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14/03/2012

Journaliste bête et méchant

Que des électeurs aient plébiscité l'école le mercredi matin, mobilisés par des questions d'intérêts personnels ou par la conviction qu'une augmentation de l'horaire scolaire au primaire puisse être bénéfique pour l'élève, cela est compréhensible !

Toutefois, d'autres arrière-pensées, qui n'ont rien à voir avec l'école ni même avec l'élève, ont également influencé ce vote.

 


Image.jpgCe sont les sentiments de dédain et de mépris pour les enseignants, largement véhiculés et même favorisés par une presse complaisante, dont la manchette de la Tribune de Genève du 12 mars (copiée ci-dessous) est une illustration exemplaire.

Combien de gens auront voté pour l'école le mercredi matin juste animés de ces sentiments mesquins ? Difficile à évaluer. Mais, j'en ai rencontrés !

Certes, dans une période de crise économique où beaucoup d'employés craignent de perdre leurs emplois, les fonctionnaires éveillent les jalousies, les agressivités et les rancœurs.

Néanmoins, il est regrettable que la presse devienne l'écho ou l'instigatrice de cet esprit d'un étage si bas, qui finira par polluer toute notre société. Car, le mépris est terriblement contagieux.

C'est pourquoi, je ne rendrai pas la pareille et ne dirai pas que les journalistes doivent se « mettre au pas ».

Premièrement, je n'aime pas parler en catégories professionnelles. Le journalisme est constitué d'hommes et de femmes, divers qui, sur une échelle de graduation, va du meilleur au pire. On doit même admirer le courage de certains qui mettent leur vie en danger pour servir non seulement leur profession, mais également nos démocraties dont la liberté de presse est un socle vital.

Deuxièmement « être mis au pas » est précisément ce qui tue la presse d'aujourd'hui. Trop de journalistes rentrent dans l'ordre édicté par les dirigeants et ne deviennent ainsi plus que les porte-paroles d'opinions formatées par le pouvoir. C'est peut-être un confort pour la presse, car en se calfeutrant dans des opinions, la presse ne coûte pas cher, évite bien des procès, et ça peut rapporter gros, surtout si elle met à la une des gros titres qui aiguisent les plus bas instincts des lecteurs.

Enfin, sur le sujet de ce mercredi d'école, j'ai été stupéfaite de voir à quel point la plupart des journalistes en charge de ce dossier (à l'exception du journaliste qui a publié un dossier fouillé dans LE COURRIER du 11 février 2012) n'ont pas procédé à la moindre enquête. Par enquête, je veux dire un journalisme d'investigation où le journaliste vérifie des données, cherche des sources, complexifie son sujet au lieu de se satisfaire de reproduire la vulgate.

Est-ce que l'école est un sujet mineur, qui intéresse peu les journalistes expérimentés, et qui est systématiquement donné aux journalistes stagiaires ou débutants ? C'est une hypothèse, mais même si elle se vérifie, n'incombe-t-il pas au rédacteur en chef d'assumer au final la teneur de son journal ?

En définitive, je regrette que le journalisme d'investigation soit de plus en plus abandonné (du moins dans notre presse locale). Car il constitue non seulement les lettres de noblesse de cette profession, mais plus encore un garde-fou contre les dérives des pouvoirs politiques et la condition pour que la liberté de la presse puisse survivre !

 

 

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Commentaires

Madame,

Je pense que vous vous trompez quant aux motivations des votants. Quatre heures d'enseignement en plus, dès l'âge de 8 ans, ce n'est pas la mer à boire, surtout lorsqu'il s'agit d'ajouter une matière au programme.

Lorsque vous mentionnez "le mépris et le dédain" dont le corps enseignant serait victime, je dois vous rappeler que celui-ci est la conséquence directe de l'attitude publique de certains représentants syndicaux du Komintern de la SPG...

Autant je respecte la profession d'enseignant, autant doit-on faire le constat qu'une immense majorité d'entr'elles-eux n'ont jamais rien connu d'autre que le monde de l'enfance, depuis la leur.

