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26/12/2011

Jean Romain... peut faire mieux !

Jean Romain inaugure le débat qu'André Duval voudrait instaurer sur l'horaire scolaire.

L'entrée en matière, choisie par le philosophe, donne le ton du billet! En exploitant les résultats de PISA (test international organisé par l'OCDE), Monsieur Romain entre de plain-pied dans le grand souk PISA, où chacun vient s'emparer de quoi conforter et alimenter ses convictions en pliant, bien évidemment, à sa convenance, des données foisonnantes, parcellaires et syncrétiques.

 

 


Si on ne questionne pas les présupposés et les ambitions de Pisa, ce test, dévoyé et instrumentalisé par les pouvoirs politiques, aura des répercussions dévastatrices sur les systèmes scolaires.

Or, au lieu de nous initier à l'esprit critique (travail du philosophe !), Jean Romain se lamente que son Valais, à qui il donne le bon rôle de pédagogue ou de guide, presque spirituel, sur lequel  "les yeux genevois sont tournés [et sur qui] de plus en plus de voix prétendent se régler" serait en train de s'égarer en songeant à diminuer son horaire scolaire au primaire.

Cette nouvelle (annoncée déjà dans mon billet : "Mauvais compte à l'école genevoise“) ne plaît pas à ceux (dont Jean-Romain) qui militent pour une augmentation de l'horaire scolaire à Genève (le mercredi matin). Elle dévoile les mensonges sciemment entretenus à Genève, dans le discours officiel, parmi lesquels que le concordat Harmos obligerait les cantons à augmenter leur horaire scolaire.

Quant au fiel distillé avec une régularité de métronome par Jean Romain envers Mme Brunschwig Graf (ex conseillère d'Etat en charge du DIP) et ceux qu'il nomme « les gardes rouges de la sous-culture de la Fapse (Faculté des "sciences" de l'éducation) », il finit par lasser tout le monde. S'égarer dans des pulsions émotionnelles fait perdre la clairvoyance du philosophe. S'il y a eu un gourou (dont le nom est ironiquement presque oublié aujourd'hui !) qui a sévi à la FAPSE, les politiques scolaires sont aujourd'hui influencées par une gestion managériale qui prône un « pilotage par l'évaluation ». Cette théorie "orwellienne" n'a rien de local et Genève serait même un maillon faible de ce courant international.

Jean Romain devrait aussi revoir sa copie. Elle est truffée d'erreurs. Il est inexact d'écrire que le "mercredi matin" (il faut entendre le samedi matin !) a été supprimé par « un mélange d'idéologie néo-libérale et un besoin d'économiser les deniers publics ». La suppression du samedi matin en 1997 a été voulue par la majorité des parents qui avait congé le samedi matin.

Il ne s'agissait pas non plus, comme l'écrit Jean Romain « de faire mieux avec beaucoup moins », puisqu'en supprimant le samedi matin, on n'a pas diminué l'horaire de l'écolier genevois. En effet, le report des heures du samedi sur les jours de la semaine a même conduit à une légère augmentation des heures d'enseignement !

Enfin, les attaques incessantes de M. Romain envers Mme Brunschwig Graf sont stériles. D'ailleurs, si on dresse aujourd'hui le bilan pédagogique de cette dernière, il est extrêmement positif. La valorisation de la filière de la formation professionnelle avec la création de maturités professionnelles est une de ses belles réussites et un investissement précieux pour l'avenir de notre pays.

M. Romain nous a habitués à plus de vivacité intellectuelle. Pour se réfugier derrière le "bon sens" et plaider pour " suffisamment d'heures d'école", le philosophe doit être fatigué. Oublie-t-il que le suffisant est relatif ? Enfin, pour se prononcer sur la suffisance de l'horaire scolaire, il faut établir des comparaisons. Or, à Genève, au primaire, l'horaire scolaire est équivalent à celui des autres cantons romands, et il est parmi les horaires les plus chargés d'Europe!

