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Parenthèses de Michèle Roullet

  • “La mairesse” de Genève agit au gré de ses caprices

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    Avant de quitter la scène politique, notre “mairesse” veut occuper la scène médiatique. Et, là, avec ses nouveaux panneaux de signalisation aux pictogrammes féminisés, introduits en Ville de Genève pour annoncer les passages piétons, Sandrine Salerno a réussi son coup ! Tout sourire, sous les feux de la rampe (voir le TJ de 12h45 ou de 19h30 de la RTS du 16 janvier 2020), elle explique combien ces panneaux, qui offrent une déclinaison de 6 types de femmes différentes (une femme enceinte, une âgée et un couple de femmes…), sont utiles.                                  

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    D’après la magistrate, ces panneaux poursuivent un travail sur la parité hommes et femmes et permettent de lutter contre les stéréotypes, d’égayer nos rues et de questionner la place des femmes dans l’espace public. Le militantisme de notre magistrate manque, une fois de plus, sa cible, car ces nouveaux panneaux (à 56'000 francs !) ne déconstruiront aucun stéréotype. En revanche, ils ouvriront une boîte de Pandore. Avec ces panneaux “genrés”, la Ville introduit de l’exclusion. En effet, vouloir représenter la diversité de la population (gens en surpoids ; personnes en situation de handicap : unijambistes, sur chaise roulante, sans bras ; femmes en nikab…) est impossible. Mais, Mme Salerno a précisé que ces panneaux sont appelés à évoluer, et que les personnes qui se sentent oubliées pourront venir le dire « pour qu’on commence à discuter ».

    Or, la valeur d’un panneau signalétique réside dans son aspect neutre et standard. Si le bonhomme traditionnel du passage piéton a une forme trop masculine, les autorités pourraient songer à le remplacer par un pictogramme plus stylisé.

    Prendre au contraire l’option de féminiser le pictogramme peut aussi altérer la compréhension des panneaux. C’est pourquoi, les panneaux de signalisation sont soumis à une législation très stricte de la Confédération et ne peuvent être modifiés. Toutefois, il semble que les panneaux des passages pour piétons, au caractère informatif, échappent à cette jurisprudence. Il serait néanmoins intéressant qu’un juriste se penche sur la légalité de l’action de Mme Salerno qui transgresse parfois allégrement notre constitution. On se souvient de son attitude sexiste envers les employés de la Ville lorsqu’elle avait donné congé exclusivement aux femmes et aux transgenres - mais pas aux hommes - pour participer à la grève du 14 juin 2019 (Cf. ancien billet).                

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    Comme je l’ai écrit ci-dessus, en féminisant ces panneaux, il y a un risque de perte de lisibilité. A cet égard, j’aimerais faire un témoignage sur une situation vécue, il y a deux ans. J’étais à l’angle de la rue de la Fontaine et de la rue du Vieux-Collège, où se trouvait (et se trouve toujours) un panneau (déjà !) féminisé, censé indiquer la fin d’une zone piétonne (Cf. la photo). J’ai été alors abordée par un touriste indien, qui visitait Genève avec sa femme et son petit garçon. Perplexe et arrêté net devant ce panneau, cet Indien me demanda :

    « Excuse me lady, is it not allowed for my wife and my son to go further on ? »

    Non, ce n’est pas un sketch, même si l’anglais au fort accent indien a rendu la scène, pour moi, plutôt comique. En revanche, la réaction de ce touriste indien était fort pertinente. Introduisant une femme (en robe, alors que tant de femmes sont aujourd’hui en pantalon !) qui tient un enfant par la main (bonjour le stéréotype, dès qu’il y a un enfant, on met une maman), ce panneau donne à penser que les femmes et les enfants ne sont pas autorisés à aller plus loin, à franchir cette zone. Lecture logique, puisque le féminin est exclusif alors que le masculin est inclusif !

    Ne pourrait-on pas attendre de la part de « la mairesse » de Genève qu’elle agisse avec un peu plus de sérieux, et qu’elle prenne ses décisions en consultant le parlement de sa commune ? Pour précision, avec Mme Salerno, je féminise l’article et le mot et je dis « la mairesse ». En effet, pourquoi n’appliquer, envers elle, l’exigence du féminin qu’à l’article, alors qu’elle impose, dans l’administration, une féminisation absolue du langage ? Or, les mots se féminisent ! On dit bien un maître – une maîtresse ; un âne – une ânesse » (Cf. ici).

    Enfin, la priorité d’un maire ne devrait-elle pas être d’instaurer des mesures, voire des réformes, qui rassemblent les habitants de sa commune ? Or, les décisions de Mme Salerno, reconnaissons-le, divisent, séparent la population et favorisent le communautarisme. Elles sont aussi, comme l’écrit Julie (in, TdG du week-end) s’exprimant sur « ce changement de sexe opéré sur les 250 panneaux bleus des passages pour piétons […] des préoccupations d’enfant gâté […] déplacées ».

    En outre, ne devrait-on pas s’inquiéter de l’obstination de Mme Salerno à détruire le socle commun de notre société ?

     

     

  • L’onde de choc du livre de Vanessa Springora

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    Depuis le tsunami déclenché par le livre « Le Consentement » de Vanessa Springora (que je n’ai pas encore pu me procurer), les médias et réseaux sociaux ne parlent que du scandale Matzneff. C’est tout un monde ou plutôt l’idéologie d’une liberté sexuelle totale, prônée dans les années 70-90 comme tremplin d’un progrès sociétal, censé apporter le bien-être à tous, qui est aujourd’hui questionné. Et, c’est tant mieux !  Car, tout aveuglement ou excès déverse son lot de victimes et ses tragédies. Or, Vanessa Springora est bien une victime de cette époque complaisante, qui, au nom d’une libération sexuelle, s’est fait dévorer, à 14 ans, par un ogre de 50 ans, qui s’est emparé de son innocence, en l’assaisonnant à son goût de pédophile. Assurément, ce docteur es amours libertaires, dont l’aura d’écrivain célèbre ajoutait du prestige, et qui s’autoproclamait être en avance sur son époque engluée dans une morale petite bourgeoise, savait que la meilleure manière de capter sa proie, c’était de faire croire à sa victime qu’elle était libre, et qu’elle entrait dans une relation amoureuse, hors norme et d’autant plus sublime, qu’elle y entrait de son plein gré !

    La parole de Springora est une catharsis. Après tant d’années de souffrance où son statut de victime était dénié (y compris par elle-même, puisque Matzneff, en manipulateur, savait culpabiliser ses victimes), Vanessa Springora publie son livre qu’elle qualifie, pour elle, de « réparation symbolique », et qui permettra aussi de décortiquer les mécanismes d’abus de pouvoir, utilisés par les pédophiles et tyrans.

    Mais, pour saisir les excès de la révolution sexuelle des années 70-90, qui ont conduit à des viols d’enfants (dans des sectes, entre autres), il faut d’abord la resituer dans le contexte de l’époque. Il faut se rappeler les discours qui enrobaient cette révolution sexuelle : discours sur la lutte contre les préjugés et les normes “bourgeoises” ainsi que sur la place de l’enfant et de l’adolescent. Faire sauter les carcans d’une société patriarcale, figée, sans égalité entre hommes et femmes, était le fondement de cette idéologie libertaire, qui promettait un avenir ouvert sur un monde plus juste, plus égalitaire, avenir labellisé sous les slogans « Peace and love » et « Il est interdit d’interdire ». L’interdit, connoté alors négativement, était perçu comme la marque d’un esprit borné, machiste, qui voulait confisquer le pouvoir. Rappelons qu’à cette époque, les femmes en avaient peu ! Le droit de vote, en Suisse, pour les femmes, date de 1971 (en France, de 1944). Dépendantes économiquement du mari, les femmes, pour postuler pour un travail, devaient obtenir l’accord du mari et étaient souvent réduites à n’être que « des potiches ou des bonniches » (je paraphrase le titre de l’ouvrage de Claude Alzon, « La femme potiche & la femme bonniche. Pouvoir bourgeois et pouvoir mâle », publié en 1977). Le mouvement de libération des femmes (MLF, né vers 68), avait le vent en poupe et disposait d’une édition prolixe de livres dans lesquels était défendue la revendication des femmes de disposer de leur corps (droit à l’avortement, à la contraception).

    Dans le sillage de cette révolution sexuelle, s’est développé tout un discours sur l’enfant, l’adolescent dont la liberté et la libido devaient également être respectées. Un Daniel Cohn-Bendit, avec ses doctrines qui nous paraissent aujourd’hui hallucinantes, publiait en 1975, un livre sur la sexualité des enfants de 1 à 6 enfants (dans les crèches), dans lequel il banalisait les caresses à connotation sexuelle entre enfants et éducateurs (sa première activité professionnelle). En 1982, à Apostrophes, il reparle de ces jeux érotiques avec de jeunes enfants, “jeux” qu’il qualifie de « fantastiques ». Ces propos délirants n’ont alors déclenché aucune foudre médiatique. Ce n’est qu’en 2001 que les propos de Daniel Cohn-Bendit, repris en Allemagne, en France et au Royaume-Uni (alors qu’il est député européen depuis 1994, réélu en 1999) susciteront un émoi. Ces attaques pourtant n’ébranleront guère Dany le Rouge qui expliquera qu’il n’y avait jamais eu de caresses entre des enfants et lui-même, et qu’il n’avait tenu ces propos que par pure provocation ! Les accusations de pédophilie à son encontre ne déboucheront sur aucune enquête ou poursuite et n’auront aucune incidence sur sa carrière politique. Il sera réélu brillamment aux élections européennes de 2009 et coprésidera le groupe des Verts/Alliance libre européenne au Parlement européen de 2002 à 2014. Cet exemple montre combien la liberté (dans les années 70-90) était l’étendard brandi sans aucune limite, si ce n’est la liberté de l’autre !

    La grande question de l’époque (nourrie par Michel Foucault) sur la nature de la répression et le fondement des interdits se focalisait alors sur les normes (sexualité, mariage, amour, prison, institution...).

    Avec le rejet de tous les tabous, l’enfance devient aussi le lieu de questionnement. Quelle éducation ? Ne faut-il pas libérer l’enfant du pouvoir oppressif des adultes (parents, enseignants, prêtres, pasteurs, éducateurs) ? Rousseau et Piaget sont alors souvent conviés (en déformant leurs théories) pour dénoncer l’acte éducatif aliénant et inopérant, puisque l’enfant doit apprendre, par lui-même, en faisant ses propres expériences.

    Les travaux de Dolto, qui ont révélé l’importance d’écouter les enfants et de leur parler, sont aussi instrumentalisés pour plaider des rapports égalitaires ou de réciprocité entre enfants et adultes. Beaucoup trouvent alors juste que l’adulte dise toute la vérité à l’enfant, oubliant que l’enfant est un être fragile, en formation, et qui doit être protégé par l’adulte.

    Evidemment, ce discours de libération et de transgression a été une aubaine pour des pervers qui vont en profiter, pour assouvir leur besoin de domination et de violences sexuelles sur des enfants. Matzneff dont on réalise aujourd’hui, avec stupeur, que ce prédateur sexuel a pu se livrer à ses déviances, en toute impunité, sans jamais être poursuivi par la justice, alors même que ses pratiques sexuelles (racontées en détail dans ses écrits - publiés dans la plus grande Maison d’édition, Gallimard - ou sur les plateaux de télévision) constituent des délits qui tombent sous le coup du Code pénal.

    Je me souviens avoir entendu Matzneff à Apostrophes, émission phare de ma jeunesse, où entre amis, nous poursuivions longuement et avec fébrilité, une fois l’écran éteint, nos discussions. Je ne sais plus si j’ai été choquée par Matzneff. Mais je me souviens que je lui trouvais un air de dandy déplaisant.