Peut-être que des sorties sabbatiques dans le monde extérieur leur ferait grand bien, surtout aux pontes de la SPG... Il y a une réalité à l'extérieur, qui semble largement méconnue des enseignant-e-s... Et c'est bien dommage. Car ce sont celles et ceux qui vivent cette réalité, et qui voient leurs enfants dans vos écoles, qui ont voté...

Écrit par : Déblogueur | 14/03/2012

Merci d'avoir pris le temps et la peine de décrypter cette manchette totalement "hors sujet". Lundi, j'ai également été frappée par ce degré zéro de l'analyse.
A la Tribune de Genève se trouvent des personnes qui ont une véritable hargne contre l'école et ils ont la possibilité de le faire savoir au plus grand nombre. L'une des manchettes les plus raccolleuses date de quelques années : "Une élève du Cycle va devenir maman." Ca dénotait d'un angle d'attaque assez particulier.

Est-ce qu'ils en sortent grandis ? En tout cas, ils se font plaisir.

A la lecture de cette manchette, on ne peut que se sentir floué, qu'on ait voté pour ou contre le mercredi matin.

Écrit par : Calendula | 14/03/2012

Ou quand le mensonge devient roi. Il y a tellement d'exemples de par le monde...

Écrit par : Johann | 14/03/2012

Nous ne connaissons pas de crise économique véritable à Genève.

Écrit par : Grégoire Barbey | 14/03/2012

Bien avec vous en tous cas!

Mais...question bête, QUI est responsable de ce titre ?


Quand j'ai lu ce titre, franchement, je suis tombée des nues...ainsi, c'était ça, le but de la votation? Mettre les enseignants au pas????

Moi qui croyait bêtement que l'enjeu était la scolarité de nos enfants!

Quelle histoire! Et quel attitude méprisante.

Écrit par : Lulu Berlue | 14/03/2012

@ Déblogueur:


monsieur, QUELLE matière doit on ajouter à 8 ans? Aucune!
à 9 ans? aucune
à 10 ans et 11 ans , 2 périodes d'anglais.
Quel rapport avec 4 périodes supplémentaires dès 8 ans? Aucun.

Écrit par : Lulu Berlue | 14/03/2012

Ecoeurant... mais ce n'est que la touche finale d'une longue litanie joyeusement orchestrée par le grand patron du DIP. La mise au pas avait débuté bien avant le lancement de la campagne sur le mercredi matin d'école. Le DIP a tout d'abord nommé des directeurs pour "raccourcir la laisse" des instituteurs devenus beaucoup trop remuants sous l'ère MBG. Il s'est ensuite assuré les services de journalistes "spécialisés" de la TdG en les nommant comme attachés de presse au DIP. Finalement,le chef du DIP a négocié le soutien du GAPP, de la FAMCO (maîtres du CO) et de l'AGS (association genevoise des sports) en leur promettant monts et merveilles....qu'il laissera le soin à son successeur d'honorer en 2014.
Que de mensonges, que de mauvaise foi ! Alors finalement, la manchette de la TdG traduit méchamment la jouissance extrême de l'ex-syndicaliste en chef: mettre les enseignants au pas et... à sa botte !
Ce qui m'attriste dans tout cela, c'est que ce sont les enfants qui trinquent... ces élèves qui demain seront largués et abandonnés dans leurs difficultés, parce qu'il faut en faire toujours plus, avec moins.

Écrit par : J-F Girardet | 14/03/2012

Je suis d'accord avec vous, l'accroche est de mauvais goût, mais il s'agit bien d'une accroche, qui doit attirer l'oeil de tous.....et le politiquement correcte n'attire pas.....

Par contre, faut-il est aussi réducteur envers les votants et les rabaisser à un vote de haine pour l'enseignant ???

