles connues ,dont un membre porte le prénom d'Eugène,toutes ont ou un enfant handicapé ou atteint de leucémie.Ce prénom très à la mode fut aussi porteur de maux comme des pieds bots! A croire qu'inconsciemment celui qui portait ce prénom était soit un avertissement pour la famille ou serait lui même victime des eugénistes.Fatalité ou coincidences!

Écrit par : lovsmeralda | 24/03/2013

Je comprends Lovsmeralda, mais le terme d'eugénisme a été aussi utilisé par les homéopathes pour améliorer le terrain d'un enfant à venir et renforçant par exemple le terrain maternel pour diminuer certaines charges transmises. C'est par là que le mot est pour moi connoté, et connoté positivement. Mais il n'y est pas question que changer l'espèce humaine dans le sens d'un démiurge, mais plutôt de donner de meilleures chances à tous. Le mot dérange, je le déplore. Mais je suis aussi d'accord que c'est un sujet sensible car on ne peut prévoir qui utiliserait de telles données et dans quel but.

Mais les bases de données existent déjà. Le fait de savoir très tôt si un enfant est hémophile permet de le protéger d'un risque majeur voire mortel. Il y a aussi des maladies qui ne surviennent que chez certaines ethnies, comme la thalassémie qui touche certaines populations du pourtour méditerranéen. C'est donc aussi un critère de dépistage ou de thérapeutique.

Écrit par : hommelibre | 24/03/2013

@ hommelibre

Que des analyses soient faites à la naissance des bébés par prophylaxie, c’est bien. Mais, la constitution d’une banque de données ADN, c’est un autre problème !
A ce sujet, il n’est pas sûr qu’un fichier de données « permettrait des études à grande échelle » comme vous semblez le croire.
Car, pour faire de la recherche, il faut cibler des critères pour constituer des échantillons qui permettront des comparaisons. Chaque échantillon doit regrouper, sur les individus, des informations représentatives du groupe étudié. Ainsi, pour analyser les facteurs à risque d’une maladie, le chercheur doit connaître l’origine ethnique des individus, leurs habitudes alimentaires, le type d’activités professionnelles et de loisir, etc…
La garantie de l’anonymat de ces données seraient alors sérieusement écornée !
Par ailleurs, les hommes ne se réduisent pas à un ensemble de gènes : ce ne sont pas des objets.

Quant à votre perception de « la notion d'eugénisme […qui ne serait] pas un mal en soi… », je rejoins l’indignation de Lovsmeralda. Ce n’est pas le mot qui est à bannir, mais cette conception d’une existence fondée sur la sélection des êtres humains.
Les hommes de la fin du XIXe siècle et du début du XXe se sont laissés entrainer par cette sirène du progrès, incarnée alors par l’eugénisme qui visait à “purifier la race humaine” (en faisant de millions de victimes, en stérilisant des populations entières au nom d’hérédités dégénérescentes !).
Sur le sujet, je recommande l’excellent essai de :
André Pichot, La Société pure. De Darwin à Hitler, Paris, Flammarion, 2000.

Écrit par : Michèle Roullet | 24/03/2013

Encore @ hommelibre,

Les homéopathes ont eu tort d’utiliser ce terme d'eugénisme, en évacuant son parcours historique si chargé !

On ne change pas la connotation d’un mot en occultant le passé ou par un coup de baguette magique.

Écrit par : Michèle Roullet | 24/03/2013

Jacques Neyrinck serait-il poussé par une trop forte concurrence, par Geoffrey Miller et le projet du Beijing Genomics Institute en Chine?

qui pense utiliser la manipulation génétique pour une production d'enfants plus intelligents

A Shenzhen, les biologistes de Beijing Genomics Institute ont relevé l’ADN des personnes les plus intelligentes du monde. Après avoir classé leurs génomes, les scientifiques chinois ont aujourd’hui déterminé le gène de l’intelligence humaine. Grâce à leurs compétences en génétique, ils pourraient bien favoriser le plus intelligent des embryons.

Le gouvernement chinois apporte son soutien à un nouveau programme de génie génétique qui améliorerait les capacités intellectuelles des générations futures. Les connaissances acquises des biologistes de Beijing Genomics Institute leur permettraient aujourd’hui d’utiliser le gène qui a une influence sur l’intelligence.

Pour ce faire, les scientifiques chinois ont relevé l’ADN de 2000 personnes remarquablement intelligentes dont celui de Geoffrey Miller, un psychologue évolutionniste et professeur à l’Université de New York, pour identifier le gène de l’intelligence.

« La plupart d’entre nous avons été recrutés lors de conférences scientifiques, ou par le bouche à oreille » avant d’ajouter : « Vous devez alors les convaincre que vous êtes aussi intelligents que vous prétendez l’être », déclare ce dernier.