Quant au bon sens convoqué par M. Romain : « Il faut déployer maintenant un effort  colossal pour revenir au bon sens... », le philosophe déploie plutôt un pseudo argument, le bon sens n'étant qu'une pensée amputée arbitrairement de ses contradictions !

Ne faisons-nous pas en effet appel au bon sens pour défendre nos convictions et ne qualifions-nous pas de folie le bon sens de nos adversaires ?

Vraiment, Jean Romain... peut faire mieux !

 

 

 

 

10:48 Publié dans politique scolaire | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | |

Commentaires

Je crois que vous avez raison.

Écrit par : Mère-Grand | 26/12/2011

Chère Madame,

Vous m’épinglez dans votre dernier blog sur mon propos au sujet du mercredi matin, paru sur le blog de M. Duval. Je me suis beaucoup amusé à vous lire parce, je dois l’admettre, il n’était pas aisé de voir courir le vent dans ce cas de figure. Ce papier intitulé « Bien sûr que non ! » a été écrit en fait pour le Nouvelliste du Rhône, et c’est dans ce quotidien qu’il est passé. M. Duval l’a mis sur son propre blog avec mon approbation.

Mais… imaginons ensemble, voulez-vous :
- Imaginons que les enseignants primaires du Valais aient obtenu, après âpre négociation, une diminution de leurs heures d’enseignement hebdomadaire.
- Imaginons que le Département de l’instruction publique du Valais se trouve ennuyé pour deux raisons : d’une part, à cause d’une organisation plus complexe du primaire dès lors qu’on conserve les heures-élèves telles qu’elles étaient avant la négociation, complexité due à la structure même du primaire organisé essentiellement autour d’un seul titulaire (dont la présence en classe diminue dorénavant) ; et d’autre part, pour des raisons financières évidentes si les heures-élèves ne suivent pas la même courbe que les heures-enseignants.
- Imaginons que le Valais lance un ballon d’essai afin de tester les réactions suscitées par une éventuelle diminution des heures-élèves, et s’en va répandre la nouvelle qu’une réflexion interne est en cours à ce propos.
- Imaginons même qu’un haut fonctionnaire dudit Département en parle à des personnes bien placées, à des décideurs locaux, en leur faisant comprendre que rien n’est encore fait mais qu’on se tâte.
- Imaginons que des articles de journaux de votre serviteur (celui paru sur le blog de M. Duval) et d’autres, fassent monter la pression et réagir le Département concerné.
- Imaginons que ces réactions dans la presse locale soient relayées par des blogs bien choisis et par des politiques sensibles à l’opinion publique.
- Imaginons que le ballon lancé par le Département soit secoué par ces vents et commence à se dégonfler.
- Imaginons– mais c’est de la pure fiction, vous l’imaginez bien – que ce projet mort-né soit tenu pour un projet maladroit par ceux mêmes qui l’avaient testé.
- Et imaginons enfin que l’égérie du statu quo au primaire de Genève se laisse prendre au point de relayer dans son propre blog le thème de la dotation horaire au Primaire.

Pensez-vous, chère Madame, étant donné le but visé, qu’il soit possible de faire beaucoup mieux ?

Mais tout cela n’est que de la pure spéculation, évidemment.

Écrit par : Jean Romain | 27/12/2011

@Mme Roullet

70% d'échec en 1ère année de l'école de commerce !!!! Tout un programme !? Ne pensez-vous pas qu'en les mettant en classe le mercredi matin pourrait contribuer à leur donner un peu de chance supplémentaire pour la suite ?