    J’ai tout de même un de ses livres dans ma bibliothèque que je suis allé rechercher. Première surprise, je n’ai pas lu ce livre (ni date ni annotation dans le livre !). M’est-il tombé des mains, aussitôt saisi ? J’ai ouvert, hier, au hasard ce livre. Voici le passage sur lequel je suis tombée :

    « Nuit du dimanche 24 au lundi 25. Marie-Laurence n’est pas faite pour le bonheur, elle fourre du drame partout, est incapable de s’abandonner à ce qu’il y a d’heureux dans ce que nous vivons, Marie-Elisabeth, elle et moi. Mercredi, après le simulacre de procès, puis samedi, j’ai eu droit à de pénibles scènes “d’explications” entre mes deux amantes. Cela se passait chez moi, j’étais présent, mais j’avais le sentiment très vif d’être exclu de la dispute, de n’être qu’une potiche » (« Mes amours décomposés. Journal 1983-1984 », Paris, Gallimard, 1990, p. 81).

    Ces quelques phrases révèlent l’égocentrisme de ce manipulateur terrifiant, insensible à la souffrance qu’il peut générer. Lui, il est fait pour le bonheur ! Mais, ces “amantes”, qui se plaignent, ne font que « fourrer du drame partout ». Elles sont incapables, elles, d’accéder au bonheur et pire avec leurs « pénibles scènes », elles le réifient, le transforment en « potiche » ! Bref, un parfait tyran qui parvient à enfermer ses proies en les culpabilisant et en retournant la situation à son avantage. Ce n’est pas lui qui fait de ces jeunes filles ses objets, mais c’est lui qui est réifié, et qui se lamente d’être leur victime ! On comprend combien il a dû être difficile pour Vanessa Springora de sortir des griffes de ce prédateur.

    Il est bien sûr déroutant de prendre conscience qu’on a pu manquer de lucidité au point de fermer les yeux sur de tels agissements délictueux. Mais, cela montre aussi que chacun vit dans son époque et fait corps, plus ou moins (les lucides et courageux plutôt moins) aux idées de son temps.

    Faire un procès à toute une génération est un oreiller de paresse. A cet égard, je m’indigne des attaques et insultes lâches (car anonymes) lancées contre Bernard Pivot. Son émission « Apostrophes », exceptionnelle, était suivie par des millions de téléspectateurs, tant ce journaliste avait du brio pour diriger les débats. Or, les indignations, qui s’érigent aujourd’hui contre Matzneff, étaient à cette époque muettes ! On peut certes louer Denise Bombardier qui a eu le courage et la lucidité d’être une voix discordante de son époque. S’indigner aujourd’hui n’est pas un acte de courage, car il est facile, pour la nouvelle génération, de suivre l’air du temps et de jouer les donneurs de leçons en affirmant que « le choc des époques n’existe pas », que ce n’est que du bluff pour trouver des excuses et ne pas voir l’insoutenable afin de maintenir la culture du viol. C’est l’opinion d’Eglantine Jamet, dans « Le grand bluff du choc des époques » (in, Le Temps du 07.01.2020), qui conclut son billet par une morale gentille, mais un peu courte: « Il serait temps de regarder la réalité en face, d’assumer ses responsabilités et, surtout, surtout, d’éduquer autrement. »

    Ce ton moralisateur peut aussi être ravageur et générer du fanatisme avec son lot de victimes. Tant l’attentat contre Charlie Hebdo que la suppression de dessin dans le New York Times ont été décidés au nom d’une morale (pas la mienne !).

    La liberté sexuelle n’était pas une idéologie claquemurée dans le milieu intellectuel.

    Il est également faux, à mon avis, d’écrire : « Oui, il a existé un petit milieu artistico-littéraire qui a soutenu ce genre d’idées, mais il n’était pas du tout représentatif » (Ibid.).

    Ces revendications de libération sexuelle se sont manifestées partout en Europe occidentale et aux Etats-Unis. Elles étaient, me semble-t-il (mais cela mériterait une recherche historique), portées plutôt par un anti-intellectualisme qui allait de pair avec le grand retour à la Nature ! La thérapie primale, développée en 1967, où l’on pratiquait le cri primal, pour surmonter ses névroses et vivre sa renaissance, était en vogue. La vie en communauté aussi où l’on remettait en question les valeurs “bourgeoises” et le modèle de vie familiale en rêvant de vivre à l’ancienne dans la nature avec chèvres et potagers. Dans certaines communautés, on prônait l’amour libre ou le libre cours à ses pulsions…

    Les utopies ne sont pas négatives. Elles peuvent permettre à une société de se réinventer pour répondre aux besoins de son époque. Aujourd’hui, on rêve à des modèles participatifs où les employés deviennent des collaborateurs. On veut créer des solidarités nouvelles, posséder moins tout en disposant de biens par un système de partage. Ces pistes sont évidemment intéressantes, mais elles peuvent également créer de nouvelles formes d’abus et d’exploitation.

    Toute utopie ou idéologie et « Le consentement » de Vanessa Springora nous le rappellera, peut basculer dans l’horreur s’il y a emprise, aveuglement, fanatisme et excès. Enfin, n’oublions pas que les violences et les dominations s’exercent d’autant mieux lorsqu’elles se font au nom d’une libération, d’une saine morale, d’une juste cause ou d’une foi éclairée…

     

     

  • Se promener nu dans l’espace public 

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    Nous vivons dans un monde moderne, où chacun revendique le droit de suivre ses croyances, sa religion, sa philosophie, sans entrave ni limite. Mais, où mènera cette demande illimitée de libertés individuelles ?

    - Pour certains, cette exigence de liberté se loge dans le droit, pour les femmes, de porter la burqa ou le niqab dans l’espace public. L’émission « Infra Rouge » (RTS, le 18.12.2019) a permis d’entendre des plaidoiries décoiffantes sur la liberté qui permettrait de choisir l’enfermement, l’exclusion ou le repli sur soi. La liberté reviendrait alors à suivre l’exhortation paradoxale du « obéis, sois autonome » ! Difficile de démêler les fils de cet écheveau dialectique !

    Mais, les religions suivent des voies obscures,
    Epineuses, et qui ne sont pas des sinécures !

    - Pour d’autres, tels les membres de « l’Eveil des énergies naturelles » (EDEN), la liberté consiste à défendre le droit de déambuler nus dans les rues, les théâtres et plus encore sur les lieux de travail. En effet, parmi les dogmes de cette religion, qui s’enracine dans des croyances ancestrales de Sao Rico, la transcendance de l’âme ne peut s’exprimer que dans le renoncement, la simplicité et le dénuement (au sens littéral) de ses membres (bras, jambes, tête et corps tout entier). C’est pourquoi durant leurs célébrations, les fidèles chantent :

    « Qu’il est barbare de porter vêtement afin de cacher
    nos attributs divins que la chair doit honorer et dévoiler ! »

    Pour cette communauté, les habits ne sont que des artifices qui génèrent des inégalités, entravent les relations et obstruent l’esprit. L’EDEN autorise toutefois les femmes enceintes, les personnes âgées et ses membres, lors de temps froid et pluvieux, ainsi que pendant les jours de fêtes, de se vêtir.

    Cette “nouvelle” religion rencontre beaucoup de succès auprès des naturistes qui se convertissent en nombre impressionnant. Il est vrai que beaucoup de nudistes ne supportent plus d’être parqués dans des camps. Une plainte a d’ailleurs été déposée, au Tribunal de Karlsbourg, pour violation des Droits de l’Homme par des naturistes du camp d’Afghar, qui plaident le droit de se promener nus, partout, sans que cet acte naturel constitue le moindre délit.

    Alexis Favre organisera-t-il, dans un prochain « Infra Rouge », un débat sur cette revendication en vogue dans notre société ? On ne sait pas encore. En revanche, personne n’ignore que les “édenistes” éveillent des passions virulentes au sein de la population. Les forces de l’ordre craignent même des confrontations violentes et incontrôlables entre ceux qui considèrent que « la femme est comme une perle dans un coquillage qu’il ne faut pas montrer, car elle crée des jalousies » (dixit un certain prédicateur cliquez, Cf. 1 et 2) et ceux qui estiment que le corps, tant celui de l’homme que de la femme est un pur saphir à exhiber sans retenue, car la nudité calme les colères et éveille des relations sociales apaisées.

    Faudra-t-il des heurts qui mettent en péril nos démocraties pour qu’enfin on réalise, en Europe, qu’un individualisme exacerbé n’est pas supportable ? Si la liberté est un droit fondamental, elle n’est nullement le droit de faire tout et n’importe quoi. Adopter des pratiques aliénantes en se soumettant à un pouvoir religieux, patriarcal ou autre peut être un acte de foi, un asservissement volontaire, mais en aucun cas un acte de liberté ! Revendiquer une liberté, dans ces cas-là, est une aporie qui travestit la langue. Or, la langue est le fondement de la culture. Les mots ne peuvent pas dire tout et son contraire, sauf à vouloir manipuler les esprits, empêcher tout dialogue en stérilisant la “pensée”, faire imploser nos sociétés ou encore, au nom d’un multiculturalisme fourre-tout, saper ce qui cimente une population : son histoire, sa culture et sa civilisation avec ses fondements, ses codes, ses valeurs et ses contraintes…

  • Le PISA Nouveau est arrivé !

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    Début décembre est arrivé le PISA Nouveau ! Assurément, la cuvée 2019 ne réjouit guère les Suisses, puisque les résultats de l’enquête donne un cru plutôt mauvais.

    Si les jeunes Suisses continuent à obtenir de bons résultats en mathématiques et dans le domaine des sciences, en revanche le niveau de la lecture (déjà peu satisfaisant en 2015) a encore baissé. Au point que la Suisse, avec cette dernière récolte, obtient un score au-dessous de la moyenne de l’OCDE (de 3 points) ! Comment interpréter ces résultats ?

    Laissons aux chercheurs en éducation, qui disposeront de données détaillées avec les scores cantonaux, tirer quelques réflexions !

    Cela étant, il est important d’adopter un regard nuancé sur ces résultats. Sans nier leur importance, puisque ces données comparatives entre pays peuvent nous permettre de questionner nos politiques scolaires, on peut tout de même s’interroger sur la pertinence du test PISA.

    En effet, ne doit-on pas toujours garder à l’esprit que les compétences humaines ne peuvent être évaluées de manière objective ou purement scientifiquement ? Assurément, il faut admettre que derrière toute observation (fût-elle menée dans des laboratoires de psychologie expérimentale ou avec des outils informatiques les plus performants), il existe toujours une relation entre le chercheur et l’observé, qui passe nécessairement par le langage et donc par des représentations mentales.

    Les philosophes au XIXème siècle, influencés par le scientisme ambiant, et qui rêvaient d’étudier scientifiquement l’enfant, avaient bien cerné cette difficulté. Les médecins et psychologues au  XXème siècle, occultant que toute mesure d'un phénomène dépend toujours de la définition donnée, préalablement, audit phénomène, prétendront - grâce à des procédés de mesure, des méthodes de tests, des expérimentations, des enquêtes, des calculs de coefficients, de corrélations, de probabilités, de statistiques, de données quantitatives, etc. - pouvoir étudier l'humain scientifiquement. Ces derniers renieront les philosophes, les traitant de littérateurs « coupables d’être des bavards » qui n'auraient produit aucune connaissance ni sur le développement de l'enfant ni sur les méthodes didactiques. Et avec assurance, ils se proclameront les créateurs d’une nouvelle science : la psychologie “labellisée” infaillible. Mais, trop de certitude tue la science.