Geoffrey Miller défend le programme de Beijing Genomics Institute. Il a participé avec enthousiasme à ce projet. Aujourd’hui, il est impatient de voir les biologistes le mettre en oeuvre.

Les biologistes interviendraient sur une zone spécifique de l’embryon. Leurs analyses détermineraient alors si le gène de l’intelligence des parents est bien présent dans l’ADN de l’organisme. Si ce n’est pas le cas, « vous pouvez tester de nombreux embryons et analyser lequel d’entre eux sera le plus intelligent », poursuit le cerveau Geoffrey Miller.

Le projet de Beijing Genomics Institute ne vise pas essentiellement à satisfaire des parents inquiets d’avoir de brillants enfants. L’ambition du gouvernement chinois est plus importante encore. « Le but de l’opération est de multiplier exponentiellement l’intelligence de la population », explique Geoffrey Miller.
La Chine chercherait donc à renforcer sa domination sur le reste du monde en contrôlant l’ADN de ses enfants.

Source : www.gentside.com

Écrit par : Pierre à feu | 24/03/2013

L'homme des sociétés contemporaines s'est sensibilisé mais il s'est fragilisé.
Qui peut aujourd'hui regarder sans être horrifié les films de boucheries à la baïonnette dans les tranchées de 14-18 ou les images de
Spielberg sur le débarquement de Normandie.
Nous recherchons le risque zéro. Voire l'immortalité.
Paradoxalement les pays les plus développés dans la recherche tels que la
Suisse et la Japon sont ceux qui enregistrent le plus haut taux de suicides.
Nos environnements de plus en plus aseptisés nous rendent dangereusement vulnérables à des affections bénignes. Le vaccin contre la grippe s'est banalisé.
Une base de donnée ADN serait certes un admirable jouet dans les mains des chercheurs, mais elle participerait sûrement à l'accélération de la dégénérescence de l'espèce.
En revanche un fichier pour les donneurs avec le groupe sanguin pourrait sauver des vies. Mais c'est un autre débat.

Écrit par : Pierre JENNI | 24/03/2013

Un très vif merci pour cette note riche de réflexions subtiles et pertinentes.
On a une notion très figée des gènes alors qu'il y a moult interrelations entre eux et divers facteurs qui peuvent en freiner leurs expressions ou, au contraire, les accélérer. Ainsi, une banque de données ne dirait rien de tous ces facteurs. Elle fixerait effectivement l'attention sur un gène examiné, sans tenir compte de toutes les interrelations existantes, connues ET inconnues.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 24/03/2013

Bonsoir Madame,

Je pense qu'on aurait tort de classer purement et simplement cette motion de Jacques Neyrinck sans l'étudier plus à fond.

En effet, Jacques Neyrinck est l'un des rares scientifiques au sein de notre Parlement à avoir une vision prospective des développements scientifiques et techniques. Un Parlement doté de très nombreux juristes, mais dépourvu de profils tels que celui de Jacques Neyrinck.

Il en va de l'évolution de la science et de la technique, comme de beaucoup d'autres domaines, celles-ci ont, et auront, toujours une longueur d'avance sur la législation censée les encadrer. Ne rien faire et ignorer l'évolution de la science et des conséquences, reviendrait le cas échéant à réagir dans l'urgence et à bâcler la riposte législative.
Qu'on le veuille ou non, la science évolue et rien ne peut empêcher cette évolution. Aujourd'hui déjà des bases de données génétiques existent dont le développement a été financé par des sociétés privées. C'est le cas de grands groupes pharmaceutiques qui mènent depuis des travaux depuis plusieurs années à des fins commerciales sur certaines sociétés endogames, en Islande notamment, mais aussi dans certaines îles isolées d'Indonésie. Tout ceci sans cadre juridique à ma connaissance.

Par conséquent je trouve la motion de Jacques Neirinck très pertinente.

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 24/03/2013

@ Pierre à feu,

Dans les années 80, il y a aussi eu une tentative américaine de faire les bébés les plus intelligents de la planète !
Cette idée folle a germé dans le cerveau d’un millionnaire américain qui a financé et constitué une banque de sperme de donneurs sélectionnés pour leur intelligence (prix Nobel ou hommes dotés d’un Q.I. très supérieur à la moyenne).
Pour en savoir plus sur ce que sont devenus ces bébés nés il y a une vingtaine d’années, vous pouvez cliquer sur :
http://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/2006/10/10/curieuse-histoire-bebes-nobel

Écrit par : Michèle Roullet | 24/03/2013

@ Pierre Jenni,

Je vous approuve ! S’il vaut mieux prévenir que guérir, à trop prévenir on rend malade.

