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26/02/2011

Changement de culture à Genève

En lisant la presse et plus particulièrement la Tribune de Genève (édition du lundi 21 février), on apprend que M. Charles Beer, chef du Département de l'instruction publique (DIP), ambitionne de changer la culture.

Et oui, rien de moins que cela !

 


Les Conseils d'établissements, créés dans les écoles primaires publiques genevoises, l'an passé, semblent déjà battre de l'aile. Lors d'un premier bilan de ces Conseils, des parents, qui en sont membres, ont émis des réserves et ont témoigné de leur sentiment de servir de « faire-valoir » ou même de « cobayes » dans ces assemblées.

Au lieu d'entendre la déception de ces parents, voici ce que leur a répondu le chef du DIP : « Le changement de culture prend du temps, insiste Charles Beer. Je préfère parler de pionniers plutôt que de cobayes ».

Depuis la chute du mur de Berlin (plus de 20 ans !), on pouvait penser qu'on n'entendrait plus, en Europe, de tels propos. Que veut dire en effet un changement de culture ?

En outre, il ne suffit pas de parler de nouvelle culture, mais de savoir plutôt ce qu'on veut y mettre. Par ailleurs, est-ce vraiment le rôle d'un chef du Département de l'instruction publique que de vouloir changer la culture ? Est-il qualifié pour le faire ? Ne devrait-il pas, plus modestement, mais plus sérieusement, penser à bien gérer son Département et, surtout, à utiliser au mieux le budget éducatif voté par le Parlement, en le mettant au service des élèves plutôt qu'en le gaspillant dans des réformes hasardeuses ?

Après la nomination d'une centaine de directeurs dans les écoles primaires, qui vide une part substantielle du budget éducatif, et qui affaiblit l'institution scolaire, ce sont ces Conseils d'établissements qui puisent, pour leur fonctionnement, une part non négligeable de l'enveloppe budgétaire du DIP.

Mais, les dépenses occasionnées par ces Conseils d'établisements ne vont pas s'arrêter là, puisque Monsieur Beer songe à offrir aux membres de ces Conseils une formation. Et, à cette proposition de M. Beer, le président de la Société pédagogique genevoise, M. Laurent Vitté, approuve. Le comble !!!

Une fois encore, on veut introduire des réformes scolaires en inversant les priorités. Monsieur Beer ne sait pas encore en quoi vont consister ces cours de formation pour les membres de ces Conseils d'établissements (« c'est une formation qui reste encore à définir »), mais l'idée est déjà annoncée !

Il suffira, évidemment, de débloquer des fonds...

 

 

 

 

13:50 Publié dans politique scolaire | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |

Commentaires

Comme une impression de déjà lu....le 21 février:

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2011/02/21/les-parents-sont-ils-des-faire-valoir.html

Celà vous aurait-il échappé?

Écrit par : Duval | 26/02/2011

Bien sûr que non, cher monsieur Duval, votre papier du 21 février ne m'a point échappé, puisque j'ai même laissé un commentaire. Mais, c'est comme une fugue de Bach, un thème peut être abordé avec des variations et sous un angle différent. Il n'y a pas de chasse gardée d'un sujet. Plus nous serons nombreux à dénoncer les dysfonctionnements de l’école publique genevoise, mieux cette dernière se portera.
En reprenant des éléments de l'article “Conseil d'établissement: les attentes sont fortes" de Sophie Roselli, publié dans la Tribune de Genève du 21 février (dont vous vous êtes également saisi), je voulais soulever les répercussions financières de ces réformes scolaires menées avec un esprit d’ambition démesurée par notre chef du DIP.

Écrit par : michèle Roullet | 27/02/2011

Je repense, M. Duval, à votre commentaire. Puisque j'aborde sous un tout autre angle un sujet que vous aviez traité, j'aurais pu, il est vrai, faire référence à votre papier.
Je crois que cela s'appelle: "faire des hyperliens”. Cela ne peut que enrichir nos blogs. J'y penserai la prochaine fois!

Écrit par : michèle Roullet | 27/02/2011

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