Et pourquoi pas à une véritable inquiétude quand à l'avenir scolaire des enfants ?
Soyons honnête, et malgré tout le respect que j'ai pour les enseignants, le primaire, à Genève, n'est plus ce qu'il était et mes enfants en ont fait, malheureusement les frais....

Quand vous passez dans le canton voisin et que votre ainée prend 2 ans de retard de programme dans les dents, vous commencez à douter sur le discours du DIP et vous êtes content d'avoir votre cadet qui, non seulement commence sa primaire sur VD mais qui va le mercredi matin en classe.

Les parents qui sont aussi les votants ont plutôt essayé d'améliorer "l'ordinaire" de leurs enfants, initiative somme toute légitime...

Ne les rabaissez pas au niveau de cette accroche de mauvais goût.

Écrit par : anouchka | 15/03/2012

Non Anouchka, je ne rabaisse pas les votants! Mon premier paragraphe montre bien que je suis tout à fait consciente que ce vote s'est joué sur plusieurs tableaux. Mais savez-vous que les résultats à PISA ont été meilleurs à Genève que sur Vaud? Ne dénigrons pas trop notre école genevoise. Elle se hisse au niveau national avec 47% d'élèves migrants. C'est un exploit qui mérite d'être reconnu.

Écrit par : Michèle Roullet | 15/03/2012

ça me fait du bien de vous lire, Madame Roullet, car je ne comprends encore pas l'imbroglio politique autour d'un sujet épineux et compliqué qui aurait dû n'être que pédagogique. Que des gens, parents ou non, s'en mêlent en n'étant même pas réellement informés du contenu du plan d'étude actuel en primaire et imaginer que le niveau des élèves va monter en flèche "grâce" à ces 3h30 de plus par semaine me donne la nausée. "Casser du prof "me semble effectivement plus approprié après lecture de commentaires de lecteurs de la presse genevoise. Combien de bêtises on entend ces jours, d'ignorance et de naïveté autour de l'école, de l'apprentissage des langues etc... Je trouve vraiment bien dommage à ce propos qu'on n'introduise pas les langues dès le début de l'école sous forme ludique, lors des leçons de gym, dessin, musique par exemple en engageant des maîtres/sses itinérants, germanophones et anglophones pendant que le maitre /maitresse aurait une demi-classe avec les enfants en difficulté avec lesquels il aurait le temps de renforcer les apprentissages. Il y aurait eu tant de choses à faire, qui auraient coûté moins en terme d'argent et de temps perdu. Je n'ose pas imaginer le chaos avant le nouveau plan d'études. Et dans 10 ans, il faudra recommencer, les résultats seront peut-être décevants.....! Et en temps que prof dans un conservatoire, je mesure avec tristesse ce que ce mercredi signifiera pour l'enseignement artistique, qui peut faire un bien fou aux élèves, tout au long de leur vie....

Écrit par : Juliette | 15/03/2012

Cette manchette? Une honte!
Mais tellement prévisible de la part de notre "Journal genevois" qui a bien sûr investigué durant des années sur le sujet, n'est-ce pas?

Trop de demi-informations et demi-vérités qui deviennent des demi-mensonges puis des mensonges éhontés! Et voilà que les enseignants du primaires sont à nouveau traînés dans la boue!

GE a une excellente école qui forme migrants et non-migrants à hauteur de 47% et 53%. Elle les forme grâce à une souplesse des journées scolaires (peu de coupures obligatoires après 45 minutes de cours car peu de profs différents: juste pour la gym, la musique et les arts visuels) et donc une différenciation des parcours des élèves est possible. Actuellement, on surfe sur la notion qui fonctionne où on en change plus vite car "la sauce ne prend pas".

Là, on chamboule tout en 2014 pour 140 minutes supplémentaires puisque les 8-12 ans ont déjà 28,9 périodes par semaine de travail (pour Anouchka: VD fait 28 périodes sur 4,5 jours en finissant à 15h et en ajoutant le mercredi matin / GE 28,9 périodes sur 4 jours en finissant à 16h00 / Où y a-t-il le plus d'heures d'école?).

