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04/03/2013

NON Monsieur Bertinat !

Après l’acceptation, par plus de 75% des électeurs genevois, de la fusion des caisses de pension de l’Etat, la diatribe anti fonctionnaire de M. Eric Bertinat (député et conseiller municipal en Ville de Genève), dans son billet « Les milliards de francs, les trous noirs, le big bang… », est primaire et irresponsable de la part de ce politicien.


S’indignant du coût de cette fusion des caisses CIA/CEH et surtout de leur recapitalisation telle que la nouvelle loi fédérale les contraint (couverture de 80% et non plus de 50%), M. Eric Bertinat oublie de prendre en compte le gouffre financier qu’aurait entraîné un refus de cette fusion des caisses.

Imaginons Genève, ville internationale, siège de nombreuses organisations internationales, place capitale de la finance mondiale, et qui apparaîtrait comme un canton en faillite, incapable de respecter les engagements pris envers ses fonctionnaires !

Les sanctions n’auraient pas été que psychologiques (une honte, une humiliation, une perte de confiance envers l’Etat pour des dizaines de milliers de fonctionnaires, pour les citoyens et un exemple pernicieux pour le secteur privé), mais bel et bien économiques !

Car, le coût financier, s’il y avait eu refus de cette loi, aurait été plus important que celui de la fusion des caisses de pension.

En effet (mis à part le risque d’une recapitalisation intégrale imposée rapidement par Berne, et qui aurait coûté plus de 10 milliards), les agences de notation financière (Rating Agencies) qui évaluent le risque de non remboursement des dettes d’un Etat auraient immédiatement diminué la note de Genève.

Or, actuellement, la notation (“rating”) pour Genève est excellente, parmi les meilleures du monde (AAA, si je ne m’abuse !). Bien que n’étant pas économiste, je sais que cette notation est très importante, car elle informe les investisseurs quant à la solvabilité d’un Etat.

Une bonne note est donc non seulement un atout pour rendre une place financière attractive, mais plus encore un outil pour négocier avec les partenaires financiers et pour calculer les taux hypothécaires d’un Etat.

Au sujet de la notation financière, il faut encore savoir que toute baisse entraîne, de facto, une hausse des taux hypothécaires.

C’est pourquoi, si les électeurs genevois avaient refusé ce vote, non seulement Genève (sans résoudre la question des caisses de pensions) aurait risqué la faillite de l’Etat, une explosion sociale, mais plus encore une hausse si importante des taux hypothécaires que sa dette actuelle aurait grimpé vertigineusement (beaucoup plus que les 6,4 milliards que coûtera la fusion sur 40 ans !) avec tout ce qui s’ensuit : une augmentation du coût de la vie à Genève et surtout une hausse des loyers pour tous les genevois.

Heureusement, les électeurs genevois ne se sont pas laissés prendre dans le miroir aux alouettes tendu par des populistes et des jusqu’au-boutistes !

Ils ont montré avec ce vote déterminé que les émotions ne sont jamais bonnes conseillères encore moins pour gérer les finances d’un Etat.

BRAVO GENEVE !

 

 

 

 

 

14:18 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | |

Commentaires

bon, super, vous semblez subitement faire confiance dans le pragmatisme populaire !
Chiche que demain vous fustigerez l'ignorance du bas peuple pour justifier vos choix ?

Écrit par : Pierre Jenni | 04/03/2013

@ Pierre Jenni
Pour moi cher Monsieur, il y a l'esprit qui peut être d'un esprit bien bas!
Mais jamais je ne me permettrais de qualifier le "peuple de bas"! Je ne suis pas indécente!

Écrit par : Michèle Roullet | 04/03/2013

Indépendamment de cette inélégance sémantique qui pourrait vous faire passer pour une bourgeoise, je pense que vous avez compris l'esprit de mon mot.

Pour en revenir à votre billet, une question me tarabuste depuis quelque temps...
Avez-vous une idée des raisons du départ de Monsieur Hiler ? Ils ne sont pas nombreux à quitter le navire avant d'être arrivés au port.
Il aurait pourtant été réélu brillamment à coup sûr.
J'ai pensé qu'il en avait marre, qu'il avait suffisamment de hauteur pour ne pas devenir tributaire du pouvoir, que c'était trop fatiguant de devoir convaincre le collège et le parlement, bref je l'ai un peu idéalisé. Quel classe, il est au dessus de tout ce barnum !
Et puis un doute s'est insinué. Des tempêtes sont en vues, il parle aujourd'hui des conséquences de la pression européenne pour une harmonisation fiscale et des possibles répercutions sur le canton, notamment l'exode des multinationales.
Lorsque je lis votre note, mon doute se mue en conviction. Il part avant que ce soit trop tard.
Et comme MCR avec les honneurs alors que les chiffres sont effrayants, le gouffre abyssal.
Dommage, j'aurais bien voulu garder l'image d'un magistrat qui a fait son boulot au mieux et au plus proche de sa conscience sans se laisser prendre par certaines addictions dont sont souvent victimes les élus.
Pour une fois, j'aimerais vraiment me tromper.

Écrit par : Pierre Jenni | 13/03/2013

@Pierre Jenni
Personne n’est irremplaçable et je ne crois pas que Monsieur Hiller « quitte le navire avant d'être arrivés au port ». Un peu de bienveillance !
Monsieur Hiller est Conseiller d’Etat depuis 2005, il aura en novembre bouclé 2 législatures. Le pouvoir c’est usant, et je ne pense pas que son parti autorise plus de 2 législatures !

Écrit par : Michèle Roullet | 13/03/2013

Alors si le parti doit autoriser ses locomotives, faudra pas s'étonner que le train n'avance plus.

Écrit par : Pierre Jenni | 13/03/2013

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