    C’est pourquoi, les tests et évaluations sont actuellement reçus avec plus de prudence. Personne aujourd’hui ne conteste, par exemple, que le test d’intelligence (QI), qui date d’un siècle, apporte des données intéressantes certes, mais lacunaires (les aptitudes émotionnelles, créatives… sont occultées), car ce test est trop focalisé sur des facultés intellectuelles nécessaires à la scolarité et en lien avec le langage (compréhension des mots et des consignes).

    Les mêmes réserves peuvent être émises avec l’évaluation PISA qui use d’une méthodologie qui soulève bien des questions, notamment sur la manière d’interroger les jeunes (questions à choix multiples), qui privilégie une approche anglo-saxonne.

    Enfin, pour tester les performances en lecture, ne faut-il pas interroger la qualité du texte ? Le récit titille-t-il la curiosité des jeunes ? Les questions posées sont-elles pertinentes ? Ont-elles un sens pour ces jeunes lecteurs ?

    Une fois ces réserves soulevées, on peut néanmoins s’inquiéter de la baisse du niveau de lecture.

    Cette baisse de lecture est-elle l’indice d’une évolution de notre société envahie par l’informatique ?

    Les jeunes, scotchés sur leurs écrans, ont-ils perdu l’expérience de la lecture profonde ?

    Alors que je tentais de dire mon plaisir de lire à une jeune fille de 15 ans, qui déteste lire (lorsqu’elle doit lire un livre pour l’école, elle surfe sur internet pour trouver les courts résumés), cette jeune fille me répondit : « la lecture, c’est nulle, c’est pour les vieux ! » Cette répugnance envers la lecture, révèle-t-elle un nouveau rapport au monde, où le livre (qui nous plonge dans un temps “hors du temps”, un temps long de concentration) ne nous enchante plus ?

    Le rejet de la lecture touche-t-il toutes les couches de notre société ? On se souvient du mépris pour le livre du président Sarkozy qui ne comprenait pas qu’on puisse encore lire aujourd’hui « la Princesse de Clèves » !

    Cette baisse du niveau de lecture a-t-elle particulièrement affecté Genève ? Si oui, ne faudrait-il pas questionner (enfin !) les dernières réformes scolaires (introduction de directeurs et directrices d’établissement scolaire et de l’école le mercredi matin) qui ont gravement péjoré l’école genevoise (et amené une augmentation exponentielle de fonctionnaires au DIP, qui au lieu de soulager les enseignants, a transformé le DIP en usine à gaz). Quant aux élèves primaires genevois, rappelons qu'avec l'introduction du mercredi matin scolaire, ils ont un horaire plus chargé que celui des collégiens, et qu’ils sont peut-être saturés d’école. A cet égard, les analyses menées par le test PISA ne montrent aucune corrélation entre le nombre d’heures passées à l’école et les résultats au test. PISA témoignerait plutôt que les dotations horaires les plus chargées, donneraient de moins bons résultats.

    Pour conclure, les résultats des tests PISA soulèvent plus de questions qu’ils n’apportent de réponses. Néanmoins, ils donnent des pistes de réflexion à poursuivre…

     

  • 11 novembre « fête de la consommation » !

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    En entendant, aujourd’hui, sur la radio RTS, évoquer la date du 11 novembre comme étant une date particulière, je m’attendais que le propos nous conduise vers l’armistice de la Première Guerre mondiale. C’est en effet le 11 novembre 1918, dans un wagon-restaurant provenant du train d’état-major du maréchal Foch, stationné dans une clairière de la forêt de Compiègne, que fut signé l’armistice qui mit fin aux combats de cette terrible guerre qui a fait près de 20 millions de morts, d’invalides ou de mutilés.

    A cet égard, je ne peux m’empêcher d’aller lire les noms sur les monuments aux morts en France, jusque dans les plus petits villages. Les longues listes de disparus, avec parfois un nom de famille, cité avec une occurrence qui défie toute imagination, nous permettent de prendre la mesure de ce que fut cette guerre, qualifiée de « guerre totale » !

    Ces listes de morts, gravées dans le marbre de ces monuments au cœur des villes et villages de France me mettent toujours dans un état de sidération. Que de souffrances et de deuils ! Que de familles meurtries ! Que d’orphelins et de veuves sur tous les continents !

    Dans toutes les capitales européennes (et villes et villages), la population, en apprenant qu’un armistice était signé entre les alliés et les Allemands, exprime son soulagement. A Paris, plus d’un million de personnes descendent dans la rue pour célébrer cet armistice. Même en Allemagne, pourtant vaincue, et qui va signer une abdication aux conditions humiliantes pour elle, la population berlinoise manifeste sa joie dans les rues pour cet armistice qui signifie la fin des souffrances. Dans la Presse du monde entier, l’événement occupe la « Une » des journaux comme dans le New-York Times du 11 novembre 1918.

    Cette Grande Guerre a ravagé la population mondiale (population qui verra encore sa mortalité drastiquement augmenter au sortir de ce conflit, puisque les assauts de la grippe espagnole, répandue en pandémie dès 1918, feront presque autant de victimes que la Première guerre !). Rappelons que la Première Guerre est un tsunami géopolitique mondial où vont se mettre en place de nouveaux états et centres d’influences politiques. En effet, c’est bien la Première Guerre mondiale qui va entrainer la chute des empires allemand, russe, austro-hongrois et ottoman, un remaniement de frontières, de souverainetés et la formation de nouveaux états en Europe et au Moyen Orient. Et, sans le savoir encore, des conditions de paix (fixées définitivement dans le traité de Versailles du 28 juin 1919) qui mettent en germe des insatisfactions et ressentiments qui, d’après de nombreux historiens, joueront un rôle non négligeable dans l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale !

    Ce succinct récit nous rappelle que le 11 novembre est une date capitale dans l’histoire mondiale. En France, les commémorations ont lieu à Paris où Macron inaugure un monument dédié aux soldats morts hors de France.

    Mais, en Suisse, pas un mot sur cette date historique sur les ondes radiophoniques ! Les seules informations que j’ai entendues sont que le 11 novembre est la « fête des célibataires », qui est célébrée en faisant de cette journée, la « journée internationale de la consommation ». Cette fête prendrait son origine en Chine, car (si j’ai bien compris) le 11.11 (11ème jour du 11ème mois), les 1 symboliseraient l’individu seul, pas encore marié ! En tout cas, du point de vue markéting, ça marche !

    Cette fête de la consommation voit une ruée des ventes en ligne. Le 11 novembre, sur le site Alibaba (la plus grande plateforme de commerce en ligne du monde), plus de 300'000 commandes sont enregistrées à la seconde !

    Se retrancher dans son “cocooning”, bouffer des chips (ou se faire livrer avec « Uber Eats » ses plats préférés) tout en commandant en ligne le plus de produits possible, est une passion contemporaine. Cette activité nous permet de rester au chaud et d’oublier toutes les tragédies humaines dont celle des tranchées où tant de poilus vivaient l’horreur dans l’attente de la mort.

    Décidément, nous vivons une période formidable, dans un monde merveilleux ! Consommons, consommons, consommons…

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  • Ouverture à l’Autre et reniement de soi !!!

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    Les membres du Conseil municipal en Ville de Genève ont reçu une invitation au cimetière des Rois pour participer, aujourd’hui (ce samedi 2 novembre), à « la présentation de la tradition de la "Fiesta de Dia de Muertos" » ainsi qu’à la réception qui suivra.

    Cet événement suscite de nombreuses réactions dont l’excellente Lettre du jour du Courrier des lecteurs (in TdG du 28 octobre 2019) « Fête mexicaine conviée aux Rois », rédigée par Isabelle Brunier. Cette historienne dénonce l’effet pervers de ces fêtes imposées par les autorités de la Ville de Genève qui est « d’implanter dans des lieux généralement dédiés au silence, à la contemplation, au recueillement et d’en faire des lieux de fiestas obligatoires ».

    Madame Brunier a raison ! Comment nos autorités ont-elles pu prendre une décision aussi ahurissante d’organiser cette fête à l’issue de laquelle un buffet de petits canapés, biscuits et boisson sera offert aux participants ?

    Rappelons, en effet, que le 2 novembre, pour l’Eglise catholique, est la date de la commémoration des fidèles défunts. Ce jour est traditionnellement consacré à une visite familiale au cimetière, à l’entretien et au fleurissement des tombes où les chrétiens viennent pour prier et, dans nos contrées, se recueillir. Or, le cimetière des Rois a beau être implanté dans la Mecque du Protestantisme (où se trouve d’ailleurs la tombe de Calvin), de nombreux défunts enterrés dans ce cimetière sont des catholiques dont les familles viendront peut-être se recueillir durant la fête des morts.

    Que cette commémoration, ce jour de prière et d’espérance puissent prendre des formes différentes suivant les pays, cela est admirable et montre combien l’Eglise catholique a su s’adapter au milieu culturel où elle a prospéré. En effet, les origines de la fête des Morts au Mexique ("Fiesta de Dia de Muertos") où les familles viennent danser, manger, festoyer sur les tombes des défunts, pour réunir morts et vivants, remontent à la civilisation des Aztèques. Nul doute que cette fête, classée par l’UNESCO dans la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, peut avoir le pouvoir de questionner le rapport que nous entretenons, nous-mêmes, avec la mort, et qu’un dialogue entre cultures est un enrichissement précieux. Que nos autorités veuillent sensibiliser la population genevoise au rite des Mexicains pour célébrer leurs morts est une idée noble. L’ouverture à l’Autre, n’est-elle pas assurément un ferment pour la paix sociale ?

    En revanche, implanter cette fête dans un cimetière genevois, et le cimetière le plus emblématique de Genève, le cimetière des Rois, est un manque de discernement affligeant, un manque de respect pour la population genevoise et une faute inexcusable.

    La présentation de cette tradition mexicaine aurait pu être faite dans un autre lieu “laïc”, dans la salle communale de Plainpalais ou en plein air dans un de nos nombreux parcs en Ville de Genève.

    A cet égard, ce n’est pas la première fois que nos autorités, au nom du multiculturalisme, du “vivre ensemble” font ce genre de bévue ! Rappelons-nous, par exemple, que la viande de porc avait été supprimée dans certains restaurants scolaires en Ville de Genève, au nom du respect des élèves musulmans ! Cette interdiction, suite à l’intervention et à l’indignation de conseillers municipaux a été levée, il est vrai, par la conseillère administrative en charge du parascolaire.

    Genève a une longue tradition d’accueil d’étrangers et de cultures qui parviennent à vivre en harmonie. Si nous voulons que notre Ville puisse poursuivre sa mission, évitons de renier nos traditions et nos racines culturelles. Ce n’est pas en se reniant que l’on accepte l’Autre. Le commandement dans l’Evangile : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » reste d’une actualité indépassable et universelle.

    Que nos autorités s’en souviennent !

     

    Nota bene : puis-je suggérer à ceux qui, ce soir, éprouveront une envie irrépressible de danser sur une tombe, de choisir la tombe de Calvin, manière de faire un petit pied de nez à celui qui, dans ses Ordonnances, avait interdit la danse à Genève ?

    Enfin, pour ceux qui voudront rendre un bel hommage à deux belles figures de Genève, je leur suggère d’aller fleurir la tombe de notre poétesse Simone Rapin et celle de notre philosophe Jeanne Hersch. Deux femmes admirables qui ont su honorer Genève !

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  • Aborder le racisme anti-Noirs à Genève… oui, mais comment ?