Écrit par : Michèle Roullet | 24/03/2013

Que voici une bienvenue critique du DSM IV et de l'imminent DMS V, pire encore.Et dire qu'ils se réclament de la ...Science.

Nous avons apporté un commentaire à votre texte si bien senti. C'est ici sur notre site libertaire des Dissident(e)s de Genève (DDG):

http://tinyurl.com/bpnt43o

Sur le DSM, nous avions, nous aussi déjà tenu quelques propos très vifs...

http://tinyurl.com/ca44akr

Merci à vous: en vous lisant, nous nous sentons moins seuls...

Écrit par : jaw | 24/03/2013

Pierre à feu et dans une moindre mesure Jean d'Hôtaux.
Je suis très étonné que vous donniez du crédit à un tel programme et je peine à voir où s'exprime l'intelligence de l'étalon Miller.
Il est encore plus étonnant de voir une nation explorer ce domaine sans craindre le ridicule.
Il suffit de voir ce qui se passe avec les OGM pour comprendre que ces prétentions à optimiser la vie provoquent immédiatement un effet pervers plutôt conséquent, la disparition de la diversité qui est le fondement de l'équilibre et de la survie.
En Inde, pour ne prendre qu'un exemple, il y avait autrefois entre 100 et 200'000 variétés de riz. Aujourd'hui il n'en reste que 50 et la plupart sont brevetés. Je passe sur les conséquences de cette politique largement controversée pour focaliser sur le débat qui nous occupe ici.
Nombreux sont les biologistes qui tirent la sonnette d'alarme. En 2006 aux USA, une contamination généralisée de riz à longs grains modifié génétiquement à été signalée.
Bonne chance aux chinois, ou du moins à leurs édiles qui rêvent de suprématie, ils provoqueront eux-même leur perte. Ce sera bien entendu aussi une perte pour l'humanité dont une de ses richesses est sa diversité.
Espérons seulement que l'expérience permettra de minimiser ce genre de délire à l'avenir.

Écrit par : Pierre Jenni | 24/03/2013

@ Jean d’ôtaux,

Bonsoir Monsieur,
En aucun cas, je ne mets en doute, dans mon billet, l’intelligence de M. Neyrinck. J’expose simplement les interrogations que sa motion éveille en moi.
L’avenir dira si cette motion sera classée ou non par le Conseil national. De toute façon, avant d’être classée (ou acceptée), cette motion donnera lieu à des auditions et des discussions au sein du Conseil national.
Cela étant, il ne faut jamais donner de blancs seings aux scientifiques (et aux experts de tout poil !) en matière de projet sociétal.
Souvent absorbés par leurs travaux, les chercheurs peuvent occulter les questions éthiques et les effets boomerang de leurs projets.
Par ailleurs, sur les débats de société, les scientifiques ne trouvent pas les réponses dans leurs analyses, mais dans leurs opinions et convictions, comme tout un chacun !

Écrit par : Michèle Roullet | 24/03/2013

" les scientifiques chinois ont aujourd’hui déterminé le gène de l’intelligence humaine. "

Balivernes. Comme si l'intelligence dépendait d'un gène et d'un seul. Comme si elle ne dépendait pas de l'affectivité et de l'environnement. Comme s'il n'y avait qu'une seule intelligence. Comme si l'humanité jusqu'à ce jour avait fait preuve d'intelligence...

Écrit par : Johann | 25/03/2013

Madame Roullet,

Mais qui parle ici de "donner des blancs seings aux scientifiques" ?

Personne, en tous les cas pas moi !

M. Jacques Neirynck est Conseiller national et c'est à ce titre qu'il a déposé la motion qui fait l'objet de votre billet. Il se trouve simplement, ou plutôt fort heureusement, que M. Neirynck est également ancien professeur à l'EPFL, dans un tout autre domaine que la génétique d'ailleurs. Il a donc une approche scientifique de la question, même si sa spécialité n'est pas la génétique, mais c'est avant tout en tant que parlementaire qu'il nous intéresse ici.

Pourquoi donc suspecter M. Neirynck de quelque velléité occulte par le biais de sa motion, alors que la question ne se poserait même pas dans le cas d'un parlementaire juriste qui aurait déposé une motion relative à des arguties juridiques ?
Méfions-nous de la chasse aux sorcières, Jacques Neirynck n'en est pas une ...