VD finit ses apprentissages primaires en 7e alors qu'à GE c'est en 8e. Peut-être que ce canton densifie plus les apprentissages dans les premières années (voilà la différence perçue si un élève de GE va dans le canton de VD en cours de cursus primaire) mais le niveau des connaissances est à la même hauteur que GE pour les jeunes à 15 ans, alors pourquoi vouloir à tout prix aller plus vite ou trop vite chez les tous petits et les stresser trop tôt?

GE et VD (entre autres) avec Harmos ont les mêmes manuels en math et français, et suivent le PER (GE a déjà tout commencé / VD bientôt) tout devrait donc s'égaler?
Mêmes solutions pour cantons différents, populations différente, économies différentes, réalités différentes? Nous verrons, mais je doute que cela fonctionnera aussi simplement!

Malgré toute la bonne volonté que nous trouverons toujours pour nos élèves, j'ai bien peur que nous ne puissions plus:
- travailler en demi-groupes selon les besoins réels des élèves (il serait dommageable qu'on nous dicte dans quelles matière faire du demi-groupe, il faut nous laisser libres de faire du demi-groupe avec les élèves en difficultés et selon leurs difficultés),
- travailler en décloisonnements avec nos collègues (comment travailler avec un collègue qui doit partir en heure blanche car non seulement il ne sera pas disponible, mais sa classe sera prise en charge par un MS gym ou autre et le décloi ne pourra pas être organisé),
- faire une sortie culturelle à une date donnée: la sortie tombera sur une heure blanche du titulaire et sur l'heure du MS anglais par exemple qui ne pourra pas redonner son heure à un autre moment (mais bon, l'offre culturelle a déjà tendance à se réduire comme peau de chagrin, alors...),
- faire un tournoi scolaire actuellement sur les mercredis matins (comment pourront-ils s'organiser? S'ils ont lieu sur temps scolaire, en partie, que faire des élèves de la classe non intéressés?)
- comment garder un oeil global sur l'élève et ses progrès en gym, par exemple, lorsqu'il ne nous sera plus possible d'y voir nos élèves ni de savoir comment continuer les cours des MS (1 cours sur 3 est poursuivi par le titulaire généraliste) puisque nous ne serons plus là pour bénéficier de l'expertise du MS? Comment le MS gym pourra-t-il seul assumer la charge "sécuritaire" de la classe entière aux agrès par exemple, sans l'aide du titulaire comme c'est le cas encore aujourd'hui? Il ne fera peut-être plus d'agrès et va réduire la pluralité de ses cours,
- comment assurer la sécurité des élèves qui ne serons plus accompagnés par un adulte dans les couloirs de l'école en l'absence du titulaire (en heure blanche) et en l'absence du MS encore dans sa salle avec la classe précédente ou en préparation de l'agencement de la salle?
- ...

Alors oui, lorsqu'on lit cette liste non exhaustive, on se rend compte de la complexité organisationnelle d'une journée à l'école et du souci que nous avons pour nos élèves qui auront 4 périodes de plus chaque semaine et que nous ne pourrons pas accompagner durant ces moments-là.

Il a donc fallu nous "mettre au pas" !

L'anglais demandait juste 2 périodes supplémentaires en 7e et en 8e. Nous étions prêts à en discuter mais cela aussi a été balayé.

On dit aujourd'hui que plus d'allemand permettra d'en ôter à la grille du cycle: je ne savais pas qu'il fallait charger le primaire pour alléger les programmes du cycle!

Certains apprentissages grammaticaux allemands ne peuvent pas se faire au primaire car la complexité de la langue est importante et la complexité du français n'est pas forcément encore acquise. Il n'est donc pas possible de faire certains apprentissages trop tôt!

Mais je comprends aussi que l'organisation de certaines familles sera plus simple, que pour certains enfants il sera plus souhaitable d'être à l'école que seuls devant les écrans à la maison, mais je ne savais pas qu'il fallait que l'école organise encore cette vie-là.
Comment a-t-on fait depuis 1888?