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    De vifs débats ont éclaté aux séances du Municipal de la Ville de Genève (le 9 et 14 octobre) lors du traitement de la motion (M-1446) « Pour une réponse aux besoins dans la prévention et la lutte contre le racisme anti-Noir.e.s en Ville de Genève ».

    Pour les signataires (à gauche de l’échiquier politique) de cette motion, le racisme anti-Noirs, étant un racisme spécifique, ne peut être abordé d’une manière générale. Il devrait être traité par une association spécialisée dans ce type de racisme d’où la demande : d’« attribuer une subvention à une ou des associations compétentes et spécialisées dans le racisme anti-Noir.e.s ».

    Les conseillers municipaux qui ont refusé cette motion ne dénient pas que le racisme anti-Noirs soit une problématique particulière, et que les personnes noires puissent être confrontées à une discrimination raciale systémique avec des préjugés hérités des tragédies qui ont émaillé l’histoire des Noirs : colonisation, traite négrière… (Cf.  la brochure « Recommandations de la commission fédérales contre le racisme » publiée par la commission fédérale contre le racisme a d’ailleurs publié - CFR)

    Non, ils ont rejeté cette motion parce qu’ils la trouvent dommageable. Pourquoi enfermer des êtres humains dans des catégories hermétiques et mettre ainsi les Noirs dans un groupe à part pour traiter du racisme anti-Noirs ?

    N’est-il pas paradoxal et contre-productif de vouloir lutter contre le racisme en créant de la ségrégation et, par ricochet, une forme larvée de racisme ? Si on commence à faire des catégories (et des hiérarchisation), où va-t-on s’arrêter ? Faudra-t-il créer des associations contre le racisme pour les femmes noires, pour les “Jaunes”, etc…

    Ensuite, les Noirs font-ils partie d’un bloc homogène ? N’est-ce pas une dérive dangereuse qui réduit des êtres humains à n’être qu’une abstraction ! N’y a-t-il pas à Genève des Noirs sans papiers, d’autres ayant le statut de hauts fonctionnaires d’organisations internationales, des Noirs des Etats-Unis, du Proche Orient, des Antilles, de l’Inde ou encore suisses ?

    C’est pourquoi, cette motion qui parle de racisme anti-Noirs est mauvaise. Au nom d’une belle et noble cause (lutter contre le racisme), elle veut séparer, dans les actions de prévention et de lutte contre le racisme, les Noirs, faire des Noirs une catégorie à part, ne pas les mêler aux autres.

    Lors des débats, des propos désobligeants ont également été tenus par des conseillers municipaux, qui se croient, eux, vaccinés contre toute forme de racisme, et qui se permettent de donner des leçons à ceux qui ne les suivent pas. Ainsi, pour avoir relevé ce paradoxe qui consiste à vouloir lutter contre le racisme en séparant les Noirs, créant, ipso facto, du racisme, j’ai eu droit à quelques attaques. Mon propos a été qualifié de « posture théorique », «  de rhétorique », qui ne serait que de la « bien-pensance blanche » ! Bref, nous savions qu’une pensée puisse être molle, mal formulée, mais être taxée de « bien-pensance blanche » est vraiment une insulte raciste anti-Blancs ! Les propos envers la police, accusée de faire du délit de facies, ont été aussi totalement déplacés. Si un inspecteur de la brigade des stupéfiants s’avise à interpeler un homme noir, ce n’est pas qu’il est raciste, mais parce qu’il a aperçu un étrange commerce. Car enfin, ce n’est pas la couleur qui fait le dealer ! Mais, occulter que le trafic de la cocaïne est, à Genève, entre les mains de réseaux africains, est une attitude inconsciente. Rappelons que les policiers sont des fonctionnaires qui ont prêté serment, et qui, pour la plupart, travaillent, en respectant nos lois, pour assurer la sécurité de la population genevoise.

    D’ailleurs, ce n’est pas en se montrant agressif, donneur de leçons et accusateur que l’on combattra efficacement le racisme d’autant plus que celui-ci s’enracine précisément dans la haine de soi !

    Cette motion, qui demande à la Ville de subventionner une association compétente et spécialisée dans le racisme anti-Noirs, ne méritait pas d’être retenue (elle a avec le soutien du PDC été acceptée). Dommage, d’autant plus qu’elle semble ne pas reconnaître la compétence d’associations (comme la Ligue internationale contre le racisme (LICRA), le Centre d’écoute contre le racisme (C-ERC), le Bureau d’intégration des étrangers (BIE)… qui font un excellent travail avec comme priorité : lutter contre toutes les formes de racisme et d’antisémitisme sans faire de discrimination !

    Donc, lutter contre le racisme… oui, mais pas n’importe comment !

     

     

     

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  • Parité au sein des parlements, à quel prix !

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    Le projet de loi d’un député socialiste neuchâtelois pour imposer une parité parfaite entre hommes et femmes au sein du Grand Conseil a été balayé (en mai 2019) par le parlement neuchâtelois.

    Cette tentative avortée n’a cependant pas découragé des élus genevois d’Ensemble à Gauche (EàG), qui ont déposé, le 27 septembre 2019, devant le Grand Conseil genevois, le même projet de loi (Cf. l’article d’Eric Budry « Tentons la parité durant quinze ans au parlement », in, TdG du 01.10.19).

    Pour obtenir une parité absolue, chaque parti inscrirait ses candidats sur deux listes électorales distinctes, en séparant les hommes des femmes. Deux scrutins séparés seraient ensuite organisés, en même temps, obligeant les électeurs à choisir leurs candidats sur deux listes, pour avoir ainsi 50 hommes et 50 femmes au parlement.

     

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  • « Genève, zéro pub », encore une initiative toxique de la gauche !

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    Censurer la publicité commerciale dans les rues, la nouvelle velléité de la gauche genevoise ! Et, pour parvenir à ses fins, celle-ci a déposé l’initiative « Genève zéro pub » ! La population devra se prononcer sur cette initiative, puisque l’invalidation partielle de cette dernière par le Conseil d’Etat a été annulée par la justice genevoise.

    Au sujet de cette initiative, il faut savoir que, outre son caractère soviétique, la suppression de la publicité en Ville de Genève aurait des répercussions gravissimes non seulement d’un point de vue économique, mais également d’un point de vue humain et social.

    En effet, rien que pour la commune de Genève, les pertes financières directes seraient de l’ordre de 4,5 millions par an ! Cette évaluation est chiffrée par le conseil administratif de la Ville de Genève (qui s’oppose à cette initiative) à l’aide de divers paramètres : la redevance annuelle versée par l’entreprise qui possède la concession d’affichage (3,4 millions) ; le crédit d’affichage octroyé à la Ville (400'000.-) ; les prestations réalisées gratuitement pour les affiches culturelles, associatives et politiques ainsi que l’entretien des supports d’affichage, assuré par la société publicitaire (environ 700'000.-).

    A noter que - pour le conseiller municipal socialiste, Emmanuel Deonna - 4,5 millions pour Genève, « ce n’est rien » (in Le Courrier du 19.06.2019) si on met en balance « les dégâts sociaux, environnementaux, financiers, sur le paysage » de la pub ! On reste abasourdi par de tels propos même si les socialistes nous ont depuis longtemps habitués à leur vision ubuesque, hors de toute préoccupation économique factuelle ! A dire vrai, la vision de Monsieur Deonna est un peu courte ! Car, à ces 4,5 millions, il faut ajouter les dégâts collatéraux qui auraient, à leur tour, de graves incidences sur l’économie genevoise. Selon une étude du Prof. Giuseppe Pini (Laboratoire de l’Economie Appliquée de l’Université de Genève), l’activité publicitaire génère un chiffre d’affaire direct et indirect de 155 millions pour le seul secteur d’affichage aux collectivités romandes. 

    Par ailleurs, il faut savoir qu’être privé de l’affichage publicitaire, c’est - pour les commerçants, les artisans et les PME - perdre la possibilité de promouvoir leur activité et de cibler une clientèle de proximité ! Ceux qui veulent purifier l’espace public pourront toujours leur suggérer de se rabattre sur d’autres supports publicitaires (les GAFAM[i], les journaux…). Seulement voilà, ces supports sont plus onéreux (frais supplémentaires qui pourraient être reportés sur les consommateurs !) et leurs revenus ne profitent pas à l’économie locale ! Les GAFAM sont créateurs d’emplois et de recettes… en Californie !

    Mais, pourquoi se préoccuper de l’économie genevoise lorsqu’on a, comme la gauche, de si “nobles” ambitions, et qu’on veut, en interdisant la publicité dans l’espace public «privilégier la qualité du paysage urbain ; libérer l’espace public ; supprimer une pollution visuelle et mettre à disposition des habitant-e-s des panneaux vierges destinés à l’expression libre, citoyenne et artistique » (alinéa 4 de l’initiative « Genève, zéro pub ») !

    Pourquoi s’inquiéter des faillites d’entreprises genevoises y compris de sociétés d’affichage (si cette initiative devait passer), qui entraîneront des pertes d’emplois, des diminutions de rentrées fiscales, des délocalisations d’entreprises et, au final, une fragilisation de l’économie genevoise ?

    Enfin, avec l’interdiction de la publicité sur l’espace public, les milieux culturels et sportifs pourraient trembler, car ils subiraient une diminution drastique de subventions privées ! En effet, comme les acteurs commerciaux, qui soutiennent financièrement les milieux artistiques et sportifs, ne seraient plus autorisés à apparaître sur l’affichage de ces événements, l’initiative « Genève Zéro pub » mettrait en péril la pérennité du sponsoring, source vitale pourtant pour la culture et le sport !

    Ironiquement ou paradoxalement, ceux-là mêmes qui conspuent la consommation, dont la publicité serait l’ignoble agent qui stimule nos désirs de (sur)consommation, défendent les mêmes valeurs d’immédiateté et de liberté sur lesquelles “surfe” la publicité qui sait que la meilleure manière de rendre captif un consommateur, c’est de lui faire croire qu’il est libre !

    Assurément, les adeptes de « Genève Zéro Pub », sont non seulement indifférents envers des professionnels qui ont appris un métier lié à la publicité (graphiste, publiciste, rédacteur artistique et de création, imprimeur, agent de communication, colleur d’affiche…), mais encore les accusent de produire « une pollution visuelle ». Un traitement d’autant plus inique que la population, invitée à s’exprimer sur les panneaux vierges, n’est, elle, nullement accusée de polluer l’espace public ! Au contraire, cette expression, qui répondrait «  à un besoin d’expression citoyenne et artistique, stimulant des interactions sociales spontanées et contribuant au renforcement de la cohésion sociale », est encensée pour son action libératrice de l’espace public !!!

    Oser prétendre que les publicistes polluent l’espace public est une insulte qui montre que cette gauche insouciante, gâtée et enfermée dans ses convictions idéologiques, n’a que mépris pour les travailleurs qu’elle a depuis longtemps cessé de défendre.

    On comprend que Boris Calame, graphiste, ancien député Vert, ait dû avaler ses crayons d’indignation avec cette initiative (pourtant lancée par son bord politique), et qu’il a déposé un recours envers cette initiative qui bafoue « la liberté économique de promouvoir ses services et ses produits locaux notamment [et qui] sous couvert de s’attaquer aux grandes multinationales, désavantagera les petits commerçants » (in TdG du 25.06.19).

    Si cette initiative passait, nul doute que « ces panneaux vierges destinés à l’expression libre, citoyenne et artistique » seront rapidement couverts de graffitis immondes, de slogans injurieux, orduriers et sexistes… Divers groupes s’affronteront pour s’approprier ces espaces d’expression. Les militants du mouvement LGBTQR+ les couvriront de “clitos”, les antifascistes y apposeront leurs slogans et caricatures, les antispécistes, à l’aide d’images chocs et glauques, voudront nous faire vomir la viande… Faudra-t-il alors, en cas de heurts de groupes rivaux, placer ces lieux d’affichage sauvage sous le contrôle de la police ?