Écrit par : Galileo | 27/12/2011

Pour M. Romain,

J’avais bien compris. cher Monsieur, que votre billet était destiné à un public valaisan ! Toutefois, pour alimenter votre opposition envers le projet de M. Claude Roch (chef du département de l’éducation, de la culture et du sport en Valais) de diminuer de deux périodes (soit de 90 minutes) l’horaire scolaire primaire valaisan, vous mentionnez Genève en donnant de fausses affirmations que je voulais corriger.
Par ailleurs, je déplore que vous n’évoquiez pas les difficultés qui seraient crées à Genève au cas où l’écolier genevois devrait aller le mercredi matin sans diminution de son horaire journalier.
Car, dans ce cas-là, « les heures-élèves ne suivront pas non plus la même courbe que les heures-enseignants ». Vous savez que les enseignants n’augmenteront pas leur horaire ! Cette réforme ruineuse et aberrante conduira donc à une “secondarisation” du primaire. Sur l’horaire scolaire de l’écolier genevois 4 heures dispersées dans la semaine seront données par d’autres enseignants (pour libérer le maître de classe). Nul doute que cette réforme, si elle devait être acceptée par le peuple, amènera beaucoup de perturbation au primaire, du stress pour les enfants et au final une diminution de leur capacité de concentration.
Vous ne dites rien non plus des 6000 élèves et plus (20% des élèves du primaire) qui pratiquent actuellement des activités extrascolaires le mercredi matin et qui, faute de salles, de terrains de sport ou d’enseignants disponibles ne pourront plus pratiquer ces activités pourtant si bénéfiques pour leur développement intellectuel, social et physique !
Dommage de ne pas mettre votre intelligence pour défendre les enfants !

Écrit par : Michèle Roullet | 27/12/2011

Pour Galileo

Monsieur, croire que l’on améliore les résultats scolaires en ajoutant des heures d’école est d’une indigence pédagogique affligeante ! Cette croyance est d’ailleurs contredite par les recherches en éducation. Le nombre d’heures passées en classe aurait un faible impact (c’est un conditionnel qui est utilisé, car les corrélations entre les paramètres et variables de PISA sont presque impossibles à établir) sur les performances scolaires. Les résultats au test comparatif de PISA indiqueraient même que les dotations horaires les plus chargées à l’école primaire donneraient de moins bons résultats !
Les enfants ont des besoins et des rythmes qu’il faut respecter ! En augmentant l’horaire scolaire d’une matinée, l’écolier genevois de 8 ans aurait une dotation horaire aussi chargée que le jeune de 14 ans ! Absurde. L’école ira droit dans le mur avec une telle réforme !
Le taux d’échec de 70% en 1ère année de l’école de commerce que vous indiquez est anormal. Il faut en rechercher la ou les causes. Les écoliers genevois ne sont pas des cancres ! S’ils réussissent un peu (et légèrement) moins bien que les Valaisans à PISA, leur résultats sont (parmi tous les pays qui ont participé à ce test international) plutôt dans une moyenne positive. Le passage du C.O à l’école de commerce a-t-il été pensé ?

Écrit par : Michèle Roullet | 27/12/2011

Chère Madame,
Vos propos au sujet du "bilan pédagogique" de Mme Brunschwig-Graf me montrent que vous connaissez très mal l'école genevoise........ Car si une personne est responsable des réformes aberrantes et dénouées de tout bon sens entreprises au CO et à l'école primaire il y a plusieurs années avec l'introduction des niveaux A et B en lieu et place des filières latines, scientifiques, modernes, générales et pratiques au CO et la réforme à l'école primaire que vous devriez bien connaître en tant que maîtresse d´école avec entre autres l'abandon des notes, c'est bien cette dame libérale, aujourd'hui PLR comme vous et moi.
SI grâce à l'Arle à l'école primaire au moins les notes ont été réintroduites et avec elles les programmes annuels, la réforme au CO est toujours une énorme catastrophe pour les élèves genevois car les exigences dans ce degré ont tellement diminué qu'encore aujourd'hui les élèves genevois peuvent accéder au collège avec des notes insuffisantes en français, mathématiques et allemand !
Merci Mme MBG !
On peut espérer maintenant que les réformes entreprises depuis l'automne 2011 au CO vont lentement renverser cette tendance du "laisser-aller" et de l'absence de toutes exigences!

Si par ailleurs je n'avais pas adhéré à l'époque au parti libéral, mais au parti radical , ce fut partiellement "grâce" à cette dame.

Écrit par : Marion Garcia-Bedetti | 28/12/2011

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