Vous n'avez malheureusement pas mis de lien qui nous permettrait de prendre connaissance de cette motion dans le détail. J'ai recherché, mais je n'ai trouvé qu'une référence, sur le site de la radio romande RTS.CH :

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/en-ligne-directe/4731783-prelever-l-adn-des-bebes-pour-prevenir-la-maladie-ethiquement-acceptable.html

En revanche, j'ai retrouvé sur le site du Parlement, une initiative parlementaire intitulée : " Modifications à la loi fédérale sur l'analyse génétique humaine", déposée par Jacques Neirynck et consort, en date du 23.09.2010. Initiative parlementaire à laquelle le Conseil national a décidé de ne pas donner suite (8.3.2012). Voir ici :

http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20100487

Pour conclure il ne s'agit assurément pas de recherches sur l'eugénisme, mais plus probablement d'adapter la législation à l’état actuel de la science.

Je vous remercie pour cet échange intéressant.

Bien à vous !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 25/03/2013

@ M. Jean d’Hôtaux,

Cher Monsieur,
Vous avez raison, M. Jacques Neirynck, en tant que conseiller national remplit sa charge en déposant une motion.
Je ne suspecte nullement ce parlementaire de « quelques velléités occultes » ! Seulement, cette motion, dont il est l’auteur, soulève un débat et dépasse largement le champ scientifique.
Je n’ai pas non plus établi de lien entre cette motion et l’eugénisme. C’est “hommelibre” qui introduit, dans son commentaire, ce rapport. Il n’a d’ailleurs peut-être pas tout à fait tort !
Quel usage peut-on faire de ces informations génétiques ? Cette question mérite d’être soulevée et largement discutée. Dès que l’on établit des fichages sur une population, les risques de sélection et de discrimination existent. Ce projet de société peut bouleverser notre rapport à l’humain.

Pour le lien sur cette motion déposée en octobre 2012, vous le trouvez sous :
http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20123978

Écrit par : Michèle Roullet | 26/03/2013

Madame Roullet,

Merci pour ce lien qui m'avait échappé !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 26/03/2013

Pierre Jenni, en aucun cas je n'apporte de crédit à cette direction!
la question que je pose est celle -fondamentales ou politiques? des motivations de Jacques Neirinck de porter une telle motion,
en mettant en parallèle les activités chinoises actuelles en ce domaine.

j'en profite pour remercier Michèle Roullet de porter ces débats ici.

Écrit par : Pierre à feu | 26/03/2013

@Michèle Roullet,merci pour cette magnifique phrase. A trop de prévention l'humain tombe malade.On le voit bien avec tous articles vantant un mal quelconque pour la santé comme par exemple cette phobie collective qui a mis à l'index Frisco pour ensuite carrément dégénérer .De plus en plus de gens sont dégoutés de l'alimentaire,souvent des gens déjà affaiblis,manquant du gout de vivre et qui sont seuls et qui iront garnir ou les EMS ou les hopitaux pour sous -alimentation.
Pour ceux captivés par l'histoire mondiale, tout ceci ressemble mais sous une autre forme à un débarquement d'idées toutes plus folles les unes que les autres pour sans doute occuper l'esprit des humains qui souvent se plaignent pour rien et grâce aussi à des émissions TV comme ABE qui va nous en remettre une couche ce soir et qui de dégout lors de l'annonce ce midi aura fait changer de chaine aussitot à de nombreux télespectateurs.Trop c'est trop ,cela tourne carrément au harcèlement collectif et délire obsessionel
très belle fêtes de Paques pour Vous Madame

Écrit par : lovsmeralda | 26/03/2013

Compliments pour cet article. Pour être entièrement honnête, je ne suis pas très compétente en la matière, mais ce-ci m'a tout l'air d'être vraiment enrichissant! merci beaucoup

Écrit par : Solutions developpement | 03/04/2013

Je trouve le sujet très grave, tant qu'aucun conseil d'éthique ne siège au niveau mondial.

Continuons ce sujet si important, car ce qui est en jeu en l'absence de lois, c'est l'évolution / opportunités au global des individus

car en l'état tout est possible si cela s'achète, dans un pays si ce n'est l'autre qui les interdit, des dpi aux pma en occultant tous principes de filiation etc.

en cela Michèle Roullet a tous privilèges de débats et je la remercie de le faire, en ce qui me concerne.

Écrit par : Pierre à feu | 03/04/2013

Ce scientifique-romancier à ses heures a depuis longtemps perdu toute crédibilité (tien .. il y a débilité dans ce mot!) à mes yeux.
Il a amplement l'âge où il devrait consacrer son temps à la relecture de quelques unes de ses pages (romans) pour y corriger les erreurs grossières qui s'y trouvaient (par exemple décomposition du carbone-14 qui donnerait - selon ce "spécialiste" - du carbone-12 !!). Son titre de professeur retraité devrait devenir politicien retraité, il rendrait service à tous !

Écrit par : uranus2011 | 04/04/2013

Les commentaires sont fermés.