    Néanmoins, quoi qu’il arrive, il sera interdit de parler de pollution visuelle de l’espace public, puisque ce sera de l’expression citoyenne spontanée !

    Décidément, cette initiative malsaine est à mettre à la poubelle ! D’ailleurs, Communication suisse n’a pas manqué de signaler les effets néfastes de cette initiative.

    On peut aussi craindre, si « Genève, zéro pub » est acceptée, que la gauche genevoise, toujours en quête de subventions nouvelles, dépose une résolution pour demander au conseil administratif de la Ville de Genève, une ligne budgétaire supplémentaire afin d’offrir aux plus démunis une allocation artistique sous forme d’une “mallette” contenant des crayons, des pinceaux, des tubes de peinture et des tabliers… pour que « l’expression libre, citoyenne et artistique » (mais, à la charge des contribuables !) puisse être à la portée de « toutes et tous » comme disent les camarades de l’Alternative !

     

    [i] GAFAM est l’acronyme des géants du WEB – Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft – qui sont les cinq grandes firmes américaines qui dominent le marché du numérique. Très influentes sur l’Internet américain et européen, ces multinationales sont l’objet de critiques ou de poursuites sur le plan fiscal, sur des abus de position dominante et sur le non-respect de la vie privée des internautes. Elles ont les moyens d’échapper quasiment totalement à l’impôt sur les bénéfices…

  • Première pierre d’un tombeau !

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    Après les commémorations du débarquement allié du 6 juin 1944 en Normandie où Donald Trump et Emmanuel Macron se sont rencontrés et où le président français a rappelé que « nous ne devons jamais cessé de faire vivre l’alliance des peuples libres » (cité in, Le Monde du 6 juin 2019), nous apprenions, avant-hier (le 12 juin 2019), une nouvelle effarante, qui révèle que la liberté, le courage et les peuples libres ne seront bientôt plus que des vieilles ritournelles dans nos pays où la démocratie ne sera qu’un vague souvenir (pour autant que la mémoire perdure…). Tout régime, empire, système politique a un cycle de vie plus ou moins long. Certains ont été balayés par à une catastrophe naturelle, comme la disparition de la culture minoenne qu’on impute à l’éruption du volcan de Santorin, d’autres par des guerres et des tragédies historiques liées parfois à de mauvais choix politiques.

    Or, à force de moralisation de la société, renoncer à défendre le socle de nos libertés et censurer l’humour, les dessins de presse et les caricatures, c’est creuser la tombe des démocraties.

    En effet, n’apprend-on pas avec stupéfaction que le New York Times, dès juillet, censurera toutes les caricatures à caractère politique, première étape de l’interdiction de toute caricature, vu que ce qui est social relève du politique !

    Or, pour lutter contre toutes les tyrannies et la barbarie, la meilleure arme restera toujours l’humour. Ceci, je l’avais déjà écrit dans un billet en 2015 suite à l’attentat terroriste contre Charlie Hebdo ! Tous les régimes totalitaires qu’ils soient militaires ou théocratiques ont systématiquement persécuté les intellectuels, les artistes et les humoristes. Et, ce n’est pas un hasard ! L’humour est la meilleure arme contre la tyrannie. On se souvient de la censure derrière le Rideau de Fer qui exacerbait les blagues qui circulaient sous le manteau. Aucun écrivain n’a peut-être aussi bien décrit cette persécution des humoristes dans le bloc des pays de l’Est que Kundera dans « Risibles amours » où une blague de potache va conduire un étudiant amoureux au goulag.

    C’est dire que le pire ennemi n’est pas toujours l’autre, puisqu’il peut se nicher en nous-mêmes. En effet, lorsque l’on renonce à penser par paresse intellectuelle, par peur de déplaire, par confort émotionnel et soumission à l’air du temps, et que l’on n’ose ni pratiquer l’humour, aussi irrévérencieux soit-il, ni pratiquer l’art du pamphlet avec ses excès et ses violences, on renonce à vivre et l’on entre dans une servitude volontaire !

    Le plus grand danger pour nos démocraties est bien cette société de contrôle que nous construisons nous-mêmes avec un maillage toujours plus serré ! Et, c’est un ennemi insidieux, car on ne le voit pas venir puisqu’il s’abrite en nous. Cette société de contrôle, d’interdictions incessantes que nous dressons nous-mêmes, ronge nos démocraties.

    Et, Chappatte a raison de s’inquiéter et de rappeler qu’ « il ne s’agit pas seulement de dessin, mais bien de journalisme et d’opinion en général et, à travers eux, de liberté d’expression » (in TdG du 12 juin) et de tancer « les foules moralistes (qui) se rassemblent sur les réseaux sociaux ».

    Je m’arrête là dans mon billet, bien qu’il y aurait encore beaucoup à dire sur la répression de nos sociétés actuelles, car je vais aller défiler pour l’égalité de salaire entre les hommes et les femmes. Je participerai à cette manifestation dans un esprit mitigé, tant cette grève a été instrumentalisée par une gauche qui mélange inégalité salariale et capitalisme avec un discours d’une virulence insoutenable contre les hommes en général. Non, les femmes ne sont pas si vulnérables et pas toutes des victimes. Mais, il est bon de rappeler que l’égalité des sexes, inscrite dans la loi depuis 1981, n’est toujours pas appliquée. Et, même si selon un proverbe persan, « la patience est un arbre dont la racine est amère, et dont les fruits sont très doux », il est juste d’être parfois impatient !

     

     

     

     

     

     

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  • Sandrine Salerno : militante et magistrate !

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    Grève du 14 juin 2019 : la Ville de Genève donne congé exclusivement aux femmes et aux transgenres, mais pas aux hommes !

    Cette décision, prise par Mme Salerno, est pour le moins ahurissante ! En effet, ne donne-t-elle pas comme message implicite que le personnel masculin de la Ville de Genève n’a pas à s’impliquer dans des actions politiques et encore moins à participer à cette grève pour manifester qu’il soutient l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes ?

    En traitant différemment les employés, hommes, de la Ville, la magistrate met à mal la cause qu’elle prétend soutenir ! Assurément, la Ville adopte une attitude sexiste (“pour le bien des femmes”, dira-t-elle, évidemment !) totalement en contradiction avec la finalité de la grève du 14 juin.

    Plus grave encore, est-il admissible que la magistrate, en charge des finances à la Ville de Genève, finance une action militante avec l’argent du contribuable ?

    L’attitude partisane et militante de la magistrate a d’ailleurs été dénoncée à moult reprises par de nombreux citoyens. Pourtant, Mme Salerno ne voit pas où est le problème lorsque, avec l’argent public, elle paie des formations pour imposer un style épicène dans l’administration ou encore “offre” un repas au restaurant aux conseillers municipaux socialistes. Prise la main dans la poche publique pour financer ses largesses envers son groupe socialiste, la conseillère administrative s’est justifiée en expliquant que cela entrait bien dans des dépenses professionnelles, puisqu’il s’agissait, lors de ce repas, de travailler avec son groupe, en vue de l’adoption du budget !

    A cet égard, il faut entendre l’Edito politique d’Olivier Francey du 26 novembre 2018 et « L’ahurissante explication de Sandrine Salerno ». C’est un véritable morceau d’anthologie d’une certaine politique genevoise !

    La dernière lubie de Mme Salerno, qui devrait être maire de Genève en juin 2019, questionne une fois de plus l’attitude du conseil administratif.

    Est-il acceptable que l’exécutif autorise la Ville à traiter inégalement ses employés et ses employées ? Cette décision est-elle d’ailleurs conforme à la norme constitutionnelle fédérale en matière d’égalité entre femmes et hommes ?

    Par ailleurs, l’exécutif de la Ville est-il habilité à prendre une telle décision sans passer par l’approbation du parlement municipal ? A mon interrogation en séance plénière du Municipal de hier au sujet de cette grève où un congé est accordé uniquement aux femmes et transgenres, Mme Salerno a non seulement revendiqué cette action militante, mais plus encore, annoncé que la Ville n’assurera aucun service minimum le 14 juin 2019. Cela signifie que de nombreuses femmes, travaillant dans le secteur privé, et qui ne pourront pas mettre leurs enfants en crèche ce jour-là, seront sanctionnées par la décision de Mme Salerno.

    Là aussi, se pose la question de la légitimité de telle décision de la part de notre conseillère administrative. La Ville, n’est-elle pas obligée d’assurer un service minimum en toute circonstance et en particulier lors d’une grève ?

    Inutile de dire que ces interrogations n’ébranlent pas Sandrine Salerno, arcboutée dans ses certitudes militantes, et qui, en femme politique d’expérience, sait que la pire des choses pour un homme politique est que l’on ne parle pas de lui (idem pour une femme politique !).

     

     

  • On aimerait bien oublier Pierre Ruetschi !

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    Bien des lecteurs de la Tribune de Genève apprécient que Pierre Ruetschi ne soit plus le rédacteur en chef de ce journal. Ses billets excessifs ont fini par en irriter plus d’un ! Pourtant, chaque semaine, il continue d’écrire un article, souvent en première ou deuxième page de « La Julie » !

    Sa dernière « Chronique » (du 29.03.2019) « Maudet contre-attaque en attendant le pactole » illustre son style tendancieux et fielleux, qui n’apporte au lecteur aucune information nouvelle. N’ose-t-il pas écrire, dans ce billet, que les motivations de Pierre Maudet seraient bassement matérielles, et que « durer n’est pas pour lui (Pierre Maudet) une question d’honneur, mais surtout d’argent » ? Quant aux calculs alambiqués du journaliste qui spécule sur la durée de vie de Pierre Maudet et la somme que sa rente pourrait lui rapporter, ils sont de mauvais goût et sans intérêt !

    Pierre Ruetschi n’est-il pas conscient qu’une question, une interprétation ou même le choix d’un sujet révèle surtout l’univers mental de l’émetteur ? En rabâchant les mêmes histoires et en s’acharnant sur son sujet de prédilection, ne donne-t-il pas l’impression d’être un journaliste qui a des TOC (troubles obsessionnels compulsifs) ?

    Enfin à suivre ce chroniqueur, qui plaide pour une immunité journalistique, on pourrait croire qu’un rédacteur n’a aucun compte à rendre. Pourtant, si un journaliste du « Tages-Anzeiger » a rédigé un article dans lequel il s’épanche sur Pierre Maudet avec des sous-entendus qui relèvent de la diffamation, n’est-il pas juste qu’un droit de réponse soit accordé à celui qui est calomnié ? Le refuser est une erreur de la part de l’éditeur qui force alors le lésé à utiliser la voie juridique pour se défendre.

    Respecter les devoirs du code déontologique du journalisme (vérifier et contrôler l’authenticité des informations) est d’autant plus crucial dans cette profession qu’elle est actuellement mise à mal par la perte de confiance dans les médias.

    Or, n’oublions jamais qu’une “bonne” presse (qui concilie liberté, éthique et devoir d’informer sans manipuler avec en canevas : la quête inachevée de la vérité) est l’alliée indispensable de nos démocraties. A cet égard, des journalistes, pour défendre notre droit à l’information, sont des héros contemporains qui, dans certains endroits de la planète, risquent leur vie.

    Assurément, la plume de Pierre Ruetschi n’est pas de cette trempe ! Aussi, peut-on se demander pourquoi et jusqu’où l’éditeur peut cautionner cette déferlante anti-Maudet ?

