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04/12/2011

Salerno fait tout faux !

Mme Salerno exprime, dans un courrier adressé à M. Loichemol (directeur de la Comédie de Genève), son indignation que ce dernier ait invité sur une scène genevoise Bertrand Cantat.

Que Madame Salerno, comme tout citoyen ou citoyenne, puisse exprimer sa réprobation et ne pas vouloir accorder de pardon à quelqu'un qui a commis un meurtre, c'est son droit ! Mais, elle exprime là son éthique personnelle et aurait dû, par conséquent, utiliser un papier neutre pour rédiger sa missive et non pas un courrier à en-tête de la Ville de Genève.

 


En effet, une lettre frappée des armes de la Ville de Genève représente indubitablement la voix officielle. Mme Salerno ne parle alors plus à titre privé, mais au nom d'une conseillère administrative de Genève. Il est tout à fait erroné de vouloir se dédouaner en disant : « J'ai été invitée en tant que conseillère administrative ! Il n'y pas à polémiquer. C'est ma liberté d'accepter ou de refuser des invitations. C'est aussi ma responsabilité de motiver mes choix » (extrait cité in Tribune de Genève du 1er décembre 2011).

Une fois encore, Mme Salerno confond sa vie privée avec sa fonction. En tant que conseillère administrative, elle n'a pas le droit d'être menée par ses émotions. Elle se doit d'être porteuse de la voix officielle. Or, pour la société, Bertrand Cantat a purgé sa peine. Il est donc, vis-à-vis de la société, acquitté.

Cette manière de jouer la péronnelle qui s'érige en juge suprême est insupportable.

D'autant plus que Mme Salerno évoque même, pour justifier sa réaction, rien moins que les droits de l'homme (euh pardon, les "droits humains" !) auxquels la ville de Genève est si attachée...

Je ne sais pas à quel droit elle se réfère, mais, pour moi, on n'a pas le droit de stigmatiser quelqu'un qui a payé sa faute, et qui s'est acquitté vis-à-vis de la société. Lorsque quelqu'un a purgé sa peine, on ne devrait même plus continuer à dire que c'est un meurtrier. Et, il ne s'agit ni d'oubli ni d'insulte envers les victimes, mais de rédemption ou plus prosaïquement de résilience.

En réduisant Bertrand Cantat à n'être, jusqu'à la fin de ses jours, qu'un meurtrier, on réduit aussi toutes les victimes (de torture, de maltraitance...) à n'être, jusqu'à la fin de leurs jours, que des victimes !

En outre, ce déferlement de l'émotionnel ne met-il pas en péril l'institution juridique ? Car, si un condamné, même après avoir purgé sa peine, reste condamné, à quoi sert alors une décision de justice ?

Enfin, dernière question, mais qui s'écarte des droits de l'homme et de la peine purgée, comment cette lettre, envoyée par Sandrine Salerno au directeur de la Comédie, a-t-elle pu atterrir à la Tribune de Genève ? Cette lettre n'est pas allée se promener toute seule jusqu'à la rédaction de notre "Julie" ! Quelqu'un l'a donc transmise. Serait-ce Mme Salerno elle-même qui l'aurait fait parvenir à la Tribune de Genève, son nouveau chargé de communication, un de ses subordonnés à l'intérieur de son service ou encore quelqu'un parmi ses proches ?

Notre ex-maire n'a décidément pas l'air d'être bien entourée...

 

 

10:44 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | |

Commentaires

Vous avez raison.
Et lorsqu'on condamne un artiste à ne plus jamais monter sur une scène ou à ne plus présenter son art en public, autrement dit, dans le cas présent, à ne plus chanter que dans sa salle de bain, on n'est pas loin de le condamner à mort. Comme double peine, c'est assez dur.
Par ailleurs, croyez-vous que dans la situation inverse, celle d'une femme qui aurait purgé sa peine après avoir, sous l'emprise de drogue ou d'alcool, causé la mort de son époux, Mme Salerno aurait la même réaction ? Je n'en ai pas l'impression. J'ai bien peur, au contraire, qu'il s'agisse d'une réaction féministe épidermique. Et ce féminisme là, n'est pas juste.

Écrit par : Christiane Favre | 04/12/2011

Ce ne sont pas les "socialistes" qui s'opposaient à la double peine? On voit tout l'hypocrisie de cette position quand la proposition ne vient pas de leur côté. N'est-ce pas aussi un magistrat "socialiste" qui a infligé une double peine aux collégiens condamnés en Italie?

Écrit par : Johann | 04/12/2011

Merci, Madame Roullet pour cet article si vrai ! Moi, je suis très heureux que Mme Salerno montre de plus en plus comme elle fait tout faux. Ce n'est pas nouveau, mais au moins, maintenant cela se sait de plus en plus. Et plus cela se saura et plus on aura de chance qu'elle parte. Et si c'est son entourage qui le fait savoir en envoyant des documents à la presse, eh bien, tant mieux.

Écrit par : Léonard Devince | 04/12/2011

Je considère que les propos de Madame Salerno sont corrects et étaient nécéssaires !

Un meurtrier a purgé une peine pour ce qu'il a fait...soit, mais cette peine purgée ne modifie pas son histoire ni la situation de la victime.

Il ne faut pas jouer sur les mots ni faire de la pseudo philosophie au rabais.

Écrit par : Garnier | 23/12/2011

Je ne peux que rejoindre Mme Roullet quand elle affirme que "En tant que conseillère administrative, elle n'a pas le droit d'être menée par ses émotions."

Et des émotions elle en a, et croyez-moi, je parle en connaissance de cause (trop long à expliquer ici). Elle est malpolie, hautaine et arrogante avec la psychologie et la finesse d’une porte de grange.

A l’entendre, Mme Salerno ressemble plus à une petite fille frustrée à qui on a offert un poney à Noël. Elle se permet de donner des leçons d’équitation à qui veut bien lui faire croire que son avis intéresse. Pour quelqu’un qui n’a jamais vu un cheval de près…

Écrit par : Roberto | 23/12/2011

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