Il y avait moyen de subventionner les familles dans le besoin pour "placer" leurs enfants dans les maisons de quartiers, dans les écoles de musique, dans des cours de sport, ... en leur offrant la gratuité. Solution moins chère, plus diversifiée, plus performante (car un prof de danse sera forcément meilleur qu'un prof du primaire pour cette spécialité).

Mais elle aurait coûté à l'Etat et non aux communes qui vont devoir augmenter leur personnel parascolaire, augmenter le nombre de repas, accueillir les élèves le mercredi de 11h30 à 18h00, faire les devoirs et organiser l'appui mais avec quel sorte de personnel?
Pour l'instant l'appui est donné par les enseignants primaires formés pour cela, mais dont le coût est supporté par l'Etat !

...

Je m'arrête, je retrouve ma classe demain après une semaine de camp de ski, on va se remettre au travail.

Mais en parlant de camp: cette semaine c'était du 24 heures sur 24, 5 jours sur 5 / comment fera-t-on pour intégrer les heures blanches durant un camp? Mais surtout, parce que nous ne comptons pas nos heures (surtout lorsque nous organisons camps et tournois): comment reprendre les heures perdues des MS spéciaux? Comment reprendre les 4 heures perdues des élèves? La semaine suivante? En reprenant ses heures? Sur quels moments? Comment? Perdues-perdues? ...

J'avais dit "stop" !
Je souhaite un bon travail d'organisation aux directeurs. Je souhaite qu'ils réussissent à être équitables avec les heures blanches des uns et des autres. Je souhaite que les enseignants du primaire ne s'entretuent pas entre ceux qui auront des heures blanches pour travailler quelques heures le mercredi, ceux qui auront plus de trous d'une période que les autres, ... et ceux qui n'auront pas besoin d'aller le mercredi car ils auront un horaire bloc de 4 jours...

J'espère surtout que le temps de travail des directeurs ne sera pas comptabilisé dans le taux d'encadrement face aux élèves comme j'ai pu le lire, car comme ils n'interviennent pas en prenant les élèves durant un cours de ci ou ça, ils ne doivent en AUCUN CAS faire partie de ce fameux taux d'encadrement comptabilisé par l'Etat, ce serait de l'escroquerie.

Mais on n'est plus à ça prêt, n'est-ce pas?

Écrit par : Valérie | 19/03/2012

Voilà, Valérie, vous soulevez quelques problèmes concrets parmi tant d'autres qui se présenteront les uns après les autres. Au final, les élèves en difficulté n'auront probablement pas plus de temps pour recevoir l'aide dont ils ont besoin tant les problèmes d'organisation rendront la tâche insoluble aux enseignants. De plus, l'atmosphère entre collègues sera mise à rude épreuve à cause de la répartition horaire forcément inéquitable, comme vous le soulevez. Ce qui marche si bien en Finlande, souvent donnée en exemple pour ses bons résultats scolaires, ce sont les horaires relativement peu chargés, les effectifs d'élèves réduits, et l'autonomie donnée aux enseignants pour que chacun amène ses élèves à un niveau le plus haut possible. De plus les enseignants finlandais sont très respectés, très peu de problèmes liés au manque de respect de la part des parents et des élèves. Les enfants ont un horaire continu, ils emmènent leur pique-nique chaque jour, ce qui réduit le temps perdu et les difficultés d'organisation de cuisines scolaires, le brouhaha et le stress, et cela profite pleinement aux élèves. Je vous souhaite, Valérie, beaucoup de courage et de patience que vous devez déjà avoir, vu la manière dont sont traités les gens comme vous, qui passez vos journées avec nos enfants, et qui êtes si peu valorisés alors que beaucoup d'entre vous donnent le maximum à l'intérieur d'un étau qui se resserre , réforme après réforme. Moi, je vous remercie beaucoup.