     

                                                                                       

     

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  • Faire connaître le « cancel », quartier juif médiéval de Genève

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    Genève possède des pans d’histoire extraordinaires, insuffisamment valorisés. Il est vrai que, dans la Rome protestante, on croit souvent que l’histoire de Genève commence avec la Réforme. La motion (M-1250) de M. Thévoz : « Pour que Genève honore la mémoire de l’un des plus vieux ghettos d’Europe », étudiée au sein de la Commission des arts et de la culture (CARTS) de la Ville de Genève, est un aiguillon bienvenu pour (re)visiter notre histoire.

    Néanmoins, faire un travail de mémoire est chose périlleuse !

    Or, prétendre que le quartier juif médiéval de Genève, nommé « cancel », fut « l’un des plus vieux ghettos d’Europe » voire « le plus vieux ghetto du monde », est une erreur historiographique, qui malheureusement circule sans retenue.

    Comme l’a rappelé, à la CARTS, M. Franco Morenzoni, médiéviste, Professeur à l’Université de Genève, on ne dispose que de peu d’éléments sur le quartier juif de Genève. La présence des juifs est attestée par des sources, dès la fin du XIIIe siècle. Cette petite communauté juive semble devenir plus importante à la fin du XIVe siècle, lorsque les juifs sont chassés du royaume de France. C’est en mai 1428 que date la première mention d’un « cancel », situé à la Place du Grand-Mézel, et qui sera une mesure coercitive pour les juifs, obligés d’intégrer cette juiverie. Néanmoins, la question de savoir si la juiverie de Genève fut un quartier fermé est épineuse. Si les statuts de 1430 indiquent bien une volonté de créer un quartier juif fermé, on ne sait pas si ces mesures ont été appliquées. En revanche, on sait que le « cancel » a duré jusqu’en 1490, année où les juifs sont expulsés de Genève pour ne pouvoir y revenir que trois siècles plus tard !

    Quant au terme « ghetto », si chargé (qui renvoie aux ghettos de Venise et de Varsovie), ce mot, qui n’existait pas au Moyen Âge, ne reflète pas la réalité médiévale. Cet anachronisme doit être banni du contexte genevois, car il nuit au travail de mémoire. Aussi, cette motion, acceptée par la majorité des commissaires de la CARTS, a été amendée. Amendement qui stipule d’honorer l’histoire de ce cancel d’une manière factuelle (sans le nommer « ghetto ») et dans le contexte européen du XVe siècle.

    L’histoire n’a pas à apporter un récit policé aux écheveaux du passé, mais bien plutôt de nous surprendre et de provoquer la pensée. Marquer une ville avec ses repères historiques est donc important. C’est pourquoi, j’ai déposé la motion (M-1372) : « Un parcours urbain pour notre passé ». Celle-ci demande aux autorités de créer avec d’éventuels partenariats public-privé des supports (panneaux, poteaux ou autres) où des textes en français et en anglais, accompagnés d’images, permettraient grâce à une technique numérique de découvrir des lieux emblématiques de notre Cité, de mieux connaître notre passé et d’approfondir certains faits historiques parmi lesquels le « cancel » aurait évidemment une place.

    Ce « parcours urbain pour notre passé », en valorisant notre histoire, nous permettra de nous frotter à des récits insolites, de nous étonner et peut-être de nous ouvrir à l’Autre.

     

    Ce billet a été publié, le 20 février 2019, sous le titre « Un lieu mémorable mais pas un ghetto », dans le Face-à-Face de la Tribune de Genève, intitulé : « Quartier juif à l’honneur ». En préambule, le journaliste écrit : « Le Conseil municipal de la Ville de Genève s’est penché longuement sur le passé d’un coin de la Vieille-Ville où la communauté juive résidait au Moyen Âge. Une motion demande au Conseil administratif d’honorer ce passé par un signe tangible. Deux conseillers municipaux expliquent leur vote. L’une soutien la motion dans sa dernière version amendée (sans le mot ghetto), l’autre s’est abstenu. »

                                                   

     

     

  • Une haine odieuse déversée sur Alain Finkielkraut

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    Pour ceux qui n’auraient pas vu, sur des sites sociaux, l’agression dont a été victime Alain Finkielkraut qui se trouvait par hasard dans le XIVe à Paris à l’endroit où défilaient les gilets jaunes, je mets en lien le billet de Jean-Noël Cuénod.

    Les injures antisémites, dont l’écrivain, philosophe et académicien a été victime, sont d’une violence tellement haineuse, tellement absolue et insoutenable qu’on peut penser que, sans l’intervention des forces de l’ordre, qui ont pu s’interposer entre ces manifestants enragés et Finkielkraut, ces sauvageons, qui semblent n’avoir pour tout langage que des cris haineux, seraient passés à une agression physique dont l’issue aurait pu être fatale pour l’écrivain.

    Si de nombreuses personnalités politiques, y compris le président de la République française, ont condamné ces insultes, on peut tout de même se demander comment aujourd’hui, en France, le pays des Droits de l’Homme, de tels déferlements de haine et d’antisémitisme peuvent s’exprimer dans l’espace public. Que la France se montre d’une sévérité exemplaire envers ces agresseurs qui ont montré toute la dangerosité qu’ils représentent à pouvoir vaquer librement.

    Certes, ce n’est pas la première fois que l’illustre philosophe est victime d’insultes.

    Il est vrai que la gauche et l’extrême gauche vomissent Alain Finkielkraut, car cet intellectuel a l’outrecuidance de provoquer la pensée, de n’être jamais dans la bien-pensance gauchiste. Pour oser se montrer critique, pour se permettre de démonter les lieux communs et stéréotypes de notre époque, Finkielkraut, le philosophe est taxé de raciste et de réactionnaire. Et, comme le philosophe, inlassablement, questionne, dénonce, démonte et ne flatte jamais ses contemporains, il dérange.

    Le nouveau désordre amoureux.jpegEn 1977, quelques années après Woodstock où la culture hippie s’exprimait encore, Alain Finkielkraut avec Pascal Bruckner remettait en question le mythe d’une révolution sexuelle dans « Le nouveau désordre amoureux ». Cet essai drôle et savoureux était (et doit toujours l’être) décapant. Sur la première de couverture, une illustration qui montre d’emblée que les auteurs n’étaient ni du côté des puritains ni du côté des gourous barbus qui prônaient une libération des mœurs (parfois pour soumettre tous les membres d’une communauté y compris les enfants à leur plaisir !).

    Les années passent, mais “l’impertinence” de Finkielkraut ne fléchit pas. Sa passion pour le débat non plus ! Le philosophe continue d’interroger notre monde, d’amener son regard acéré sur les clichés de notre société, comme celui « du vivre ensemble », qui favorise un communautarisme qui met en péril nos démocraties.

    Depuis quelques années, nous assistons à une instrumentalisation des identités inquiétante, qui génère de la haine. Et, une haine d’autant plus insidieuse qu’elle est parée de bienveillance, d’égalitarisme, de politiquement correct. Mais, en censurant tout débat, cette dictature de la bienveillance fait des ravages. Or, lorsque les barrages cèdent, ce sont des déferlantes de colère, de haine et d’éructations qui se déversent.

    En opposition avec notre époque de plus en plus schizophrénique, où chacun, rivé sur son écran de portable, n’échange plus avec personne ni même avec soi-même, Finkielkraut dérange. Mais, qu’il continue à nous déranger ! C'est le rôle du philosophe.

    Son émission radiophonique du samedi « Répliques », qui est un dialogue d’intelligences toujours renouvelé, est un antidote à cette haine qui commence par des insultes pour finir par des tueries comme les actes terroristes qu’a connus Paris au Bataclan et dans ses rues.

    Refuser toute forme d’hostilité, qui se manifeste et menace la présence de populations qui ne se sentent plus protégés par leurs Etats qui tolèrent l’intolérable, devient une urgence !

     

     

  • Retour des « Promotions » en Ville de Genève  

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    Depuis vingt ans, suite à la lubie d’un magistrat socialiste, le terme « Promotions » a été remplacé, en Ville de Genève, par celui de « Fête des écoles ». Hier, le conseil municipal genevois a voté le retour du mot « Promotions ».

    Créé sous Calvin, le terme de « Promotions » fait partie de notre patrimoine culturel immatériel depuis donc le XVIe siècle. A cet égard, la Ville de Genève était l’une des rares communes du canton à avoir modifié cette terminologie historique et savoureuse pour la remplacer par l’expression, plutôt niaise, de « Fête des écoles ».

    Bon, à Genève, c’est vrai, il y a une gauche qui ambitionne de révolutionner notre société, et qui, pour arriver à ses fins, s’en prend au langage qu’elle veut corseter. A cet égard, rappelons que les employés de la Ville de Genève doivent user d’un langage épicène ainsi que de l’écriture inclusive. Et, pour ne rien laisser au hasard, des cours de formation sont donnés au personnel de la Ville !

    Pour revenir aux « Promotions », c’est en 1999 que M. Tornare, magistrat socialiste et maire de Genève, trouvant que l’appellation « Promotions » est discriminatoire, et qu’elle pourrait traumatiser les élèves qui ne passaient pas leur année, décide de censurer cette expression. Pourtant, avouons que cette inquiétude de perturber des écoliers ne devait se loger que dans la tête du magistrat et de ses acolytes.

    Faites l’expérience et demandez à un écolier s’il est promu cette année ? « Pro quoi… » risque bien de répondre l’enfant qui ne doit guère connaître ce mot et encore moins, par conséquent, établir une relation entre le terme « les Promotions » et le fait de passer son année scolaire (dont l’école genevoise a, par ailleurs, presque supprimé les doublements).

    Bref, il y a vingt ans, M. Tornare censure donc ce terme qui ne lui plaisait pas pour le remplacer par celui de « Fête des écoles » qui n’a jamais circulé, il faut l’avouer, qu’autour des Bastions et dans certaines bouches de la gauche.

    En effet, la population genevoise continue largement d’utiliser le terme « Promotions ». Quant aux enfants, ils parlent le plus souvent des « Promos » !

    A cet égard, il est sans doute juste de penser que cette résistance de la langue est réconfortante. Elle montre que les mots ne sont pas de petits soldats à mettre au garde à vous de nos idéologies !

    Jusqu’où d’ailleurs peut aller se nicher la tyrannie de ceux qui défendent une idéologie ? Il paraît que certains Vegans veulent maintenant purifier la langue et expurger toutes les expressions où les noms d’animaux sont employés comme dans : « donner sa langue au chat », « prendre la taureau par les cornes », « être myope comme une taupe », etc. sous prétexte de nous forcer à respecter les animaux et de ne pas abuser d’eux !

    Heureusement, si la langue évolue, elle a, en revanche, une vie propre à laquelle on ne peut rien. Assurément, lorsqu’on veut manipuler les mots et les tordre à nos convenances, ces derniers résistent, se rebiffent et ne se laissent pas instrumentaliser, car la langue, n’appartenant à personne, nous échappe inexorablement ! Et, c’est tant mieux !

    Le retour du terme « Promotions » montre combien il est difficile de plier la langue, de la forcer, de la mettre sous tutelle, de la violer pour servir une cause idéologique.

    Toutes les tyrannies commencent par un redressement du langage. On persécute les mots avant d’exécuter les insoumis, les dissidents, les poètes et les “anormaux” ! Mais, c’est aussi par le langage, où se niche l’humour (pensons aux blagues qui circulaient sous cape derrière le Rideau de Fer), que l’on crée un antidote contre la tyrannie.

    Le retour des « Promotions » en Ville de Genève, c’est le retour du refoulé  et une joie pour beaucoup de Genevois attachés à leur patrimoine, et qui se réjouissent que les mots puissent se jouer de nous et de nos illusions réformatrices…

     

     

  • Mon intervention à l’assemblée générale extraordinaire du PLR

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    Hier, mardi 15 janviers 2019, le PLR vivait un moment important et historique qui a mobilisé une présence élevée de ses membres (plus de 700 !). Les débats ont été nourris, mais de bonne tenue avec des arguments aux grilles de lecture variées, et qui révèlent qu’au PLR, la liberté de penser n’est pas un vain mot.

    Je remercie tout particulièrement le président, Alexandre de Senarclens, de m’avoir donné la parole, d’autant plus qu’il savait que mes propos n’allaient pas conforter la prise de position du comité directeur, et que les demandes de parole si abondantes, ne pouvaient pas être toutes satisfaites. Qu’il soit assuré de ma reconnaissance d’avoir permis qu’un véritable échange ait pu avoir lieu durant cette AGE.

    Je tiens à faire circuler mon intervention dans mon blog. Néanmoins, je précise que, la durée du temps de parole ayant été limitée à 2 minutes durant cette rencontre, j’ai dû légèrement couper le texte donné ci-dessous intégralement :

    « Merci, Monsieur de Président, de me donner la parole. En raison de l’importance de notre réunion, je tiens à m’exprimer en lisant le contenu de mon intervention. C’est une pratique qui m’assure dans ma représentation du PLR au Conseil Municipal de Genève.

    Ce 15 janvier 2019, nous sommes réunis pour témoigner de notre sensibilité sur ce qu’il est convenu d’appeler « l’affaire MAUDET ». Mais, de quelle affaire parlons-nous ? Cette affaire relève de la justice. Elle ne relève pas de notre prétendue compétence sur un tel sujet. Serions-nous au-dessus des Tribunaux pour nous permettre de juger ?

    En effet, demander la démission de Pierre Maudet pour respecter les institutions et même en invoquant le bien du parti et du canton, est-ce la meilleure stratégie politique, sans parler de la distance qui serait prise vis-à-vis de l’institution judiciaire ?

    Les valeurs du PLR, nous les connaissons : la liberté et la responsabilité. Or, sommer Pierre Maudet de démissionner, c’est faire fi de sa liberté et de sa responsabilité, même si ce concept de responsabilité est plié à toutes les convenances. En voici quelques exemples.

    - Il y a ceux qui plaident pour le départ de Pierre Maudet et ils insistent sur l’attitude responsable que devrait avoir notre magistrat ;

    - Il y en a d’autres, au contraire, qui estiment que la démission de Pierre Maudet serait un acte irresponsable, car en quittant la scène politique, Pierre Maudet laisserait une place vacante au Conseil d’Etat. Grand (et c’est un euphémisme!) serait alors le risque de faire basculer le gouvernement à gauche pour plus de 4 ans. Serait-ce vraiment un objectif crédible pour Genève et pour le PLR ?

    Enfin, lâcher Pierre Maudet, c’est aussi montrer qu’au PLR, on ne soutient pas ses magistrats, qu’on cherche même à les enfoncer en s’offrant le luxe de communiquer à des journalistes des documents confidentiels et des contre-vérités pour mieux les détruire, voire - veuillez accepter cette expression - les «  flinguer ». Que celui qui n’a jamais masqué la vérité se lève et lui jette « la première pierre ».

    Reconnaissons en effet que, sans certaines fuites ou le zèle destructeur de certains, le feuilleton médiatique autour de cette affaire se serait vite épuisé. Certes, Pierre Maudet est poursuivi par la justice. Mais, être sous enquête pénale n’est aucunement synonyme de culpabilité, de mort politique.

    Avec l’endurance et le talent de Pierre Maudet, on peut même postuler qu’avec le soutien de son parti, il rebondira. Aussi, lâcher notre magistrat se révèle une mauvaise stratégie. Or, nous le savons, en politique les stratégies manifestent le dynamisme d’un parti.

    Manifester ce soir notre confiance en Pierre Maudet, c’est souligner, c’est clamer que le PLR est fidèle à sa tradition humaniste. Il serait donc pour le moins inopportun, parce que Pierre Maudet a commis des erreurs, de vouloir s’en débarrasser. Non, notre parti et Pierre Maudet méritent mieux.

    Montrons que nous faisons un pari sur l’avenir, persuadés que les épreuves nous rendent plus forts et plus unis. Vive le PLR ! »

     

     

     

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  • Un ex député socialiste veut lancer deux initiatives pour destituer Pierre Maudet

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    Dans la Tribune de Genève du mardi 8 janvier, on peut lire que Roger Deneys, ex député socialiste, « choqué par l’obstination de Pierre Maudet à s’accrocher au pouvoir […] veut lancer deux initiatives populaires pour changer les règles du jeu et fournir au Canton les outils pour se débarrasser d’un élu indésirable ».

    Dans le monde politique, il faut toujours traquer les calculs. Or, nul doute qu’en voulant bouter Pierre Maudet hors du Conseil d’Etat, Roger Deneys rêve que les Socialistes puissent ravir le siège qui serait libéré.

    Parallèlement, on peut aussi penser que cet ex député, candidat malheureux au Conseil d’Etat aux élections de 2013, est en mal de reconnaissance et cherche à être sous les feux de la rampe. C’est humain !

    Mais, que demandent ces initiatives ?

    - La première inscrira, dans la Constitution genevoise, le principe général de la destitution d’un conseiller d’Etat ;

    - La deuxième réclamera « la destitution immédiate de Pierre Maudet “en raison des graves atteintes qu’il a portées à la dignité de son mandat” ».

    Avant d’ausculter les tenants et aboutissants de ces projets, on peut s’étonner que Roger Deneys, avec son expérience politique, mise sur une “destitution immédiate” de Pierre Maudet. Les procédures des initiatives populaires (récolte des signatures, validation, éventuel contre projet, vote populaire, concrétisation) sont longues. Aussi, n’est-il pas exagéré de supputer qu’il faille trois à quatre ans, voire plus pour qu’une initiative entre en vigueur. Il en a fallu cinq pour que Neuchâtel change sa Constitution ! Et, il y a fort à parier que cette initiative ne sera pas validée par le Conseil d’Etat.

    En effet, sous quelle légitimité, le Grand Conseil pourrait-il exiger la démission d’un conseiller d’Etat, élu par la population ? Le pouvoir législatif n’a pas de telles prérogatives sur le pouvoir exécutif. Et, c’est tant mieux ! Cela maintient la séparation des pouvoirs, véritable pilier de notre démocratie.

    Quant au Conseil d’Etat, il serait tout aussi inquiétant de l’autoriser à destituer un de ses membres. Ce serait la fin de toute collégialité, le déni de la volonté populaire et le glissement progressif vers la dictature.

    C’est pourquoi, à Genève, personne ne peut exiger la démission d’un élu, que ce dernier soit conseiller municipal, député, conseiller administratif ou conseiller d’Etat.

    Et, cette règle est sage ! En effet, contraindre un élu à démissionner en arguant de la moralité, de la dignité ou de procédures pénales en cours ouvre la porte à tous les abus avec le risque :

    - d’amplifier les dérives émotionnelles ;
    - de favoriser une politique du spectacle où plus un parti (majoritaire) gueulerait, plus il parviendrait à se débarrasser d’un politicien gênant ;
    - d’exacerber les rumeurs, diffamations et mensonges pour abattre un adversaire politique ;
    - de faire le lit du totalitarisme dont les deux ressorts les plus profonds sont la sacralisation de la cause et la bonne conscience (in Ingrid Riocreux, « Les Marchands de Nouvelles »).

    Ce glissement vers l’émotionnel, où toute conduite sera jugée à l’aune de la morale ou de la dignité, est la plus grande menace pour notre démocratie.

    En effet, dans le projet de Deneys, les motifs de destitution ne se limiteraient pas aux seules infractions pénales, puisque « celui qui aurait enfreint gravement les devoirs de son mandat ou porté gravement atteinte à la dignité de son mandat, intentionnellement ou par négligence », pourrait être destitué.

    Mais enfin, qui est ce Roger Deneys pour s’autoriser à juger ce qui est digne et ce qui ne l’est pas ! Ce donneur de leçons, ignore-t-il qu’une loi doit reposer sur une forme de sécurité du droit, qu’elle doit être gouvernée par un principe juridique.

    En arrivera-t-on à créer une procédure d’ « impeachment » pour un élu qui aurait une affaire extraconjugale, qui serait addict à la cigarette, qui mangerait trop de viande ou n’utiliserait pas le langage épicène…

    Pourquoi Roger Deneys s’acharne-t-il sur Pierre Maudet, alors qu’il se garde bien de dénoncer les fautes graves commises par des élus socialistes ou de gauche, en matière d’abus de pouvoir et d’utilisation des deniers publics ?

    Le choix sélectif des indignations de Roger Deneys en dit long sur ce politicien gonflé d’autosatisfaction et de bonne conscience, et qui n’hésite pas à vouloir purger la société des “mauvais” éléments. A cet égard, le Grand Conseil se souvient encore de l’Interpellation urgente, déposée par ce garde-chiourme de la pensée, qui voulait sanctionner un professeur de l’Université de Genève, qui avait rédigé un texte qui n’entrait pas dans l’orthodoxie intellectuelle du député d’alors. Oui, rien que cela ! Roger Deneys voulait que le pouvoir législatif exerce un contrôle et une censure sur le monde académique !

    En tout cas, en matière de dignité, Roger Deneys est sûr d’être expert ! Pourtant ce parangon de vertu, n’a-t-il pas été épinglé pour avoir posté sur des réseaux sociaux des propos discriminatoires envers une communauté ? Embarrassé, il avait alors admis avoir agi par négligence ! Cette étourderie a-t-elle porté atteinte à son honneur ?

    Difficile de répondre à cette question tant Roger Deneys aime se draper dans sa vertu et sa dignité.

    A moins qu’il ne se prenne pour César !

    Roger Deneys se drape dans sa dignité.jpg

     

                                       

     

  • Hodgers manque sa cible !

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    Vendredi 21 décembre 2018, aux INFOS de la RTS (Le 19.30), Antonio Hodgers, président par intérim du gouvernement genevois, a commis une faute grave en s’arrogeant le droit de jouer au juge, au nom de la morale et de l’éthique. Sans la moindre réserve, M. Hodgers s’est érigé en censeur et a haussé le ton. Pour ma part, j’attends que le Ministère public rende ses conclusions pour porter un jugement sur Pierre Maudet.

    Cela étant, d’une manière générale, je trouve qu’une faute doit toujours être jugée à l’aune de l’intention. Est-ce que celui qui a commis une erreur ou un délit l’a fait dans une intention délibérée de nuire ? Question que d’ailleurs la justice prend en compte en distinguant la condition objective ou subjective d’une infraction.

    A cet égard, le discours moralisateur et perfide d’Antonio Hodgers est intolérable. Prenant en effet la parole de son plein gré, M. Hodgers non seulement ne laisse aucun droit de réponse à Pierre Maudet, mais encore oublie (ou au contraire y songe d’une manière obsédante…) la fonction de président de l’Exécutif genevois qu’il occupe.

    Avec son prêche, Antonio Hodgers trahit non seulement nos institutions, mais plus encore notre Constitution. En effet, tant que le Ministère public n’a pas rendu ses conclusions, tout citoyen (qui plus est le président de l’Exécutif genevois !) doit respecter l’institution juridique et ne pas condamner quelqu’un à la place de la justice.