Écrit par : Juliette | 19/03/2012

Je suis tout à fait d'accord avec vous Déblogueur, c'est pas vraiment de la mer à boire, en plus, ce sont les enseignants qui doivent se plaindre pas aux enfants, c'est un avantage de plus pour les élèves! merci pour l'article

Écrit par : faire part | 19/03/2012

j'ai un ami banquier qui dit une chose très juste (c'est un gars bien bourgeois du genre décomplexé/déculpabilisé qui aurait pu avoir un grande carrière politique s'il n'avait pas été autant dégoûté par le parti libéral genevois-ce que peut que très bien comprendre tout le monde). comme tous les gens de son espèce, il préfère se remplir les poches donc dans le privé que végéter dans les affrontements pathétiques du marasme gaucho-écolo-bobo genevois sous sa cloche politicienne dorée, ce que de nouveau on peut tous bien comprendre. mais revenons à son argument:

pour pouvoir enseigner, il faudrait avoir travaillé quelques années auparavant. un peu comme les policiers (qui d'ailleurs à GE ont un meilleur salaire que les profs, même du secondaire!!! ceci grâce à leurs différentes primes et fameuses heures supplémentaires si "contraignantes") qui doivent avoir au moins obtenu un CFC dans n'importe quel secteur économique, avant de pouvoir être candidat à l'entrée à l'école de police (il est connu d'ailleurs que la dictée est extrêmement sélective pour des raisons purement syndicalistes et corporatives de la part des anciens-mais tout le monde est complice dans l'histoire).

ca peut paraître un argument un peu choc ou provocateur, mais dans le fond et en y réfléchissant bien le principe pourrait être assez sérieux: ca déconnecterait de leur influence néfaste sur les nouvelles générations une bonne partie du milieu professoral complètement à côté de la plaque, souvent d'extrême gauche-caviar ou du genre baba-cool 70's surrané (non pas comme mme roulet puisqu'elle est sensée être de droite, bien sûr...).

certains diront que comme les gamins (surtout à l'adolescence) ont l'esprit de contradiction, autant les laisser s'encoubler un peu dans les pattes de tous ces soixante-huitards, par réaction ils en deviendront d'autant moins neuneus et gnangnans, une fois en âge de voter. comme disait l'ex-roi Diem du cambodge (hélas très corrompu), s'il avait envoyé l'élite de ses étudiants à moscou et non à paris, il n'y aurait jamais eu de phénomène khmer rouge. à moscou les futurs leaders viet-minh auraient pu voir bien plus directement à quel point le rêve communiste est une utopie nuisible.

pour affiner la lumineuse suggestion de mo pote, je dirais qu'il faudrait aussi nuancer les délais: 3 ans dans le privé et 5 ans à l'Etat, le minimum que l'on pourrait demander avant le droit de pouvoir enseigner, sur un CV de candidat. et ensuite soit une hep un peu raccourcie (au mieux), soit une dispense de la moitié des cours de l'iufe (qui ne servent de toute façon strictement à rien comme tout le monde le sait, une nouvelle fois, très bien).

car il faut être un peu honnête avec les enseignants: c'est pas chez eux que se trouvent les plus beaux placards dorés à l'Etat, loin de là! affronter toute la journée une meute de louveteaux agités qui ne cherchent que la faille, c'est pas si tranquille que ça. j'ai connu des services de l'Etat où tout le monde roupillait toute la journée, et pas souvent sobre. si un jour vous aurez l'occasion de l'expérience, essayez déjà de prendre une cuite la veille ou de fêter très tard (même en buvant de l'eau) avant une journée d'enseignement, qui demande par définition une grande disponibilité d'esprit sur la plan humain et relationnel (même si les plus performants savent minimiser cette part): on verra si vous répéterez souvent l'opération dans la suite de votre carrière! alors pour finir voyez: tout ça est dit sans aucun dédain pour les profs ni pour l'école genevoise en particulier. arrêtez un peu de paranoïer pour de faux motifs!

Écrit par : job | 20/03/2012

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