    Quant à la Constitution, le principe de collégialité est un principe qui y est inscrit. Il veut que « les membres d’un gouvernement soient égaux en droits, et qu’ils exercent leurs fonctions gouvernementales en tant que collège » (art. 177 Cst). L’idée du principe de collégialité est de permettre qu’un gouvernement puisse se faire de manière consensuelle avec des compromis, puisque les membres de l’Exécutif ne doivent plus être au service de partis politiques, mais au service de l’Etat.

    Pourquoi donc Antonio Hodgers sort-il d’une réserve qu’on serait en droit d’attendre de celui qui est, temporairement, la plus haute personnalité officielle de notre République et Canton de Genève ? Se sent-il investi d’une nouvelle mission ? Que veut-il provoquer avec son sermon ?

    Parlant en son nom propre et non pas au nom du Conseil d’Etat, Antonio Hodgers ne va certes pas amener, avec ses propos tonitruants, de la sérénité au sein du gouvernement. En rompant son devoir de collégialité, Antonio Hodgers faillit à sa fonction. En revanche, Antonio Hodgers, qui voulait avec son pseudo prêche atteindre Pierre Maudet, manque sa cible ! Son attaque, tel un boomerang, lui reviendra en pleine figure !

    Assurément, si la population peut pardonner ou comprendre que l’on puisse faillir dans la vie, y compris dans un parcours politique, elle est en revanche beaucoup moins indulgente avec ceux qui trahissent.

    D’autant plus que, n’ayant pas réussi à faire preuve de retenue, Antonio Hodgers qui hurle avec les loups et lynche Pierre Maudet comme le fait, avec jubilation et ferveur, l’extrême gauche de l’échiquier politique (Cf. les insinuations d’un Batou ou d’un Vanek) se montre indigne d’assumer la fonction politique qu’il occupe. A-t-il ainsi oublié avoir été sanctionné par le Grand Conseil, qui refusa de l’élire à sa présidence pour ses agissements durant le G8 ?

    Certaines mauvaises langues dans la République de Genève disent qu’Antonio Hodgers agirait par cupidité et envie de conserver la place de président de l’Exécutif genevois qu’il occupe actuellement par intérim. Ayant pris goût à cette place, il ne souhaiterait pas que Maudet puisse reprendre l’uniforme de président, d’où les boulets incendiaires qu’il lance contre ce conseiller d’Etat.

    Mais, nul doute, qu’en voulant jeter son discrédit sur Pierre Maudet, Antonio Hodgers aura sapé la confiance de beaucoup de Genevois qui jugeront qu’Antonio Hodgers, en se conduisant d’une manière si immature, n’est plus très crédible.

    Bref, c’est pas très beau tout ça ! Surtout avant Noël !

  • Enfin de la dignité en politique !

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    La semaine passée, j’ai suivi l’élection de nos deux nouvelles conseillères fédérales : Viola Amherd et Karin Keller-Sutter. Les hommages aux conseillers fédéraux sortant et les discours prononcés avec un savant dosage d’italien, d’allemand et de français ont été poignants. Enfin, Johann Schneider-Ammann, qui avait rappelé au monde entier que « rire est bon pour la santé », a apporté une touche d’autodérision bienvenue durant cette journée qui marquera l’histoire de la Suisse. Que notre pays est béni avec son système politique qui permet de trouver un équilibre entre les partis et les régions, en pratiquant l’art du consensus. Pour le PLR, qui n’avait jamais eu de femme au gouvernement depuis Elisabeth Kopp, soit depuis trente ans, l’élection de Karin Keller-Sutter, politicienne brillante et influente, est un triomphe qui met un peu de baume au cœur. Quel contraste avec la gestion calamiteuse de « l’affaire Maudet », véritable danse de Saint Guy avec pirouettes et grands écarts, qui a ridiculisé le parti ! En effet, la présidence du PLR genevois annonçait, un jour, en raison de la présomption d’innocence, qu’aucune démarche ne serait prise envers Pierre Maudet. Le lendemain, sans élément nouveau, elle agitait l’éventuelle demande de démission de Pierre Maudet. Affirmation démentie aussitôt auprès des journalistes qui se bousculaient au portillon du PLR !

    Personne ne conteste que Pierre Maudet ait commis une erreur en acceptant une invitation à Abu Dhabi et en donnant des explications maladroites. En revanche, les attaques disproportionnées, incessantes, ainsi que les coups bas, portés même par certains de sa famille politique, sont honteux. Ne parlons pas des adversaires politiques, Batou et Vanek en tête, dont on ne saurait attendre autre chose ! Dans cette curée, où les plus implacables envers Pierre Maudet sont parfois de jeunes PLR, qui lui doivent leur carrière, pas de petits coups ! Est-ce un nouveau complexe d’ Œdipe où se joue la mort du père pour lui ravir sa place…

    Comment expliquer autrement les fuites dans la presse d’informations confidentielles : contenu des séances du comité directeur PLR, voire contre-vérités, jetées en pâture à des journalistes ravis d’alimenter les dérives émotionnelles de notre époque, comme la prétendue découverte d’une association “secrète” où de l’argent aurait été versé. Cette décision de transfert du solde (après la part versée à la nouvelle entité PLR Ville de Genève) a été prise à l’unanimité des membres présents lors de la dernière assemblée générale des Radicaux Ville de Genève en 2011 et notifiée dans son procès-verbal. Faut-il préciser qu’à cette assemblée générale, participaient quelques délateurs zélés, qui, aujourd’hui, veulent la tête de Maudet, et que cette association était un secret de polichinelle au sein du PLR !

    Que d’accusations envers Pierre Maudet ! A suivre le feuilleton journalistique, Pierre Maudet aurait même opéré à la place du professeur Philippe Morel ! Heureusement l’opération s’est bien déroulée, sinon PM (Pierre ou Philippe, à vous de choisir, les deux étant des têtes qui dépassent et sur lesquelles, certains s’acharnent) aurait été poursuivi pour homicide involontaire…

    Bref, cet acharnement médiatique aura fini par énerver les Genevois ! Et, ce n’est pas l’intervention de la présidente du PLR Suisse, Petra Gössi, réclamant, au TJ de la RTS, la démission de Pierre Maudet, qui aura calmé le jeu ! Si cette intervention a donné une visibilité à Petra Gössi, jusque là inconnue des Romands, le PLR n’en sort pas grandi. Notre fédéralisme n’est-il plus une valeur du PLR ? Par ailleurs, de nombreux Genevois (et des Romands !), y compris des PLR, n’apprécient guère de recevoir des leçons de Berne. En revanche, si la présidente nationale du PLR veut s’occuper de Genève, qu’elle plaide à Berne pour que Genève cesse d’être bientôt le seul canton contributeur d’une péréquation financière fédérale, nommée abusivement : « péréquation équitable et solidaire » ! Là, elle gagnerait quelque sympathie…

    Pour revenir à notre affaire, j’avoue que, si j’ai toujours reconnu à Pierre Maudet une énergie phénoménale, un courage et un engagement absolu pour la République, servi par un talent d’orateur hors du commun, je n’étais pas une inconditionnelle de ce politicien. Pour l’ancienne libérale que j’étais, Pierre Maudet m’apparaissait parfois trop sûr de lui, trop directif. Certes, son assurance était, en quelque sorte, le défaut de ses qualités.

    C’est pourquoi, je ne dirais pas que Pierre Maudet garde toute mon estime, mais plutôt qu’il a, suite à sa mise à mort programmée et au jeu de massacre subi, gagné mon estime ! De même que la solidité d’un marin se révèle dans la tempête, de même la qualité d’un homme se manifeste dans l’adversité et les épreuves. Et là, il faut reconnaître que ce brillant conseiller d’Etat se conduit, dans cette tourmente, d’une façon digne et admirable. Ne s’est-il pas exprimé, à la dernière assemblée des délégués du PLR, avec une clarté et un esprit de concision exceptionnel sur la nouvelle loi pour la laïcité, qui montre combien Pierre Maudet reste fidèle à la République. Son discours a déclenché les applaudissements nourris de toute l’assemblée.

    Tant que le Ministère public n’aura pas rendu les résultats de son enquête, Pierre Maudet aura mon soutien. Fidèle aux valeurs libérales humanistes, qui m’ont fait entrer en politique, j’exècre notre époque qui a substitué au slogan des années 68 « il est interdit d’interdire » celui de « il est interdit de faillir ». D’ailleurs, si on exigeait la démission de tous les politiciens qui ont commis des erreurs (dont certaines graves, Cf. mon précédent billet sur le sujet), les parlements deviendraient déserts.

    Déplorable temps qui favorise les persécutions et les condamnations avant tout jugement ! Qui, au nom de la transparence, permet de détruire quelqu’un ! À cet égard, je suis effarée de voir que partout s’insinue une suspicion omniprésente dans les moindres pans de vie avec invectives et surenchères de dénonciations (souvent anonymes), favorisées par les réseaux sociaux. Et la presse, souvent complaisante, s’y vautre !

    En tout cas, pour moi, celui qui perd son humanité n’a rien à faire en politique…

  • « Striptease comptable » de la responsable des finances

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    Les Genevois ont découvert, ahuris, que leurs magistrats confondaient allégrement prérogatives politiques et avantages personnels.

    Ainsi, a-t-on appris par la Cour des comptes que nos magistrats, qui pourtant bénéficient d’une allocation annuelle de la vie chère de 6193.- (!) et d’un salaire annuel de 254'000 francs, faisaient passer leurs dépenses de confort sur le dos des contribuables. Des milliers de frais de taxis par là, quelques dizaines de milliers de frais de téléphone ailleurs, et, cerise sur le gâteau, des frais de bouche dans des bars à champagne.

    La Cour des comptes a révélé, par ailleurs, que les magistrats de la ville avaient freiné, pour ne pas dire entraver, son travail d’investigation. Pris, mais pas contrits, les cinq conseillers administratifs, lors d’une conférence de presse hallucinante, ont expliqué avec détachement qu’ils avaient des circonstances atténuantes : le travail est dur (ils peuvent travailler le week-end !) et implique bien des frais. Madame Salerno a même déclaré qu’il était tout à fait normal de dépenser plusieurs milliers de francs de taxi « quand on est une élue femme », car en tant que telle, elle-même et Madame Adler, devaient souvent rentrer se changer pour assurer une représentation ! Mais de qui se moque-t-elle ? Sans aucun doute des femmes, cadres ou simples employées, mères de famille ou non, qui doivent se battre tous les jours, jonglant d’un rôle à l’autre, sans pouvoir s’accorder cet avantage de confort, payé par leur employeur.

    Loin de saisir la gravité de la situation, Madame Salerno estime de surcroît qu’il ne serait pas adéquat de se soumettre à « un striptease comptable » (sic !) sans cautionner une société de défiance. Au-delà du caractère machiste d’une telle métaphore et de son inadéquation vu le contexte, la responsable des finances de la Ville de Genève oublie que les élus du peuple sont dans l’obligation de lui rendre des comptes. Et, si la magistrate se targue d’être la moins dépensière des cinq magistrats, cela ne l’exonère en rien. En effet, c’est moins le montant qui pose problème, que son allocation. Alors oui, de la même manière qu’un contribuable ou un employé doit rendre des comptes à l’administration fiscale ou à son employeur, la population, qui a été lésée, doit pouvoir retrouver confiance dans ses institutions politiques et exiger un “striptease intégral” de ces conseillers municipaux, pour reprendre la délicate métaphore de la magistrate.

    Pour retrouver un peu de sérénité en Ville de Genève, il est indispensable d’instaurer un contrôle financier sérieux et d’exiger que la commission des finances du conseil municipal en Ville de Genève puisse avoir le détail des dépenses de la responsable des finances en Ville de Genève et des autres magistrats sans se satisfaire d’une tentative de sortie de crise par une unique (et simple) proposition de règlement.

     

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